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lundi 2 novembre 2020

Artworks : John Thompson - Kukawy Comics N°1 (1969)

John Thompson est l'un des pionniers de la bande dessinée underground américaine. Il est aussi l'auteur de nombreuses affiches d'inspiration psychédéliques. Sa bande dessinée la plus célèbre est Cyclope Comics qui fait penser à du Druillet pour beaucoup de personnes... En fait comme le soulignait Jean-Pierre Dionnet sur son Blog, son dessin est plus proche de Denis Brandin qui fit un moment les lettrages en volume de Druillet dans "Pilote". Je vous laisse chercher sur le web, vous verrez certaines illustrations que ce dernier a réalisé pour ses livres ou des revues par exemple, et ça vous sautera aux yeux.

Kukawy Comics de John Thompson est aussi impénétrable que tout ce qu'il a fait, mélangeant des symboles inintelligibles avec des mots presque aléatoires, toujours accompagnés de ses illustrations à l'encre exquises. Kukawy a été publié par la Print Mint le même mois que The Book of Raziel en 1969. Tous deux véhiculent des images mystiques sous forme séquentielle. En effet, Thompson savait que ses bandes dessinées énigmatiques étaient perçues de autant de manières qu'il y a de types de lecteurs, comme il l'a dit à Mark James Estren dans A History of Underground Comics : "Le spectateur en tant qu'évaluateur relatif accorde de la valeur à ces choses. Ce sont donc des miroirs de conscience. Certains pensent qu'ils puent. Certains pensent qu'ils détiennent une grande vérité cosmique. Certains les trouvent obscènes. Certains s'ennuient. Certains ont peur. Votre la réaction à leur égard est relative à votre état d'esprit. C'est évident."

Comme beaucoup de bandes dessinées de Thompson, Kukawy comprend quelques illustrations transcendantes d'une page entière qui semblent toutes prêtes pour la postérisation. Thompson avait un sens de l'humour formidable qu'il a intentionnellement retenu dans ses bandes dessinées mystiques, mais une trace de celui-ci peut être trouvée sur la couverture de Kukawy avec le teaser; "Dans ce numéro:" suivi de symboles absurdes.

Indépendamment de la façon dont on perçoit Kukawy Comics, le travail de Thompson suscite toujours la réflexion. Même une bande dessinée de Thompson qui semble impénétrable est beaucoup plus intéressante que la plupart des vieux comics que vous pourriez trouver dans les longs bacs sans fin de votre magasin local.

Il y a longtemps sur ce Blog j'avais écris un Post sur le Jdr "Space Sword" où j'évoquais, à propose des dessins un poil naïfs, les influences auxquels ils me faisaient penser. Je parlais de Robert Crumb, mais avec John Thompson on est encore plus prêt de cela, avec un côte certes plus hippie.
























Source pour les images ici.

mercredi 3 juin 2020

Inspiration Cyberpunk

Les Club Kids était un mouvement de jeunes à la fin des années 1980 et début des années 1990. Michael Alig et James St. James étaient à la base de ce mouvement qui se concentrait essentiellement à New York. Il se démarquait par des déguisements extravagants mais aussi par une forte consommation de drogue comme l'ecstasy, la kétamine ou encore l'héroïne. Ils organisaient de nombreuses soirées au sein du métro de New York, mais aussi dans des discothèques ou encore dans des lieux totalement aléatoires.

Alors qu'il est tombé en sommeil pendant un certain temps après que Rudy Giuliani a commencé à sévir contre la consommation de drogue effrénée à New York, le milieu nocturne new-yorkais, grâce à l'esthétique Club Kid a commencé à vivre une résurgence avec une toute nouvelle génération de clubbers et de DJ portés par la House Music qui commençait à envahir les dancefloor dès la seconde moitié des années 80.

Le film Party Monster avec Macaulay Culkin sorti en 2003 se base sur l'histoire de ce mouvement qui lui-même s'inspire du livre autobiographique Disco Bloodbath écrit par James St James racontant leurs expériences sur cette période.

Toute la mode Club Kid est incroyablement avant-gardiste et androgyne par conception, cherchant à repousser les limites de la mode et de l'art, ayant une ambiance très punk/bricolage puisque ces conceptions exagérées étaient souvent faites à la main par le Club Kids eux-mêmes, les photos ci-dessous montrent quelques Club Kids avec une esthétique que j'imaginerai bien dans mes agglomérations cyberpunk.





1d10 que se passe t'il dans ce club ?

1 - Le club sert de couverture à un culte des anciens qui essaye de canaliser l'énergie des danseurs en transe pour réveiller leur dieu extraterrestre.
2 - Le club appartient en réalité à une élite vampirique qui y attire des proies.
3 - Le club sert de lieu de recrutement pour une secte satanique qui cherche des victimes à sacrifier.
4 - Le club abrite un portail vers la dimension des Cénobites.
5 - Le club abrite un trafic de drogue extraterrestres dans un but de contrôle des esprits des jeunes humains.
6 - Le club abrite un culte cannibale en recherche de viande fraîche.
7 - Le club sert de couverture à une activité de la mafia chinoise dirigée par un puissant sorcier désincarné qui pense pouvoir récupérer son enveloppe charnelle en épousant une Chinoise aux yeux verts, certaines jeunes filles correspondant à cette description ont disparue après être venues passer une soirée ici.
8 - Le club est dirigé en secret par une créature très ancienne, probablement un antique dragon.
9 - Le club est dirigé en secret par un ancien culte d'hommes serpents.
10 - Le club appartient à une méga-corporation qui y "recrute" des cobayes pour tester de nouveaux implants non homologués.

jeudi 30 avril 2020

Lecture : Jesus Elvis Junkie Blues - De GG Allin à Lux Interior, Nick Cave & Stu Spasm

Une petite lecture sympa dans les tréfonds du rock, celui que j'aime, parce qu'ici on parle de tout (ce qui m'intéresse)...




Que l'on n'attende pas de ce Jesus Elvis Junkie Blues une aimable hagiographie collectant les faits à la manière d'un universitaire critique-rock. Ici c'est un récit sauvage, punk et romantique, innervé par une écriture brûlante, dont le fil conducteur d'électricité, l'affection vasculaire, serait GG Allin, ce diable d'homme, de sa naissance à sa mort. Merle Leonce Bone y raconte cette vie indocile, à sa façon. Le lecteur, en état second, doit s'attendre, au rythme des dérives, à emprunter des portes, basculer et voyager à travers des visions, des anecdotes au factuel chirurgical, des géographies inquiétantes, où l'on y croise tant des figures tutélaires, Nick Cave, Kid Congo Powers, Rowland S. Howard, Blixa Bargeld, Theo Hakola ou Lydia Lunch, à la même enseigne, épique, que des maudits, artisans orfèvres de ce radical underground. Que l'on n'espère pas de ce Jesus Elvis Junkie Blues qu'il se fasse tour-opérateur, guide touristique sur les sentiers balisés d'une Histoire officielle morte, pourrie sous le botox. Ici c'est un hommage vibrant à la part la plus sombre, musique du Diable sous Haute Dépendance Stooges, Birthday Party, Scientists, Gun Club & Cramps, d'un certain Rock'n'roll possédé, tapi dans l'ombre, celui des caves, des cryptes, des garages, des marécages et des backrooms. Fruit de trente années d'une passion indéfectible, obsessionnelle, à dénicher des tubercules, creepy, sleaze & swamp, rares, Merle Leonce Bone y conte, néo-dada expressionniste, les scènes musicales de ceux qui, de la fin des années 70 aux années 80 et 90, à Melbourne, Berlin, Adelaide, Sydney, San Diego, Philadelphie, Prague ou Boston, ont dévoué leur vie et leur âme à l'hybridation dangereuse du blues, du rock urbain, de l'art brut, de la shooteuse et du voodoo. Ce qu'est aussi ce Livre d'essence Monstre : un cri de guerre esthétique conspuant l'hygiénisme bigot, consumériste, ambiant.