Un Blog dans lequel je laisse libre cours à mes idées pour parler de Multivers, de Pop Culture, de Mondes Imaginaires, de Jeux de Rôle, de Musiques et de Cultures Alternatives ou non, de Romans, BD, Comics, Mangas..., de Films et Animés, de Jeux Vidéo, de Figurines, d’Illustrations et d’autres trouvailles et Geekeries qui me passent par la tête, m’intéressent, m’inspirent. Un Blog où j’aime à mélanger, mixer tout cela dans un flot d'articles où je vous invite à venir vous perdre...
Je ne sais pas si c'est la replongée récente en Terre de Milieu décriée par beaucoup mais qui personnellement m'a bien accrochée (je suis bon public pour ce genre de truc), ou de m'être replongé sur cet excellent Blog figuriniste et son gros mash-up Terre du Milieu/Oldhammer/D&D/GoT/Cthulhu et j'en passe et des meilleurs, mais c'est vraiment excellent, mais j'ai envie de me plonger dans ce type d'ambiance, surtout qu'on joue un peu comme ça à la maison, un mélange de Jdr et d'escarmouche.
Donc j'hésite à lancer une nouvelle campagne beaucoup plus Fantasy classique inspirée directement de Lotr & co. Problème, la campagne en cours est bien lancée et les joueurs adorent, alors j'ai réfléchis à quelques pistes pour voir comment intégrer cela. Donc déjà pour imaginer que Sauron puisse faire parti de ce monde et continuer à étendre son influence dans l'ombre, je suis parti d'un vieux truc que j'avais lu quelque part et qui faisait le parallèle entre Sauron et Thasaidon de Clark Ashton Smith. J'ai repensé au fait que Tolkien avait un jour dit, me semble t'il, que nous étions dans notre époque contemporaine à ce qui pourrait s'apparenter au 6ème ou 7ème âge, encrant le fait que les événements de ses écrits aient pu se dérouler dans un passé très lointain de la Terre. Pour mes campagnes j'utilise souvent la chronologie du Mythe et celle de Marvel que je croise et qui me permet de trouver des éléments pour imaginer et justifier des événements sur la Terre de nos aventures. Je croise cela avec plein d'autres trucs et j'essaie, en forçant parfois de trouver des correspondances, c'est ce que j'aime aussi dans ce loisir.
Thasaidon est vénéré dans Zothique mais son origine remonte à Mu, je me suis dit que j'allais partir de ça.
Dans le Mythe, concernant Mu dans les âges anciens de la Terre, j'ai trouvé plusieurs évocation du mythique continent :
Il y a 160 millions d’années : Les Mi-Go ont installé une exploitation minière sur terre. Les choses plus anciennes essayent de lutter contre eux dans l’espace, mais trouvent qu’elles ont succombé tellement qu’elles peuvent plus faire ainsi. Les Mi-Go commandent par la suite une grande portion de la partie nordique de la terre. Certains Mi-Go vont s’établir dans la terre qui deviendra Mu, et adorent Ghatanothoa*. Les Mi-Go apportent également avec eux deux objets, plus tard connus sous le nom de joint noir d’Iraan et du Trapezohedron brillant.
Il y a 500 000 ans : L’Homos sapiens, l’humanité moderne, se lève. Ces premiers et vrais humains trouvèrent le royaume de Nemedis, et guerroyèrent durant mille ans avec les Rois Dragons. Les humains gagnèrent, et le peuple des serpents fut repoussé au Sud. Les serpents exilés forment le second royaume de Valusia. Quelques uns, cependant, se cachèrent à la place parmi les îles de la mer de Neol-Shendis, attendant leur heure pour s’élever à nouveau.
Il y a 200 000 ans : Le royaume humain de Mu atteint son apogée. A cette époque, les Muviens vénèrent beaucoup de dieux sombres, incluant Ghatanothoa, Ythogtha et Zoth-Ommog.
Il y a 173 148 ans : Lors de l’année de la Lune Rouge, Ghatanothoa devient le dieu suprême de Mu, suivant la destruction divine d’un grand-prêtre de Shub-Niggurath.
Il y a 161 844 ans : Le culte de Ghatanothoa est devenu si fort que les autres religions sont hors-la-loi. Zanthu, dernier grand-prêtre de Ythogtha, essaye de libérer son dieu, détruisant Mu. Zanthu s’enfuit vers le plateau de Tsang, où il écrit ce qui sera connu plus tard comme les Tabletes de Zanthu.
18 000 avant J-C : Un gigantesque cataclysme détruit cette fois le monde entier, amenant l’âge Hyborien. Le continent atlantéen occidental coule, laissant seulement les îles qui deviennent Bal-Sagoth et Poseidonis. Les derniers Atlantes, qui fuit en direction du Nord, deviennent les Cimmériens barbares. Les ultimes Lémuriens survivants sont mis en esclavage par une ancienne race inconnue de la partie orientale du continent thurien. Mu s’élève à nouveau des décombres, et Ghatanothoa invoque ses serviteurs, les lloigors. Les lloigors réduisent en esclavage les humains qui viennent pour vivre dans cette nouvelle contrée. Bokrug et les Thuum’ha viennent sur la Terre et fondent le royaume d’Ib au Moyen-Orient et de Lh-yib sur le territoire des Cimmériens.
9 550 avant J-C : Un ultime cataclysme détruit le monde hyborien et fait surgir de nouvelles terres, amenant le monde dans ses configurations plus ou moins actuelles. Des portions du continent hyborien, de Poseidonis et de Mu disparaissent toutes sous les flots. Dans les temps récents, cet événement est conservé comme le Grand Déluge. Les lloigors se dispersent à travers le monde, s’établissant au Moyen-orient, en Nouvelle-Angleterre, en Europe et ailleurs. Le lotus noir est emmené de Stygia en plein effondrement jusqu’aux plateaux de Leng et Sung, où il continue à être cultivé. Dans les restes de Stygia, les Vanir fondent le pays de Khem. Les Brythuniens émigrent dans un pays à l’Est de Khem et deviennent les prêtres de Mitra, gardant leur lignée pure et séparée de la population locale. La cité de Sarnath est fondée en Mésopotamie par un autre groupe d’humains, près de la cité Thuum’a d’Ib. Le peuple de Sarnath croit jusqu’à déranger celui d’Ib. La province d’Averoigne est fondée par un peuple appelé les Averones (survivants d’Atlantis) dans ce qui est aujourd’hui la France.
*Après lui avoir creusé des cryptes sous la ville qu'ils avaient bâtie au pied du mont Yaddith-Gho, un volcan éteint du continent de Mu, les Fungi de Yuggoth ont laissé derrière eux leur monstrueux dieu. Les premiers hommes arrivés sur Mu ont ensuite voué à leur tour un culte impie à Ghatanothoa. Ses prêtres, dans la province de K'naa, sacrifiaient tous les ans douze jeunes guerriers et douze jeunes vierges sur les autels flamboyants d'un temple de marbre dressé au pied du Mont Yaddith-Gho. Ces cent prêtres de Ghatanothoa formaient l'élite de ce peuple antique : ils possédaient chacun une maison de marbre, un coffre d'or, deux cents esclaves, cent concubines, aucune loi ne s'appliquait à eux et ils disposaient d'un pouvoir de vie ou de mort.
Mu est aujourd'hui sous les eaux et le dieu gît par des centaines ou des milliers de brasses de fond. Comme Cthulhu (dont il serait le premier des trois fils qu'il aurait eu avec une certaine Idh-yaa), il ne peut pas mourir et attend la résurgence de sa demeure engloutie. Selon Von Junzt, le culte de Ghatanothoa s'était principalement épanoui dans le Pacifique près de l'ancien emplacement de Mu. Mais il avait également atteint Atlantis, Leng, K'n-yan, l'Egypte, la Chaldée, la Perse, la Chine, l'Afrique, le Mexique, le Pérou et l'Europe. La culture occidentale n'a jamais favorisé la croissance de ce culte et a éradiqué plusieurs de ses branches. Néanmoins, il est vraisemblable que le culte est devenu secret et a survécu, sans doute en Extrême-Orient et dans les îles du Pacifique. Son enseignement a été absorbé dans certaines légendes polynésiennes.
Le Mythos contient une partie de l'oeuvre de Clark Ashton Smith, on peut donc relier Thasaidon de près ou de loin à celui-ci je pense. Thasaidon est une entité maligne se manifestant comme un guerrier en armure brandissant une masse. Il est donc vénéré comme le Principe du Mal dans Zothique , mais son culte remonte à l'époque de Mu.
Je pars maintenant sur la mythologie D&D, car c'est à prendre en compte pour faire le lien.
Quand vous parcourez les donjons en quête de trésors ou autres buts, d''où pensez-vous que tous ces squelettes et monstres errants viennent ? Et d'où vient le pouvoir d'animer ces morts-vivants ? Eh bien, c'est ce qui se passe quand les pouvoirs du Chaos sous la forme des Balrogs (qui sont au un peu au sommet de la chaîne alimentaire de Donjons et Dragons old-school) aident les sorciers dans les donjons.
Maintenant, si tel est le cas, pourrait-il y avoir une raison pour laquelle des millions d'années dans le futur il y a un seigneur du mal brandissant une masse dans Zothique de Clark Ashton Smith ? L'idée que Sauron pourrait en fait non seulement avoir survécu aux événements décrits par Tolkien mais se métamorphoser en Seigneur des Turpitudes, qu'il survit à la Terre du Milieu pour fonder un culte dédié à son mal au sein de Mu et qu'est-ce que cela a à voir avec le monde souterrain ou les donjons ? Tout s'enroule autour de cette idée concernant les démons dans D&D.
La race de démons la plus répandue est celle des démons, une race maléfique chaotique originaire des Abysses, ils sont rapaces, cruels et arbitraires. La race dominante des démons est la tanar'ri / t ə ˈ n ɑːr i /. L'Abysse et sa population sont tous deux théoriquement infinis en taille. Les "vrais" tanar'ri tels que les balors (appelés à l'origine Balrogs, eh oui!!!) et les mariliths serpentins à six bras poussent d'autres tanar'ri plus faibles et les organisent en armées de fortune pour la bataille. Seigneurs démons et princes démons tels que Orcus, Demogorgon , Juiblex , Zuggtmoy , Graz'zt et d'innombrables autres règnent sur les démons de leurs couches individuelles de l'Abîme, dans la mesure où les démons chaotiques peuvent être dominés.
Dans Tolkien, les Balrogs sont à l'origine, comme Sauron ou les Istari, des Maiar.
Selon mon pdf du Zothique D20 (traduit approximativement par mes soins avec un outil de traduction).
Thaisaidon est un sombre archidémon, "prince de toutes les turpitudes". Adoré depuis les déserts centraux (Tasuun) vers les îles du sud (Sotar). Thasaïdon est généreux de sa puissance, car il sait ce pouvoir corrompt. Thasaidon est connu et redouté dans tout Zothique, même là où il se trouve pas adoré. Les vampires et les lamiae lui rendent hommage, et des liches ratatinées dessinées sur son pouvoir pour une présence terrestre qui continue au-delà de la tombe.
"Devant lui, sur un autel de jais, se dressait la sombre et gigantesque statue de Thasaidon qu'un sculpteur engendré par le diable avait forgé dans des jours anciens pour un mauvais roi de Tasuun, appelé Pharnoc. La l'archidémon était représenté sous les traits d'un guerrier en armure complète, soulevant une masse hérissée comme dans une bataille héroïque... Et souvent, à travers la bouche de la statue, Thasaidon prononçait des oracles pour Namirrha, ou répondrait aux interrogatoires. Devant l'image en armure noire pendaient sept pièces d'argent lampes... Sauvage et sinistre était leur lumière, et le visage du démon, regardant sous son casque à crête, était rempli des ombres malignes et équivoques qui se déplaçaient et changeaient éternellement".
Thasaidon a tous les traits d'un démon/tanar'ri/maiar déchu, mais ses actes et son apparence le rapproche plus de Sauron que des Balrogs.
Ici, d'où est tirée cette illustration, la réinterprétation de Thasaidon a un petit quelque chose de Sauron, voire même de Morgoth...
Le fait que les races semi-démons et morts-vivants tirent leur pouvoir de lui me rappelle également l'apparence de nécromancien du Sauron de Tolkien.
Dans l'oeuvre de Tolkien, le 4ème âge est l'âge des hommes, Sauron et vaincu et l'anneau détruit, les Elfes quittent peu à peu la Terre du Milieu... On pourrait situer un âge d'or des premiers hommes dans cette période d'il y a 200 000 ans quand le royaume humain de Mu atteint son apogée. C'est à travers le monde souterrain des rêves que Sauron a survécu dans le monde et les rêves de l'humanité. Il a navigué dans l'histoire en utilisant l'esprit de l'humanité lui-même pour parcourir les courants de l'histoire, du temps et de l'espace jusqu'à ce qu'il arrive sur Mu et plus tard sur Zothique.
Sauron ou du moins l'esprit de Sauron aurait traversé les millénaires de la Terre et ce jusqu'à sa toute fin, Thasaidon serait l'un de ses avatars par exemple, ou son nouveau nom pour échapper à la vigilance des dieux. Il aurait murmuré à bien des oreilles à travers l'histoire et peut-être est-ce lui qui dans les profondeurs du mont Yaddith-Gho, cherchant un nouveau refuge pour ourdir ses méfaits, est tombé sur un nouveau "maître", Ghatanothoa. Conscient que celui-ci le surpassait, il le servira et lui murmurera des "idées", car Sauron est avant tout l'ancien serviteur de Morgoth et un maître dans du charme, de la séduction et de la perfidie, il a son propre plan. Peut-être est-ce lui qui a suggéré la création des lloigors, sur les anciens manuscrits impies, ils sont illustrés d'une manière qui n'est pas sans évoquer les montures volantes de ses anciens serviteurs, les neufs, croisées avec la création de son ancien maître, Glaurung...
Qui sait ce qu'a entrepris Sauron/Thasaidon après la chute de Mu, pendant les millions d'années qui mèneront au dernier continent de la fin des temps Zothique. La légende raconte que Morgoth reviendra à la fin du monde. Alors Manwë descendra de son trône, au sommet du Taniquetil, pour l'affronter mais ce sera Tùrin Turambar qui lui plongera son épée dans le cœur, le vainquant une dernière fois avant la sentence d'Eru qui, après le combat, révélera la dernière Musique des Ainur. Peut-être Sauron/Thasaidon a influencé les différents âges des hommes depuis Mu afin de renforcer son pouvoir de corruption et faire se lever une immense armée de morts et de créatures corrompues pour assiéger le monde à la toute fin de celui-ci et venir au secours de son maître, Morgoth.
Mais comment intégrer tout ça dans notre campagne actuelle, déjà je vois la piste de Millevaux et l'Europe revenue à une sorte d'âge sombre médiéval comme terrain pour ma Terre du Milieu, on change quelques réglages, moins de Millevaux omniprésente par exemple. Sauron / Thaisaidon trouve là son nouveau terrain de jeu pour propager le mal. Mais il n'est pas seul car nous avons là un nœud dimensionnel où d'autres puissances veulent s'établir, sans compter sur les forces déjà en place, qu'en est il des nazis et de leurs alliés de l'Exif, serviteurs ou non ? Et Millevaux est normalement un domaine de Shub-Niggurath, la présence d'un "serviteur ancien" de Ghatanothoa sera t'elle acceptée ? La magie serait don présente aussi mais rare, réservée à certaines entités et non au commun des mortels...
Je compte utiliser aussi des chronologies issues du Dossier Noir.
Dans le Dossier Noir de la Ligue des Gentlemen Extraordinaires, il y a aussi une chronologie intéressante, notamment en ce qui concerne le passé très lointain de la Terre. Le dossier commence par un rapport qui met à plat la notion de divinité et en dresse l'historique On the Descent of Gods. On apprend ainsi que les grands anciens précédent les dieux d'Hyperborée qui eux même sont suivis par les seigneurs du chaos et de l'ordre des Melnibonéens puis nos divinités antiques...
Cela commence par le venu des Elohim. Les «Elohim» sont, dans la Genèse 6: 2, une sorte d'ange qui prend les «filles des hommes» pour femmes. Dans plusieurs cas dans la Bible hébraïque, Elohim semble se référer au Dieu d'Israël (c'est le troisième mot dans le texte hébreu de la Genèse, par exemple). Dans d'autres cas, il semble faire référence à une classe d'êtres angéliques qui sont venus sur Terre pour s'accoupler avec des femmes humaines.
Apparaissent ensuite les «Great Old Ones», une référence aux œuvres de H.P. Lovecraft. Dans les histoires de "Cthulhu Mythos" de Lovecraft, les Grands Anciens sont un groupe d'êtres extraterrestres semblables à des dieux de tailles et de pouvoirs énormes qui transcendent notre compréhension du temps et de l'espace. Ils sont actuellement emprisonnés ou dorment mais peuvent être réveillés par des adorateurs cultistes.
Il est évoqué une bataille entre Elohim et Grands Anciens.
Vient ensuite, si mes souvenirs sont bons le royaume arctique d' Hyperborée qui est une référence à Hyperborée, qui dans la mythologie grecque était la terre «au-delà du vent du nord», loin au nord. Je pense qu'il serait utile de mentionner également le fait qu' Hyperborea a joué un rôle important en tant que continent perdu dans la théosophie (à commencer par Madame Blavatsky, comme l'a souligné De Camp dans son livre Lost Continents), mais, plus important dans ce contexte, il a été utilisé par Clark Ashton Smith comme cadre pour son "Cycle Hyperboréen" qui est devenu une partie du mythe de Cthulhu, en effet, H.P. Lovecraft a incorporé certains des éléments fantastiques introduits ici pour la première fois dans son histoires ultérieures. " A noter que Hyperborea apparaît également dans le travail de Robert E. Howard. «Crom» apparaît dans les fantasmes de Robert E. Howard. Crom est le sombre dieu vénéré par les barbares cimmériens, dont Conan fait partie.
Puis est évoqué l' Empire Melnibonéen qui est l'empire décadent dont est issu Elric dans les livres «Elric of Melnibone» de Michael Moorcock. «Lords of Order en guerre sans fin avec Lords of Chaos» est une référence au cycle du livre Eternal Champion de Michael Moorcock, dans lequel Law et Chaos, représentés par les Lords des deux, sont en perpétuelle lutte métaphysique. Arioch est l'un des seigneurs du chaos dans les livres de Moorcock. Il est le «chevalier des épées» et le dieu patron d'Elric. Pyaray est un autre des Seigneurs du Chaos. Il est un énorme poulpe rouge et est le "Murmure tentaculaire des secrets impossibles".
Vient ensuite l'âge Hyboréen de Conan, et là je ne me rappelle plus exactement mais je crois que 10000 ans séparent Melniboné de l'âge Hyboréen.
Ce qui est intéressant, c'est que cette chronologie propose les Elohim et les Elohim ne ressemblent ils pas aux Valar de Tolkien, certains évoquent des similitudes sur internet par ci par là, mais c'est sur qu'on y pense facilement, Melkor / Morgoth serait alors de ce calibre.
Ensuite un autre fait intéressant pour des liens dans mes idées de contexte c'est que cette chronologie dans le Dossier Noir, a été établie par Oliver Haddo, alias Aleister Crowley qui comme on le sait bien à contribué à sa manière à l'effort de guerre contre les nazis.
Donc voilà quelques pistes pour essayer d'inclure ces différentes œuvres dans ma Terre d'aventure et orienter la campagne sur un petit côté plus "Fantasy" dans l'esprit de ce Blog mais en restant dans mon truc à moi.
Cela fait quelques temps que je n'ai rien posté, mais une bonne crève qui m'a cloué pendant plusieurs jours (pas la Covid je vous rassure), mais une bonne fatigue quand même, plus pas mal de boulot à rattraper par la suite m'ont tenu éloigné de ce Blog et de notre campagne également, une partie était prévue mais j'ai préféré l'annuler. Bon j'en ai profité pour un peu bouquiner, regarder quelques trucs sur YouTube ou sur les plateformes et faire une partie de BioShock, il faudra que je revienne dessus l'un de ces jours car ce jeu a vraiment une ambiance très intéressante, il y a d'ailleurs un scénario très inspiré par ce dernier dans "Dans l'Empire du Lion", recueil d'aventures pour Mantra de Batronoban que j'ai justement relu après ma partie.
Mais là je vais vous parler de deux trucs qui m'ont bien surpris, une série sur Disney + : Marvel's Hit Monkey et une BD, Aleister & Adolf chez Vestron.
Marvel’s Hit Monkey est à l’origine un comic book imaginé par le scénariste Daniel Way et le dessinateur Dalibor Talaji. Il a été publié en ligne sur la plateforme Marvel Digital Comics Unlimited en avril 2010 avant de sortir dans les kiosques une semaine plus tard. Il est ensuite apparu la même année dans le comic book de Deadpool dans un arc en trois numéros avant d’avoir le droit à sa propre série limitée en trois volume.
Marvel’s Hit Monkey raconte comment un macaque japonais va se retrouver lié au fantôme de Bryce, un tueur à gage en bout de course qui va être assassiné devant ses yeux dans les Alpes japonaises. Terrible mentor avec un regard très cynique sur ce monde, il va le guider dans une quête de vengeance pour achever son ultime mission et aider Monkey à devenir celui qu’il devait être.
Le premier épisode démarre lorsque le tueur à gages Bryce Fowler assassine, dans la ville, un politicien progressiste et l’officier de police Ito. Mais il ne se tarde pas à se rendre compte qu’il a été trahi par son commanditaire, qui lui envoie ses sbires pour le zigouiller. Il parvient à les éliminer, mais est grièvement blessé. Parce que son clan est massacré par des assassins traquant Bryce, Hit-Monkey, un macaque en colère, décide de se venger des yakuzas responsables de cet acte et, accompagné par le fantôme sarcastique de Fowler, qui lui fait découvrir le monde des humains, il part pour Tokyo, alors en pleine élection du nouveau Premier Ministre japonais, afin de nettoyer les rues de la ville de la pègre qui l'envahit...
La première saison de Hit Monkey, en 10 épisodes de 25 minutes, est bien sympathique et permet de mettre en évidence ce personnage sortant vraiment de l’ordinaire.
L’œuvre se rapproche, notamment par le biais de certains des méchants que l’on y découvre, de l’univers de Daredevil. On y croise donc de nombreuses personnes qui font des apparitions plus ou moins importantes, dont une tueuse à gages vraiment très efficace et particulièrement mortelle, Lady Bullseye. Les autres protagonistes sont très bien interprétés et proposent une galerie de personnages sortant parfois de l’ordinaire. L’animation est parfois en dessous de celle d’animes récents, notamment japonais. Elle est toutefois très efficace et propose des séquences d’affrontement particulièrement spectaculaires et lisibles. Le design du singe est vraiment très réussi et celui-ci a une grande classe avec son costume et ses lunettes. Le fantôme a une belle apparence éthérée qui permet de voir ce qu’il se passe derrière lui. Et les supers pouvoirs de certains protagonistes rendent bien.Il y a un certain humour (Archer n'est pas loin et la ville de Tokyo (peuplée d'esprits (Yuki, le fantôme protecteur de la ville), de super-méchants (Lady Bullseye, le Silver Samuraï) et de caïds déglingués aux capacités surhumaines (Ogun, par exemple)) a aussi une grande importance dans les événements et sert de multiples lieux de rencontre entre le singe et ceux qui régulièrement veulent l’éradiquer. Il est amusant de voir comment le macaque communique avec les autres animaux, ce qui a parfois de l’influence sur le déroulement du récit, et permet de comprendre un peu mieux ce qui se passe dans sa tête. Une histoire qui n'oublie pas de se montrer plus sensible et émouvante entre deux gerbes de sang, des scènes d'action très violentes et un humour qui fonctionne : Monkey ne se sent pas à sa place chez les humains ou chez les singes, sa relation avec Bryce devient de plus en plus compliquée, il s'éprend vaguement de la nièce du candidat aux élections et lorsqu'il tente de renouer avec son espèce en partant dans les montagnes, il n'amène avec lui que violence et désolation.
J'ai trouvé cette série assez distrayante et elle m'a ramené à d'autres (pas dans l'histoire et les thèmes mais un peu dans l'esprit) comme Seis Manos ou Trese ou encore au film Wolverine : Le Combat de l'immortel. Le genre de truc que j'aime bien où des personnages se retrouvent à vivre des aventures bien tarées à milles lieux de leur quotidien, à savoir que là, en plus c'est un singe. Le type de concept que j'aime à imaginer pour mes PJ.
Autre sujet, la lecture de cette BD qui traînait depuis plusieurs mois sur mes étagères et que je n'avais pas encore ouverte : Aleister & Adolf. Reconnaissons que le titre fait un peu peur au premier abord mais on est intrigués dès la couverture par l’univers étrange que les artistes nous proposent. L’histoire démarre comme une intrigue policière même si, dès les premières pages, on sent bien que quelque chose cloche. Le jeune graphiste Hugh bosse dans la pub sans trop de conviction jusqu’à ce qu’un logo récalcitrant le pousse aux archives où il fait des recherches et tombe sur un vieil archiviste plus qu’étrange. Le logo sur lequel Hugh fait des recherches l’amène dans un univers auquel il ne s’attendait pas : les camps de la mort nazis.
Aleister & Adolf part donc d'un accident informatique sans conséquence au sein d'une société fictive du nom de Viceroy : sur un document, le graphiste ne parvient pas à insérer le logo de la compagnie, comme si ce-dernier refusait de se laisser faire. Des archives, le jeune homme est orienté vers un vieil homme responsable de l'adoption de ce symbole, Roberts, un vieillard aux portes de la mort et ancien vétéran de la Seconde Guerre Mondiale. Ce-dernier va expliquer au graphiste l'origine du logo, en revenant à ses jeunes années aux côtés d'Aleister Crowley en marge d'une bataille des symboles entre les Etats-Unis et le IIIème Reich.
Le comics prend la forme d'une fiction spéculative à la Hellboy, en reprenant quelques idées emblématiques de l'oeuvre de Mike Mignola. En l'occurrence, le principe fondateur de l'histoire veut que les nazis étaient eux-mêmes adeptes des sciences occultes à la recherche de symboles, ou d'artefacts religieux (la Lance de Longin) censés galvaniser la puissance des armées. Roberts est alors un simple photographe de guerre attaché au régiment du général George Patton, envoyé en Angleterre à la rencontre d'Aleister Crowley pour fomenter un réseau de contre-propagande mystique. Le but des deux hommes est, au départ, de manipuler les loges de fanatiques nazis en concoctant de fausses prédictions sur un principe de course au renseignement - Crowley devient alors le Alan Turing du monde des esprits et des astres - puis de bâtir un symbole rival à la Svastika qui permettrait à l'armée alliée de surplomber Adolf Hitler et sa clique. Les lecteurs qui n’auraient aucune notion du sujet seront sans doute un peu perdus dans un premier temps car les auteurs glissent de nombreuses références historiques, mythologiques et magiques dans leur récit et dans leurs pages. Dès les premières planches, à côté des logos de Shell ou Peugeot, on aperçoit une affiche d’un film de Kenneth Anger – Hollywood Babylon – un réalisateur fasciné par l’occultisme. Quant à la lance de Longin, elle est un des fils rouges de l’histoire et rappelle la fascination des nazis pour les artefacts christiques auxquels ils prêtent des vertus magiques. Le lecteur fera vite le parallèle avec deux des films de la série Indiana Jones dans lesquels les nazis tentent de faire main basse sur l’Arche d’alliance ou le Graal.
Toutefois, il est bon de rappeler qu'Aleister & Adolf s'appuie sur un mensonge connu de la fiction révisionniste, déjà largement utilisé dans Hellboy, avec ses Kroenen, Raspoutine et son projet Ragna Rok par exemple. Une théorie qui veut que les nazis auraient entretenu leurs propres temples, leurs propres paraboles, leurs propres rites interdits, aujourd'hui largement réfutée par les historiens. Le discours construit par la propagande du pouvoir en place, avec ses référents scandinaves ou antiques, et quelques croyances individuelles de certains hauts gradés a effectivement pu laisser place au doute. La fascination contemporaine pour ce front supposément occulte de l'armée nazie, authentique corne d'abondance des auteurs de fiction, s'appuie surtout sur les convictions personnelles d'Heinrich Himmler.
Le bras droit d'Adolf Hitler entretenait effectivement une passion sincère pour l'emploi des runes, le rôle des symboles dans la construction de l'identité nazie, et certaines superstitions pas forcément bien vues dans l'entourage du Führer. Espérant faire des Schutzstaffel ("S.S.") un équivalent moderne des Chevaliers de l'Ordre Teutonique, celui-ci habillera les soldats de symboles nordiques ou germaniques. La Svastika, représentation d'une croix solaire provenant de cultures indo-européennes plus anciennes, deviendra surtout l'emblème du nazisme par effet d'appropriation culturelle.
Le récit bascule ensuite très vite dans l’occultisme quand Roberts rencontre Aleister Crowley, une des figures majeures de ces mouvances multiples et que l’on considère parfois comme le père du Satanisme – son surnom est d’ailleurs "la Bête" en référence à l’Apocalypse de Saint Jean. Et là encore, une bonne connaissance du sujet aidera mieux à comprendre les multiples références glissées à la fois dans le récit et dans les planches. On sent une excellente maîtrise du sujet par les auteurs qui placent toutes les facettes de la vie de Crowley, de son pangermanisme datant de la Première Guerre mondiale à ses liens avec les occultistes allemands, sa dépendance à la mescaline, ses rituels sataniques et inspirés de l’Egypte ancienne, sa société de Théleme ou sa rencontre avec Ron Hubbard, le père de la scientologie… Aux côtés de Crowley, on retrouve des figures importantes des services secrets britanniques : Ian Fleming, le créateur de James Bond et Maxwell Knight, du MI5 qui a inspiré la figure de 007. On croise évidemment quelques nazis et notamment Rudolf Hess, qui, tout comme Himmler, était féru d’occultisme.
Le propos de ce récit est de démontrer combien les signes, les symboles peuvent avoir une influence majeure sur les grands faits historiques. On part évidemment dans des propos mystiques auxquels on n’est pas forcés d’adhérer mais la démonstration est intéressante : la svastika étant un symbole fort, alimenté par la souffrance, tandis que le V de la Victoire en est l’opposé. Là encore, chapeau aux auteurs qui se sont documentés sur les origines de ces symboles et en proposent une genèse que les biographes de Crowley ne renieraient pas.
Par delà une histoire de semi-fiction, Douglas Rushkoff demande au lecteur de réfléchir à ce qui l’entoure : les marques utilisent des logos qui influencent notre vie de manière pernicieuse. Il nous propose donc de voir au delà des apparences et de comprendre qu’il existe des forces, occultes ou non, dont le but est la manipulation des esprits. Evidemment, évoquer le nazisme et les millions de morts qu’il a entraîné dans son sillage pour montrer la dangerosité de certains symboles et des techniques de marketing peut paraître quelque peu excessif mais, quand on y songe, les régimes autoritaires sont sont également implantés grâce à des techniques de propagande et de manipulation des masses, l'actualité récente en est une preuve.
Si on doit évoquer l’aspect graphique, je dirais que Michael Avon Oeming domine parfaitement son sujet. Le choix d’un récit en noir et blanc renforce l’aspect noir et un peu effrayant du titre. Oeming varie les techniques pour varier les ambiances : il utilise le tramé lorsqu’il lance son jeune graphiste dans une enquête ou les fonds aquarellés pour les rituels ésotériques. Ses personnages sont tous quelque peu inquiétants et Oeming réutilise avec science les images connues d’Aleister Crowley et glisse avec malice des références occultes dans ses planches. Au lecteur de les dénicher !
Si le titre, Aleister vs Adolf, peut faire effrayer un lecteur frileux, l’ambiance générale et les références historiques, ésotériques et les clins d’œil à la culture pop font de ce récit une lecture passionnante et angoissante. Si décrypter les références peut paraître un peu complexe au néophyte, Douglas Rushkoff fait de son ouvrage un véritable parcours initiatique qui permet à chacun de s’initier au sujet et de pénétrer un peu dans le monde de l’occulte. L’ambiance générale est sombre et s’accorde parfaitement au contenu de cet étrange ovni dans le paysage des comics.
Si je parle de ces deux œuvres, c'est que je trouve qu'elles ont toutes les deux un potentiel intéressant pour des aventures dans mon Multivers, l'une plus axée sur l'action (mais aussi l'enquête pourquoi pas) et l'autre sur un aspect mystique/ésotérique. Elles trouveraient bien leur place dans les ambiances vers lesquelles je veux orienter ma campagne, monde virtuel où nos PJ sont en fait des avatars, ou réminiscences, nos PJ pourraient se retrouver l'espace d'une aventure incarnés dans des animaux ou des anthropomorphes, ou revivre des incarnations passées au temps de la WW2 où ils se retrouveraient dans un combat mystique du type d'Aleister & Adolf, que ce soit dans des rêves, dans la matrice, dans une autre dimension...??? Il y a matière à faire quelques scénarios avec ces œuvres là.
De janvier à mars 1918, Crowley commença une série d'opérations magiques appelées Amalantrah Workings dans des chambres meublées à Central Park West, New York City. Celles-ci étaient exécutées via Sexual & Ceremonial Magick (son orthographe) avec l'intention d'invoquer certaines «intelligences» à la manifestation physique. En réalité, le fonctionnement se manifestait généralement par une série de visions et de communications reçues par le biais de la médiumnité de son partenaire, Roddie Minor.
Quoi qu'il en soit, au moins une telle «intelligence» a été amenée à la manifestation physique via le Portail Magique qu'ils ont créé. (Un portail dans ce contexte est une rente créée "par magie" dans le tissu du temps et de l'espace.) L'entité qui est passée est celle illustrée ci-dessus par Crowley. Crowley a soutenu que l'image était en fait un portrait et était tirée de la vie réelle. Cette entité s'appelait soit «Lam», soit s'appelait «Lam» par Crowley. Quoi qu'il en soit, il le considérait comme d'origine inter-dimensionnelle, ce qui était alors le terme pour extraterrestre. Dans les communications avec Lam, le symbolisme de l'œuf figurait en bonne place.
Crowley a inclus le portrait de Lam dans son exposition Dead Souls tenue à Greenwich Village, New York, en 1919. La même année, il a été publié comme un frontispice intitulé The Way to Crowley's commentary to Blavatsky's The Voice of the Silence . Sous l'image se trouvait l'inscription suivante: " LAM est le mot tibétain pour Chemin ou Chemin, et LAMA est Celui qui vaeth, le titre spécifique des Dieux d'Égypte, le Treader du Chemin, dans la phraséologie bouddhiste. Sa valeur numérique est 71 , le numéro de ce livre. "
En dehors de cela, il n'y a pas de commentaire de Crowley sur le sujet de Lam, à l'exception du matériel publié par des disciples tels que Kenneth Grant. Fait intéressant, Crowley a donné le dessin à Grant en 1945.
Les «extraterrestres gris», créatures mannequins au corps léger, à grosse tête et aux grands yeux noirs, sont avant tout un phénomène américain. Et, il est intéressant de noter que tous les travaux de Lam ont été effectués en Amérique.
Les rapports de ces entités associées aux OVNIS sont devenus courants dans les années 1980 et ont fait le grand saut avec le livre Communion de Whitley Strieber . Les «gris» semblent étrangement similaires à Lam, à l'exception de Lam n'ayant pas les grands yeux enveloppants insectoïdes rapportés des «gris». Cependant, il existe des variantes de ces petits êtres qui ressemblent beaucoup à un Lam comme sur la photo ci-dessous qui est un dessin composite d'Ann Direnger (Contact of the 5th Kind - Imbrogno) d'un type "extraterrestre" rapporté tout au long des années 1980 dans la vallée de l'Hudson.
Plutôt que gris, son teint est blanc argile et les traits du visage sont différents. En fait, la ressemblance avec le Lam illustré par Crowley est pratiquement exacte.
Aussi et peut-être le plus significatif,Kenneth Grant, chef de l'OTO actuel, déclare que: "Lam est un Grand Ancien dont l'archétype est reconnaissable dans les récits d'occupants d'OVNI." Il semblerait des déclarations du chef de file de l’Ordo Templi Orientis « Typhonien » ou « Ordre Typhonien » que les invocations actuelles de Lam sont absolument claires et que Lam et les gris sont un.
Des ouvrages d'alchimie à l'Ordre hermétique de l'Aube dorée, la culture pop' doit-elle une partie de sa puissance d'évocation au monde de l'occulte ? Invoquons les puissances ensemble
Avec Laurent Courau (site laspirale.org), Vincent Capes (réalisateur) et Simon Liberati (écrivain / journaliste).
BiTS décrypte l'actualité des cultures geek et tisse des ponts inattendus avec la culture traditionnelle, l'histoire, la sociologie ou la politique pour offrir une lecture originale du monde contemporain.
Hier soir, j'ai regardé sur Sundance TV, le film documentaire "Killing Joke documentary; The Death and Resurrection Show" dont voici le trailer ci-dessus. Non seulement c'est un groupe que j'aimais bien ado dans les années 80, mais ce film montre aussi comment le leader du Groupe, Jaz Coleman, a été fortement influencé durant toute sa carrière par l'Occultisme et le Mysticisme.
Si les textes de Killing Joke penchent souvent vers le millénarisme, c'est principalement à cause de la grande culture mystique que s'est forgée Coleman au cours de sa vie. Il est féru d'occultisme et a étudié la divination et la numérologie. Les allusions à des événements à venir, à des lieux chargés de spiritualité et à des textes sacrés (comme les prophéties d'Ézéchiel) sont légion dans les albums de Killing Joke et ce depuis les origines.
Coleman évoque très souvent la fin du monde, bien qu'il semble qu'il faille entendre par là une fin de la civilisation telle qu'on la connaît actuellement plutôt qu'une disparition pure et simple de la race humaine. C'est à la suite de la révélation de l'imminence d'un tel cataclysme que Coleman s'est réfugié en Islande, vite rejoint par Geordie Walker, le guitariste, au début des années 1980. En 1988, lors de l'écriture de l'album Outside the Gate, il utilise les principes de la numérologie antique pour caler le tempo de ses compositions. Il se dira ensuite troublé par le déroulement de l'actualité de l'époque, qui semble coller de près avec les intuitions ou prémonitions qui lui sont transmises durant l'enregistrement. Il aurait ainsi pressenti, peu de temps à l'avance, l'attentat de Lockerbie.
Coleman est profondément influencé par l'héritage occulte d'Aleister Crowley et son Hermetic Order of the Golden Dawn (voir Ordre hermétique de l'aube dorée). Il ne voit pas les prestations scéniques de Killing Joke comme de simples concerts, mais comme une célébration, une communion mystique entre le groupe et son public. Coleman joue volontiers avec la symbolique religieuse, comme lorsque, dans le DVD du concert au Shepherds Bush Empire, il brandit une croix latine au-dessus du public.
Dans le même ordre d'idées, liant intimement musique et spiritualité, son apparition dans le film Rok Ďábla révèle sa façon de concentrer les énergies, d'éveiller la créativité, et de lier un groupe de personnes par d'autres moyens que la simple amitié. Il emmène ainsi les membres du groupe tchèque Čechomor dans un lieu isolé, vide de tout repère, et tâche de leur faire partager une expérience mystique dans le but d'améliorer leur façon de jouer ensemble. Dans cette scène, il fait usage de substances psychotropes pour éveiller l'esprit aux forces occultes. C'est là un autre point commun avec Crowley, qui, dans un carnet, s'était employé à noter les effets de la consommation de cocaïne sur son corps et son esprit, augmentant régulièrement les doses jusqu'à atteindre une forme d'extase.
En résumé, Coleman prône l'acceptation des penchants animaux de l'homme, et leur utilisation à « bon escient » plutôt que leur diabolisation. Il conseille ainsi de « laisser sortir les démons » pour mieux les utiliser. Le texte d'Exorcism, sur l'album Pandemonium, fait référence à cette façon de laisser l'inconscient s'exprimer : « Rise from the unconscious let it rise - Get it out - Watch it bubble to the surface - Wash it away » - « Laissez [le démon] sortir de l'inconscient - Faites[-le] sortir - Regardez-le faire des bulles à la surface - Balayez-le ».
Il ressort de quelques entretiens accordés à la presse que Coleman croit à la panspermie, base importante de nombre de ses croyances.
Du coup ça m'a donné envie de me pencher un peu plus sur Aleister Crowley.
Aleister Crowley en 1929
Données clés Nom de naissance Edward Alexander Crowley
Naissance 12 octobre 1875
Royal Leamington Spa, Warwickshire, Angleterre
Décès 1er décembre 1947
Hastings, Sussex, Angleterre
Nationalité Britannique
Activité principale
Occultiste, poète, romancier
Autres activités, Alpinisme
Edward Alexander Crowley (12 octobre 1875 à Royal Leamington Spa dans le Warwickshire – 1er décembre 1947 à Hastings), dit Aleister Crowley, et également connu comme Maître Therion, Frater Perdurabo ou The Great Beast 666 (La Bête) est un écrivain, occultiste et astrologue britannique.
Fils d'une riche famille protestante fondamentaliste, du courant Darbyste, il abjura la foi chrétienne à l'adolescence, après la mort de son père. À Cambridge, il changea son prénom d'Edward en Aleister et commença à s'intéresser à l'occultisme. Initié au sein de la Golden Dawn, il s'en détacha rapidement pour poursuivre sa propre voie ésotérique, basée sur une « magie sexuelle » sans tabou. Il dilapida sa fortune au cours de ses recherches qui le menèrent partout dans le monde.
Il devint rapidement très controversé, tant pour ses mœurs sexuelles[réf. nécessaire] que pour ses idées occultistes, mais aussi pour ses idées politiques. Germanophile, il devint indésirable en Grande-Bretagne avec la Première Guerre mondiale. Il fut chassé de Sicile où il s'était installé, après divers scandales. Il continua ses errances. Il mourut d'une crise cardiaque liée à une bronchite chronique due à sa forte consommation de drogues. Il fut incinéré à Brighton et ses cendres auraient été perdues.Aleister Crowley est surtout connu pour ses écrits sur l'occultisme, particulièrement The Book of the Law, le livre sacré de Thelema. Crowley était également membre influent de plusieurs autres organisations occultes : l'Astrum Argentum et l'Ordo Templi Orientis. Concernant cette dernière organisation, il participa même à la réécriture complète de ses rituels en fonction de la Loi de Thelema.
Biographie
Jeunesse et éducation :
Edward Crowley était l'héritier unique (sa sœur cadette mourut en bas âge) d'un riche brasseur à la retraite, Edward Crowley, et de son épouse Emily Bertha Bishop. La fortune familiale provenait des brasseries Crowley's Ales. Il vécut ses premières années dans le confort matériel. Il développa aussi très tôt un complexe de supériorité intellectuelle et spirituelle.
Par ailleurs, la famille était membre du groupe religieux protestant fondamentaliste des Frères de Plymouth. Après le décès de son père, Edward Crowley rejeta son héritage religieux. Sa mère commença à lui donner alors le surnom qu'il s'appropria ensuite : « The Beast », en référence à « La Grande Bête 666 » de l’Apocalypse de Saint-Jean. Il fut confié à la garde de son oncle maternel Tom Bond Bishop, d'apparence philanthrope mais cruel avec son neveu. Son oncle est un prêcheur fanatique et il oblige Edward Crowley à apprendre la Bible par cœur.
Edward Crowley suivit les cours d'abord du Malvern College (1891-1892) puis de la Tonbridge School (1892). Il ne s'y sentit jamais à l'aise. En 1895, il entra au Trinity College (Cambridge) où il commença à étudier les sciences naturelles. Il était cependant plus doué dans des disciplines annexes : échecs et alpinisme. Il semblerait que ce fut alors que, intéressé par la poésie, il décida de changer de nom et, s'inspirant du poème « Alastor, or, The Spirit of Solitude » de Shelley, il ait décidé d'adopter le prénom « Aleister », réinterprétation gaélique d'Alastor, pour s'inscrire dans la vogue du renouveau celtique que connaissait à cette époque la Grande-Bretagne. Le choix du prénom "Aleister" a également été choisi pour une raison numérique, il faut savoir que dans la Kabbale Anglaise, Hébreuse et Grecque, l'addition des lettres composants "Aleister Crowley" donne le chiffre de la bête: 666.
Ce fut aussi alors qu'il était étudiant qu'il hérita de la fortune paternelle et qu'il commença à la dilapider. Il fit ainsi publier dès 1898 une édition de luxe de ses propres poèmes Aceldama, alors marqués par l'influence de Gerald Kelly. Le poème « White Stains » révélait déjà ses penchants homosexuels. Son premier amant fut d'ailleurs alors l'acteur transformiste Jerome Pollitt. La relation, empreinte de méfiance des deux côtés, se termina en 1898.
Aleister Crowley quitta Cambridge avant d'avoir passé son diplôme.
Découverte de l'occultisme :
En 1897, une vision lui fait réaliser que toutes les œuvres humaines, hormis la magie, sont éphémères. Il se consacre alors à l'étude des textes ésotériques, et cherche un magicien pour l'initier. Il est admis en novembre 1898 au sein de la Ordre hermétique de l'Aube dorée, une société secrète d'étude et d'enseignement des sciences occultes fondée en 1888. Pour ses travaux ésotériques, il y adopte le nom de Perdurabo (« J'endurerai ») ; si William Butler Yeats le croit fou, il est remarqué par un autre membre de la Golden Dawn, l'un de ses fondateurs : Samuel Liddell MacGregor Mathers.
MacGregor Mathers a mis au point un rituel pour invoquer son ange gardien. Dans ce but, Aleister Crowley s'enferme dans la résidence du bord du Loch Ness en Écosse, Boleskine House.
Déçu par les dissensions au sein de la Golden Dawn et rejeté par de nombreux membres de la société que sa vie sexuelle choquait, Crowley s'éloigne peu à peu de la Golden Dawn. Il s'intéresse aux travaux de John Dee, et de son médium Edward Kelley dont il pense être la réincarnation. Pour franchir seul les étapes initiatiques de la Golden Dawn, il s'initie à l'Hatha yoga et part en voyage en Asie.
Crowley s'intéresse aux traditions ésotériques orientales, comme le bouddhisme (qui lui est présenté par MacGregor Mathers et son ami et associé Allan Bennett), le taoïsme et surtout le yoga, dont il affirme être l'un des premiers occidentaux à recevoir un enseignement complet par un grand maître. Il séjourne souvent en Orient et en Asie.
Voyages, premier mariage et alpinisme : Le K2.
En 1900, Aleister Crowley est au Mexique, où il affirme avoir été initié franc-maçon, et où il rencontre l'alpiniste Oscar Eckenstein qui l'entraîne sur les sommets mexicains, l'initiant aux méthodes de concentration et de visualisation. En 1902, ils entreprennent ensemble la première tentative d'ascension du K2, la deuxième plus haute montagne du monde, située à la frontière entre la Chine et le Pakistan1. Après plus d'un mois passé sur place, la tentative fut un échec. Les Hunzas gardèrent de lui le souvenir d'un Occidental humain, qui les considérait comme ses égaux.
En 1903, il épouse Rose Edith Skerrett, la sœur de Gerald Kelly, qui est veuve. Au Caire en avril 1904, pendant leur voyage de noces en Égypte, Rose entre en transe et annonce à Crowley qu'il doit se préparer à recevoir une communication surnaturelle. L'année suivante, Rose accouche à Boleskine House d'une fille. En mai 1905, Crowley part pour une désastreuse expédition himalayenne. Il rend ses compagnons responsables de leur propre mort, et exige que sa femme et sa fille le rejoignent en Inde. Ils fuient le pays quand la police vient enquêter sur un incident au cours duquel Crowley a tué deux agresseurs. Ils se réfugient en Chine d'où il renvoie son épouse et sa fille afin de partir à la recherche d'une ancienne maîtresse. De retour en Grande-Bretagne, il apprend la mort de sa fille, d'une fièvre, en Birmanie. Il en rend Rose responsable. Le couple a deux autres filles avant de divorcer. Crowley dit avoir fait connaître ses adultères pour avoir les torts lors de la procédure.
Crowley au désert :
En 1909 Aleister Crowley, qui renoue avec son travail ésotérique et occulte, publie le Livre de la Loi sur la communication reçue au Caire en 1904. Il publie aussi Liber 777 qui donne les clés interprétatives du tarot selon la Golden Dawn. Il se rend dans le désert algérien en compagnie de Victor Benjamin Neuburg (qui avait dansé dans la représentation des Mystères d'Éleusis montée par Crowley) avec qui il met au point son système de « magie sexuelle » qu'il appelle Magick.
Il fonde à la même époque l'Astrum Argentum, son propre ordre ésotérique inspiré de la Golden Dawn. Il se rapproche de l'Ordo Templi Orientis de Theodor Reuss, une société ésotérique allemande qui pratique sa propre « magie sexuelle ». Aleister Crowley devient le maître de la branche britannique de cet ordre.
Exils et fin de vie :
Proche de l'Allemagne, Crowley s'exile aux États-Unis pendant la Première Guerre mondiale. Ses écrits pro-allemands lui valent une antipathie de plus en plus forte dans son pays. Il a alors dilapidé son héritage et vit de subsides versés par l'Ordo Templi Orientis. Il travaille à ses rituels de « magie sexuelle ».
Thelema, Cefalù :
En 1920, Aleister Crowley loua une ferme à Cefalù en Sicile, qu'il nomme Thelema. Il y forme de nombreux disciples. En 1923, comme la veuve du disciple Raoul Loveday porte plainte contre lui, Crowley est chassé d'Italie par le gouvernement de Mussolini. Le journal britannique John Bull le surnomme alors « l'homme le plus pervers du monde ». Il fait régulièrement parler de lui par ses provocations. Il s'adonne à l'héroïne, dont la consommation lui inspire quelques écrits relatant les effets de la drogue en temps réel, et mène une vie sexuelle dissolue pour l'époque.
Crowley prend la succession de Theodor Reuss à la tête de l'Ordo Templi Orientis, lors de la conférence de Weida et forme des disciples parmi lesquels Karl Germer, Gerald Yorke ou Israel Regardie. En 1929 à Berlin, il épouse brièvement la Nicaraguayenne Maria Teresa Ferrari de Miramar.
Il revient au Royaume-Uni dans les années 1930 et y intente divers procès pour toucher de l'argent. Il poursuit un libraire qui a annoncé à tort la sortie d'un de ses livres (The Diary of a Drug Fiend), et l'éditeur du livre de Nina Hamnett Laughing Torso, dans lequel elle insinue qu'il a pratiqué la magie noire à Thelema. Ses amis ne témoignant pas en sa faveur, et les récits de ses pratiques sexuelles et magiques jouant en sa défaveur, il perd ses deux procès et est condamné à payer les frais de justice alors qu'il est ruiné.
En 1936, il tombe amoureux de Greta Sequeira, une anthroposophe qui épouse un entrepreneur de Dundee. Par elle, il rencontre Frieda Harris qui sera son exécutrice testamentaire. Ensemble, ils conçoivent un tarot qu'elle illustre de ses aquarelles en 1942. Ce tarot divinatoire mélange diverses influences : magie occidentale, Golden Dawn, gnose, bouddhisme tantrique, chimie et freudisme. Crowley affirme que ce tarot est la suite du travail ésotérique d'Éliphas Lévi, dont il dit être la réincarnation (Lévi était mort l'année de sa naissance). Son Book of Thot de 1944 est un commentaire des arcanes de ce jeu.
Dans ses dernières années, Aleister Crowley demande à John Symonds de travailler à sa biographie à partir de ses notes. Son dernier disciple est Kenneth Grant. Les deux hommes seront ses exécuteurs testamentaires pour l'aspect littéraire. Ils travaillent ensemble à la biographie/autobiographie de Crowley, intitulée Autohagiography.
Installé dans une résidence hôtelière d'Hastings, Aleister Crowley meurt le 1er décembre 1947 d'une crise cardiaque liée à une bronchite chronique due à sa forte consommation de drogues. Il était ruiné (sa « fortune » au décès est estimée à 18 £ 6 d. Il est incinéré à Brighton et ses cendres sont perdues.
Production littéraire et influence spirituelle : Liber AL vel Legis sub figura CCXX
Les 8, 9 et 10 avril 1904, lors de son voyage de noces au Caire, Crowley reçut en dictée un ouvrage de quelques pages, par l'intermédiaire d'une entité désincarnée nommée Aiwass, qu'Aleister Crowley assimila plus tard à son Saint Ange Gardien, tandis que le texte transmis était signé du pharaon Ânkhefenkhonsou dont Crowley se déclara la réincarnation. Ce texte, intégralement retranscrit dans le Livre de la Loi (Liber AL vel Legis sub figura CCXX), constitue la base de son système philosophico-religieux nommé : « La Loi de Thelema ». Il annonce aussi le début d'une nouvelle ère : le christianisme serait amené à laisser la place à un nouveau mouvement spirituel.
Le terme « Thelema » provient du grec, et signifie « Volonté », non la Volonté bassement humaine et capricieuse, mais la Volonté Supérieure de l'Homme qui lui permet de dépasser sa condition. Le Livre de la Loi illustre cette « Volonté - Thelema » par quelques phrases clés comme « L'Amour est la Loi, l'Amour soumis à la Volonté » ; ou encore « Fais ce que Voudras sera le Tout de la Loi », ce fameux « Fais ce que Voudras » qui est gravé sur le fronton de l'« Abbaye de Thélème » de Rabelais, auteur avec lequel il partage une sensualité grivoise, un penchant pour l'alchimie et une certaine religiosité bien qu'il ait cherché à se démarquer de son éducation religieuse chrétienne, en rejoignant la longue liste des nouveaux gnostiques, par l'intermédiaire de ce qu'il nomme la « Magick », l'hermétisme et d'autres disciplines occidentales comme orientale comme le yoga.
Crowley dans la culture populaire :
L'œuvre et le personnage de Crowley ont eu une influence significative sur nombre d'amateurs d'occultisme. Crowley, ou des personnages fictifs fortement inspirés de Crowley, apparaissent ou sont cités dans de nombreuses œuvres musicales, littéraires ou encore télévisuelles. Il existe en outre de nombreux produits à son image.
Musique
Crowley a exercé une influence significative sur l'œuvre de musiciens de rock tels que David Bowie, Jimmy Page, Genesis P-Orridge, Jimi Hendrix, Ozzy Osbourne (il lui dédie un morceau hommage, Mr. Crowley), Jaz Coleman, chanteur de Killing Joke, et les groupes Tool, Iron Maiden (chanson Revelations sur l'album Piece of Mind), Edguy (morceau Out of Control), Coil, Throbbing Gristle, Psychic TV, Current 93, Cradle of Filth, yelworC (« Crowley » écrit à l'envers, groupe de dark wave), Christian Death, Fields of the Nephilim et les Beatles — son visage apparaissant sur la pochette de leur album Sergeant Pepper's Lonely Hearts Club Band.
Sur un de ses albums solo, Inside Of Emptiness le guitariste des Red Hot Chili Peppers, John Frusciante, présente 3 chansons inspirées de sa vie, écrites durant la lecture de textes de Crowley : Emptiness, I’m Around et 666.
Crowley est aussi la principale source d'inspiration du groupe de Black/Death Metal Behemoth.
Le groupe Tiamat a mis en musique un de ses poèmes sur l'album Prey (2003), il s'agit du morceau final de l'album et il est intitulé d'après le nom du poème : The Pentagram.
Jimmy Page, le guitariste du groupe Led Zeppelin, qui lui vouait une admiration considérable, a racheté son manoir de Boleskine qu'il a ensuite revendu.
Ministry, le groupe de metal industriel américain, a composé une chanson s'intitulant Golden Dawn sur leur album de 1988 The Land of Rape and Honey, sur laquelle on peut entendre entre autres des samples d'Aleister Crowley chantant son Call of The Second Aethyr.
Marilyn Manson, dans la chanson Misery Machine, fait référence à l'abbaye de Thélème : « We gonna ride to the abbay of Thelema ». Dans l'ouvrage Dissecting de Gavin Baddeley (traduit en français sous le titre L'Antéchrist Superstar) il est plusieurs fois fait mention de la fascination du chanteur pour Crowley au chapitre « les anges des abysses ».
Rockin' Squat fait référence à Aleister Crowley dans le morceau Illuminazi 6.6.6.
Des enregistrements de la voix d'Aleister Crowley sont utilisés sur plusieurs morceaux de l'album Zvezda Mix de Gestalt OrchestrA et sur le morceau Being Alive de Chromatic.
The Legendary Pink Dots et Symbol Of Subversion, font référence à Aleister Crowley en intitulant une de leurs pièces : « Golden Dawn ».
Le groupe français Jack The Ripper y fait deux fois référence, dans le titre de leur premier album The Book of Lies, et dans la chanson Aleister, de l'album Ladies First.
Bruce Dickinson, le chanteur d'Iron Maiden, est coscénariste du film Le Diable dans le sang (Chemical Wedding, Julian Doyle, 2008) dans lequel un professeur d'université se trouve être la réincarnation de Crowley. Il a composé son album solo Chemical Wedding (2008, Warner Music) dans la même optique.
En 2007, le groupe de black metal français « Blut Aus Nord » fait paraître un album : Odinist sous-titré The destruction of reason by illumination qui est une citation extraite d'une des œuvres d'Aleister Crowley.
Le groupe de musique Klaxons y font référence dans leur chanson intitulée « Magick ».
Le groupe de black metal symphonique français Anorexia Nervosa a utilisé plusieurs extraits de son livre intitulé 'Temple of the Holy Ghost' (recueil de poésies publié en 1974) dans sa chanson Worship Manifesto, sur l'album Redemption Process (2004).
Le groupe de metal italien Death SS a consacré un album à Aleister Crowley Do What Thou Wilt'.
Le groupe belge dEUS fait référence à Aleister Crowley dans sa chanson Great American Nude qui apparaît sur leur premier album Worst Case Scenario en 1994 (She had this thing about Aleister Crowley / It was like a fascination).
Le groupe de Black/Death Metal Temple Of Baal fait référence à Aleister Crowley dans son album Verses Of Fire (2013), à travers des textes comme το αστέρι 418 ou The Tenth Aethyr.
Littérature, bande dessinée, mangas
En 1908 le romancier anglais Somerset Maugham raconte dans The Magician la vie d'Aleister Crowley, présenté dans le livre comme « Oliver Haddo ».
Aleister Crowley est un des personnages centraux du roman Blackout Baby, de Michel Moatti, paru en 2014 chez HC Éditions. Il s'agit d'un Crowley vieillissant, fatigué par l'âge et les bombardements allemands sur Londres, réévaluant Le Livre de la Loi et son « œuvre » passée.
L'auteur britannique Alan Moore a également étudié Crowley, qu'il cite directement dans sa série Promethea, dans un numéro spécialement consacré à la magie et au tarot. Il fait aussi apparaître brièvement Crowley enfant dans From Hell.
Dans le livre Au bonheur des ogres, Daniel Pennac identifie l'un des personnages (le professeur Léonard) comme étant la réincarnation d'Aleister Crowley.
Dans le roman de Robert Bloch Psychose, adapté au cinéma par Alfred Hitchcock, Aleister Crowley est une des lectures de Norman Bates, avec Ouspenski.
Dans la bande dessinée Requiem, Chevalier Vampire, de Pat Mills et Olivier Ledroit, Aleister Crowley apparaît comme l'homme le plus mauvais du monde, ayant réapparu en enfer sous le nom de Black Sabbat avec pour concubine un mandrill nommé Aiwass.
Sous la dénomination de so-called wickedest Man on Earth, il apparait succinctement dans Batman, Arkham Asylum, de Grant Morrison et Dave McKean, où il se contente de discuter du symbolisme de tarot égyptien et de jouer aux échecs.
Dans les mangas, on peut citer Arystar Krory (Aleister Krory dans l'anime) de D.Gray-man, exorciste vampire au grand cœur.
Dans les romans Toaru Majutsu no Index, Aleister Crowley est le père de la Magie occidentale moderne, puissant mage en son temps, qui prit la décision de renier son appartenance à la magie pour se consacrer à la science (deux camps opposés). Il devient l'homme au sommet de la Cité-Académie, pôle scientifique mondial, et désire éradiquer de la surface du globe la magie, créée à la base pour satisfaire ceux n'ayant pas de capacités surnaturelles « scientifiques ».
Aleister Crowley est une source d'inspiration pour le livre L'histoire sans fin de l'auteur allemand Mickael Ende, avec l'utilisation répétée des figures du tarot de Crowley à travers l'aventure, la doctrine inscrite sur l'amulette Auryn utilisée par l'un des héros : « Do what you wish » et le nom que le héros choisit de donner à l'impératrice : « Moonchild ».
Dans le roman de Jean Molla Le Jardin des sortilèges, le plus puissant mage noir et pire ennemi du héros se nomme Aleister Crowley.
Il apparaît aussi dans la bande dessinée W.E.S.T. dans laquelle son histoire est revue et adaptée pour l'esprit de la série.
Il donne également son nom -mais pas son prénom- à un démon dans De bons présages des auteurs britanniques Neil Gaiman et Terry Pratchett (dans la traduction française ce démon s'appelle Rampa).
Il est également le héros de la bande dessinée Alceister Crowley de Antonio Cossu et Les gorilles de l'apocalypse de Antonio Cossu et Louis Savary, où il apparait comme un détective de l'occulte.
Crowley est également cité dans l'ouvrage de Dan Brown, Le Symbole Perdu. Également cité dans le roman d'Eric Giacometti et de Jacques Ravenne, Conjuration Casanova et dans celui de Sire Cédric, Le premier sang.
Il apparaît dans un chapitre du roman d'Ernest Hemingway, Paris est une fête. L'auteur le confond avec Hilaire Belloc.
Il joue un rôle important dans le livre de Bob Garcia, Le Testament de Sherlock Holmes, paru en 2005.
Il apparaît dans le manga Inugami, le réveil du dieu chien, dans lequel il est parvenu à recréer l'Arbre de Vie du jardin d'Eden.
Télévision, cinéma, dessin animé
Dans le dessin animé hentai Bible Black, la Lance de Longinus, apparait une descendante fictive d'Aleister Crowley dénommée Jody Crowley, laquelle rentre en compétition avec la méchante récurrente de la série, Reika Kitami. Il est aussi dans le réveil du dieu chien.
Dans la série télévisé Supernatural, un démon majeur de l'Enfer (un des personnages centraux de la série) s'appelle Alastair. Le roi de l'Enfer s'appelle Crowley.
Dans le film Le Diable dans le sang, réalisé par Julián Doyle, un timide professeur décide de ramener à la vie Aleister Crowley.
Perdurabo (Where is Aleister Crowley?), film réalisé en 2003 par Carlos Atanes.
Dans le film L'héritage Valdemar, réalisé en 2010 par Jose Luis Allemande.
Les films de Kenneth Anger sont inspirés par Crowley, notamment Inauguration of the Pleasure Dome (1954), Invocation of My Demon Brother (1969) et Lucifer Rising (1972).
Dans la saison 2 de la série télévisée X-Files : Aux frontières du réel, dans l'épisode La Main de l'enfer, épisode traitant du satanisme, le lycée dans lequel se déroule l'intrigue s'appelle Crowley High School.
Un court-métrage réalisé par Derek Jarman avec Genesis P-Orridge et des membres de Thee Temple ov Psychick Youth, montre de multiples scènes de magie sexuelle directement inspirée des pratiques de Crowley. Ce film, saisi par Scotland Yard en 1991 dans la demeure de P-Orridge à Londres à la suite d'une plainte fabriquée par la droite chrétienne fondamentaliste américaine, soumettra ce dernier à un mandat d'arrestation dont il échappera, se trouvant alors au Népal et trouvant exil aux États-Unis jusqu'à la découverte de la supercherie par la justice britannique.
Jeu de rôle
Dans le jeu de cartes Vampire: The Eternal Struggle (basé lui-même sur le monde du jeu de rôle Vampire: The Masquerade ou Vampire : La Mascarade en français), Aleister Crowley est un des nombreux vampires pouvant être joués et fait partie du Clan Malkavien.
Dans le jeu de rôle Nephilim, Crowley est à la base du bouleversement magique provoquant la libération des Nephilims de leurs stases, au début du vingtième siècle.
Dans le jeu de rôle L'Appel de Cthulhu, dans la campagne Les Oripeaux du Roi, Aleister Crowley est un des personnages non joueurs que rencontrent les PJ.
Dans le jeu de rôle Rétofutur, Aleister Crowley est un puissant Non-A dont l'histoire est présenté dans l'extension Les Agences.
Dans le RPG Suikoden, Crowley est un des 108 personnages du jeu. C'est un magicien d'une grande puissance qui serait à l'origine même de la destruction de toute une zone de la carte (les « Badlands », situées entre la République de Toran et la cité-État de Jowston) à la suite d'un duel avec un autre magicien, Mazus.
Dans le RPG Fallout 3, Aleister Crowley est une goule qui vous manipule pour que vous tuiez des "goulophobes" dans la quête "Faut leur tirer dans la tête".
Dans le jeu Saints Row: Gat out of Hell, les protagonistes se retrouvent transportés en enfer après l'utilisation d'une mystérieuse tablette ouija ayant appartenu à Crowley.
Écrits
Crowley était un auteur prolifique, non seulement dans le domaine de la magie mais également dans la philosophie et la politique. Il fut un poète et un auteur de pièces de théâtre ainsi que rédacteur sous divers pseudonymes pour des journaux.
Dans le domaine de l'occultisme, Crowley a notamment écrit sur la magie, le tarot, le yoga, la Kabbale, l'astrologie.
Ses œuvres les plus importantes sont :
The Book of the Law (Le Livre de la Loi)
Magick
Le Livre de Thoth
Magick Without Tears
The Confessions of Aleister Crowley
Liber 777
The Vision and the Voice
The Book of Lies
Il édita et produisit une série de publications intitulées The Equinox (sous-titrée « Revue d'Illuminisme Scientifique »), qui servit comme organe officiel de l'ordre magique Astrum Argentum.
Crowley écrivit également des pièces de théâtre et des romans qui ne reçurent pas un accueil favorable en dehors des cercles occultistes :
Diary of a Drug Fiend
Moonchild
The Rites of Eleusis
The Ship
Œuvres poétiques :
Clouds Without Water. (1974).
White Stains. (1973).
The Star and the Garter. (1974)
Snowdrops From a Curate’s Garden. (1986).
Golden Twigs. (1988).
The Scented Garden of Abdullah the Satirist of Shiraz. (1991).
The Winged Beetle. (1992).
Publiées en français :
Le Livre de Thoth, le Tarot des Égyptiens, Urania Verlags AG, préface d'Hymenaeus Beta, Caliphe de l'OTO, 1994.
Magick (parties une et deux), Éditions Blockhaus, Paris, 1992.
Fragments sataniques, Hriliu, Cahors, 1996.
Le Livre de la Loi, Aleister Crowley, Les Gouttelettes de Rosée, Montpeyroux, 1997. ISSN 1261-503X.
L'Epreuve d'Ida Pendagon, in Rêves d'Absinthe (anthologie), Éditions L'Œil du Sphinx, Paris, 2001. (ISBN 978-2914405058).
Journal d'un drogué, voyage au pays de Cocaïne, Le Camion noir, Nancy, 2011.
Le Livre de la Loi, Le Camion noir, Nancy, 2007.
Béréshith, Les Gouttelettes de Rosée, Montpeyroux, 1998.
Le Scorpion, Les Gouttelettes de Rosée, Montpeyroux, 1998.
Babalon, Éditions de l'Heure, Charleroi, 2002.
Magick (Liber ABA, Livre Quatre), ESH-ÉDITIONS, Collection Bibliotheca Crowleyana, Bruxelles, 2013. Deux tomes (ISBN 978-2805300066).
Le Livre des Mensonges, ESH-ÉDITIONS, Collection Bibliotheca Crowleyana, Bruxelles, 2013. Préface de Jean-Luc Colnot. (ISBN 978-2805300110).
Magie énochienne de la Golden Dawn, Éditions Trajectoire, Escalquens, 2011. Contient le "Liber 84 vel Chanokh" et un extrait de la "Vision et la Voix". (ISBN 978-2841975693).
"Le Livre de Thoth", nouvelle traduction de Philippe Pissier, Editions Alliance Magique, 2016. (ISBN 2367360138 et 978-2367360133).
Bibliographie
En français
Serge Hutin, Aleister Crowley, Arqa, 2005.
Henry Chartier, La Musique du Diable. Le rock et ses succès damnés, Éditions Camion Blanc, coll. "Camion Noir", 710 p.
Sarane Alexandrian, Aleister Crowley, le maître incompris de la gnose moderne, Supérieur inconnu no 15, 1999.
Christian Bouchet, Aleister Crowley, Collection Qui suis-je ?, Pardès, 1999, 127 pages.
Christian Bouchet, Aleister Crowley et le mouvement thélèmite, Les éditions du chaos, 1998.
Christian Bouchet, Aleister Crowley, La Bête 666, Le Camion noir, 2011.
Tigrane Hadengue/Hugo Verlomme/Michka, « Aleister Crowley, le possédé des drogues », in Le Livre du cannabis, Georg, 1999.
Massimo Introvigne, « Aleister Crowley et le satanisme » in Enquête sur le satanisme, Éditions Dervy, 1997, pages 209-219.
Massimo Introvigne, La Magie, les nouveaux mouvements magiques, Droguet & Ardant, 1993, plusieurs pages sur Crowley.
Arnold Waldstein, Aleister Crowley, le Saint de Satan, Culture, Art, Loisirs, Paris, 1975, 287 pages.
Marco Pasi, La Notion de magie dans le courant occultiste en Angleterre (1875-1947), Thèse de Doctorat sous la direction d'Antoine Faivre.
"Les Secrets de la Bouche de l'Enfer", Pessoa/Crowley, Editions ODS, 2015. (ISBN 979-1091506335). (ASIN B016YR81KI).
En anglais
Martin Booth, A Magick Life: A Biography of Aleister Crowley, Hodder and Stoughton, 2000.
Ronald Decker, « Crowley, Aleister (1875–1947) », Oxford Dictionary of National Biography, janvier 2011 (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article.
Richard Kaczynski, Perdurabo: The Life of Aleister Crowley, New Falcon Publications, 2002.
Marco Pasi, Aleister Crowley and the Temptation of Politics, Acumen, Durham, 2014.
Lawrence Sutin, Do What Thou Wilt: A Life of Aleister Crowley, St. Martin's Griffin, 2002.
John Symonds, The Beast 666, The Life of Aleister Crowley, Pindar Press, 1997.
Aleister Crowley : Ses Liens avec l’Élite et son Héritage
L’homme qui aimait à se faire appeler « la Grande Bête 666 » et qui fut surnommé « l’homme le plus diabolique de l’Histoire » était plus qu’un occultiste théâtral : Aleister Crowley est au cœur d’un des mouvements les plus influents des XXème et XXIème siècles. Il avait aussi des liens avec certaines des plus puissantes personnalités mondiales, ayant même travaillé avec les services secrets britanniques (MI-5). Cet article décrit la vie et l’œuvre de l’occultiste Aleister Crowley en examinant ses liens avec l’élite mondiale qui ont contribué à la propagation de la Théléma.
Bien qu’il soit considéré comme l’occultiste le plus influent du XXème siècle et classé par la BBC comme le 73ème « plus grand Britannique de tous les temps », la majorité des gens n’a jamais entendu parler d’Aleister Crowley. Cet occultiste, mystique, et magicien des rituels anglais est incroyablement populaire dans certains cercles (occultistes, artistes, célébrités, etc) mais complètement inconnu du citoyen lambda. Et pourquoi devrait-il être connu ? Qu’a-t-il accompli ? Pour faire simple, il annoncé le changement radical de philosophie qui allait balayer la civilisation occidentale durant le XXème siècle. En fondant la philosophie de la Théléma et en annonçant la venu d’un nouvel éon, Aleister Crowley n’a pas seulement formulé le précepte philosophique majeur du XXIème siècle, il a aussi fait partie du moteur Illuministe qui l’a promue.
A cause des rites sexuels de Crowley, de sa consommation de drogues et de son implication dans la « Black Magick » (il avait ajouté un « k » à la fin du mot anglais pour « magie » afin de la différencier de la magie de divertissement), il fut critiqué et diffamé par la presse pendant toute sa vie. Cependant, des documents déclassifiés révèlent que la « Grande Bête 666 » menait une double vie : Crowley a apparemment entretenu des liens avec le gouvernement britannique et travaillait pour les services secrets britanniques et des membres haut placés du gouvernement américain. L’O.T.O – la société secrète qu’il a popularisée – comptait dans ses rangs les gens les plus influents de l’époque, qui en retour usaient de leur pouvoir afin de poursuivre l’avancement de sa principale philosophie : le Théléma.
Sa Jeunesse
Crowley jeune
Crowley naquit dans une famille religieuse et riche. Ses parents étaient membres de l’Exclusive Bethren, une faction conservatrice de la confession chrétienne du Bethren de Plymouth. Son père, un prêcheur-voyageur de la secte, était particulièrement dévot et on disait de lui qu’il lisait un chapitre de la Bible à son épouse et à ses enfants après le petit-déjeuner. S’il maintenait de bonnes relations avec son père, il méprisait sa mère, qui l’appelait « la bête » – un nom dont il fera son sobriquet à vie.
Après avoir perdu son père mort d’un cancer du poumon lorsqu’il avait 11 ans, il a hérité de la fortune familiale et est allé étudier la littérature anglaise à l’Université de la Trinité à Cambridge. C’est durant ses années d’académie que Crowley commença à nier, voire à se rebeller contre son milieu chrétien. Il remit sérieusement en question la Bible, prit part à des parties fines incluant des prostituées et des filles du coin, et développa un intérêt pointu pour l’occultisme. Autre étape symbolique dans son affirmation personnelle, il changea son nom « Edward Alexander » pour « Aleister ». Voici un extrait de son autobiographie décrivant les raisons de ce changement de nom :
« Pendant de nombreuses années j’ai abhorré de me faire appeler Alick, en partie à cause du son et de l’écriture déplaisants de ce mot, en partie parce que c’était le nom par lequel ma mère m’appelait. Edward semblait ne pas me convenir, et les diminutifs Ted ou Ned semblaient encore moins appropriés. Alexander était trop long et Sandy impliquait des cheveux clairs et des taches de rousseur. J’avais lu dans je-ne-sais quel livre que le meilleur nom pour devenir célèbre était un dactyle suivi d’une spondée, comme à la fin d’un hexamètre : comme Jeremy Tailor. Aleister Crowley remplissait ces conditions et Aleister était la forme gaëlique d’Alexander. L’adopter était satisfaire mon idéal romantique. L’atroce épellation A-L-E-I-S-T-E-R fut suggérée par Cousin George, qui aurait dû trouver mieux. Dans tous les cas, A-L-A-I-S-D-A-I-R fait un bien mauvais dactyle. Pour ces raisons je m’accomodai de mon présent nom de guerre – je ne puis dire que je sois sûr que cela facilita la conquête de ma renommée. J’aurais sans doute dû, peu importe le nom choisi. »
Peut-être que les expériences les plus significatives de la jeunesse de Crowley furent ces relations homosexuelles qui, selon sa future biographe Lawrence, l’ont amené à une « rencontre avec une déité immanente ». Cela déclenchera en lui un intérêt particulier pour l’occultisme, les sociétés secrètes et, plus spécifiquement, ce qu’il appellera plus tard le « Sexe Magick ».
Sociétés Secrètes
La vingtaine bien entamée, Crowley a rejoint beaucoup de groupes ésotériques où soit il montait les échelons avec l’admiration de tous, soit il était méprisé et expulsé. Inspiré par le livre d’Arthur E. Waite, Le Livre de la Magie Noire et des pactes, Crowley rejoignit l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée – connue sous le nom de « Grande Fraternité Blanche » – en 1898. Elle comptait parmi ses membres l’élite et les gens influents de la société de l’époque. On l’initia ensuite à la magie cérémoniale et à l’usage rituel des drogues.
En 1899, il devint, selon la rumeur, membre du couvent de sorcières de Old George Pickingil. Cependant, il n’y fut pas très longtemps le bienvenu en raison de son attitude irresponsable et de ses inclinations homosexuelles (qui étaient choquantes à l’époque, même par les sorcières). La prêtresse de son couvent l’a plus tard décrit comme « un petit monstre vicieux à l’esprit sale enclin à faire le mal ! ».
Crowley devint aussi un franc-maçon de haut-rang, joignant plusieurs loges et acquérant plusieurs degrés maçonniques. Dans son autobiographie, il décrit l’obtention du 33ème (et dernier) degrés du Rite Ecossais :
« Don Jesus Medina, un descendant du grand duc des temps glorieux de l’Armada, et un des plus grands chefs du Rite Écossais. Mon savoir cabalistique étant déjà suffisamment profond selon les critères en vigueur, il m’a pensé suffisamment valeureux pour la plus haute initiation qu’il était en mesure de conférer ; on obtint des pouvoirs spéciaux en vue de mon séjour limité, on me fit monter en grade et je fus admis au 33ème et dernier degrés avant de quitter le pays »
Avec l’aide de l’auteur franc-maçon important John Yarker, il obtint d’autres degrés importants dont le 3ème Français par la Loge anglo-saxonne numéro 343, le 33ème du Rite Ecossais « de Cerneau », et les 90/95ème du Rite de Memphis/Mesraïm. Si l’on en croit la Grande Loge Unie d’Angleterre en revanche, dont la reconnaissance définit en général les normes de validité parmi la franc-maçonnerie, aucun de ces organes maçonniques n’était considéré régulier et Crowley ne fut jamais un franc-maçon « officiel ».
Le Livre de la Loi », La Théléma, et les Éons d’Horus
En 1904, Crowley et sa nouvelle femme Rose visitèrent l’Egypte pour leur lune de miel. C’est durant ce voyage qu’il a écrit le Liber Legis, le Livre de la Loi, qui devint la pierre angulaire de sa vie.
D’après son propre compte-rendu, la femme de Crowley l’a conduit dans un musée du Caire où elle lui a montré une stèle mortuaire datant du septième siècle av. J.C., connue comme « la Stèle d’Ankhefenkhonsou » (plus tard appelée « Stèle Révélatrice»). Crowley fut stupéfait par le numéro d’exposition : 666, le nombre de la Bête dans le Livre de la Révélation.
La stèle de la Révélation, expose le nombre 666
Au cours de la suite de leur séjour égyptien, Crowley et Rose prirent part à un rituel magique durant lequel il prétendit avoir reçu un message d’une entité nommée Aïwass. Après cette communication, Crowley écrivit les trois premiers chapitres de son Livre de la Loi – un texte mystique qui, croyait-il, allait un jour révolutionné le futur de l’humanité.
« Il a annoncé l’avènement d’une nouvelle ère dans laquelle Crowley est devenu le prince-prêtre d’une nouvelle religion, l’Age d’Horus. Il devait tisser un lien entre l’humanité et la force spirituelle solaire, pendant laquelle Horus présiderait l’évolution de la conscience mondiale pour les deux mille ans à venir.
Le message d’Aiwaz, considéré par Crowley comme son ange gardien personnel, l’a convaincu que sa mission dans la vie était de porter le coup de grâce à l’Age d’Osiris, avec son extension la plus moribonde : la foi chrétienne, et de construire sur ses ruines une nouvelle religion basée sur la Théléma – « la volonté », en grec. »
Couverture du Livre de la Loi
« Had ! La manifestation de Nûit,
Le dévoilement des compagnons du paradis,
Chaque homme et femme est une étoile,
Chaque nombre est infini ; il n’y a aucune différence,
Aide-moi, ô guerrier, seigneur de Thèbes, pour mon dévoilement devant les Enfants des hommes !
– Les lignes d’ouverture du Livre de la Loi »
« Le Livre de la Loi fut décrit par ses adeptes comme « le réceptacle de formules d’envergure cosmique, certaines exprimées ouvertement, certaines voilées derrière les plus épaisses toiles de cryptographie cabalistique jamais tissées autour d’un texte ». « Ce n’était pas non plus une simple œuvre « d’écriture automatique » », disait Crowely, « mais un message très précis d’une forme d’intelligence aux pouvoirs et connaissances suprahumains, d’une sorte de source extraterrestre transcendantale », une des vrais maîtres dissimulés dans l’ombre qui se manifesteraient à lui par la suite. »
Selon Kenneth Grant, le protégé de Crowley, quiconque possède la capacité de comprendre le langage symbolique « sera abasourdi par la précision du résumé de l’esprit qui animera cet éon »8. En d’autres termes, tout comme la Bible a dominé la civilisation occidentale durant les deux derniers millénaires, la Théléma décrirait l’esprit des deux prochains milliers d’années.
« Dans l’Eon d’Horus, l’approche dualistique de la religion sera transcendée à travers l’abolition de la présente notion d’un Dieu externe à soi-même. Les deux seront unis. « L’Homme ne vénèrera plus Dieu tel un facteur externe, comme dans le paganisme, ou tel un état interne de conscience, comme dans le christianisme, mais il se rendra compte de son identité avec celui-ci. » Le Nouvel Éon d’Horus, basé sur l’union des polarités masculines et féminines, comprendra l’usage magique de semence et d’ecstasy, culminant dans une apothéose de matière – « dans l’accomplissement de la vieille doctrine gnostique qui veut que l’Esprit et la matière ne fasse qu’un et non deux » – symbolisé par l’androgyne Baphomet des Templiers et des Illuminatis.»
Le Livre de la Loi constitua la base de la Théléma, qui s’articulait autour de trois lois philosophiques clés :
1. Fais ce que tu souhaites devra être la loi complète ;
2. L’amour est la Loi ; l’Amour sous la volonté ;
3. Chaque homme et chaque femme est une étoile.
L’hexagramme unicursal, principal symbole de la Théléma. Il est largement répandu que « fais ce que tu souhaites » parle de volonté immédiate, et donc d’une quête égoïste pour la satisfaction et le plaisir immédiats. Cependant, les initiés à cette philosophie ne sont pas d’accord avec l’interpétation de cette axiome car ils le croient conçu afin d’être interprété à un niveau métaphysique. « Théléma » signifie « volonté » en grec. Le principal but de cette philosophie est la réalisation de la Vraie Volonté de chacun, qui est décrite comme « la plus noble mission » ou le but de chacun dans la vie, sans préoccupations pour la morale ou l’éthique.
« Il n’y pas de « normes du bien ». La morale, ce n’est que des balivernes. Chaque Etoile doit suivre sa propre orbite. Au diable les « principes moraux », il n’existe rien de tel. »
Crowley plaça ses enseignements dans son tout nouveau A.’. A.’. (Argentum Astrum, c’est-à-dire l’Etoile d’Argent), un ordre magique destiné à succédé à feu l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée. Afin de générer l’intérêt pour son ordre, il publia également L’Equinoxe – un journal de l’illuminisme scientifique (un terme emprunté au livre d’Adam Weishaupt, L’Ordre des Illuminatis) où il divulgue des techniques et rituels ésotériques. Sa future œuvre intitulée Le Livre des mensonges attira l’attention du chef de l’Ordo Templi Orienti (O.T.O.), Theodor Reuss, qui en fit bientôt un Grand Maître et initié de son ordre. La raison d’une telle reconnaissance : son savoir concernant la magie sexuelle.
L’O.T.O. et la Sex Magick
Crowley en tant que « Grand Baphomet » de l’O.T.O.
Le système magique et initiatique de l’O.T.O. comprenait dans ses cours les plus secrets un programme d’enseignement de la sex magick. On peut d’ailleurs remarquer que le sigle de l’ordre a une forme plutôt phallique. La sex magick est l’utilisation de l’acte sexuel, ou des passions et de l’excitation qu’il suscite, comme un point dans lequel concentrer la volonté ou le désir magique dans le monde non-sexuel. En cela il ressemble à la « force vitale » ou au « kundalini ». A travers l’usage rituel de techniques sexuelles, inspirées par les écoles Tantriques orientales, l’initié peut utiliser l’immense potentiel de l’énergie sexuelle pour atteindre de plus hautes dimensions spirituelles.
« L’ordre a redécouvert le grand secret des Chevaliers Templiers, la magie du sexe, qui n’est pas seulement la clé pour accéder à la tradition hermétique d’Ancienne Egypte, mais aussi à tous les secrets de la nature, au symbolisme franc-maçonnique et à tous les rouages de la Religion. »
Pour mettre en route « les forces occultes d’où résulterait l’llumination de tous au début des années 2000 », Crowley devint convaincu que sa mission était de « libérer le monde de toutes les formes de répressions sexuelles ». Pour y arriver, il se décida à étudier chaque comportement sexuel et ramena chaque pulsion sexuelle à la zone de la conscience rationnelle. Pour parvenir à ses fins, il fit quelques expériences en états de conscience altérés, en utilisant cocaïne, haschisch et opium.
Par la suite Crowley introduisit (non sans protestation) les pratiques homosexuelles de sex magick dans l’O.T.O. comme un des plus hauts degrés de l’Ordre car il croyait qu’il s’agissait là des plus puissantes formules12. Il était clair que Crowley ressentait les accusations de sodomies et d’orgies avec des femmes qui ont frappé les Templiers comme étant fondées sur ce fait, mais qu’elles ne furent pas comprises par leurs détracteurs.
Crowley gardaient également avec lui quelques exemplaires de « Femmes Ecarlates » : la plus connue d’entre elles était Leah Hirsig, habituellement nommée « la guenon de Thoth ». Ensemble, ils s’offraient des séances de soûleries, des drogues et du sex magick. On croit que Crowley a fait quelques tentatives avec plusieurs de ces femmes afin de concevoir un « Enfant Magick » (voir Rosemary’s baby, de Roman Polanski), qui se soldèrent tous, semble t-il, par un échec. A la place, il a fictionnalisé ses tentatives dans un livre appelé Moonchild [« l’enfant de la lune »].
La couverture de Moonchild par Aleister Crowley
Dans la Théléma, la « Femme Ecarlate » est associée à Babalone – la Grande Mère, la Mère des Abominations citée dans le Livre de la Révélation. Crowley et ses protégés feront beaucoup d’expériences avec ce concept.
Agent Secret 666
Lorsque la presse s’empara des cabrioles de Crowley, il devint un infâme magicien noir, un sataniste, un accro aux drogues et fut surnommé « l’homme le plus diabolique de l’Histoire ». Cependant, des documents déclassifiés révèlent que cela n’empêcha pas les services secrets britanniques de l’engager en tant qu’agent. (Ce n’était pas la première fois que la couronne britannique faisait appel aux services d’un occultiste reconnu ; un exemple célèbre d’une telle coopération peut se voir dans le lien qu’entretenait John Dee avec Elizabeth I).
Le travail le plus significatif à propos de la carrière d’espion de Crowley est le livre de Richard B. Spence, Agent 666. En utilisant des documents glanés d’archives britanniques, américaines, françaises et italiennes, Agent 666 fait des révélations fracassantes sur le rôle qu’aurait joué Crowley dans le sabotage du Lusitania, un plan pour renverser le gouvernement espagnol, un plan pour contrecarrer les conspirations nationalistes indiennes et irlandaises, et la vol de Rudolf Hess en 1941.
Couverture d’Agent 666 de Spence
Durant ses recherches, Spence découvrit un document du MID (une ancienne branche de l’armée américaine) soutenant la propre affirmation de Crowley d’avoir été un espion :
« Aleister Crowley était un employé du gouvernement britannique… dans ce pays en mission officielle, de laquelle le consul britannique de New York avait pleine connaissance. »
Selon Spence :
« Crowley était un amateur de psychologie et un expert dans le domaine, avait l’étrange capacité d’influencé les gens et avait probablement utilisé la suggestion sous hypnose durant son travail sous couverture. L’autre chose dont il faisait très bonne utilisation, c’était la drogue. A New-York, il effectua plusieurs recherches détaillées sur les effets de la mescaline (peyotl). Il a invité pas mal d’amis pour un dîner, leur a préparé un curry avant de verser une dose de mescaline dedans. Ensuite il observa, et prit des notes sur leur comportement. La mescaline fut plus tard utilisée par les services secrets pour des expériences concernant les modifications du comportement et le contrôle de l’esprit.»
Durant la seconde guerre mondiale, Crowley devint l’éditeur d’un magazine pro-allemand nommé The Fatherland (« la Patrie ») dans lequel il publia des articles anti-britanniques incendiaires. Il prétendit plus tard que ces articles étaient si absurdes, si incongrus, qu’il finiraient par servir la cause britannique. Il proposa aussi bon nombre d’idées afin d’aider les Alliés dont beaucoup furent rejetées. L’une d’entre elles, bien qu’initialement écartée, fut par la suite mise en œuvre. Cela consistait à lâcher des pamphlets occultes dans la campagne allemande qui prédisent des issues terribles à la guerre et qui dépeignent la chefferie Nazie comme satanique. Son expertise en communication, propagande et gestion de l’opinion publique seront ensuite utilisée pour faire de sa Théléma une force majeure dans la culture populaire actuelle.
Protégés Importants
Jack Parsons
Jack Parsons était un chercheur américain en propulsion spatiale au California Institute of Technology. Il était l’un des principaux fondateurs du Jet Propulsion Laboratory et de l’Aerojet Corp. Il fit figure de pionnier dans ses recherches sur les fusées aux Etats-Unis, même chose concernant son travail sur le développement de l’essence solide et de l’invention des unités JATO (« décollage assisté par réaction ») pour les avions qui furent d’une importance capitale afin de débuter l’ère spatiale de l’humanité. L’ingénieur réputé Theodore von Kàrmàn, ami et bienfaiteur de Parsons, a déclaré que le travail de Parsons et de ses pairs ont aidé à nous faire entrer dans l’ère du voyage spatial. En fait, le cratère de Parsons, situé sur la face cachée de la lune, est nommé d’après lui.
« Il (Jack Parsons) a été décrit comme « l’individu seul qui a le plus contribué à l’ingénierie aérospatiale » et comme quelqu’un « qui a agi en fonction a des ordres tenus secrets du gouvernement américain »
Secrètement, Parsons était profondément ancré dans l’occultisme et devint un membre de premier ordre de l’O.T.O., où il participait à des séances de sex magick plutôt extrêmes :
« Parmi les multiples partenaires sexuels de Parson, il y avait sa propre mère (leurs rencontres incestueuses étaient filmées). Mère et fils, les deux s’engagèrent dans la bestialité et semblent avoir été parmi ces espèces de psychotiques qui peuvent fonctionner normalement en public et maintenir une emprise d’autorité sur les autres.»
En 1942, Parsons fut nommé à la tête de la Loge d’Agapé de l’O.T.O. par Aleister Crowley. Comme lui, il était obsédé par l’idée de créer un « enfant magick » avec Babalone ou une Femme Ecarlate.
« Le but de Parsons a été sous-estimé. Il cherchait à concevoir un enfant magick qui serait le produit de son [de Babalone, ndlr] environnement plutôt que de son hérédité. Crowley lui-même décrit l’enfant magick en ces termes précis dans Moonchild. La Machinerie de Babalone elle-même n’était qu’une préparation à ce qui était à venir : un messie Thélémique. »
Parsons avec des compagnons membres de la Loge d’Agapé
Il n’y avait aucune séparation claire entre la vie professionnelle et la vie occulte de Parsons. En fait, il était connu pour réciter le poème de Crowley, Hymne à Pan, avant chaque test de fusée :
« Frissonne avec la souple envie de lumière,
O homme ! Mon homme !
Viens, sors de la nuit à toute allure,
Celle de Pan ! Io Pan !
Io Pan ! Io Pan ! Viens d’outre les mers,
De Sicile et d’Arcadie !
Errant comme Bacchus, avec faunes et léopards,
Et des nymphes et des satyres pour gardes,
Sur une croupe d’un blanc laiteux, vient d’outre les mers,
A moi, à moi,
Viens avec Appolon en robe nuptiale,
(Bergère et Pythie)
Viens avec Artémis, celle qui est chaussée de soie,
Et lave ta cuisse, beau dieu,
Dans la lune des bois, sur le mont de marbre,
L’aube couverte de rides de la fontaine d’ambre !
Baisse le pourpre du prêtre rempli de passion,
Dans l’autel cramoisi, le piège écarlate,
L’âme qui apeure dans des yeux bleutés,
Pour observer la gratuité de ton maléfice suintant à travers,
Le bosquet égaré, le tronc noueux,
De l’arbre vivant qui est l’esprit et l’âme,
Et le corps et le cerveau – vient d’outre les mers,
(Io Pan ! Io Pan !)
Diable ou Dieu, à moi, à moi,
Mon homme ! Mon homme !
Viens avec des trompettes au son strident,
Au-dessus de la coline !
Vient avec des tambours lentement grommelant,
De la rivière !
Viens avec flûte et pipeau,
Suis-je mûr ?
Moi, qui attends, qui lutte et me tends,
Avec un air qui n’a aucune branche pour nicher,
Mon corps, habillé d’étreintes vides,
Fort comme un lion et pointu comme un croc d’aspic,
Viens ! Oh viens !
Je suis paralysé,
Par l’envie solitaire de la diabolité,
Pousse l’épée à travers l’entrave irritante,
Toute dévoreuse, toute créatrice,
Donne-moi un signe de l’œil Ouvert,
Et l’érection symbolique de la cuisse épineuse,
Et le mot de folie et de mystère,
O Pan ! Io Pan !
Io Pan ! Io Pan Pan ! Pan, Pan ! Pan,
Je suis un homme,
Fais ce que tu souhaites,
Comme un grand Dieu peut le faire,
O Pan ! Io Pan !
Io Pan Io Pan Pan ! Je suis éveillé,
Dans la prise du serpent,
L’aigle l’entaille avec bec et ongles,
Les Dieux se retirent,
Les grandes bêtes viennent, Pan ! Je suis né
Pour la mort sur la corne,
De la licorne,
Je suis Pan ! Io Pan ! Io Pan Pan ! Pan !
Je suis ton compagnon, je suis ton homme,
Chèvre de ton troupeau, je suis or, je suis dieu,
Chair sur tes os, fleur sur ta tige,
Avec des sabots de métal je cours sur les rochers,
A travers le solstice acharné à l’équinoxe,Je m’extasie ; et je viole et j’arrache et je déchire,
Eternel, monde sans fin,
Mannequin, demoiselle, ménade, homme,
Dans la puissance de Pan.
Io Pan ! Io Pan Pan ! Pan ! Io Pan !
– Hymne à Pan, par Aleister Crowley.
L. Ron Hubbard
Parsons se prit d’affection pour Hubbard, qui était à l’époque un capitaine dans la marine américaine (« U.S. Navy ») et l’a initié aux secrets de l’O.T.O. :
« Dans un communiqué de 1946 adressé à Crowley, Parsons écrit : « il y a environ trois mois j’ai rencontré le capitaine (de marine) L. Ron Hubbard… Bien qu’il n’ait aucun entraînement soutenu à la Magick, il a une extraordinaire expérience et faculté de compréhension dans le domaine… Il est la personne la plus thélémique que je n’aie jamais rencontré et en complet accord avec nos principes. Il est également intéressé par l’établissement du Nouvel-Éon… Nous mettons en commun nos ressources dans un partenariat qui agira comme une société limitée afin de contrôler notre affaire entreprise.»
Morceau d’un article de 1969 sur la relation entre Hubbard et Crowley
L’Eglise de Scientologie de Hubbard est aujourd’hui une secte très influente et bien financée qui compte dans ses rangs plus de 8 millions de personnes, dont des célébrités au visage connu comme Tom Cruise, Will Smith, John Travolta et Lisa Marie Presley.
Culture Populaire
Même si Crowley est mort sans un sou, en se battant contre son addiction à l’héroïne, son héritage est tout simplement colossal. L’impact de Crowley sur la culture populaire actuelle est remarquable sur bien des plans, que ce soit à travers des références directes ou des œuvres inspirées de la Théléma.
Les exemples les plus évidents de l’influence de Crowley sur la culture populaire sont les références faites par les stars du rocks énamourées par sa philosophie et sa personnalité, tels que les Beatles et Jimmy Page.
Crowley sur la couverture d’un album des Beatles, Sgt. Pepper’s lonely hearts club band.
Jay-Z portant un haut avec la citation la plus célèbre de Crowley : « Do what thou wilt » (« fais ce que tu désires »)
Crowley a aussi inspiré beaucoup de personnages de film, ce qui inclut Le Chiffre – le principal antagoniste de Casino Royale, de Ian Fleming et le sorcier sataniste Adrian Marcato dans Rosemary’s Baby. Aujourd’hui, des références à Crowley et sa Théléma peuvent se trouver dans des endroits étranges tels que le dessin animé Yu-Gi-Oh ! où un des personnages de la série est nommé « Alister » en son honneur. Ce personnage porte sur son front « Le Sceau d’Orichalque », copie conforme de l’hexagramme unicursal de Crowley.
Alister portant l’hexagramme unicursal sur son front
Au-delà des références directes, un analyste habile peut détecter l’influence de la philosophie thélémique de Crowley et de sa vision d’un Nouvel Eon dans les innombrables produits médiatiques destinés à la masse. En fait, d’importants membres de l’O.T.O. étaient (et sont toujours) lourdement impliqués dans la production de films hollywoodiens, plaçant dans les intrigues des principes thélémiques. La science-fiction est un genre privilégié pour exposer aux spectateurs ces programmes prédictifs.
« L’O.T.O. a commencé d’engendrer des histoires pour des produits artistiques de masse, en particulier la science-fiction, avec des thèmes occultes, subliminaux, publiés dans des livres et magazines à succès. Parmi les grandes références, citons En Terre étrangère de Robert Heinlein, Fusée à la morgue de A. H. White, La Sentinelle d’Arthur C. Clarke mentionné ci-dessus ou Les Enfants d’Icare, du même auteur.
(…) Par le biais de ce genre émergent qu’était la science-fiction, l’O.T.O. fut en mesure de former une vision de l’Amérique à travers la programmation prédictive, qui envisage « un futur inévitable », influant ainsi tout, de l’architecture de nos villes au design de nos automobiles et de ce qui constitue « le progrès et la libération » dans le futur. (…)
La capacité de l’O.T.O. à transformer l’Amérique résidait dans ce lien arrogant qui s’étendait entre la science et la science-fiction, façonnant les médias et la médecine à leur image et à leur gré, créant une nouvelle religion « thélémique » pour la masse.»
En Conclusion
Aujourd’hui, Crowley est soit vu comme un génie mystique incompris ou un charlatan dépravé, le prophète d’une ère d’illumination spirituelle ou un annonceur satanique de l’Antéchrist, un acteur de la libération sexuelle de l’humanité ou un pédéraste accro à la drogue. Est-ce que ses visions spirituelles étaient réelles ou a-t-il réussi à rouler des milliers de fidèles ? Répondre à cette question aujourd’hui est hors de propos. Jeune, Crowley souhaitait devenir une célébrité et changer le cours de l’Histoire et, à sa manière, il a atteint les deux objectifs. Non seulement le personnage étrange qu’il était l’a transformé en une sorte d’icône mythique, mais ses travaux philosophiques et ésotériques agissent de nos jours comme une force majeure qui influence le courant principal de la culture, des valeurs et de la spiritualité.
Contrairement à beaucoup de figures historiques qui ont perdu de leur pertinence à mesure que les années passaient, l’influence de Crowley est allée croissant au XXIème siècle. Ce n’est pas uniquement le résultat de la chance ou d’une évolution naturelle, cependant. Crowley et son O.T.O. ont maintenu des liens tant avec des membres hauts placés du gouvernement britannique et américain, qu’avec des figures de science, de loi et de culture. L’élite mondiale, dominée par les valeurs Illuministes, est en parfait accord avec la Théléma de Crowley. Ces connections ont facilité la dissémination et l’acceptation de ces travaux dans la culture populaire. Crowley n’a pas seulement prédit l’abandon par la société des religions traditionnelles et l’adoption de l’Eon d’Horus, il fut parmi les rouages qui permirent à ces changements de se produire. Sa vision d’un Nouvel Eon coïncide aussi avec le vieux plan Illuminati d’un ordre mondial séculaire dirigé par une élite « éclairée ». Les termes peuvent être différents, mais le fond de philosophie hermétique est le même. Disons que Crowley et l’Establishment voient le sujet « d’œil à œil »… Et cet œil, c’est l’Oeil d’Horus.