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mardi 25 août 2020

Devilman & Hellboy

J'adore Go Nagai et j'aime bien Mike Mignola. A l'époque de la sortie du remake d'Hellboy au Japon, et dans le but de promouvoir le film sur l'archipel, le studio Dynamic Planning, fondé par Go Nagai, a créé une illustration pour le moins originale alliant deux héros sanguinaires, Devilman et Hellboy.




L'affiche de la collaboration était accompagnée par Nagai partageant ses réflexions sur le film, qui étaient sans surprise positives, contrairement à la réaction générale suscitée par le film.

Nagai le décrit comme « sombre » et a apprécié la représentation lugubre et en même temps amusante du personnage. « [Il] parcout le monde étrange des sorcières et des monstres. Un film de dark fantasy éprouvante est né ! »

Mignola a également partagé une pièce dans son propre style emblématique, montrant Hellboy et Devilman faisant équipe l'un avec l'autre :




Ce n'est peut-être pas aussi épique que l'affiche de Nagai, mais voir Devilman dans le style de Mignola est un spectacle vraiment cool. Le genre de duo que je visualiserai bien dans mon Multivers...

vendredi 15 juin 2018

Go Nagai - Figure culte du Manga

Go Nagai figure surement parmi les artistes dont l'œuvre inspire le plus mon univers ludique, au milieu de quelques autres légendes telles Jack Kirby, Philippe Druillet... Voici une présentation du bonhomme. (Source : Le Blog de Geek)


Partie I : L'historique

Présentation générale


Go Nagai, de son vrai nom Kiyoshi Nagai, est un mangaka japonais né le 6 septembre 1945 dans la ville de Wajima, dans la préfecture d'Ishikawa. Passionné très tôt par le manga et l'animation il débute sa carrière chez Mushi Productions, la société d'Osamu Tezuka. Cependant ce n'est qu'après la Révolution des mœurs de 1968 qu'il connait enfin la gloire avec des oeuvres controversées, trash et acerbes envers la société. Plus précisément, il est le premier mangaka médiatique à instaurer de la maturité, de la violence et de l'érotisme dans ses œuvres. Si aujourd'hui les seinens sont aussi puissants, c'est grâce à lui. Si on a pu voir sortir des œuvres comme Evangelion, X, Parasite, Berserk voire Ghost in the Shell c'est grâce à son influence. Si vous considérez donc que c'est une chance de ne pas être cantonné aux mangas/animes pour enfants ou aux mangas de samouraïs, vous lui devez beaucoup.


Jeunesse et débuts

Kiyoshi Nagai nait dans une famille nombreuse, un mois après l'explosion atomique d'Hiroshima. Quatrième d'une fratrie de cinq garçons il se met très tôt à imaginer des histoires comprenant des monstres médiévaux, des chevaliers, des anges et des magiciens. A quatre ans il se passionne pour le manga grâce à son grand frère qui lui lit Lost World, d'Osamu Tezuka. Ses rêves médiévaux ne le quittent alors plus, même lors de son entrée à l'école primaire en 1952 où il préfère rester seul avec son univers plutôt que de se mêler aux autres. Chez lui il lit beaucoup de mangas, d'illustrés et dessine régulièrement. Il se prend alors d'affection pour les personnages féminins forts, les univers post-apocalyptiques et la bataille du bien et du mal. Quelques temps après la famille Nagai déménage au nord de Tokyo, dans le quartier de Toshima. Le petit garçon poursuit ses études élémentaires à Otsukagai mais devient vite un poids pour sa famille. Il dessine partout, sur toutes les feuilles de la maison y compris sur les cahiers de cours de ses frères. Il copie alors beaucoup les œuvres de l'époque, de Tezuka à celles adaptant Godzilla. D'ailleurs en 1971 il crée un pastiche sur Godzilla. Quoiqu'il en soit la vie du jeune Nagai est rythmée à Tokyo. Il lit énormément de mangas, de BD, de romans et d'illustrés et va très régulièrement au cinéma. Il devient alors un cinéphile confirmé et est autant fan de films de science-fiction que de films de samouraïs. Livré à lui-même du fait de l'absence de ses parents, il voit près de 150 films par an à l'adolescence et lit directement dans les boutiques, sous l'œil réprobateur des libraires. Pauvre et isolé, il devient progressivement un otaku.

Puis Go entre au collège. Toujours aussi fan de science-fiction il est cependant obligé de revenir sur Terre quand son père meurt. Choqué jusqu'au mutisme, il s'isole alors dans son monde imaginaire. Grâce à la patience et à l'amour de son deuxième frère, il revient néanmoins dans le monde réel et décide de se prendre en main : il veut devenir mangaka. Mais les choses changent, Go n'obtient de bonnes notes que quand il le souhaite. Lui qui avait toujours été bon élève devient dès lors moyen, ce qui énerve ses professeurs conscients de ses possibilités. Pour Go, seul le manga compte. Il développe alors ses premiers vrais scénarios dans son coin et continue le dessin. Il est alors fan d'Osamu Tezuka, de Shotaro Ishinomori et de Mitsuteru Yokoyama qui lui fait découvrir les mangas de robots. Mais c'est surtout Ishinomori et ses œuvres moins enfantines, un peu plus violentes qui lui font découvrir un nouvel horizon. Nagai se met alors à imaginer des histoires dures, réalistes et violentes à l'image de ce qu'il a vécu. Il devient incontestablement un grand fan d'Ishinomori dès lors. Mais lorsqu'arrive le lycée, Go prend deux résolutions, poussé par sa mère : se faire des amis et aller régulièrement en cours.




Il arrive au lycée d'Itabashi où il se force à aller au contact des autres, il devient notamment assez proche de son professeur d'art. En parallèle il s'inscrit à un club de Tai chi, afin de garder la forme. Durant un été, il approche son rêve de devenir mangaka en rencontrant, grâce à l'intermédiaire d'un de ses amis, un responsable de Shogakukan. Le contact n'est pas concluant mais Go s'accroche, malgré les inquiétudes de sa famille. Dans les années qui viennent, il va échouer à tous les examens d'entrée à l'université et abandonne même les rattrapages. Comble du malheur, il contracte une colite ulcéreuse, une maladie intestinale incurable, et doit abandonner tout projet trop exigeant. Pour faire plaisir à sa famille, il trouve alors quelques petits boulots sur son temps disponible. Mais il n'abandonne pas le manga et continue à travailler sur ses œuvres. Son premier vrai projet est Le Lion Noir, un manga où un samouraï indestructible débarque du futur. A 20 ans, il est justement remarqué pour cette œuvre par le Shonen Sunday qui lui propose un poste d'assistant. Il est alors confié aux bons soins de Mushi Productions, le studio de ses idoles Tezuka et Ishinomori. Tezuka est absent mais l'entrevue lui permet de rencontrer Ishinomori en personne qui, impressionné par les qualités d'auteur du jeune homme le recrute en tant qu'assistant personnel : le rêve pour Nagai. Mais il va vite découvrir que le monde du manga est impitoyable et très dur. Pas de vacances, pas de week-end, travaillant jusqu'à 20 heures par jour, il mange, dort et se lave peu et n'est présent chez lui qu'une semaine par mois. Beaucoup abandonnent et peu restent longtemps ce qui fait qu'il accomplit le gros de la production pendant deux ans. Mais amaigri, malade et fatigué, il décide de prendre un jour de repos par semaine. Il en profite alors pour créer des histoires comiques se déroulant dans des collèges ou lycées. Après deux ans de boulot intense et après avoir formé quatre employés il obtient en récompense un mois de vacances. Il en profite pour créer une histoire pour le magazine Bokura, des éditions Kodansha, au sujet d'un policier au Moyen-Age : Meakishi Polikichi. Il enchaîne ensuite avec Chibikko Kaijû Yadamon qui suit le quotidien d'un enfant et de son dragon. Les lecteurs suivent et le magazine est très content : Go Nagai est enfin devenu mangaka.

Il travaille alors pour Shonen Magazine, toujours chez la Kodansha. C'est à ce moment-là qu'il développe dans ses histoires un style d'humour noir très prononcé et qu'il insère des critiques acerbes de la société, un peu d'érotisme et de violence. N'aimant pas le formatage, il dessine de manière très libre et parle des sujets dont il veut parler, sans filtre. Il est alors remarqué par plusieurs dessinateurs qui le critiquent pour ce style. Nagai est irrévérencieux et aime ça. Il parodie de nombreux mangas et continue ses petites histoires libres ce qui lui vaut un certain succès même si tous les éditeurs n'en veulent pas. Arrive alors l'année 1968, celle de la Révolution des mœurs dans le monde entier. Le magazine Shonen Jump est crée, symbole de la liberté totale accordée aux mangakas. La Shueisha recherche alors de nombreux talents pour combler son magazine, Nagai est un de ceux-là. Il se décide alors à se lancer entièrement dans ses œuvres comiques mais ne trouve pas de titre. Finalement c'est l'affiche d'un film pornographique qui lui permet de baptiser son bébé Harenchi Gakuen, l'école perverse. Le manga décrit une école bourrée d'élèves stupides et ignares, de professeurs pervers et démolit littéralement l'image de l'éducation à la japonaise. Adulé par le public, il obtient près de 80% de lecteurs favorables mais attire un peu trop l'attention. En effet la PTA(Parental and Teacher Association), un groupe composé de parents d'élèves et d'enseignants n'ayant rien à faire de leurs journées, s'attaque au manga et à Nagai le tout sans en avoir vu grand chose(on en a tous des connards comme ça hein ?). Menacé, le manga est pourtant sauvé par les enfants eux-mêmes qui mettent une belle droite dans la face de la PTA. Nagai s'isole alors avec son équipe dans un hôtel de Tokyo pour travailler. Sa carrière est définitivement lancée.




Une carrière sans tâche : des créations de génie

Très pris par Harenchi Gakuen, Nagai fonde sa propre société en 1969, Dynamic Productions. Elle compte environ 8 salariés et produit des œuvres comme Abashiri Family ou Getter Robo qui rencontrent un fort succès. La concurrence est alors très forte mais l'équipe de Nagai réussit parfaitement à l'endiguer, lui-même impose ses histoires aux éditeurs et refusent de recevoir des directives. Il rencontre au passage Ken Ishikawa, l'un de ses plus grands partenaires et amis(ils bossent sur Getter Robo ensemble). Mais Nagai fait encore des vagues, il surprend Akita Shoten en leur offrant Abashiri Family, un manga shônen où le personnage principal est.....une fille ! L'idée progresse alors dans le pays et les éditeurs s'y opposent fermement. Mais le public étant maître de toute chose, il fait plier les grands pontes et permet désormais à la femme d'occuper une place d'héroïne dans le shônen. Nagai quant à lui veut changer de domaine, il se lance au début des années 70 dans la science-fiction, son milieu favoris, avec Oni.

Durant les années 70, le manga est strictement délimité. On prend le moins de risque possible afin d'engranger des bénéfices suffisant pour créer une certaine stabilité. Par conséquent Kodansha préfère que Nagai travaille sur des récits courts plutôt que sur des séries ce qui lui convient parfaitement, la liberté étant plus grande. Il travaille alors sur Oni, un manga dans lequel un homme est génétiquement modifié puis se retourne contre ses créateurs. Cette œuvre complexe et chronophage le rend pratiquement malade, tant il passe de temps dessus, de plus il se met en retard pour ses autres œuvres, lui qui avait toujours refusé cela depuis ses débuts chez Mushi Productions. Il se met alors à travailler plus intelligemment et livre tous ses projets un peu en retard. Oni est un véritable succès qui lui vaut le respect de ses pairs. Il est accepté dans le milieu de la SF et en devient une icône. Cependant il refuse de s'enfermer dans un genre et revient dans le comique, ce qu'il fera désormais régulièrement. En parallèle, il développe une nouvelle histoire où le héros est un réel démon inspiré de la Divine Comédie de Dante. Mao Dante est alors publié de janvier à mai 1971 dans Bokura mais reste inachevé car le mangaka a une meilleure idée, faire un manga beaucoup plus mature.

En 1972 débarque dans le Shônen Magazine Devilman. Très violent, choquant et se basant beaucoup sur la religion le manga est un raz-de-marée. Les lecteurs sont fans et l'œuvre atteint une grande notoriété. Dans la foulée, une adaptation animée est faite, beaucoup moins violente cependant. Le succès est tel que Nagai doit se pousser à bout pour terminer ses planches de la manière la plus parfaite possible. Les fans sont séduits et le manga mature, violent et engagé devient alors extrêmement populaire au Japon. Encore une fois la PTA s'attaque à Nagai comme plusieurs de ses collègues, le jugeant immoral. Peu importe Nagai n'écoute que le public et continue son œuvre qui rencontrera un fort succès jusqu'à la fin.




Il se met alors à faire quelque chose de plus léger. Il invente une histoire de robot où un colosse serait dirigé par une voiture dans sa tête : Mazinger Z est né. Il propose alors l'idée à la Toei qui, enthousiasmée, lance la série télé dans la foulée, avant même la parution de la BD. En 1973 Devilman s'achève et Mazinger Z est lancé. Mais Nagai a du temps libre et veut l'utiliser, il imagine alors un monde post-apocalyptique qui serait lié à Devilman. Un monde dans lequel esclavage, souffrance et torture seraient monnaie courante. Dans ce monde cependant, les faibles trouveraient un protecteur en la personne d'un géant indestructible nommé Violence Jack. Violence Jack est donc lancé et devient vite un phénomène. Gore, violent et très sexuel il marque les débuts du justicier post-apocalyptique repris par Hokuto no Ken ou même Mad Max. Bien évidemment la PTA revient à la charge mais se fait broyer par les arguments de Nagai et des fans. Violence Jack, long de 7000 pages devient un monument du manga philosophique, mature et violent.

Il continue ensuite à bosser dans des registres différents comme le comique Cutey Honey puis part vers un monde héroïque avec Shutendoji. Mais en pleine création il se sent mal, très mal, comme sur Devilman et Oni. Il voit des hallucinations, fait des rêves étranges et se sent épié. Il s'en sort mais garde un souvenir étrange de cette époque. Par la suite il continue dans la SF et devient le second gros nom japonais du milieu après Osamu Tezuka. Mieux il remporte le grand prix des lecteurs face à des noms comme Shotaro Ishinomori ou Fujio Akatsuka(qui l'avait notamment critiqué pour son style très libre). Le mangaka devient alors la référence au Japon. Ses mangas se vendent par millions, beaucoup sont adaptés en séries animées et de nombreux talents s'inspirent de ses œuvres matures pour créer les leurs. Il connait également un gros succès l'international, aux USA, en Italie mais également en France où, à partir de 1978 est diffusé Goldorak, une autre de ses créations.




Un rythme plus léger mais une influence permanente

A partir des années 80 Nagai ralentit son rythme. Il travaille cependant en tant que critique cinéma, notamment au festival du film d'Avoriaz en 1988, il bosse également à la télévision. Sa société forme également de nombreux jeunes talents et lui même conseille des concurrents sur la marche à suivre pour connaitre le succès. Il s'éparpille également dans des zones un peu moins connues comme la série d'horreur, la série parodique ou même le puroresu (le catch japonais) et continue occasionnellement à dessiner. Durant les trente années qui vont suivre il publiera Devilman Lady, The Bird ou encore Mazin Saga tout en développant plusieurs de ses œuvres en animes comme Devilman dès 1988, avec des OAV violents et très fidèles au manga.

Aujourd'hui, il s'occupe surtout à gérer sa société et à agir comme bon lui semble, lui qui est désormais très riche. S'il se contente de surveiller les adaptations de ses œuvres il est toutefois omniprésent dans le milieu du manga et de l'animation du fait de son influence légendaire. C'est en effet grâce à cet homme que le sexe, la violence, la maturité, la dureté, l'humour noir, la critique sociétale et beaucoup d'autres éléments ont pu être développées dans le milieu du manga puis de l'animation au Japon. Si les histoires complexes, les personnages ni blancs ni noirs et les réflexions matures ont pu voir le jour dans ces milieux, c'est dû en immense partie à Go Nagai. Parmi le nombre incroyable d'œuvres inspirées par cet homme on peut citer : X, Parasite, Berserk, Shi Ki, Neon Genesis Evangelion, Vision d'Escaflowne, Rai, High School DxD, Ranma 1/2 etc...

A l'heure actuelle Nagai prend un repos bien mérité et ne devrait plus reprendre du service aussi durement qu'avant. On peut donc suivre ses travaux avec intérêt mais il ne fait nul doute que sa carrière est presque finie.




Partie II : Le style

Eh bien je pense avoir tout dit plus haut. Nagai adopte un style mature, non manichéen et extrêmement libre. Ses œuvres peuvent être sexy, violentes, dures ou comiques mais sont toujours intelligemment écrites et livrent une réflexion morale poussée, bien au-delà de ce qu'offre un shônen. Nagai aime les situations surnaturelles, burlesques ou érotiques et n'hésite pas à en faire dans chacune de ses œuvres. Refusant d'être catalogué dans un style il change régulièrement de registre mais garde toujours en tête de cultiver le lecteur et de le pousser à réfléchir sur le message porté par l'œuvre.

Ses personnages favoris sont tous des femmes et il s'est fait connaitre pour son féminisme assez poussé dans un milieu pourtant très masculin dans les années 70. Ses nombreuses attaques envers les inégalités de la société japonaise l'ont rapidement transformé en homme à abattre et ses critiques envers l'éducation nationale en ont fait le pire cauchemar de la PTA. Traité de barbare qui utilise la violence pour vendre il a pourtant prouvé à de nombreuses reprises que chacune de ses œuvres vise à critiquer une injustice, de l'incompétence ou du mépris. Il est par conséquent un auteur subversif qui s'exprime dans tous les genres et de toutes les manières avec le même objectif : faire réagir.

On parle souvent de ceux qu'il a influencé mais peu des influences à lui. Parmi elles on trouve bien évidemment la mythologie grecque, la mythologie biblique, le cinéma rose japonais, le folklore japonais, les récits d'horreurs, la science-fiction et le post-apo. Il est également fan de Gustave Doré et ses illustrations magnifiques qui ont notamment inspiré Devilman, d'Osamu Tezuka et de Shotaro Ishinomori. Il a également admis être admiratif des carrières d'Hideaki Anno, d'Hayao Miyazaki, d'Isao Takahata, de Mamoru Oshii et de Katsuhiro Otomo. S'il avait été un rookie d'aujourd'hui, il s'inspirerait énormément de ses gens là.




Partie III : L'œuvre

Alors là je vais le dire clairement, je ne me sens pas de tout écrire ici. Go Nagai a crée des dizaines et des dizaines de mangas de tous les genres et pour tous les publics. Donc je vais me contenter de vous donner une liste des œuvres majeures du monsieur tout en indiquant la décennie à laquelle elles appartiennent.

Années 60
-Meakichi Polikichi(1967)
-Chibikko Kaijû Yadamon(1967-1968)
-Harenchi Gakuen(1968-1972)
-Abashiri Family(1969-1973)
-Gakuen Bangaichi(1969-1971)
-Chan-kun(1969)
Années 70
-Sasurai Gakuto(1970)
-Oni(1970)
-Komatsu Charm(1970)
-Maro(1970-1971)
-Mao Dante(1971)
-Golgo 17-18-19(1971)
-Devilman(1972-1973)
-Mazinger Z(1972-1973)
-Dollyman(1973)
-Violence Jack(1973-1974)
-Dororon Enma-kun(1973-1974)
-Cutey Honey(1973-1974)
-Getter Robo(1974-1975)
-Kekko Kamen(1974-1975)
-Great Mazinger(1974-1975)
-Shutendoji(1975)
-Goldorak(1975-1977)
-Groizer X(1976)
-Majokko Tickle(1978-1979)
-Enma Jigoku(1978)
-Susano OH(1979-1981)
Années 80
-Devilman(Shin Devilman)(1980)
-X Bomber(1980)
-Maboroshi Panty(1980-1982)
-Haru no Ame(1982)
-Psycho Armor Govarian(1983)
-Barabanba(1983-1984)
-God Mazinger(1984)
-Jushin Liger(1989-1990)
Années 90
-Getter Robo Go(1991)
-Mazin Saga(1990-1991 et 1998)
-Cutey Honey 90's(1992)
-Shin Mao Dante(1994)
-Lovely Angel(1996)
-Devilman Lady(1997)
-Neo Devilman(1998)
-Devilman in the Dark(1998)
-Devilman Ghost(1999)
Années 2000
-Sharaku(2001)
-Cutie Honey '21(2001)
-Mazinkaizer(2001)
-Mao Dante Apocalypse(2003)
-Kekko Kamen R(2003)
-Dynamic Heroes(2004)
-Harenchi Gakuen 2007(2007)
-Utamaro(2008-2009)
Années 2010
-Devilman Lady vs Cutie Honey(2013)
-Devilman Saga(2014)
-Goldorak Saga(2014)
 
Animes adaptés des oeuvres de Go Nagai
-Devilman(1972-1973)
-Mazinger Z(1972-1974)
-Mazinger Z vs Devilman(1973)
-Dororon Enma-kun(1973-1974)
-Cutie Honey(1973-1974)
-Getter Robo(1974-1975)
-Mazinger Z vs The Great General of Darkness(1974)
-Great Mazinger(1974-1975)
-Great Mazinger vs Getter Robo(1975)
-Getter Robo G(1975-1976)
-Great Mazinger vs Getter Robo G(1975)
-Uchuu Enban Daisensou(1975)
-Steel Jeeg(1975-1976)
-Goldorak(1975-1977)
-Goldorak vs Great Mazinger(1976)
-Divine Demon-Dragon Gaiking(1976-1977)
-Groizer X(1976-1977)
-Goldorak, Getter Robo G, Great Mazinger : Kessen! Daikaijuu(1976)
-Majokko Tickle(1978-1979)
-Psycho Armor Govarian(1983)
-God Mazinger(1984)
-Barabanba(1985)
-Mujigen Hunter Fandora(1985-1986)
-Violence Jack(1986-1988)
-Devilman(1987-1990)
-Jushin Liger(1989-1990)
-Shutendoji(1989-1991)
-Getter Robo Go(1991-1992)
-Abashiri Family(1991)
-Kekko Kamen(1991-1992)
-Cutie Honey F(1997-1998)
-Cutie Honey F, le film(1997)
-Devilman Lady(1998-1999)
-Re : Cutie Honey(2004)

Et bien d'autres.




C'est tout pour aujourd'hui. J'espère que ça vous aura intéressé. Go Nagai est l'une des inspirations principales des mangakas et animateurs d'aujourd'hui et son influence est trop vaste pour être ignorée.

vendredi 14 juillet 2017

Inspiration - Animé, Manga, Gō Nagai

J'avais déjà parlé ici de Devilman et de l'univers de Gō Nagai à travers notamment Mazinger Z.

Récemment j'ai pu voir la mini-série Cyborg 009 Vs Devilman et on m'a également offert le Manga La Divine Comédie inspiré de l'œuvre de Dante Alighieri.




Cyborg 009 Vs Devilman propose la première rencontre de ces deux univers imaginés respectivement par Shotaro Ishinomori et Gō Nagai se fait sous la forme d'une mini-série de trois épisodes. Réalisée par Jun Kawagoe (Cyborg 009 The Cyborg Soldier), elle a été produite par les studios Bee Media (Mazinger Z : The Impact!) et Actas (Fullmetal Alchemist, Dimension W).

En France, Devilman est disponible en manga chez Black Box, tandisque Cyborg 009 est édité par Glénat.








Pitch : Quand un chercheur Black Ghost libère des cyborgs modifiés et que de mystérieux démons apparaissent à Tokyo, les mondes de "Devilman" et de "Cyborg 009" se rencontrent.

Un scientifique de Black Ghost lance une nouvelle menace sur le monde. Cyborg 009 et les autres héros cyborg se trouvent alors confrontés à Devilman et plusieurs démons.

Nagai avait débuté le manga original Devilman dans le Weekly Shônen Magazine en 1972. Plus de 10 millions d’exemplaires ont été imprimés. Un premier animé a été diffusé en simultané à la télévision en 1972. Deux éditions sont sorties en France, une première édition de Dybex sortie à partir du 24 août 1999 et une réédition sortie depuis le 17 juin 2015 aux éditions Black Box.

Shōtarō Ishinomori a dessiné Cyborg 009 en 1963. En France, l’édition Glénat publie le premier volume en mars 2009.

Concernant Cyborg 009 : Considéré comme l’un des meilleurs mangas de la fin des années 1960, Cyborg 009 part du constat que la guerre froide qui règne à l’époque est une grave menace pour l’équilibre de la planète et augmente le risque de destruction massive. Dans le but de conquérir la planète, la puissante organisation mafieuse Black Ghost enlève 9 humains afin de les transformer en cyborgs dévolus à leurs terribles desseins. Chacun vient d'un pays différent, chacun est doté d'un pouvoir particulier. Mais les 9 se rebellent contre l'organisation et vouent alors leur destinée à détruire toutes les créations diaboliques de Black Ghost.




Concernant Go Nagai, voici un interview réalisé par Manga-News :

Bonjour M. Nagai et merci de nous accorder cet entretien. L'un de vos premiers contacts avec le monde du manga s'est effectué au travers de la série Lost World d'Osamu Tezuka. Qu'est-ce qui vous a plu particulièrement dans cette histoire et qui vous a convaincu d'aller vers le manga ?
Go Nagai : J'ai lu cette histoire à l'âge de quatre ans. Je trouvais les dessins très mignons, et je me suis vite attaché aux personnages. Mais j'ai surtout été attiré par les thématiques de cette histoire : les voyages dans l'espace, les créatures du "Monde Perdu", mais aussi les notions de rêve, de recherche... Ce mélange m'a vraiment marqué.

Vous avez commencé en tant qu'assistant de Shotarô Ishinomori. Que retenez-vous de ces années-là ?
J'ai réalisé que le milieu du manga professionnel était très dur, et qu'il fallait vraiment être très fort physiquement et psychologiquement pour lui résister ! J'ai alors pensé que je ne serais jamais capable de suivre ce rythme et d'accéder à mon but, celui de devenir mangaka à mon tour...





Qu'est-ce qui vous a rassuré, au fil des années ?
En fait, je n'ai jamais été rassuré ! (rires)
Mais c'est cette angoisse constante qui m'a poussé à toujours fait de mon mieux. Une fois lancé sur une planche, je n'ai plus d'autres choix que de donner le meilleur de moi-même.

En 1968, vous avez participé au lancement du célèbre magazine Shonen Jump, avec la série Harenchi Gakuen. Vous souvenez-vous de l'ambiance qui régnait à cette époque ? Retenez-vous des anecdotes en particulier ?
Oui, je m'en souviens très bien. Cette nouvelle revue avait pour ambition de réunir de jeunes mangakas, car les auteurs confirmés restaient attachés à leurs magazines. Je fus alors entouré d'une équipe qui avait globalement le même âge que moi, ce qui créait une ambiance très sympathique d'entraide et d'encouragement mutuel.




1972 est une année fondamentale dans votre carrière avec l'arrivée de Devilman, qui aborde des thèmes plutôt sombres et matures. Quel message vouliez-vous faire passer au travers de cette série ?
Au départ, lorsque j'ai créé le personnage de Devilman, je n'avais pas de messages particulier en tête, je voulais juste mettre en scène un démon. Mais au fil du récit, la violence que j'y ai présentée m'est apparue comme une métaphore de la guerre, par le prisme du fantastique. On peut aussi voir une forme de passion, d'amour même, entre les personnages, avec en permanence l'imminence d'une conclusion tragique où tout le monde mourra. C'était pour moi une manière de dire qu'à la guerre, il n'y a ni vainqueur ni victoire, uniquement des pertes humaines.





Parlons à présent de Mazinger Z, survenu quelques mois plus tard, et dont vous avez évoqué les origines lors de votre conférence. Mais, outre le principe du robot piloté de l'intérieur, la série a aussi popularisé un autre concept : celui des attaques lancées en clamant haut et fort leurs noms. D'où vous est venu cette idée ?
(Hésite)... J'avoue n'y avoir jamais réfléchi profondément ! (rires)
Comme je m'adressais à un public adulte avec Devilman, j'ai voulu revenir à quelque chose de plus "enfantin" en jouant avec les robots. Tout petit déjà, je m'amusais à façonner des robots et des créatures avec de la pâte à modeler, et je les faisais se battre entre eux. Et déjà cette époque, je criais le nom de leurs attaques tout en les manipulant ! Cette idée m'a tout simplement suivie jusqu'à Mazinger Z.

En France, Goldorak, alias U.F.O. Robot Grendizer, suite de Mazinger Z, est devenu un véritable phénomène au milieu des années 1970, au point que l'on parle même d'une "Génération Goldorak". Que ressentez-vous, lorsque vous réalisez que vous êtes l'initiateur de la grande vague du manga en France ?
C'est un véritable honneur, qui me remplit de joie. Grendizer avait sans doute quelque chose d'inédit qui a touché le cœur des enfants français de cette époque, et le succès de cette série a été beaucoup plus important qu'au Japon. C'est sans doute pour ça qu'aujourd'hui, je me sens aussi proche des français.

Des séries de robot d'un côté, des démons de l'autre, sans parler d'autres thèmes annexes... A cette époque, comment vous retrouviez-vous dans toutes vos histoires ?
Dans ma tête, c'est comme si mon cerveau était un téléviseur et que je "changeais de chaîne" ! (rires) En faisant cette distinction mentale, j'ai toujours pu travailler en parallèle sans que cela ne génère de problèmes.


      



Dans votre conférence, vous avez parlé du fait que vos sagas continuent grâce à d'autres auteurs. Quelque part, n'avez-vous pas peur que vos héros finissent par vous échapper ? Quel regard portez-vous sur ces nouveaux travaux ? Seriez-vous parti dans les mêmes directions ?
Je ne me fais aucun souci , car les histoires que j'ai réalisées restent immuables, et leurs suites s'inscrivent dans un vrai processus de création à part, et non de réadaptation.
Alors oui, sur bien des points, je n'aurais pas raconté les mêmes histoires, ou d'une manière bien différente. Mais il est très intéressant de suivre cette réappropriation, cette réinterprétation par les jeunes générations, dont les modes de pensée ont bien évolué.

De nombreux auteurs des générations suivantes vous ont pris pour modèle. Vous-même, jetez-vous un œil aux séries actuelles ? Si oui, quels titres retiennent votre attention ?
Oui, je lis encore beaucoup de magazines et de séries, et il y a tellement d'œuvres qui m'intéressent qu'il me faudrait des heures pour en faire le tour. Je fais également partie du jury du Prix Tezuka (et autrefois du Prix Media Geijitsusai), et lorsque arrive la saison de la sélection des lauréats, je reçois chez moi des dizaines de cartons de nouveautés ! (rires)

Plus généralement, que pensez-vous de l'évolution du manga ?
Le manga, dans sa nature de média, est très facile à comprendre : certains n'y trouveront qu'un simple divertissement en surface, d'autres iront s'y pencher plus profondément. Par cette diversité, il est devenu aujourd'hui accessible au plus grand nombre, indépendamment de l'âge, de nos attentes, mais aussi de nos différences culturelles. C'est pour ça qu'à mon avis, il peut s'exporter aussi facilement et toucher de manière aussi universelle, dans le monde entier.

En France, nous avons récemment appris que la série animée Goldorak allait être de nouveau disponible par le biais d'une réédition en DVD chez AB, tout comme d'autres séries chez Black Box (Mazinkaiser, Demon Prince Enma,...). En revanche, vos mangas ne sont plus disponibles depuis quelques années dans leur version "papier". Est-ce quelque chose qui vous inquiète ? Avez-vous certaines pistes concernant un retour de vos œuvres en France en format papier ?
J'aimerais en effet que mes mangas refassent surface en France, et je reste ouvert à toutes propositions venant du monde éditorial français. D'ailleurs, si vous avez vous-même des idées, je suis preneur ! (rires)






Au cours de votre carrière, vous avez bien sur mis en scènes des univers fantastiques et robotiques, mais aussi des séries historiques, des comédies légères aux héroïnes sexy... Après toutes ces années, vous reste-t-il des domaines à explorer ?
Oui, j'ai envie d'écrire sur tous les domaines qu'il m'est possible d'explorer ! J'ai notamment envie d'aller plus profondément dans le domaine de l'Histoire, et pourquoi pas de parler de Mythologie...




La Divine Comédie :

Manga de la première collection Gô Nagai des éditions Black Box, la Divine Comédie, comme son nom l'indique, voit l'auteur adapter l'oeuvre colossale de Dante Alighieri sous la forme de trois volumes qui nous sont servis dans une éditions comportant les mêmes qualités et défauts que Goldorak et Devilman : un grand format qui permet d'apprécier au mieux les pages fouillées du mangaka, une traduction claire, un papier blanc permettant une meilleure qualité d'impression, une frise se dessinant sur le dos des tomes... mais aussi un petit effet de transparence du papier, quelques bulles coupées sur les bords, et surtout l'absence totale de travail explicatif. La présentation sur la quatrième de couverture est minime, il n' y a aucune notre de traduction sur les nombreuses références mythologiques et historiques... C'est dommage, même si l'éditeur ni peut visiblement rien, puisqu'il a dû se calquer fidèlement sur les éditions parues en Italie.






Quoi qu'il en soit, celles et ceux qui connaissent l'oeuvre originale ressentiront facilement toute la fidélité que Nagai a voulu avoir dans son manga. Missionné par les Cieux et guidé par le poète romain Virgile, Dante visitera le Monde des Morts, découvrant au fil des pages l'Enfer, le Paradis, puis le Purgatoire. Et quand on connaît le mangaka, on n'est pas étonné de le voir s'intéresser plus spécifiquement à l'Enfer, qui occupe tout ce premier volume et dont la visite n'est pas encore terminée au bout de celui-ci.

Traversant les uns après les autres les lieux infernaux comme le Styx, Dante découvre les différents cercles infernaux, correspondants pour la plupart aux péchés capitaux : luxure, gourmandise, colère... Là, il voit les pécheurs condamnés à expier éternellement leurs erreurs à travers des châtiments tous plus horribles les uns que les hommes : se faire dévorer constamment par Cerbère, brûler... Dante ne manquait pas d'imagination concernant les châtiments, et Gô Nagai lui emboîte facilement le pas en étalant le tout via des dessins denses et immersifs. Bien sûr, l'oeuvre, âgée de plus de 40 ans, a forcément pris un coup de vieux visuellement, principalement dans le design des personnages humains. Mais la mise en scène et le découpage ont conservé toute leur puissance, et tout le travail d'imagerie a conservé sa portée. Les inspirations de Gustave Doré (qui a offert une vision illustrée de l'oeuvre de Dante, rappelons-le) se ressentent très souvent dans les décors et dans le physique des habitants infernaux, et certains dessins offrent même des reprises très claires et fidèles des illustrations de Doré, à l'image de celles mettant en scène Charon.

On retrouve également dans cette adaptation manga tout le croisement d'influences de Dante : les éléments traditionnels chrétiens se mêlent à une mythologie grecque omniprésente, ainsi croise-t-on Charon, Minos, Cerbère, les Gorgones, Pluton... Pour appuyer son récit, Dante livre ses propres visions de personnages humains historiques ou mythiques comme Cléopâtre, Didon ou Pâris qui sont enfermés dans le cercle de la luxure, auxquels il mêle certains de ses contemporains comme une sorte d'exutoire, et recrée comme une sorte de guide l'image de Béatrice, la femme qu'il aima, qui mourut trop jeune et qui le laissa dans le chagrin toute sa vie.

Ce parcours symbolique et violent en Enfer permet également de soulever toute l'ambivalence de certaines situations où Dante, en même temps que le lecteur, est poussé à s'interroger sur les péchés des pauvres âmes damnées. Plus d'une fois, les pécheurs apparaissent pus comme des victimes, à l'image de Paolo et Francesca dont la seule tare fut de s'aimer d'une passion dévorante. En ceci, toute la dernière partie du volume s'avère encore plus intéressante dans sa peinture religieuse qui trouve encore un écho aujourd'hui à travers les incessants conflits de religion. Toutefois, on regrette que les quelques réflexions et remises en cause de Dante n'aillent pas plus loin.

L'oeuvre de Dante étant colossale, il est évident que Gô Nagai offre ici une adaptation très raccourcie. Mais l'auteur parvient à aller à l'essentiel et offrir une oeuvre riche et symboliquement forte.






En repensant à Mazinger Z Vs Devilman, on a au final des Démons, des Cyborgs, des Robots Géants, des Aliens, des Civilisations disparues, des Savants fous, des Organisations criminelles, des Dieux, du Pulp, du Super Héros... qui se croisent dans ces univers. Bref un bon melting-pot dans l'esprit de Land of Estebor...

samedi 19 novembre 2016

Inspiration - Animé : Mazinger Z

Quand j'étais petit ma grand-mère m'avait un jour offert un BD de Mazinger Z, j'avais adoré et trouvais à celle-ci de nombreuses similitude avec Goldorak. Et pour cause, j'apprendrai bien plus tard que Mazinger Z était la série qui avait précédé Goldorak au Japon et on retrouve certains héros dans les deux séries.

Régulièrement et tard le soir, ils diffusent des films ou épisodes spéciaux de Mazinger Z sur la chaîne Manga, je les enregistre et on se les regardes avec mon fils.

Ce fut le cas aujourd'hui et j'avais envie de faire un petit post pour parler de cet animé très peu connu en France contrairement à Goldorak et que je trouve bien plus intéressant que ce dernier. En effet même si les animations sont vieillottes (ça date de 1972 / 1973), c'est bien plus coloré, les histoires sont plus sombres et les monstres supers imaginatifs. J'y retrouve beaucoup plus d'éléments que j'aime dans la Sci-Fi et l'animation Japonaise dans cette série que dans Goldorak dont je n'ai jamais été un grand fan.




Mazinger Z

Mazinger Z est une série japonaise créée par Gō Nagai, adaptée en animé. Elle est l'ancêtre des séries de mecha. La série fut créée par les Studio Toei en 1972 d'après le manga éponyme de Gō Nagai et diffusée entre le 3 décembre 1972 et le 1er septembre 1974 sur Fuji TV.


Mazinger Z :

Koji Kabuto (personnage présent plus tard dans Goldorak sous le nom d'Alcor dans la version française) est le petit-fils d'un célèbre savant. Quand le professeur Kabuto est mortellement blessé par les hommes du Docteur Hell, un mégalomane acharné à la conquête du monde, il révèle avant de mourir à son petit-fils qu'il a conçu un robot géant, Mazinger Z, capable d'arrêter les forces du Mal. Koji prend les commandes de Mazinger Z et parvient à le contrôler, mettant en fuite les sbires de Hell. Dans les épisodes qui suivront, Mazinger Z et ses alliés parviendront à vaincre tous les robots géants envoyés par le Docteur Hell et à faire échouer ses plans de conquête.

Mazinger Z obtient un très grand succès au Japon. En Occident la série est appréciée notamment en Italie et dans les pays hispaniques, mais aussi au Maroc. En Europe Mazinger Z arriva à la télévision espagnole avant l'arrivée de Goldorak en France. Mazinger Z débuta à l'antenne espagnole, sur TVE1 (aujourd'hui La 1), le 4 mars 1978, alors que la première diffusion de Goldorak en France eut lieu quatre mois plus tard, en juillet de la même année. Pour anecdote la série connue tellement de succès en Espagne qu'une statue géante de Mazinger Z est toujours visibles dans la région de Barcelone.




Mazinger Z est la toute première série à mettre en œuvre un robot piloté de l'intérieur. Avant lui, on avait déjà eu droit à Astro (l'enfant-robot) ou a Tetsujin 28 (robot commandé à distance par un gamin à l'aide d'une télécommande).

Série culte au japon, elle est passée relativement inaperçue en France (et pour cause, elle fut partiellement diffusée 10 ans après Goldorak). Mais lors de sa diffusion au pays du soleil levant, c'était une série révolutionnaire : des combats de robots géants, les fameuses attaques criées (rocket-punch, photon-beam, rust hurricane) par le pilote Koji Kabuto alias Alcor en France. À cela s'ajoutent des méchants d'envergure : le docteur Hell, savant fou voulant conquérir le monde, secondé par le baron Ashura, étrange personnage mi-homme mi-femme (un peu comme Minos dans Goldorak du même auteur).

Pour cela, il emploie des machines infernales, les Kikaijus, monstres mécaniques qui auront pour principale mission d'abattre Mazinger Z et de détruire le centre photo-atomique.




L'intrigue se résume à sa plus simple expression : à chaque épisode, un nouvel ennemi et/ou un nouveau traquenard. C'est assez répétitif mais il y a de bonnes idées, qui seront reprises plus tard dans un grand nombres de séries de robots géants (Gaiking, Yuusha Raideen, Goldorak etc...).

En ce qui concerne la réalisation, la série est certes moins aboutie que Goldorak, mais l'animation et les graphismes sont tout à fait acceptables si l'on garde en mémoire qu'elle date de 1972. Il est vrai que les premiers génériques font pitié à voir, mais heureusement, ils seront remplacés plus tard par de nouveaux bien plus réussis. Les musiques de Monsieur Kikuchi correspondent bien à l'ambiance de l'animé, avec des thèmes inquiétants pour illustrer Hell et ses sbires, et une musique plus dynamique quand intervient Mazinger Z. On a droit à la fille sympa, Sayaka (qui apprend à Koji à piloter sa machine), au gamin Shiro (petit frère de Koji) et au trio comique (avec Boss pour chef, que l'on retrouvera en guest dans 2 épisodes de Goldorak, "Le jour du Soleil Levant" et "Don Quichotte de l'espace". Celui-ci d'ailleurs sera présent dans la suite directe de Mazinger Z, Great Mazinger, toujours au commande de son ridicule mais sympathique Boss-Robot.




En conclusion, malgré les défauts inhérents à son époque, je pense que Mazinger Z mérite tout notre respect car c'est cette série qui a tout déclenché, et la multitude des robots animés qui ont suivis n'auraient peut-être pas vu le jour sans lui.




Transition avec Great Mazinger

Dans l'avant-dernier épisode, Mazinger Z parvient à venir à bout du Docteur Hell. Mais le dernier épisode voit apparaître de nouveaux envahisseurs, l'empire de Mykene, face auxquels Mazinger Z est dépassé. Alors que tout semble perdu, un nouveau et mystérieux robot géant apparait, Great Mazinger. Un remake de ce dernier épisode a été proposé en film, sous le titre Mazinger Z Vs. The Grand General of Darkness. Dans ce remake, Mazinger Z doit se battre contre une entière armée des Mykenes, mais quand Great Mazinger vient à son secours, il arrive encore à lutter. Dans la série TV, Mazinger Z est battu par 2 bêtes, dont une avait une attaque corrosive, avec laquelle l'alliage Z a été détruit.




Great Mazinger :

Tetsuya Tsurugi (Antarès en français) est un orphelin élevé par le professeur Kenzo Kabuto (père de Koji Kabuto - Alcor en français - , le héros de Mazinger Z), qui s'est fait lui-même passer pour mort afin de mieux préparer la défense de la terre contre des invasions. Le père du professeur Kenzo Kabuto avait mis au point le robot géant Mazinger Z, son fils crée Great Mazinger, une version encore plus puissante du même robot et entraîne Tetsuya à le piloter. Devenu adulte, Tetsuya est prêt à affronter la menace de l'empire de Mykene, un peuple humanoïdes venus du centre de la terre. Mazinger Z étant dépassé par ces nouveaux envahisseurs, Great Mazinger arrive à temps pour le sauver.

Koji étant parti terminer ses études à la NASA, Tetsuya se retrouve à l'avant-poste pour lutter contre l'empire de Mykene et ses attaques régulières de monstres mécaniques géants.

Diffusée en Italie et dans de nombreux pays occidentaux, la série est restée inédite en France.




Dans les films qu'on a regardé, il y avait un cross over avec un autre héros de l'auteur : Devilman.




Synopsis :

Un démon dont la race peuplait la Terre bien avant l'arrivée des hommes, s'éveille dans la montagne... Le Dr Hell décide de partir à sa recherche, persuadé qu'il a trouvé là un moyen d'anéantir Mazinger Z. Mais la créature se met à dévaster la ville et Devilman la reconnaît : il s'agit de Siren la harpie volante, un démon aux ordres du général Zanin.




Devilman :

La genèse :

La première œuvre du jeune créateur aura lieu dans un période assez particulière, 1968. La révolution des mœurs est en marche partout, en Europe ou aux États-Unis, mais aussi au Japon où les protestations des étudiants ou des intellectuels contre la guerre du Viêt Nam ou l'absence de respect de la nature se font particulièrement fortes.

C'est en cette période que naît un hebdomadaire qui connaîtra un succès sans cesse croissant : le Shōnen Jump. C'est Go Nagai qui lui apportera son premier grand succès, avec Harenchi Gakuen (le lycée dévergondé), œuvre où professeurs exhibitionnistes et lycéens pervers se côtoient.

Œuvre nouvelle et particulièrement choquante pour l'époque, elle sera même considérée subversive par certains comme la PTA, association parentale pour la protection de la jeunesse qui accuse l'œuvre de pornographie, ou encore par certains professeurs qui n'apprécient pas du tout la critique très dure qui est faite du système scolaire. Mais les plaintes de la PTA ne pourront aboutir, car malgré la représentation de la nudité, la série est une œuvre comique et non érotique. Même certains de ses aînés mangakas apprécient très peu ses représentations d'une femme forte et non plus reléguée au rang de potiche. Ainsi, dès sa première œuvre, Go Nagai s'imposera comme un mangaka révolutionnaire assez mordant et cru qui provoque l'opprobre des biens-pensants. Alors que le public plébiscite l'œuvre, les plaintes incessantes troublent le jeune mangaka qui cauchemarde toutes les nuits.

«Alors je décidai que ma prochaine BD serait destinée à un public plus adulte, et qu'elle mettrait en évidence ce côté sombre de la société : l'intolérance, les idées reçues, les à priori. C'est comme ça qu'est né Devilman.»

— Gō Nagai




Résumé :

Akira Fudô, jeune garçon froussard et peu sûr de lui, est incapable de défendre son amie agressée par des voyous. C'est alors que son ami d'enfance Ryô vient à son secours armé d'un fusil. Sa présence est toute sauf fortuite ; il est venu le chercher pour lui révéler sa terrible découverte : les démons existent et sont sur le point de se réveiller de leur prison polaire (l'enfer des glaces auquel Dante Alighieri avait assisté).

Anciens habitants de la Terre, vivant auparavant dans une période de guerre perpétuelle où seule la loi du plus fort existait et où chaque jour apportait son lot de massacres quotidiens, les démons commencent même à fusionner avec les hommes. Ce fut le cas du père de Ryô : grand chercheur devenu à moitié fou, il commença à massacrer leurs animaux domestiques avant de vouloir s'en prendre à son fils, puis décida finalement de mettre fin à ces jours en se brûlant vif tant qu'il lui restait un semblant de raison.

Ryô avertit Akira : le seul moyen de combattre les démons sera d'en devenir un. Pressés par le temps et l'apparition des premiers démons, ils se retrouvent obligés d'organiser un sabbat, une messe noire comme l'explique Ryô à son ami incrédule et naïf. Mais sa résolution est prise, même si c'est au coût de sa vie ou de son humanité il deviendra un homme-démon, seul rempart de l'humanité contre cet ennemi préhistorique.

Par la suite, Akira devra tout faire pour préserver son humanité. Sa foi en l'espèce humaine sera mise en doute par la panique générale qui sera créée par l'arrivée des démons, où une inquisition moderne s'érigera en protectrice de la société et où la délation sera devenue une méthode courante.

Une atmosphère trouble de paranoïa, de haine et de méfiance rappelant les heures sombres de l'histoire humaine. L'homme saura-t-il faire front contre l'ennemi ou au contraire son propre égoïsme, sa propre peur et sa propre bêtise le conduiront-ils à sa destruction ?




Une œuvre majeure :

D'après Nagai :

«Je suis l'auteur de Devilman malgré tout pendant sa création, je me suis senti comme poussé par une force invisible. Il n'y a pas de justice dans la guerre, aucune guerre, il n'y a non plus aucune justification à ce qu'un être humain en tue un autre. Devilman porte un message de mise en garde, tandis que nous marchons vers un futur radieux.»

Satan étant tombé amoureux de Akira, cela donnera lieu à un amour et un combat aux conséquences apocalyptiques. Déchiré entre ses pulsions et son humanité, son amour pour la race humaine et son nouveau côté démoniaque, quels seront les choix d'Akira ? Sauvera-t-il l'humanité ?

X, Parasite ou Berserk se sont bel et bien inspirés de la série. Il en est de même de la série de jeux vidéo Shin Megami Tensei.

Hideaki Anno, grand fan de l'œuvre de Nagai (il adaptera même Cutey Honey en film par la suite), avoue l'influence majeure qu'aura eu l'œuvre sur sa célèbre série Neon Genesis Evangelion, aussi bien pour l'ambiance apocalyptique que pour le savant mélange de références mythologiques et pour sa fin marquante.

Une œuvre culte qui a marqué des générations de japonais et posé les bases de l'horreur-fantastique dans les mangas. Elle offre une vision noire et pessimiste de la nature humaine mais a aussi apporté maturité au genre manga grâce à son traitement révolutionnaire de la sexualité et de la violence.






Alors là j'ai complètement découvert Devilman lors de ce film et je penses que je vais essayer de trouver d'autres animés ou mangas sur ce personnage car cet univers me parle vraiment, à suivre...