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jeudi 12 février 2026

Compte rendu de campagne - Campagne 4 - Session 6 - Part. 1...

Suite de la campagne, la session du weekend dernier a été assez longue alors voici la première partie du compte rendu et la seconde suivra bientôt, je dois m'activer car j'aimerai la publier avant la prochaine session mais comme vous allez pouvoir le lire, ce fut une session très bavarde et ça m'a pris pas mal de temps pour retranscrire tous les dialogues.

Basile, Jay, Chris et Tony se retrouvent donc au milieu de la casse de Marty Tanner, ils aperçoivent d'ailleurs sa tête, la queue du gros lézard que Marty trimbalait toujours sur ses épaules dépasse de sa bouche, les PJ frémissent en imaginant ce qu'on a fait subir à Marty et à la pauvre bête aussi. Où est le reste du corps ? Sûrement au milieu des morceaux de cadavres qui jonchent le sol de la casse, ce n'est pas une simple fusillade ou un règlement de compte entre bandes, c'est une boucherie qui s'es déroulée ici. Basile vomi et manque de s'évanouir, Jay le retient car il est toujours menotté, il va falloir régler ça rapidement. Tony cherche machinalement un mouchoir ou quelques chose qui s'en rapproche dans ses poches afin de se couvrir le nez, ça pue comme dans un abattoir, il n'a rien de tel mais sa main effleure quelque chose, il ressort une sorte d'étoile de sheriff ? Qu'est ce que c'est que cela ? D'où ça sort ?




Chris lui est au taquet, il est agité et crie "Killer !!! Killer !!!", il part en courant au milieu du charnier vers le bâtiment où ils étaient retenus quelques instants auparavant. Jay et Tony ramassent des armes sur le sol qui en est jonché et le suivent.

Dans le bâtiment, c'est aussi un carnage, ils distinguent cependant au milieu des corps et des restes du laboratoire de "Meth", les cadavres de plusieurs de ces horribles créatures entraperçues durant cette étrange flash dont ils ont été victimes, il s'agit de sortes de monstruosités faites de chair et de technologie, comme des cyborgs mais vraiment, dégueulasses, pour imaginer des trucs pareils il ne faut pas être humain se disent-ils...




D'ailleurs, que c'est il passé, quelles étaient ces décharges électriques qu'ils ont ressentis dans la tête ? Et c'était quoi tout ça ? Un voyage ? Des illusions ? Etaient ils là pendant ce carnage chez "Marty's Motors" ou ailleurs, ou les deux ?

Un bruit vient de la pièce du fond où ils étaient prisonniers juste avant ce trip étrange. Tony se dirige vers celle-ci, la porte est défoncée, il passe prudemment la tête et vois le cadavre d’une de ces créatures tenant dans sa main une corne avec des lambeaux de chair, il observe et il n’y pas de sang, mais plutôt comme une légère traînée noire en train de se dissiper, comme de la fumée. Ce devait être une corne d’El Cucuy, cet ignoble monstre a semble-t-il été lui aussi la cible des créatures. Il entend des bruits et voit des silhouettes se relever au milieu des débris du combat. Ce sont les frères du chasseur qui soutiennent ce dernier, il semble d’ailleurs en train d’émerger de son coma. Les barreaux des cellules sont éventrés et il aperçoit les deux étranges prisonniers en train de sortir de la leur, dans l’autre il voit Loco Martinez, vivant mais livide. Tony demande "où est le chien ? Où est Killer ?". Le nain lui indique la pièce d’où il vient, "le cabot est sorti et a disparu là bas, on a entendu ses aboiements et ses hurlements mêlés aux cris et aux coups de feu puis plus rien".

Chris s’inquiète en entendant cela mais il ressent toujours son lien télépathique avec Killer, même si celui-ci est faible. Il entend comme un appel dans son esprit et se dirige vers l’endroit d’où ça semble être émis, il se rapproche des cadavres de plusieurs des créatures et le signal dans sa tête s’amplifie. Là, au milieu d’un tas de chair et de membres cybernétiques éclatés, il distingue un petit corps allongé, "c’est Killer !!! Je l’ai trouvé !!!".

Le petit chien est affaibli mais vit. Chris le soulève délicatement pour l’amener auprès des autres. Le cadavre d'un homme rempli de tatouages se trouve aussi là, une blessure sur la tête d'où émerge une petite traînée de fumée noire, Tony approche et repense à la corne qu'il a vu quelques instants plus tôt, ce doit être le cadavre d'El Cucuy. Le nain s’approche à son tour mais les PJ sont méfiants, après tout il s’agit encore d’une "créature" pour eux, même si il ne ressentent pas de danger.

Bref retour de contexte : les PJ ont perdu la mémoire et n'ont que peu de souvenirs de leur vie avant Sandhill Junction, aussi ils n'ont depuis croisé que des humains normaux où des humains augmentés et chaque fois qu'ils ont eu affaires à "autre chose", monstres, créatures, magie... c'était dans un contexte de menace.

En parallèle à l'action impliquant Chris, Killer... Jay braque les frères du chasseur qui ont toujours les clés des menottes afin qu'ils détachent Basile.

Killer communique avec Chris et lui dit de ne pas s’inquiéter, ils peuvent laisser le nain approcher. Celui-ci se prosterne auprès du chien et entame une prière "Oh Sharindlar, je t’implore, accorde ta bénédiction à cette loyale créature qui porte ton domaine dans son nom"




Un halo de lumière se met à envelopper Killer et durant un bref instant, ceux présents dans la pièce ont cru distinguer une silhouette féminine apparaître brièvement au dessus du chien et se pencher pour lui souffler quelques chose à l’oreille. Les plus observateurs distinguent même une barbe ???


Sharindlar


Ici je fais juste une petite référence à Sharindlar dans D&D : Quand un nain tombe malade ou qu'il est gravement blessé au combat, il offre souvent une prière à Sharindlar, la déesse naine du soin et de la pitié. Les nains ne font aucun secret de leur vénération pour cette bonne déesse qui protège son peuple avec sa gentillesse. Malgré tout, la plus part des nains ne parlent pas de cette dévotion aux autres races. Sharindlar représente ce que les nains cachent aux autres : quand ils quittent leur humeur taciturne pour une danse du soir ou quand le plus endurci des guerriers accepte les vœux de mariage de sa bien aimée.

Alors pourquoi Sharindlar, premièrement parce que le PNJ est un nain et Sharindlar est une déesse du soin et de la guérison, secondement parce que l’un de ses domaines est la lune et ça fait un parallèle avec Killer qui est un chien de la lune même si je n’ai pas trouvé de rapport entre les deux dans D&D, juste la lune, mais on est pas dans D&D on est dans ma campagne. En fait un rapport m’aurait juste permis, peut-être, d’ouvrir quelques possibles nouveaux crochets pour l’aventure et son Lore mais un de plus ou de moins…

Les domaines sont définis par les sphères d’influence divines et confèrent certains pouvoirs aux prêtres. Je vais peut-être partir du principe que le nain pourrait être une sorte de chaman.

Killer ouvre les yeux et regarde Chris, "la déesse m’a accordé sa pitié, elle m’a dit que mon heure n’était pas encore venue et que je dois veiller sur vous, elle m’a dit de dire à son enfant"… Le nain l’interrompt "je sais ami, je sais, c’est ma déesse, je la prie et je l’entend et je vous accompagnerai aussi dans ce périple, ainsi que mon ami ici présent" dit le nain en désignant le colosse.




Le nain s'adresse à Killer mais aussi à Chris.

"Comme messire chien l'a certainement compris, nous ne sommes pas originaires de ce monde, mais nous le parcourons depuis quelques temps déjà, nous sommes en quelques sortes en mission, nous sommes chargés de retrouver, d'évaluer et de guider nos frères perdus, car depuis que l’éveil leur a permis de renaître sur cette terre, ils sont le plus souvent moqués si ce n’est traqués, chassés, voire tués. Nos anciens ont vu cela dans leurs visions, mais nous ne pouvions pas interagir avec cette Terre. Puis le bouleversement a commencé de partout, nos anciens pensent qu'à terme, ce sera extrêmement nuisible pour de nombreuses civilisations, mais des failles sont apparues en résultant et nous avons pu ainsi en profiter pour envoyer nos émissaires ici afin de retrouver nos frères, mon ami et moi en faisons parti. Ce sont des peuples anciens vous savez, des premiers nés sur votre Terre mais que la montée de votre race a quasiment éradiqué obligeant les survivants à se dissimuler pendant des millénaires, au point de devenir des légendes puis des contes pour vos enfants, ils sont maintenant revenus du passé et marchent à nouveau parmi les hommes, ce sont encore des nouveaux nés pour vous qui les avez réduit pendant des siècles au simple concept d'histoire pour les oublier, ils vous effraient et nous nous devons de les guider, nains, elfes, ogres… Nous devons les aider à retrouver leur place et si elle n’est pas sur cette planète, nous les amènerons retrouver leurs frères hors de ce monde..." il marque une pause, "mais pour le moment, comme la dame l’a dit, nos pas doivent suivre les vôtres et nous devons nous aussi veiller sur vous, comme messire chien le fait déjà".

"Je me nomme Bruegor et voici mon partenaire ogre Jambo".

Je réutilise ici les noms de deux PJ de notre première campagne, peut-être trouverais-je l'occasion de les lier, dans le Multivers tout est possible...

"Ne soyez pas étonné de m'entendre m'adressez à vous dans vos pensées comme messire chien jeune Chris, c'est une faculté que certain dans nos royaumes possèdent aussi et vous avez également ce don si je ne m'abuse, c'est surement cela qui a fait de vous l'interlocuteur privilégié de messire chien".

Chris semble un peu perdu car il entend en effet toute la conversation entre Killer et Bruegor et a même l'impression que le colosse, Jambo, suit aussi tout cela avec amusement.

"Vous lisez dans mes pensées ???".

"Oui et non, nous pouvons communiquer par la pensée avec messire chien et vous ainsi qu'avec tous ceux qui maîtrisent cet art, cela s'appelle de la magie pour certain, de la télépathie chez vous il me semble" dit Bruegor, "après, nous pouvons en effet lire dans vos pensées, mais n'y voyait pas de mal, c'est juste que vous n'êtes pas suffisamment entraîné à cet art pour savoir dresser des barrières dans votre esprit, mais ça finira par venir, je suis sûr que messire chien est un très bon professeur".

"Sachez que j’ai déjà côtoyé certains des vôtres sur de nombreux mondes et je n’ai rencontré que des nains de grande valeur et toujours farouchement opposés aux forces sombres, votre aide nous sera j’en suis sûr précieuse" dit Killer, puis s'adressant à Chris, "tes amis et toi êtes "spéciaux", vous avez des dons et l'un des tiens est justement ce pouvoir, mais il y a autre chose, ce n'est pas pour rien que certains vous traquent et ce sont des êtres puissants qui sont derrière ça, je ne sais pas encore pourquoi mais c'est pour cette raison que j'ai été mis sur votre route, car je sers moi aussi des puissances qui veulent éviter le chaos et l'obscurité qui gagnent jour après jour du terrain, partout, sur cette Terre et ailleurs, vous ne pouvez pas savoir ni comprendre, c'est beaucoup trop tôt et ça vous dépasserait, je ne sais moi-même pas quel rôle vous avez dans tout ça et pourquoi je dois veiller sur vous, mais à n'en pas douter, c'est important".

"J'ai partagé certaines de vos visions par ton intermédiaire Chris tu sais", Killer s'interrompe et réfléchi, "c'est sérieux, le Lion n'est pas n'importe qui, je pense qu'il est lié à votre passé, que ce que vous avez vu est un avatar et que c'est cet avatar du Lion à qui vous avez eu affaire autrefois, le Lion lui-même n'intervient pas auprès des humains ou d'autres créatures si elles ne sont pas de son niveau ou proche, on parle là d'entités que vous ne pouvez pas imaginer, au delà de la compréhension des mortels, je pense que même les êtres qui dominent les sphères d'où je suis originaire et qui sont eux-mêmes d'essences divines ne rivalisent pas avec des êtres comme le Lion ou Azathoth qui semble aussi impliqué dans cette affaire de près ou de loin, car c'est sa magie qui animait les blobs qui nous ont attaqué dans le parking ainsi que les créatures de chair et de technologie qui ont provoqué le carnage autour de nous, si Azathoth est impliqué c'est probablement par le biais d'autres entités, Franckie Looper a cité Nyarlathotep dans le parking, mais je penche pour Androgyne-Roi qui règne sur la Mer du Chaos, un domaine d'Azathoth dont semble venir ces créatures, car c'est la pétrol'magie que j'ai ressenti et son origine se trouve là bas".

J'évoque dans ces paroles de Killer des éléments liés à Mantra et Mantoid Universe.




"Quand à Franckie Looper, ces liens avec le Crabe semblent évident, le chasseur a raison, on ne peut pas se fier à lui".

"Qui est le Crabe ?" demande alors Tony.

Killer, Chris, Bruegor et le colosse Jambo regardent Tony interloqués.

Alors pour toute cette partie de session ci-dessus, c'est un dialogue télépathique que mène Killer, Chris et Bruegor, Jambo entend mais ne participe pas. Chris est le seul PJ, les autres étant des PNJ, c'est moi qui m'exprime pour eux. Mais j'ai demandé aux joueurs de Chris et Tony de participer à l'échange, Chris pouvait intervenir si il avait des choses à dire mais Tony devait juste écouter jusqu'à ce que je lui demande d'intervenir ici pour poser sa question.

Quand aux joueurs de Jay et Basile, je les avait congédiés le temps de ce dialogue qui ne sont pas sensé entendre.

Chris demande à Tony, "tu nous entends ?".

Tony acquiesce, "oui bien évidement, bien que cela me fasse bizarre de vous écouter parler sans voir vos lèvres bouger et surtout, Killer est un chien, c'est bien lui que j'entends ou vous me faites une blague ? Un truc de ventriloque peut-être ?" dit-il en regardant suspicieux et ironique Bruegor.

Ce dernier dit "je sent de la magie qui émane de ce gars, mais ce n'est pas lui, c'est sur lui, c'est de sa poche que ça émane".

"Que caches tu dans ta poche Tony ?" dit Chris.

Tony se souvient alors de l'étoile de sheriff et il la sort de sa poche.

Killer et Bruegor sont stupéfaits.

"Le symbole de Murlynd, l'étoile à six branches du Paladin Blanc !!! Le cowboy que vous avez croisé dans vos visions, c'était lui, j'en étais sûr" dit alors Killer.




"Murlynd ???" disent Tony et Chris en cœur.

"D'après le peu de chose que je sais sur Murlynd, on dit qu'il y a fort longtemps il était paladin et que maintenant, il est le héros-dieu de la technologie magique pour son peuple. On le dit distant et taciturne, mais assez sympathique avec ses alliés et dangereux lorsqu’il est provoqué par des êtres maléfiques, si vous l'avez croisé, si il est de sorti, c'est que des évènements néfastes se profilent vraiment, il ne sort pas de sa retraite au-delà du miroir pour rien" dit Bruegor.

"C'est un personnage que je n'ai jamais croisé" dit Killer, "mais c'est une légende, autrefois un Oeridien d'Oerth dans le Greyspace, maintenant une divinité qui parcourt de nombreux domaines pour y éradiquer le mal, mais vous n'êtes pas en mesure de comprendre tout ça pour le moment, même si vos visions et les évènements qui se précipitent de plus en plus autour de vous me font penser que vous allez bientôt être plongés dans le grand bain".

"Mais pourquoi m'a t'il glissé cette étoile dans la poche ?" demande Tony.

"Ce n’est pas sans raison Tony" dit Killer, "il a décelé quelque chose en toi, l’âme de quelqu’un qui a foi en la justice et une profonde aversion envers le mal et probablement une fascination pour la technologie…" qu’en penses-tu ? C’est ce qui t’anime ?

"Je ne sais pas ? Je ne me souviens pas de ce qui guidait ma vie avant Sandhill Junction ???" réponds Tony.

"Garde précieusement cette relique" dit Killer, "je suis sûr qu'elle cache des secrets qui te seront révélés en temps utiles, mais ce n'est certainement pas une simple étoile, Murlynd à senti quelque chose en toi et peut-être que tout cela te permettra de renouer avec ton passé perdu".

Chris reprend, "mais qui es tu Killer, pas un simple chien, ça je l'ai compris dès le début puisque tu me parle".

"Je suis ce que l'on nomme un chien de la lune, c'est ma race, je combat le mal sous toutes ses formes quand il apparaît quelque part et je guide les peuples qui le combatte en aidant leurs champions à se révéler, j'ai quelques dons comme vous avez pu le constater, on m'a dépêché ici car votre Terre se trouve à l'épicentre de grands bouleversements à venir, pourquoi je ne sais pas, mais il s'est produit quelque chose très loin d'ici, quelque part dans l'univers, peut-être même pas votre univers mais le sujet est trop vaste à aborder, mais un premier bouleversement a été ressenti par les puissants, partout, à peine perceptible mais on pense que c'est les ondes qu'il a émis qui sont à l'origine de ce que vous appelez l'éveil, éveil de la magie et de certains êtres sur votre Terre, ou plutôt réveil, mais d'autres phénomènes se sont produits ailleurs, puis d'autres bouleversements ont commencé à être perçus, de plus en plus fréquents et puissants, les ondes se sont amplifiées et sont devenues des vagues qui ont commencé à se déverser partout, c'est à ce moment là que des failles entre les réalités se sont formées et que certains domaines se sont mis à envahir votre réalité, la Mer du Chaos est l'un de ces domaines, la grande forêt dont Murlynd vous a parlé dans votre vision en est un autre...".

"En fait..." dit Tony, "depuis que je me suis réveillé à Sandhill Junction, je ne me souvient de rien avant cela, je suis à la fois étonné et effrayé par certaine chose que nous avons vécu ces derniers jours, mais pas surpris, comme si c'était normal de croiser des monstres, des êtres non-humains, de la magie, comme si tout ça était déjà présent avant notre coma, et pourtant, j'ai l'impression d'avoir toujours été un humain de la Terre, sur une Terre normale, un Américain pur jus loin de ces histoires de blobs, de nains, d'elfes, de Lion et autre Azat... machin truc, même toutes ces histoires de corporations, de Night City, késako, je ne connaît pas ça, j'ai l'impression d'être sur Terre mais que ce n'est pas ma Terre ???".

Killer répond, "pourtant c'est ta Terre, je ressens votre encrage sur cette planète, peut-être des variantes de ce monde existent ailleurs, c'est fort probable même, mais c'est un sujet trop vaste comme je vous l'ai dit à l'instant, par contre, ce ressenti que tu exprimes a peut-être une autre signification, peut-être que vous avez vécu à deux époques, votre époque d'origine probablement avant l'éveil d'après ce que tu dis et maintenant, plusieurs années après l'éveil, ce qui signifie que ce qui vous est arrivé entre les deux est la source de vos soucis et la clé pour comprendre l'importance de votre rôle dans cette histoire, et d'après vos visions, je pense que c'est lié au Lion, je pense que votre destin a basculé quand vous vous êtes rendu dans ce café, celui que vous avez vu dans votre esprit et où vous attendait cet avatar du Lion".

Chris dit "mais comment savoir qui nous étions avant, nous ne nous souvenons même plus de nos familles, de notre lieu de naissance, de vie, de notre métier et si même nous en avions un ???".

"C'est embêtant en effet, c'est ce type de renseignements qui permettraient de connaître votre vie avant qu'elle ne bascule et savoir pourquoi elle a basculé et dans quel but ???", dit Killer, "il faut qu'on essaye de creuser tout ça".

"Pourquoi n'as tu pas senti les blobs et ces créatures qui ont attaqué la casse Killer ???" dit Tony, faisant sortir le chien de ses pensées.

"Ho, tu changes complètement de sujet jeune homme" dit le chien.

"Oui, en fait je ne comprends rien à toutes ces histoires et ça ne m'avance pas, je suis pour l'action et adviendra que pourra, c'est dans l'action que nous trouverons nos réponses, j'en suis sûr...".

"Oui j'ai remarqué que tu était le plus volontaire du groupe, et le plus téméraire aussi, en effet ils nous faut agir, mais pas sans réfléchir, nous devons déterminer vers quelle piste nous diriger et ne plus se laisser porter par une suite d'évènements comme nous l'avons vécu jusqu'ici, agir et plus subir" dit Killer en ponctuant sa phrase d'un fier aboiement.

"Il faut se rendre dans la grande forêt !!!" dit Tony, "c'est ce "Murlynd" qui l'a dit et d'après ce que je comprends, c'est un type plutôt bien et il m'a à la bonne...".

"Alors pour répondre à ta première question, j'ai détecté la bombe dans le sac et ce démon "El Cucuy", qui n'est absolument pas cette créature folklorique que nous a dépeint ce jeune superstitieux dans la cellule" dit Killer en désignant Loco Martinez, "mais un authentique démon des ombres invoqué probablement par un sorcier empreint d'occultisme noir, nous sommes ici en présence d'un véritable mal, de même que cette bombe dans le sac, ce n'est pas sa technologie ni même son minuteur qui m'ont alerté, mais elle était remplie elle aussi d'une magie sombre, très sombre mais je pense que notre ami le chasseur saura mieux nous expliquer cela... Quand aux autres créatures, si la magie ou la technologie qui les animent proviennent d'Azathoth comme je soupçonne ou d'une autre entité du genre, ce n'est pas le mal qui les définit, plutôt une forme de chaos, un chaos cosmique et très ancien mais pas maléfique, c'est autre chose d'indicible qui anime ces forces là, en effet des personnes non initiées vont être effrayées et y voir quelque chose de diabolique et par essence, maléfique, mais c'est autre chose, ni mal, ni bon, ni neutre, les desseins de ces êtres sont incompréhensibles si ce n'est par eux-mêmes et si ils en ont toutefois conscience, je n'en suis pas sûr, personne n'est sûr du but de ces forces anciennes et cosmiques présentes depuis la nuit des temps... C'est pour cela que je n'ai détecté aucun mal à leur contact. Et pour en revenir à la grande forêt, n'as tu pas écouté ce que je disais plus tôt, c'est aussi un domaine envahissant, comme la Mer du Chaos, on la nomme Millevaux et c'est le domaine de "la Chèvre noire des bois aux mille chevreaux", l'une de ces entités dont je viens de vous parler...".




Je m'arrête ici pour la première partie du compte rendu de session, la suite arrive vite... Alors c'est une partie de session qui n'a pas impliqué tous les joueurs car les PJ n'étaient pas tous en mesure d'entendre Killer ou Bruegor s'adresser à eux, Chris a un contact télépathique avec Killer et du coup aussi avec les autres êtres magiques usant de ce pouvoir, quand à Tony, c'est son étoile magique de Murlynd qui lui confère ce don de pouvoir maintenant communiquer lui-aussi avec les êtres comme Killer... Après pour le moment nous ne sommes pas trop rentrés dans les explications et je n'ai pas encore réfléchi à de possibles limites quand à son utilisation. Les PJ avaient plein de questions et tout semble un peu décousu mais c'est parce que premièrement, les joueurs ne connaissent pas la plupart des références auxquelles je fais allusion dans les dialogues des PNJ et je fais exprès de les noyer sous plein d'informations et d'essayer de les orienter vers d'autres questions afin de les perdre, ils reçoivent toutes ces d'informations dans la figure mais n'y comprennent pas grand chose sous le flot et le mélange des références pour la plupart obscures, cela renforce le fait qu'ils sont un peu dépassés par ce qui leur arrive et me permet de créer chez les joueurs et du coup les PJ, une sorte de malaise, celui de ceux qui se retrouvent impliqués dans des choses qui les dépassent et on voit d'ailleurs la réaction de Tony qui veut retourner dans l'"action"... Les références dans cette session sont nombreuses, D&D, AD&D, Shadowrun, Greyhawk...

mardi 3 février 2026

Compte rendu de campagne - Campagne 4 - Session 5 - Part. 2...

Suite de la campagne avec donc, le rapport plus complet de la nouvelle session du weekend passé.

Les PJ et les autres personnes présentes dans la pièce sont dans l’incompréhension totale en voyant le chasseur gisant par terre inconscient après avoir utilisé les gouttes du Dr James Xavier.

Chris aussi semble sonné mais il n’est pas inconscient.

Tous les regards se tournent alors vers Killer qui est toujours sur la défensive aboie en direction du membre de "Los Perros Del Infierno". Celui-ci resté dans l’ombre jusqu’ici a commencé à avancer dans la pièce mais chose étrange, on ne distingue toujours que son regard entouré de tatouages, comme si l’ombre semblait l’accompagner et l’envelopper…




Soudain Killer pousse un hurlement puissant en direction de l’individu.

Je demande aux PJ de faire un jet de perception mais je ne leur précise pas de difficultés et leur dis qu’ils ont tous réussi, les joueurs sont contents et les personnages distinguent tous comme des mots mêlés au hurlement, des mots étranges, lointains et diffus comme une incantation.

Au même moment Chris se relève comme si de rien n’était et pointe l’individu dans l’ombre, tous se retournent et voient l’ombre qui se dissipe et l’illusion qui commence à disparaître, alors ils le voient, la chose qui a alerté Killer et effrayé le chasseur quand il a utilisé les gouttes de Dr James Xavier. Ils voient le démon…




"El Cucuy !!! El Cucuy !!!, il est venu pour moi, Romero l’a invoqué pour me punir !!!" crie Loco Martinez terrorisé dans sa cellule.

El Cucuy
Statistiques et choix d'une créature correspondante à voir en fonction de vos règles.

Donc la réaction des personnes présentes est la suivante.

Côté PJ, Chris est dans une sorte d’état second mais semble bien remis de son étourdissement, Tony est un poil perturbé par la vision de la créature mais il commence à être habitué à ce type de situation et est au taquet, Jay et Basile réagissent un peu comme Tony mais sont un poil plus stressé et bien moins au taquet. Seul problème, vu que je n’avais pas précisé si leurs menottes avaient bien été retirées lors de la dernière session, je fais faire un jet aux joueurs pour déterminer ça et au final, Chris, Tony et Jay ne sont plus attachés, Basile est toujours menotté. Autre souci, ils ne sont pas armés.

Côté PNJ, le chasseur est toujours inconscient, l’un de ses frères est blême et ne réagit pas, l’autre est nerveux et braque son pistolet mitrailleur sur la créature. Les deux prisonniers non-humains, le nain et le colosse sont tendus, mais semblent sûr d’eux et garder leur maîtrise, on sent qu’ils ont de l’expérience dans ce genre de situation et qu’ils sont prêt à en découdre si la créature vient s’en prendre à eux. Loco Martinez est terrorisé.

Quand à Killer, pour l’ensemble des personnes présentes il reste un petit chien extrêmement nerveux qui a détecté la créature grâce à son instinct animal (les joueurs n’ont pas vu son apparence réelle, seul le chasseur l’a détectée grâce aux gouttes du Dr James Xavier).


Photo de Killer en plein air...


Pourtant la créature ne semble pas avancer plus, son attention se porte essentiellement sur Loco Martinez qu'elle observe avec un rictus mauvais et sur Killer qu'elle observe avec crainte. Pendant un instant le temps se fige et les PJ ne savent pas comment réagir, c'est clair qu'attaquer le monstre risque d'être fatal.

Soudain, la porte de la pièce s'ouvre avec fracas et, alertés par le bruit et les hurlements de Killer, des gardes armés entrent.




Le monstre en profite et fonce dans leur direction, apparemment celui-ci ne souhaite pas s'en prendre aux personnes présentes dans la pièce mais tente plutôt de fuir. Mais affolés les gardes pointent leurs armes dans sa direction, trop tard, la créature a déjà arraché des ses griffes la gorge de l'un d'entre eux et ça se met à tirer dans toutes les directions.

La réactions des PJ est de se jeter au sol pour éviter les balles et la confusion est totale dans la pièce où les lumières se mettent à vaciller. Des cris nombreux résonnent au delà de la porte d'entrée.

Les PJ veulent réagir quand Killer se met à pousser un hurlement encore plus strident rempli d'une magie telle qu'elle en devient presque palpable.

Et là c'est le bug. Tony, Jay, Basile et Chris encore plus étant donné sa connexion avec Killer ressentent tous les quatre comme une violente décharge électrique dans leurs têtes, tout devient noir.

Ils reviennent dans la lumière. La pièce et tout ce qui était dedans a disparu, ils sont dans une sorte de café arty vide, ils ressentent pourtant une présence qui les observe.




Ils se retournent et, attablé près d'une fenêtre, un homme avec une tête de lion les fixe (note, je fais évidemment référence au Lion dans Mantra). Ils ne se sentent pourtant pas en danger et l'homme leur fait un signe de la main pour les inviter à sa table.




Mais une nouvelle décharge traverse leur esprit et ils se retrouvent encore dans le noir.

La lumière revient et pendant quelques instants ils voient une sorte de scientifique un brin effrayant qui crie comme un dément et les regarde avec un sourire illuminé en faisant de grands gestes. Ils sont dans un laboratoire et une voix les interpelle, un autre scientifique apparaît derrière eux, une seringue à la main qui les fixe.





De nouveau le noir, et la lumière, et là des sortes de crabes mécaniques géants sont en train de parcourir une ville qui semble en ruine, l'un d'entre eux se tourne vers les PJ et un sas s'ouvre, en sort Franckie Looper qui leur dit "salut les gars, comme on se retrouve". (Note, je fais ici une référence au Crabe, une entité qui dirige la pègre dans différents univers de Batronoban).



Franckie Looper


Encore le noir, les PJ émerge dans la casse de "Marty's Motors", c'est la confusion, ils distinguent Killer qui hurle, le chasseur toujours au sol et la créature qui se déchaîne sur des gardes, ils courent dehors et tombent sur plein de nouveaux gars armés, visiblement ce n'est pas des membres de la Fraternité Aryenne mais Marty Tanner est là aussi, tous sont tendus et ne semblent pas se préoccuper de ce qui se passe dans le bâtiment où El Cucuy se trouve.







Il semble qu'il y ai plusieurs groupes distincts et les gars poussent un cri quand une nouvelle faction fait son entrée dans la casse.




Les PJ se demandent qui sont tous ces groupes mais n'ont pas le temps de tergiverser car un cri résonne et tous se précipitent aux quatre coins de la casse, nouvelle décharge dans la tête, à nouveau le noir.

Les PJ sont maintenant dans ce qui semble être des ruines, un étrange robot armé les observe.




Mais une autre silhouette apparaît au loin.




Encore une décharge et toujours le noir, ils sont à nouveau chez "Marty's Motors", des cris et des coups de feu de partout, des corps en lambeaux gisent au sol, une apparition monstrueuse surgit devant eux.




Le noir, ils sont de retour dans les ruines, la silhouette est proche, le robot la vise avec son arme mais il n'a pas le temps de réagir que l'étranger dégaine et l'abat, il se retourne vers les PJ, c'est une sorte d'étrange cowboy.




Le cowboy s'adresse alors aux PJ :

"L’Œuf rentre en guerre, ses sbires apparaissent un peu partout mais d’autres encore plus redoutables bougent aussi leurs pions. Votre destin n’est pas ici, ce n’est pas l’Œuf, peut-être le trouverez vous sur votre chemin mais c’est dans la grande forêt que vos pas doivent vous mener, attention toutefois, ils sont nombreux à s’intéresser à vous, méfiez vous de la couleur jaune et de la chèvre, méfiez vous de ce qui hante les ténèbres, vous n’avez que peu d’amis mais un champion à été envoyé pour vous aider, il n'est pas issu du du même plan que moi, moins absolu peut-être, plus neutre, mais en ces temps troubles, ces semblables ont aussi choisi de lutter contre l'obscurité et de vous protéger car vous êtes importants, retrouvez le il vous attend là où vous l'avez laisser".

Notes du MJ et pour le MJ : Alors ici, je balance plein de références que je vais essayer d'intégrer à la campagne si je le peux à un moment ou à un autre. Le "cowboy" est Murlynd, un personnage de Greyhawk (voire antérieur), il est lié à Heironeous l'Archipaladin, (Greyhawk aussi) et ce sont deux personnages loyaux bons, je mentionne indirectement le plan de Killer qui est donc un chien de la lune issu de l'Élysée (Elysium), plan des neutres bons, Murlynd et Heironeous sont issus du Septième Ciel (Seven Heavens), plan des loyaux bons absolus. Plus de détail sur les plans ici.

C'est ici, dans cette phrase "vous n’avez que peu d’amis mais un champion à été envoyé pour vous aider, il n'est pas issu du du même plan que moi, moins absolu peut-être, plus neutre, mais en ces temps troubles, ces semblables ont aussi choisi de lutter contre l'obscurité et de vous protéger car vous êtes importants, retrouvez le il vous attend là où vous l'avez laisser".

Je fais aussi allusion à l'Œuf de Foulque (Egg of Coot) sur lequel j'avais fais quelques théories.

Evidemment la grand forêt est Millevaux et je fais des allusions à Hastur, Shub-Niggurath et Nyarlathotep ("méfiez vous de la couleur jaune et de la chèvre, méfiez vous de ce qui hante les ténèbres").

Une lumière blanche aveugle les PJ, ils se retrouvent de nouveau chez "Marty's Motors", tout est silencieux mais une odeur de mort se dégage, partout des cadavres, que c'est il passé ici ? Que leur est il arrivé ? "Killer !!!" cri soudain Chris...

La suite au prochain épisode...

Alors j'ai surpris mes joueurs qui pensaient qu'ils allaient avoir une grosse bagarre avec El Cucuy, au lieu de cela je leur ai fait faire une sorte de trip à travers différentes scènes qui pour eux sont pour le moment plus ou moins incompréhensibles mais qui (ils ne le savent pas encore) dévoilent des éléments de leur passé, de leur futur et diverses pistes que j'explorerai peut-être si l'occasion se présente en fonction de leurs choix à venir. En fait au départ je voulais faire une grosse bagarre impliquant diverses factions dont les alliés de la Fraternité venus récupérer leurs prisonniers mais j'ai trouver que ce serait plus intéressant de faire ça pour amener un petit peu plus d'étrangeté et les déstabiliser mais c'est parce que j'ai aussi eu de nouvelles idées avant la session concernant leur passé et pourquoi ils étaient amnésiques depuis leur réveil à Sandhill Junction.

Bref je suis assez content de ce développement pour ma part et les joueurs ont aussi appréciés donc c'est plutôt positif.

mardi 13 janvier 2026

On creuse de nouveau autour de Millevaux Mantra, Hastur, King Ghidorah, l'Exif, Shub-Niggurath...

Hastur est un nom employé par différents auteurs de littérature fantastique, de fantasy et de science-fiction. Il désigne parfois une entité fictive.

Hastur apparaît originellement comme un dieu bienveillant des pastours dans une nouvelle d'Ambrose Bierce, « Haïta le berger » (Haita The Shepherd, 1893).

Par la suite, Robert W. Chambers désigne successivement sous ce vocable un personnage et un lieu dans son recueil de nouvelles fantastiques Le Roi en jaune (The King in Yellow, 1895).

Admirant certains récits du Roi en jaune, Howard Phillips Lovecraft rend hommage à Chambers en mentionnant le nom « Hastur » de manière délibérément obscure dans sa nouvelle « Celui qui chuchotait dans les ténèbres » (The Whisperer in Darkness, 1931).




Disciple autoproclamé et éditeur posthume de Lovecraft, l'écrivain August Derleth imagine une monstrueuse créature extraterrestre dénommée « Hastur l'indicible » (Hastur the Unspeakable) qu'il rattache au « mythe de Cthulhu » dans la nouvelle Le retour d'Hastur (The Return of Hastur) parue dans le magazine Weird Tales en mars 1939, entre autres textes. Derleth présente l'entité sous la forme d'un Grand Ancien tentaculaire, malveillant élémentaire d'air et maître des monstrueux oiseaux Byakhees. Dormant dans le lac de Hali, une grande étendue d'eau noire près de la cité de Carcosa sise sur une planète du système d'Aldébaran, Hastur serait le « demi-frère » et le rival de Cthulhu selon la conception controversée du mythe derlethien.




Dans la série littéraire Oripeaux du roi (Tatters of the King), Lin Carter tente de synthétiser en un tout cohérent le Roi en jaune, création chambersienne d'inspiration symboliste, et Hastur l'indicible, Grand Ancien tentaculaire du mythe de Cthulhu.

Le jeu de rôle L'Appel de Cthulhu popularise ensuite cette figure syncrétique de Hastur.

Dans Millevaux Mantra, au commencement des temps, il y a d'abord l'Hommonde. Le premier dieu, le premier monde. Suspendu au milieu du vide noir, homme blanc roulé en boule. Puis il donne naissance au Serpent noir, par la bouche et par l'anus. Le Serpent le trahit, l'enserre jusqu'à le faire éclater. Des millions de boules blanches expulsées dans l'infini, les plus grosses donnent des enfants-mondes, les plus petites donnent des enfants-êtres, nus et blancs...

Dans Mantra Oniropunk, il est dit de l'Hommonde, que c'est un dieu humanoïde contenant un chaos de créativité, Au sein de celui-ci, l'individualité n'existe pas. L'Hommonde est un monde linéaire, avec un début (ses pieds), un milieu (ses deux sexes), et une fin (sa tête). Il existe d'autres organes sacrés : le cerveau, le cœur, les poumons, le foie, le pancréas et les deux reins. Il crée d'incroyables mondes, peuples, concepts et parmi eux le concept du recommencement perpétuel : le Cycle ou le serpent Ouroboros, comme les Grecs anciens le surnomment. Au cours d'un débat métaphysique entre le Cycle et l'Hommonde sur la fin du monde, l'Hommonde prône sa propre disparition pour que son existence linéaire fasse sens, le serpent refuse cette perspective apocalyptique. Le Cycle blesse et paralyse son géniteur, ce qui le fait exploser métaphysiquement. Toutes se créations se mélangent, se découpent, se divisent, se dispersent. Ses os dérivent dans le néant au-delà de sa peau. Son squelette et ses organes deviennent le Sous-monde, un égout qui relie tous les mondes telle une toile d'araignée gluante faite de pétrol'magie : le sang de l'Hommonde. Le reste de son corps devient une multitude de réalités passées, futures et parallèles : le Multivers. Ces deux dimensions agissent comme des vases communicants, dans un va-et-vient métaphysique continu. L'Hommonde n'est pas vraiment mort. A travers ses fragments éparpillés qui continuent à se diviser, il vit toujours et meurt à la fois. Le Cycle prend la place de son créateur comme cosmologie dominante. Dans un océan de pétrol'magie, il pond un avatar pour communiquer avec les habitants du Multivers : Androgyne-Roi monte sur le trône de la réalité. Il sourit tout le temps, a le corps au genre indistinct, il est nu et sous sa peau de nacre des serpents se mordent la queue. Son trône est taillé dans un morceau du cerveau de l'Hommonde déchu.

Sous l'impulsion du Roi, le Multivers s'organise selon un cycle immuable où tout est liquéfié en pétrol'magie, recyclé, réincarné, recomposé, récupéré sous un forme ou une autre. L'espace-temps lui-même devient cyclique, il "reprend à zéro" tous les 20000 ans. Tout est recyclé à l'infini dans une boucle comprise entre -10000 ans avant Jésus-Christ et +10000 ans après J.C., le Christ étant considéré par certains comme un étrange mélange entre le Cycle et l'Hommonde apocalyptique. Cette jonction est marquée par un cataclysme, le Rebond, qui détruit la civilisation, et qui la fait renaître durant l'ère glaciaire. Le début est aussi la fin.




Dans Millevaux Mantra, l'univers est plus synthétisé et il faut connaître les différentes sources de Mantra pour mieux discerner le concept du Multivers et tous ses possibles ainsi que celles de Millevaux car c'est un monde qui peut-être vraiment utilisé à différents degrés, de temps, d'espaces... Pour Millevaux Mantra on a comme informations concernant le Multivers et sa Cosmogonie :

Mantra :


+ L'Hommonde concentrait la totalité des univers. Il est mort, tué par le Serpent.
+ Le Serpent fut un temps le maître des univers engendrés par la mort de l'Hommonde.
+ Il engendra Androgyne-Roi et le Lion, qui le jetèrent hors de son trône.
+ Androgyne-Roi règne désormais sur le Sous-Monde, enfer et poubelle où s'écoule la substance des mondes qui sont morts, devenus pétrole.
+ Les Jasmins, êtres végétaux exilés d'un monde mourant, sont au service d'Androgyne-Roi. Pour l'instant.
+ Les Mères-pétroles, têtes géantes aux bouches-matrices, récoltent le pétrole pour le compte d'Androgyne-Roi. Mais certaines sont passées sous le contrôle du Lion.
+ Entre les univers et le Sous-Monde, le Puits des Âmes, passage entre les mondes.
+ Le Lion, aussi nommé selon les mondes W, ou le Psychopompe, ou le Passeur entre les Mondes , règne désormais sur une partie des mondes. Il a déclenché une guerre des univers pour les contrôler tous.
+ Le Minotaure, fils du Lion, garde l'accès au Puits des Âmes depuis son labyrinthe. Il sert son père. Jusqu'à quand ?
+ Le Serpent, incarnation suprême de la vie dans ce qu'elle a de plus bénéfique et de plus terrible, prépare son retour.
+ Quand l'Hommonde est mort, il a engendré des mondes, des êtres, et des perles de conscience.
+ Parmi ces êtres, les plus âgés et les plus puissants sont les Anciens. Eux aussi prennent part à la guerre des univers.
+ Les plus jeunes, qui commencent à peine à réaliser leur filiation avec l'Hommonde, ce sont les personnages.
+ Ils sont plus faibles que les Anciens mais renferment la conscience de l'Hommonde. Ils représentent un focus de pouvoir, donc ils intéressent chaque faction de la guerre des univers.
+ Les perles de conscience sont la vie . Personnages, Anciens et seigneurs de la guerre des univers en ont besoin pour prolonger leur espérance de vie.
+ Tout ce qui meurt devient du pétrole : les pensées, les mondes, les habitants des mondes, les Anciens, et les personnages. Le pétrole, résidu de la conscience de l'Hommonde, est à la fois source d'énergie (il peut alimenter les plus puissantes machines de guerre), source de vie (les nouveaux mondes naissent de lui), source de pouvoir (qui contrôle la conscience de l'Hommonde contrôle le monde), source de savoir (le pétrole est la matière de l'inconscient collectif) et source de mort (les Anciens et les personnages retournent au pétrole s'ils sont en contact avec lui).
+ Seuls Lion et Androgyne-Roi savent contrôler le pétrole. Pour l'instant.
+ Influence du pétrole ou de la guerre des univers ? Sensualité décadente, ultraviolence et bizarrerie envahissent les mondes. Comme si Jodorowski, Dalí, Fellini, Cronenberg, Brian de Palma, Ziggy Stardust et le film Rollerball avaient pris le pouvoir.

Millevaux :


+ C'est notre monde, en ruines depuis un cataclysme.
+ La forêt a tout envahi. Elle est apparue après le cataclysme. Elle en est en partie à l'origine.
+ Les personnes sont soumises à l'oubli : elles perdent la mémoire.
+ Cette mémoire perdue, tout comme les émotions une fois qu'elles ont été ressenties, alimentent une trame psychique, l'égrégore. L'égrégore façonne la magie, qui façonne le monde.
+ L'égrégore est une forme aérienne du pétrole. Dans les lieux riches en égrégore, l'air est brouillé et donne la migraine, comme au-dessus d'un incendie, d'un désert ou d'un puits de pétrole.
+ Tôt ou tard, l'égrégore perd sa volatilité et s'infiltre dans l'épais humus qui recouvre la forêt.
+ Les cadavres, riches en égrégore, retournent aussi à l'humus.
+ L'humus, tôt ou tard, devient du pétrole. À Millevaux, tous les cycles sont accélérés. Ce monde cache donc dans ses sous-sols de prodigieux gisements de pétrole qui restent à découvrir et à exploiter.
+ Ce monde cache aussi des perles de conscience, noyaux d'égrégore qui ont échappé à la transformation en pétrole.
+ Comme Millevaux est riche en égrégore et en perles de conscience, c'est un lieu stratégique dans la guerre des univers. Chaque faction de la guerre veut s'y rendre et s'en arroger le contrôle, et les personnages peuvent aussi s'y rendre pour récupérer des perles de conscience.
+ Cette force qui accélère les cycles, c'est l'emprise. Les êtres et les choses, tout se transforme. Les humains, animaux, végétaux, et minéraux se transmutent les uns en les autres. La vie et la mort sont devenues folles.
+ L'emprise et l'égrégore créent des monstres, les horlas, à partir des êtres et des choses ou à partir de rien.
+ L'emprise et l'égrégore provoquent la contagion : l'apocalypse forestière se répand dans les autres univers. Les êtres qui voyagent entre les mondes la véhiculent.
+ Les plus puissants des horlas sont les Déités Horlas. On peut les rapprocher des Anciens et des Mères-pétroles.
+ Au plus profond des souterrains de Paris, dans une nécropole antédiluvienne reliée à un énorme gisement de pétrole, règne le Roi en Jaune, un titan drapé dans un voile jaune qui masque ses traits et sa silhouette. Déité Horla de la folie, Ancien bloqué à Millevaux, incarnation d'Androgyne-Roi ? Le débat reste à trancher, mais il a son rôle à jouer dans la guerre des univers.
+ Est-ce que la nécropole du Roi en Jaune est un accès vers l'Au-Delà, vers le Puits des Âmes ou vers le Sous-Monde ? Ces trois dimensions seraient-elles une seule et même : celles des Enfers antiques ? Seraient-elles d'ailleurs confondues avec une autre dimension : les forêts limbiques, monde astral qui se superpose à la forêt de Millevaux ?
+ Shub-Niggurath est Père et mère de Millevaux, de l'emprise, de l'égrégore et des horlas. Ce dieu suprême et incompréhensible vit sous la terre, réparti dans toute la sphère de Millevaux. Il est fait de pétrole, à moins qu'il lui ait donné naissance. Shub-Niggurath crée toute vie et toute mort dans l'univers. Il y a tout lieu de croire qu'ielle et le Serpent sont la même entité.

Je vous invite à vous procurer les différentes versions de Mantra et les productions de Batronoban pour mieux vous familiariser avec ce Multivers foisonnant et étrange, de même que les différentes adaptations et nombreuses ressources concernant Millevaux pour appréhender toutes les possibilités de cet univers forestier. C'est des jeux dans lesquels chacun peut puiser ce qui l'intéresse pour l'adapter à son propre univers ou vice-versa.

Pour en revenir à Hastur, ici il est dit qu'il pourrait être une incarnation d'Androgyne-Roi, de même que Shub-Niggurath pourrait être une incarnation du Serpent.

Pour rappel :


Dans Mantra Oniropunk, il est dit de l'Hommonde, que c'est un dieu humanoïde contenant un chaos de créativité, Au sein de celui-ci, l'individualité n'existe pas. L'Hommonde est un monde linéaire, avec un début (ses pieds), un milieu (ses deux sexes), et une fin (sa tête). Il existe d'autres organes sacrés : le cerveau, le cœur, les poumons, le foie, le pancréas et les deux reins. Il crée d'incroyables mondes, peuples, concepts et parmi eux le concept du recommencement perpétuel : le Cycle ou le serpent Ouroboros, comme les Grecs anciens le surnomment. Au cours d'un débat métaphysique entre le Cycle et l'Hommonde sur la fin du monde, l'Hommonde prône sa propre disparition pour que son existence linéaire fasse sens, le serpent refuse cette perspective apocalyptique. Le Cycle blesse et paralyse son géniteur, ce qui le fait exploser métaphysiquement.

+ L'Hommonde concentrait la totalité des univers. Il est mort, tué par le Serpent.
+ Le Serpent fut un temps le maître des univers engendrés par la mort de l'Hommonde.
+ Il engendra Androgyne-Roi et le Lion, qui le jetèrent hors de son trône.
+ Androgyne-Roi règne désormais sur le Sous-Monde, enfer et poubelle où s'écoule la substance des mondes qui sont morts, devenus pétrole.
+ Le Lion, aussi nommé selon les mondes W, ou le Psychopompe, ou le Passeur entre les Mondes , règne désormais sur une partie des mondes. Il a déclenché une guerre des univers pour les contrôler tous.
+ Le Serpent, incarnation suprême de la vie dans ce qu'elle a de plus bénéfique et de plus terrible, prépare son retour.

On a donc affaire à une guerre de divinité du Multivers, toutes plus ou moins liées dans leur création un peu comme Hastur serait le "demi-frère" et le rival de Cthulhu selon la conception controversée du mythe derlethien.


Hastur dans Deities & Demigods...


Dans ce cadre, il ne serait pas fou d'imaginer Hastur chuchotant dans les ténèbres ses sombres machinations à l'Exif afin de libérer/manipuler King Ghidorah contre ses adversaires.

On peut noter que Aldébaran est l'étoile où vit le Grand Ancien Hastur, le Roi en Jaune, dans sa "ville" de Carcosa, en bordure du lac Hali. Aldébaran, également appelée Alpha Tauri (α Tauri/α Tau) est une étoile géante orangée, et l'étoile la plus brillante de la constellation zodiacale du Taureau.

La constellation du Taureau est voisine de la constellation de Persée, liée à plusieurs mythes, la Méduse/Gorgone, Algol... C'est aussi la constellation d'où sont originaire les Exif...

Dans le même secteur on trouve l'amas des Pléiades. Les prêtres et chamans du Néolithique y accordaient une extrême importance, puisque son apparition marquait dans tout l'hémisphère nord le début des moissons, on trouve également une représentation picturale sur le disque de Nebra daté du début de l'âge du bronze (1600 av. J.-C.), la "constellation" des Pléiades est également citée dans de nombreuses cultures et religions, elle apparaît également dans l'Odyssée d'Homère, ainsi qu'à trois reprises dans la Bible.


Le disque de Nebra, peut-être cache t'il un secret et nos PJ devraient le retrouver (même si dans la réalité il n'a été mis à jour qu'en 1999 lors de fouilles clandestines)...


L'amas des Pléiades soulève également de nombreux fantasmes chez les partisans de la Théorie des anciens astronautes, ou néo-évhémérisme.


Pourtant je vous averti depuis des années...


Voilà tout un tas de bonnes raisons pour propulser nos Hypertelluriens dans l'espace ou les envoyer explorer Carcosa pour découvrir l'origine de la menace que Ghidorah fait peser sur la Terre depuis des millions d'années, cela fera une bonne suite de campagne si ils survivent (et la Terre avec) aux invasions Exif/Drows/Elfes Noirs de Malekith et à Surtr, et si ils évitent l'arrivée de Ghidorah ou arrivent à le repousser dans un conflit qui sera sans aucuns doutes planétaire...




Le texte ci-dessus est la reprise d'un vieil article qui synthétisait pas mal différentes choses que j'avais commencé à imaginer autour de Millevaux Mantra, King Ghidorah, l'Exif, pour cela je vous invite à vous reporter à toutes ces entrées de blog car je vais replacer ici de nouvelles idées s'y intégrant. Je ne vais pas revenir pour l'instant sur Hastur ou Carcosa, on verra plus tard, car comme nous savons tous, Carcosa existe aussi dans les plans et que Luka Rejec dit lui-même que The Outlands et les Ultraviolet Grasslands pourraient être connectées...




Bon j'extrapole mais il y a là d'intéressantes connexions à établir. Après tout il y a aussi des chats dans la Ville Violette comme dans Ulthar et les Contrées du Rêve...




Mais revenons à Millevaux Mantra où la forêt de Millevaux, sous l'impulsion probable de Shub-Niggurath, envahit le Multivers, lentement mais surement. Et si cette invasion était du à l'appétit de la chèvre noire des bois aux mille chevreaux et de ses rejetons, qui traquent les Elfes (Exif) et autres créatures cachées dans le Multivers.

Shub-Niggurath, à l’instar de nombreuses entités du panthéon lovecraftien, reste une présence essentiellement suggérée plutôt que décrite de manière explicite. Elle ne fait jamais l’objet d’un récit centré sur sa manifestation physique, mais est régulièrement invoquée comme force cosmique dans les rituels occultes. Dans Le Monstre sur le seuil (1933), Lovecraft évoque les transes et possessions liées à ses adeptes, décrivant comment son culte interfère avec la frontière fragile entre le corps et l’esprit, entre la conscience humaine et l’influence d’entités extérieures.

Sa mention agit toujours comme un déclencheur de malaise, d’effroi ancestral. L’incantation « Iä! Shub-Niggurath! » revient à plusieurs reprises dans des contextes où la raison vacille, souvent en lien avec des cérémonies célébrant la fertilité cosmique ou des sacrifices rituels. Dans The Whisperer in Darkness, son nom figure parmi les forces invoquées par les Mi-Go, ce qui témoigne de sa portée interstellaire et non strictement terrestre.

L’une des sources les plus riches reste le Necronomicon, où Shub-Niggurath est décrite comme une entité dont la puissance rivalise avec celle de Yog-Sothoth, et dont les formules d’appel sont parmi les plus dangereuses jamais consignées. Bien que Lovecraft ne l’ait jamais dépeinte frontalement, les auteurs du cercle de Lovecraft — notamment August Derleth et Clark Ashton Smith — ont contribué à élargir son rôle, la représentant parfois comme la génitrice de races monstrueuses ou la gardienne de lieux sacrés. Par cette évolution collective du Mythe, Shub-Niggurath est passée d’une simple mention rituelle à une figure omniprésente, tapie dans les marges sombres de la réalité.




Et si c'est cela qui avait entrainé la fuite de l'Exif et d'autres peuples aussi les amenant sur Terre dans les temps anciens mais les obligeant à resté discrets et à œuvrer dans l'ombre pour éradiquer ou contrôler les humains, on sait qu'ils maîtrisent les maladies et peuvent être à l'origine de certaines épidémies comme la Peste Noire, qui sait...

C'est ce récent post qui m'a donné envie de revenir sur ces contextes et rajouter une couche sur la possible cause de l'invasion du Multivers par Millevaux et ses effets sur la "géopolitique" galactique... Mais bon je creuserais tous ces différents sujets lors de prochains articles...

jeudi 1 février 2024

Quelques bribes d'idées lancées autour des Hommes-Serpents, de Millevaux, Mantra, Howard...

Robert E. Howard était un poète aussi prolifique que H.P. Lovecraft et Clark Ashton Smith. Ainsi, en plus des hommes-serpents et d'autres merveilleuses créations, Robert E. Howard a également écrit le poème suivant  :

"Je suis le symbole de la création et de la destruction,
je suis le début et la fin.
Avec ma queue dans la bouche,
je suis le Cercle de l'Éternité.
La sagesse est dans mes yeux
Et le crépuscule de la sagesse se cache au milieu de mes replis.
Ma piste fait le tour du monde
Et je boucle mes bobines autour de l'Univers.
Ma tête flotte parmi les étoiles
Et les nations se prosternent devant moi.
Enroulé, la tête droite, je suis l'esprit de la mer.
Le dinosaure qui faisait trembler le monde était mon acolyte
et les dragons volants étaient mes valets.
Les anciens me connaissaient.
Ils ont élevé des sanctuaires et des autels
Et je leur ai enseigné une sagesse obscure et sombre.
Je me suis lové dans les ruines de Troie et de Babylone
Et dans les rues oubliées de Ninive.
Les Scandinaves m'appelaient Midgaard et construisaient leurs galères
comme un serpent de mer.
Les Egyptiens et les Indiens m'appelaient Ysis
Et les Phéniciens Baal.
Je suis la mer qui entoure le monde.
Je suis le premier et je serai le dernier.
Je suis le Serpent des Âges."

Dans les histoires de Kull de Robert E. Howard, le peuple serpent adore un dieu connu sous le nom de Grand Serpent. Les écrivains ultérieurs identifieront le Grand Serpent avec le Grand Ancien Yig et avec le dieu serpent stygien Set des histoires du Conan de Howard.

Les Hommes Serpents ont été créés il y a des éons incalculables par le Grand Serpent. À un moment donné, les Hommes-Serpents ont connu une scission culturelle, un groupe devenant les Hommes-Serpents.

Le siège du Premier Empire du Peuple Serpent, à l' époque paléozoïque, est Valusia. Valusia est un pays fictif dans les histoires de Kull de Robert E. Howard et ses histoires racontent, entre autres choses, que les Hommes-Serpents tentent de conquérir à nouveau le monde, il y a environ 20000 ans, quand Kull de l' Atlantide régnait sur le royaume de Valusia, situé sur la côte ouest du continent principal de Thuria.




Valusia, était donc l'empire du Peuple Serpent et de ses dieux Set ainsi que Yig. Mais c'est vrai que Yig est distinct du grand ensemble des serpents. De nombreux changements survenus chez les Hommes-Serpents sont venus de la plume de Lin Carter. Dans les œuvres de Lin Carter liées à Hyperborée, Shuggon est l'ancien continent du Peuple Serpent mésozoïque détruit dans un cataclysme vers 65 millions avant notre ère, ce qui a provoqué la migration du Peuple Serpent survivant vers l'Ancien Valusia et a contribué à l'extinction des dinosaures. Shuggon est nommé dans le Necronomicon mais reste anonyme dans la plupart des autres textes. Peut-être que Shuggon est la même chose qu'Altuas ou Altuan (une ancienne île-continent habitée par le Peuple Serpent).

Après la destruction de Valusia, les Hommes-Serpents se sont enfuis vers Yoth, une caverne sous K'n-yan en Amérique du Nord. Ils ont construit des villes souterraines dont il ne reste que des ruines à l’époque moderne. Les explorateurs de K'n-yan rendaient fréquemment visite à Yoth pour en savoir plus sur les connaissances scientifiques des Hommes-Serpents. Leur chute suivante survint lorsqu'ils rapportèrent des idoles de Tsathoggua de N'kai et abandonnèrent leur divinité protectrice Yig pour adorer leur nouveau dieu. En guise de représailles, Yig leur lança une malédiction et força les quelques fidèles restants à fuir dans une série de cavernes sous le mont Voormithadreth.

Quoiqu'il en soit, les Hommes-Serpents et les mythes liés aux serpents dans des temps très anciens sont récurrents dans les œuvres de ces auteurs et de ces différents mythes. Vous savez si vous suivez ce Blog que je suis friand de Sword & Sorcery, de Conan, des mythes lovecraftiens... Mais ce poème m'évoque aussi le Serpent / le Cycle dans Mantra. Le Serpent fut un temps le maître des univers engendrés par la mort de l'Hommonde, il engendra Androgyne-Roi et le Lion, qui le jetèrent hors de son trône.




"Dans Mantra Oniropunk, il est dit de l'Hommonde, que c'est un dieu humanoïde contenant un chaos de créativité, Au sein de celui-ci, l'individualité n'existe pas. L'Hommonde est un monde linéaire, avec un début (ses pieds), un milieu (ses deux sexes), et une fin (sa tête). Il existe d'autres organes sacrés : le cerveau, le cœur, les poumons, le foie, le pancréas et les deux reins. Il crée d'incroyables mondes, peuples, concepts et parmi eux le concept du recommencement perpétuel : le Cycle ou le serpent Ouroboros, comme les Grecs anciens le surnomment. Au cours d'un débat métaphysique entre le Cycle et l'Hommonde sur la fin du monde, l'Hommonde prône sa propre disparition pour que son existence linéaire fasse sens, le serpent refuse cette perspective apocalyptique. Le Cycle blesse et paralyse son géniteur, ce qui le fait exploser métaphysiquement. Toutes se créations se mélangent, se découpent, se divisent, se dispersent. Ses os dérivent dans le néant au-delà de sa peau. Son squelette et ses organes deviennent le Sous-monde, un égout qui relie tous les mondes telle une toile d'araignée gluante faite de pétrol'magie : le sang de l'Hommonde. Le reste de son corps devient une multitude de réalités passées, futures et parallèles : le Multivers. Ces deux dimensions agissent comme des vases communicants, dans un va-et-vient métaphysique continu. L'Hommonde n'est pas vraiment mort. A travers ses fragments éparpillés qui continuent à se diviser, il vit toujours et meurt à la fois. Le Cycle prend la place de son créateur comme cosmologie dominante. Dans un océan de pétrol'magie, il pond un avatar pour communiquer avec les habitants du Multivers : Androgyne-Roi monte sur le trône de la réalité. Il sourit tout le temps, a le corps au genre indistinct, il est nu et sous sa peau de nacre des serpents se mordent la queue. Son trône est taillé dans un morceau du cerveau de l'Hommonde déchu".

Dans le poème d'Howard il est dit :

"Je suis le symbole de la création et de la destruction,
je suis le début et la fin.
Avec ma queue dans la bouche,
je suis le Cercle de l'Éternité".

Je pense évidemment au serpent de Mantra.




Dans Millevaux/Mantra, cela va encore plus loin : "Shub-Niggurath est Père et mère de Millevaux, de l'emprise, de l'égrégore et des horlas. Ce dieu suprême et incompréhensible vit sous la terre, réparti dans toute la sphère de Millevaux. Il est fait de pétrole, à moins qu'il lui ait donné naissance. Shub-Niggurath crée toute vie et toute mort dans l'univers. Il y a tout lieu de croire qu'ielle et le Serpent sont la même entité".

Dans le poème d'Howard il cite :

"Les Scandinaves m'appelaient Midgaard et construisaient leurs galères
comme un serpent de mer.
Les Egyptiens et les Indiens m'appelaient Ysis
Et les Phéniciens Baal".

Ça me ramène à un Post récent où j'évoquais la Phénicie dans Millevaux.

Je ne théoriserais pas plus loin ce soir car il se fait tard, que j'ai ma journée de boulot qui se fait sentir et que j'ai faim, mais ça me donne quelques futures pistes à étudier pour voir comment les lier et étoffer mes idées de campagnes.

mercredi 11 janvier 2023

La réflexion du jour...

L'histoire est connue : en 1974, Gary Gygax et Dave Arneson publient, via leur société Tactical Studies Rules Inc. (TSR), les règles du jeu Dungeons & Dragons, à partir des règles d’un jeu tactique permettant de gérer des escarmouches dans des univers médiévaux-fantastiques. Cette publication hybride, équilibre instable et à moitié assumé entre stratégie, découverte d’univers virtuels et création artistique à plusieurs, sera à l’origine d’un loisir nouveau qui perdurera jusqu’à nos jours. Le jeu de rôle est alors avant tout un jeu d’exploration tactique prenant place dans un monde parallèle créé majoritairement dans l’esprit des participants ou plutôt d’un des participants, le "Maître du jeu" ("Game Master", aussi appelé "Referee" ou "Dungeon Master" en fonction des jeux). Si, dès l’introduction de la première édition, les auteurs convoquent l’imagination des lecteurs, ils n’en insistent pas moins d’abord sur les aspects les plus "matériels" de l’univers ainsi que sur la crédibilité du cadre, notamment à travers plusieurs injonctions à l’usage de cartes et de plans.




Les versions "Holmes" et "Advanced Dungeons and Dragons", sorties respectivement en 1977 et 1978, ne s’éloignent guère de cette première vision : le Maître du jeu se voit certes encouragé à dramatiser ses descriptions et concevoir un passé diégétique à son univers, mais le cœur de l’expérience ludique demeure essentiellement exploratoire et tactique. Le bon groupe de joueur est toujours celui qui sait vaincre les obstacles et fuir quand cela se révèle nécessaire, peu importe si cela implique de multiples allers et retours entre la ville et l’antre du mal. Le manuel des joueurs de la version révisée de 1983 (la célèbre "boîte rouge") demande de son côté explicitement aux joueurs de ne donner à leurs personnages des convictions éthiques ou religieuses qu’à la condition que celles-ci demeurent en arrière-plan et n’affectent pas la partie. Si l’on en croit Paul Mason, les balbutiements, dans des fanzines de la fin des années 1970, de ce que l’on pourrait appeler la "théorie rôliste", se concentrent au départ sans surprise sur des problématiques de simulation physique et de stratégie. Il semblerait cependant que dès les années 1980 certains débats aient touché aux domaines de l’interprétation du personnage et de l'immersion dans le récit, et que plusieurs discussions aient porté sur l’application potentielle de la notion d'auteur au Maître du jeu (envisagé alors comme créateur d’un univers plus que comme un scénariste). À partir de 1984, une série d’aventures (de "modules") publiées pour Advanced Dungeons & Dragons va proposer, de manière officielle cette fois, une approche assez nouvelle dans son jusqu’auboutisme. La paternité de la saga Dragonlance revient à l’écrivain Tracy Hickman, qui propose à T.S.R. de créer une série de douze livrets arrangés selon ce qui ressemble à une véritable ligne narrative. Les suppléments sont lancés en même temps qu’une série de romans mettant en scène les mêmes personnages et suivant une trame globalement identique. Dès le premier volume, Dragons of Despair, Hickman fait ainsi montre de sa volonté de raconter une véritable histoire digne des cycles épiques de fantasy, le Maître du jeu devient même une sorte de narrateur homodiégétique puisqu'il incarne Astinus, Gardien des Traditions du Monde ("Lorekeeper of the World"), témoin privilégié des événements. Les personnages fournis d’emblée aux joueurs disposent de leur côté d'un passé relativement développé et de motivations psychologiques complexes (voir par exemple le personnage de Tanis, pris entre deux mondes et deux amours). La carte des territoires à explorer, quant à elle, semble au premier abord définir des parcours relativement libres (comme c’est souvent le cas dans ce type de produit) mais présente en réalité de nombreux "murs invisibles", généralement constitués de hordes infinies d'ennemis forçant les aventuriers à battre en retraite et à repartir dans la direction voulue par l’auteur. Le deuxième épisode de la série, Dragons of Flame, commence par résumer les exploits précédents des personnages selon un régime littéraire aux accents épique avant de traiter du problème posé par la mort éventuelle et prématurée de personnages cruciaux pour l’histoire (la solution consistant à tricher avec les règles, à ne pas montrer le corps pour pouvoir faire revenir le soi-disant défunt). Vient ensuite le corps du module avec la description d’un certain nombre d’événements numérotés (les personnages vont être capturés par leurs ennemis, rencontrer leurs nouveaux alliés, s'enfuir, etc...). Si les modules de Dungeons & Dragons sont coutumiers de ce type de présentations, la saga innove encore une fois en imposant l’ordre dans lequel les joueurs en feront l’expérience (l’événement 2 devant nécessairement suivre le 1 et précéder le 3). L’histoire créée à travers le jeu tend ainsi à se rapprocher fortement de celle écrite dans les suppléments mais aussi dans les romans dérivés, il devient même possible d’imaginer des lecteurs des romans et des joueurs discutant des rebondissements de l’intrigue comme s’ils partageaient une même expérience. Ce n'est sans doute pas un hasard si certains amateurs de Dungeons & Dragons et du mouvement O.S.R. rejettent aujourd'hui la saga Dragonlance, considérant son apparition comme le moment où leur jeu a basculé dans le "storygaming". 

La série constitue néanmoins un cas un peu à part dans l’histoire rôliste : la majorité des jeux à paraître vont en effet davantage proposer une expérience en équilibre instable entre défis à résoudre, immersion dans l’univers de jeu et création d’une histoire captivante, le tout généralement couronné par cette injonction, à la fois floue et enivrante : "Venez vivre une aventure !". Dans Hurlements, Jean-Luc et Valérie Bizien parlent ainsi de mettre en place "une situation problème que les joueurs devront résoudre par la combinaison des différents talents de chacun de leurs personnages", tout en mentionnant "Le plaisir qu'on retirera d'une partie durant laquelle on aura vu un personnage prendre vie". Pour eux, le jeu de rôle "offre l'évasion, le rêve commun, éveillé, l'aventure permanente", il est "une partie d'échecs vivants où l'imagination est la reine et les esprits créatifs ses rois".




La deuxième édition de Runequest parle d’abord d’un jeu de développement de personnages simulant ce processus appelé "vie", mais dans lequel on jouerait également un rôle comme il est possible d’en trouver dans les pièces de théâtre radiophonique ou les théâtres de marionnettes improvisés, le but premier resterait cependant de s'amuser en jouant un aventurier traversant des épreuves conçues par un Maître du jeu comme autant de défis tactiques. La troisième édition du même jeu (la première à être traduite en français) évoque enfin l’absence de gagnants et de perdants – même les aventuriers morts en cours de partie pourront toujours s’enorgueillir d’un trépas glorieux. Personne ne gagne non plus dans le Rêve de Dragon de Denis Gerfaud, ou bien tout le monde à la fois, à moins qu’on ne gagne en faisant survivre son personnage assez longtemps pour pouvoir vivre le plus grand nombre possible d’aventures ? Nous sommes ici en présence d’un conte en construction auquel les auditeurs ont le droit et le devoir de participer mais aussi d’un jeu, avec des règles strictes et un hasard "cohérent". Certains titres cependant vont tenter de s'affranchir de cet équilibre précaire voire contradictoire pour tirer le jeu de rôle du côté du récit. L'un d'eux marquera tout particulièrement les esprits au début des années 1990 : Vampire: The Masquerade de Mark Rein Hagen. S’il n’est pas le premier à s'affirmer, non comme jeu de rôle, mais comme "storytelling game" ("jeu de l'art du conteur" en français), Vampire demeure sans doute le plus influent. Dans sa déclaration d’intentions, la seconde édition évoque ainsi la tradition orale du conte, l’auteur déplorant la passivité dans laquelle les hommes se seraient enfermés par la faute de la télévision et des livres. Officiellement, le jeu propose de rendre sa vigueur à la tradition orale de l’humanité, de faire à nouveau des mythes et des légendes une part de notre vie. L’équilibre instable sur trois pieds n’est cependant pas encore en passe d’être résolu : si le rôle du Maître du jeu (appelé "Storyteller") est de créer et raconter une histoire pour le plus grand plaisir des autres participants, le joueur, lui, doit encore faire son possible pour "gagner la partie", tout en étant considéré comme un acteur de théâtre improvisé. La "règle d’or", enfin, rappelle qu’en cas de doute, imagination et narration prévalent sur toutes les autres considérations, car elles sont seules capables de rendre toute la beauté et la complexité du réel. Ce n’est certes pas une véritable nouveauté puisque le Maître du jeu se voyait déjà encouragé à modifier les règles dans "Advanced Dungeons & Dragons", mais il y était alors autorisé au nom du bon déroulement de la partie et non de l’histoire. Avec l’arrivée de Vampire, on assiste ainsi non pas à un véritable bouleversement des mécaniques de jeu mais à l’apparition d’une nouvelle hiérarchisation des priorités gouvernant ces mêmes mécaniques : de jeu-incarnation-histoire, on passe progressivement à histoire-incarnation-règles. D'autres jeux vont apporter des idées nouvelles, susceptibles de renforcer la cohérence du récit dans la partie de jeu de rôle. Everway propose ainsi trois systèmes de résolution des actions : karma (comparaison des capacités des personnages), fortune (une carte de tarot est tirée et interprétée) et surtout drama, où le Maître du jeu décide du dénouement en fonction des intérêts de l'histoire racontée (les grands modèles théoriques du jeu de rôle que sont le "Threefold Model" de Jim H. Kim et la théorie dite "GNS" de Ron Edwards seront les descendants directs de ce système).




Citons également le travail de l’auteur Robin D. Laws, qui s’est progressivement dirigé vers une modélisation de plus en plus forte de la progression dramatique telle qu’elle est envisagée dans les fictions non-interactives : la seconde édition du jeu Heroquest conseille ainsi au Maître du jeu de modifier arbitrairement les difficultés des actions pour modéliser ce que Laws appelle "le cycle des réussites et des échecs", cette alternance de succès et de déconvenues par laquelle passent les héros de la plupart des fictions. L’auteur a d’abord pris le récit de Beowulf pour exemple avant de développer tout un livre théorique dans lequel il analyse la structure narrative de plusieurs romans et films dans le but d’aider les Maîtres du jeu à composer de meilleurs récits.




Certains théoriciens de ce qui est communément appelé la "scène nordique" vont enfin pousser l’idée plus loin encore. Le mouvement Jeepform, qui vise aussi bien le jeu de rôle sur table que le jeu grandeur nature, peut être vu comme une réaction visant à placer le récit au cœur de l'expérience ludique. Outre la revendication d'une thématique unificatrice pour chaque jeu, le mouvement tente de mettre en place plusieurs techniques censées faciliter la création d'un récit à la fois efficace mais aussi perceptible par tous : transparence absolue des informations, primauté de l'histoire sur les personnages en cas de conflits, accent placé sur la communication verbale et non-verbale de ses intentions et de l’intériorité du personnage, possibilité de mettre en place des monologues, etc... Citons comme exemples de techniques le "Superman System", où les points de départ et de fin de la partie sont déterminés en avance, les joueurs intervenant dans les limites de ce qui a été établi, ou bien encore le "Fate Play", dans lequel un certain nombre d’actions sont programmées en amont puis communiquées aux joueurs concernés, qui les déclencheront au moment dramatiquement approprié pendant la partie. Ces tentatives pour faire de l’histoire la composante essentielle de la partie de jeu de rôle avancent encore, pour la plupart, masquées. Au début des années 2000, la théorie rôliste va cependant se voir inextricablement liée au développement du forum The Forge (fondé en 1999) et le terme même de storygame commencer à émerger des discussions.

Je ne m'étendrai pas plus sur la suite de l'histoire qui a suffisamment vu de débats passionnés dans la sphère rôliste, mais au final, nous nous retrouvons ainsi avec trois courants majeurs qui proposent leur propre vision du jeu de récit : dirigisme éclairé, cadre resserré et défi esthétique. Nous l’avons laissé entendre quelques fois, ces courants sont eux-mêmes protéiformes et s’entrecroisent régulièrement, et tous se retrouvent derrière l’idée centrale que le jeu de rôle est un médium formidable pour qui veut raconter des histoires. Cette profusion de titres partageant un même "air de famille" peut sans doute expliquer le sentiment confus de ses détracteurs : quelque chose se passe dans le paysage rôliste, dont la nature reste difficile à cerner. Pareils développements ne sont paradoxalement pas étrangers à l’apparition du mouvement O.S.R., qui se positionne si souvent "contre" les storygames, et qu’il serait intéressant d’étudier plus en détails, ne serait-ce qu’à des fins de comparaison. Disons pour le moment que si les storygames partagent la volonté de produire un récit satisfaisant pendant la partie, les jeux s’inscrivant dans mouvance O.S.R. semblent vouloir raviver une forme ludique alternative où le récit ne serait qu’une conséquence secondaire, un sous-produit, et où le plus important serait avant tout de vivre l’expérience rôliste "à hauteur de personnage", peu importe que celui-ci soit piloté comme un simple avatar du joueur ou bénéficie d’une quelconque personnalité.

Je ne sais pas vraiment où je me positionne dans tout cela, il est clair que mon expérience de jeu actuelle est avant tout influencée par mon expérience de jeunesse, en gros dans les années 80 et tout début des années 90, et les jeux que nous pratiquions alors à l'époque, maladroitement pour sûr, D&D BECMI, Warhammer FRP1, l'Appel de Cthulhu, Maléfices, Zone, Bitume, les jeux de la gamme Universom... Après presque 25 ans d'arrêt je me suis remis à ce loisir il y a quelques années en repartant naturellement sur ces bases et ne connaissant pas beaucoup d’œuvres ultérieures. Du coup, par curiosité et par collectionnite, je me suis depuis procuré pas mal de jeux, des vieux trucs que j'avais à l'époque et que je n'avais plus, des trucs récents, et des trucs qui datent de cette période où je ne jouais plus. Ce que je sais c'est que naturellement, les règles qui me parlent le plus sont celles issues des règles à l'ancienne, tout ce qui est rétroclones, OSR... Mais presque uniquement dans un but de collection et de trouver le système (à défaut, les ressources) qui me permettra d'unifier différents univers (SF, superhéros, Heroic Fantasy, Post-Apo... bref toutes les choses que j'aime) dans quelque chose de commun, en gros me permettant de proposer à mes joueurs de jouer un perso medfan autant qu'un perso SF ou moderne sans avoir besoin de faire différentes conversions en fonction d'univers type, mais en restant toujours sur la même base de caractéristiques, et ne me soucier au plus que de quelques détails "cosmétiques" comme l'équipement. Ensuite, je cherche surtout un système qui reprenne les bases que je connais et les simplifie encore plus, pas envie de me prendre la tête. Mais tout cela c'est en théorie, car en pratique, nous jouons quasi exclusivement sur des tables avec décors et figurines et je ne prépare en général rien. J'ai quelques idées de bases pour mes univers de jeu et des pistes que je puise dans ce que j'écris sur ce Blog, en gros, je développe ici des pistes d'histoires, d'univers, de choses que j'aimerais exploiter dans mes campagnes et qui me servent légèrement de fil conducteur lors des parties. Je relis quelques articles, je me dis tien, j'avais écrit ça il y a X mois, peut-être que je peux partir dessus... Je compose aussi en fonction des figurines que j'ai envie de sortir, ou des décors que j'ai envie de mettre en valeur... C'est tout. Donc nous jouons avec des règles au plus simple pour gérer les différentes actions, un truc basé sur un jet 1d12 comme Mantoid Universe nous suffit largement par exemple, pour les combats nous utilisions une règle d'escarmouche assez simple, SOBAH, puis on a testé DCC juste pour les combats et les jets de sauvegardes, et actuellement nous sommes sur une règle de wargame ajustée, HOTT, ce qui simplifie aussi la notion de "classes" puisque nous nous basons sur celles de ce jeu (béhémoths, héros, mages,clercs, tireurs...), donc pas de races avec tel ou tel avantages ou désavantages... Ici un paladin sera un paladin qu'il soit un nain, un humain, un alien, un orc, un schtroumpf ou je ne sais quoi d'autre et il attaquera de la même manière avec les mêmes scores et règles (wargame). Cela nous simplifie la vie et nous utilisons aussi cette règle pour mesurer les déplacements quand cela est nécessaire. Nous sommes donc dans du "tactique" et pourtant, cette simplicité recherchée et cette "uniformisation" de certains points nous permet aussi d'autres choses. Nous essayons des concepts comme les points de karma et les perles de consciences de Millevaux/Mantra par exemple. Et puis il y a l'histoire, je me plais à conter ce qui se passe par le biais des PNJ ou comme sorte de voix off, mes joueurs se plaisent à faire évoluer celle-ci de part le biais de leurs PJ et des actions de ces derniers, cela crée de la surprise et on se retrouve toujours dans des directions inattendues où je brode en fonction de ce qui se passe et des quelques éléments que je tiens absolument à mettre dans ma partie, même si ce n'est pas toujours possible.




Donc j'ai tendance à penser que je joue plus d'une manière old-school en général mais en prenant un peu dans toutes les façons de jouer que je connais ou non. En fait je dirige et je joue à ma manière et sans prise de tête, en me basant sur une base de règles très simples et en privilégiant autant l'histoire et l'univers que la tactique et le côté ludique, je ne me situe pas finalement, je fais ce qui me plaît et ce que bon me semble du moment que l'on passe un bon moment avec mon groupe de joueur et que je n'ai pas à me farcir des bouquins encyclopédiques. De plus mes joueurs si ils adorent parler et réfléchir à ce que leurs personnages sont capables de faire dans telle ou telle situation, ne sont pas du genre expansif et grandiloquent, ce n'est pas eux qui (ou en de rares occasions) vont se lever et déclamer comme si ils étaient possédés par leurs PJ, paradoxalement c'est pareil pour moi, autant en MJ j'aime prendre des voix bizarres, me mettre à la place de mes PNJ, autant en tant que joueur j'aime réfléchir et proposer des idées pour faire avancer le groupe mais vous ne me verrez jamais faire du RP pour incarner mon PJ et pousser un cri de guerre avant un combat, le jeu me fait voyager et m'offre la possibilité de vivre une aventure mais à travers les réflexions et les actes que mon personnage va effectuer, et je ne ressent pas le besoin de l'incarner théâtralement au moment de le jouer, je suis plutôt son "porte-parole" si on peut voir la chose comme ça, je parle en son nom, comme si j'étais lui, mais c'est tout. Le dernier point est justement celui-là, la plupart des livres que j'achète en dehors des trucs à l'ancienne type OSR ou vieux jeux, c'est avant tout pour trouver des idées supplémentaires à mon univers, pas pour les systèmes mais plutôt pour des contextes qui me parlent bien (exception faite de certains trucs comme Fu ou Abstract Donjon par exemple).

Bref c'était la réflexion introspective du jour, ça faisait longtemps tiens...