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jeudi 28 mai 2020

Laelith / Kadath ??? Kadath / Laelith ???

Dans ce Post, je parlais d'inclure Laelith dans ma campagne et de la situer dans les Contrées du Rêve (idée que j'ai eue en relisant mon Casus Belli Hors-Série d'époque dans un texte intitulé : "Mettez Laelith à votre goût").




Depuis hier j'étudiais des cartes des Contrées du Rêve et me demandais où la placer.




Et puis je suis tombé sur un commentaire à propos du livre Kadath - Le Guide de la Cité Inconnue.




Il disait : "Les rôlistes un peu anciens auront aussi fatalement une pensée émue pour le « modèle » de Kadath, hors tout contexte lovecraftien, que constituait la Laëlith de la grande époque de Casus Belli, et la présence de Frédéric Weil en arrière-plan du projet ne fera que conforter cette nostalgie de joueur."

Je creuse un peu et tombe sur un article qui fait TILT !!!

Dans "Kadath - Le Guide de la Cité Inconnue", les lecteurs vont pouvoir découvrir la Cité par les écrits de cinq personnages fictifs, chacun correspondant à la plume d'autant d'auteurs différents. Ainsi, David Camus (Randolph Carter/HPL), Mélanie Fazi (soeur Alienor), Nicolas Fructus (Auguste Philistin), Raphaël Granier de Cassagnac (l’Innomé) et Laurent Poujois (Abd al-Azrad) vont faire vivre la ville au travers des aventures de leurs personnages respectifs.

Parmi ces récits il y a le "Kitab du Saigneur" qui n'est rien d'autre que le récit de la seconde vie d'Abdul Alhazred (ici Abd al-Azrad)). Sa fuite en 738 était devenue nécessaire, en raison du développement de l'Islam et de la croyance en un Dieu unique, doctrine incompatible avec sa théologie des Grands Anciens. Il se réfugie dans la Cité Murmurante (Iram ?) avec son Necronomicon (ici le Kitab al Azif) et part à la recherche de sa défunte bien aimée Aicha. Mais, malgré une tentative de suicide, il revient à la vie et se retrouve en compagnie d'un hyperboréen (le Chuchoteur) sur la peau duquel il va continuer à écrire son manuscrit maudit. Suit alors toute une quête visant à pénétrer dans le Château d'Onyx des Dieux de Kadath afin de chasser les anciennes divinités et d'instaurer le culte des Grands Anciens qui ne sont guère en odeur de sainteté dans les Contrées du Rêve ! Il devient même « le Seigneur du Lazaret » pour son aide à tous les « éclopés » de Kadath qu'il appelle à la révolte. Au détour d'une boucle temporelle, l'Arabe Dément rencontrera en 1896, un autre rêveur, le petit Lovecraft qui, passionné par Les contes de Mille et une Nuits, lui demande de lui raconter de belles histoires orientales…

Encore un découpage et nous arrivons au Témoignage de l'Innomé. Un récit curieux qui est en quelque sorte celui du « chef de projet » de l'ouvrage. Il rencontre dans les Contrées du Rêve Auguste Philistin, un dessinateur de grand talent qui dans le monde réel n'est autre que Nicolas Fructus. Il visite le bureau d'Abdul Alhazed et une petite église où il croise un jeune homme ensanglanté et en pleurs, certainement le Christ. Il se met également en quête du roi Kuranès, un rêveur établi dans les Contrées dans un sympathique cottage anglais, dont on nous laisse entendre qu'il pourrait s'agir de Lord Dunsany. Mais le plus drôle est la visite de l'éminence (comprendre le quartier) où Lovecraft s'est établi. Il y a une voiture (une Studbaker), une gare avec un train qui ne mène nulle part, une imprimerie, The Conservative, qui tire le journal local dont les pages sont blanches. Quant au cimetière, il abrite les tombes de toute la famille Carter, y compris un certain Pickman Carter né en 2118. Lovecraft, pour sa part, observe les étoiles en haut d'une tour…

Dans ce récit on parle du "Seigneur du Lazaret", pour rappel, le lazaret était un établissement de mise en quarantaine des passagers, équipages et marchandises en provenance de ports où sévissait la peste. Dans Laelith il y a aussi un Lazaret, qui est un hospice et sert aussi pour mettre les gens en quarantaine, dans Kadath c'est un lieu où l'on trouve énormément de mendiants entre autre...

Du coup j'ai regardé les cartes des deux villes, je trouve déjà qu'il y a une certaine ressemblance.





Mais en plus, on peut constater que sur les deux cartes, le Lazaret se situe à peu près au même endroit, au sud-ouest de la ville.







Donc si on considère qu'à Kadath, il y a aussi un Temple de Shub Niggurath, il faut que je voie si il y a des correspondances car j'imaginerai bien un lien avec le temple du Crâne de Laelith, ce qui m'arrangerais pour mon scénario et le lien avec les Horlas de Millevaux. Bref je pourrais dire que Laelith et Kadath ne font qu'une, pourquoi ne pas imaginer la même cité mais dans deux réalités différentes selon le plan où elle se situe, ou Laelith qui serait un miroir de Kadath dans un autre plan, et pourquoi pas une multitude de cités mythiques qui soient toutes des reflets les unes des autres et qui deviennent ainsi un pont entre différents espaces du Multivers ??? Une autre piste, à Laelith, il y a un ancien Temple en ruine qui existait avant le séisme qui a créé le relief particulier où la ville à été construite, et si ces anciennes ruines étaient celles de Kadath ??? Donc des idées à creuser et d'autres liens à établir entre les deux villes et les régions sauvages qui les entourent...

lundi 2 octobre 2017

Artworks - Nicolas Fructus

L'an passé j'avais parlé du livre Kadath - Le Guide de la Cité Inconnue. Je viens juste de commencer à le lire (je sais c'est pas bien mais c'est souvent comme ça quand on accumule plein de coup de cœur, après on prend du retard).




Publié en 2010 dans la collection Ourobores de Mnémos, « Kadath, le Guide de la Cité Inconnue » invite à un étonnant voyage dans cette ville, mentionnée par H.P. Lovecraft au détour de plusieurs de ses nouvelles, « cité imaginaire, fantasmée, uniquement abordable dans nos rêves ». Les quatre auteurs et l’illustrateur ont réussi un véritable tour de force, en proposant cet ensemble, à la fois roman à quatre voix, livre d’art, et guide pour rôlistes.

Rêveur, ce guide décrit une cité maintes fois évoquée par Lovecraft mais à peine esquissée, inconnue. En dépit des graves conséquences qu’il eut pour ses auteurs, nous publions l’ouvrage tel quel. Aussi, si tu commences à rêver Kadath, à arpenter ses rues, à visiter ses temples, à rencontrer ses habitants, méfie-toi, lecteur, ton équilibre mental est en danger !

On peut ainsi faire connaissance, ici, d’une impressionnante galerie de paysages, de lieux, de créatures et d’explorateurs, tels le mythique Randolph Carter, bien entendu, mais aussi les « nouveaux venus », le Saigneur (Laurent Poujois), l’Innommé (Raphaël Granier de Cassagnac) et sœur Aliénor (Mélanie Fazi), servis par de belles « pièces » romanesques affûtées, qui sont comme autant de petites nouvelles, de récits enchevêtrés, d’incitations au voyage ou à la construction de scénarios de jeu pour « L’appel de Ctulhu ».

Après un long voyage dont il n’aurait su préciser ni la durée ni la distance, HPL aperçut enfin Kadath. La ville se présenta d’abord à lui sous la forme d’une tache indistincte, un écho de lueur. Quelque chose au loin, dans les ténèbres glacées du plateau de Leng, vacillait dans l’obscurité. On aurait dit le fanal d’un bateau sur le point de franchir l’horizon, une étoile s’insinuant dans le ciel. Il était presque impossible d’en apprécier les dimensions. HPL se demanda si ce n’était pas l’un de ces papillons blancs phosphorescents qui dérivaient dans les brumes de Leng à la recherche d’un congénère, et que leurs faibles ailes n’autorisaient pas à demeurer au même endroit plus de temps qu’il n’en fallait pour copuler. Il cligna des yeux.

La tache était toujours là.

Le cœur battant, il se tourna vers les trois goules qui l’accompagnaient depuis Inquanok et demanda à celle qu’il connaissait le mieux – son vieil ami Pickman :

– Vous voyez ce que je vois ?

Pickman huma l’air, comme si son odorat pouvait l’aider à mieux percer l’obscurité. Son long museau canon, fini par une truffe humide, frémissait en flairant la nuit. La goule plissa les yeux puis déclara :

– Je crois bien que oui. Mais si c’est Kadath, elle est encore à plusieurs jours de voyage.

HPL fouilla dans l’un des énormes sacs de selle que portait son yak, et en sortit la longue-vue qu’il avait achetée dès son arrivée à Ulthar. Il s’en était déjà servi plusieurs fois, partant du principe que le plus sage, dans ces contrées, était d’éviter tout danger. « Surtout quand on n’est armé en tout et pour tout que de deux vieux pistolets datant de la guerre de Sécession », pensa-t-il en scrutant la lumière blême et solitaire qu’il avait appelée Kadath.

Illustré par Nicolas Fructus, parsemé de fragments inédits de Lovecraft, peut-être authentiques, traduits par David Camus, ces trois nouvelles et leur environnement graphique et bibliographique constituent un objet vraiment magnifique, une lecture passionnante – mais, toute en entrelacements, relativement inconfortable., sachant que « confortable » et « Lovecraft » ne sont de toute façon pas des mots faits pour aller très bien ensemble… -, et enfin, un cadeau idéal pour soi ou pour toute personne appréciant Lovecraft, ou le fantastique flamboyant, ou le récit d’exploration, ou l’onirique, ou même, tout simplement, le jeu de rôle.

Les rôlistes un peu anciens auront aussi fatalement une pensée émue pour le « modèle » de Kadath, hors tout contexte lovecraftien, que constituait la Laëlith de la grande époque de Casus Belli, et la présence de Frédéric Weil en arrière-plan du projet ne fera que conforter cette nostalgie de joueur.

J'en viens donc à Nicolas Fructus :

Après des études à l’École Emile Cohl, Nicolas Fructus débute professionnellement en 1991 dans l’illustration pour la jeunesse. Ce sont entre autres des collaborations avec Hachette Jeunesse ou Fleurus.




En 1993, Nicolas Fructus participe à son premier travail dans le dessin d’animation.

Le chassé-croisé entre production et illustration durera jusqu’en 1996, lorsqu’il intègre la direction artistique de la société de jeux vidéos ARXEL TRIBE. Commencent ainsi quatre années de travail en production, alternant la création et la mise en place de chartes graphiques, et le suivi de production.

C’est lors de ces années que des collaborations voient le jour avec Mœbius pour le jeu Pilgrim, et surtout Philippe Druillet pour Ring, l’adaptation en jeu vidéo de la Tétralogie de Wagner, l’Anneau des Nibelung.

C’est ainsi qu’en 2000, Nicolas Fructus décide d’arrêter pour un temps la production afin de pouvoir se consacrer pleinement à la Bande Dessinée, domaine qu’il rêvait depuis longtemps d’aborder.

De 2001 à 2007, il sort cinq tomes d’une série nommée Thorinth, éditée aux Humanoïdes Associés.

Conjointement à cela, alors que ses interventions dans le domaine du jeu de plateau ne fait que s’accroître, s’inscrit l’aventure Arthur et les Minimoys à partir de 2002. Pendant plus de cinq ans, à quatre mains, ils déclinent la charte graphique de l’ensemble des trois films.

À partir de 2008, Nicolas Fructus intervient régulièrement dans la réalisation d’illustrations fantastiques (Éditions du Bélial), du jeu (Zombicide, Timeline, Takenoko), la Bande Dessinée (Showman Killer avec Jodorowsky), et des tirages limités comme Mémoire des Mondes Troubles (série de photographies avec Un livre-une image).

Depuis 2010, en plus du jeu, ce sont trois livres illustrés aux éditions Mnémos pour lesquels il consacrera le plus de temps. Ce sont des livres-univers portés par quatre écrivains à chaque ouvrage. Ainsi naissent Kadath, le guide de la cité inconnue, Un an dans les airs, et Jadis.

Depuis 2015, Nicolas Fructus travaille sur Gotland, un retour aux univers Lovecraftiens avec les Editions du Bélial.

Son site : http://fructusnico.free.fr/

Quelques œuvres :