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lundi 29 mars 2021

Inspiration Bande Dessinée - Rebel...

Ce weekend, je me suis lu "Rebel", l'épopée de science-fiction post-punk de Pepe Moreno, qui se déroule dans les rues sauvages de New York, un classique inspiré de Max Max / Road Warrior et Escape From New York d'après son auteur.




Sur les traces artistiques de Moebius, Tanino Liberatore et Enki Bilal, Pepe Moreno livre ici un portrait brutal de New York dans un avenir qui ne l'a jamais été (l'histoire écrite en 1984 est censée se dérouler en 2002, on pourrait dire du coup, à notre époque, qu'elle se passe dans une réalité alternative). C'est un champ de bataille urbain, peuplé de parias et de marginaux "les rebelles" et leur guerre de guérilla contre les méchants pouvoirs en place... comme la police de l'assainissement, pour commencer, les skinheads qui sont à leurs bottes ou divers gangs concurrents.





Rebel, c'est une merveille de premier degré, une formidable série B où l'auteur, Pepe Moreno ne se refuse rien, 75 pages d'énergie hystérique dans un New York post apocalyptique. Une version plus récente à été sortie par l'auteur et les couleurs ont été adaptés pour rendre ça plus acceptable pour le public actuel. Personnellement je préfère largement la BD de 84 mais vous connaissez, fidèles lecteurs, mon penchant pour les visuels old-schools, ceux des années 70/80.




Je parlais récemment de Dark Conspiracy, on pourrait situé ces deux univers à la même époque. Dans Dark Conspiracy, des quartiers entiers échappent à l'autorité de la police qui ne s'y aventure que rarement, ici ce serait New York dans son intégralité. L'histoire se passe après une guerre civile aux USA qui a vu l'instauration d'une sorte de dictature militaire, en cheville avec (c'est sous-entendu) de grosses corporations. Les élites vivent dans une ville neuve, ultra technologique et les survivants des ruines de NY quand ils ne se livrent pas à différents affrontements sont pourchassés par les skinheads qui les refilent comme esclaves ou prisonniers à la police, ou se servent des malheureux pour de juteux trafics d'organes... Bref une BD qui sent bon son époque mais dans laquelle on retrouve certains thèmes finalement toujours très actuels. C'est tout à fait comme ça que j'imaginais mon mélange Post-Apo/Cyberpunk pour cette campagne là.

Pour finir, une petite Peel Session des Meteors que semblent particulièrement apprécier nos héros avec leur look Rockabilly / Psycho et les affiches de ce groupe qui ornent les murs de leur repaire, j'avais complètement oublié ce groupe et ça ne me rajeunit pas...


jeudi 30 avril 2020

Lecture : Jesus Elvis Junkie Blues - De GG Allin à Lux Interior, Nick Cave & Stu Spasm

Une petite lecture sympa dans les tréfonds du rock, celui que j'aime, parce qu'ici on parle de tout (ce qui m'intéresse)...




Que l'on n'attende pas de ce Jesus Elvis Junkie Blues une aimable hagiographie collectant les faits à la manière d'un universitaire critique-rock. Ici c'est un récit sauvage, punk et romantique, innervé par une écriture brûlante, dont le fil conducteur d'électricité, l'affection vasculaire, serait GG Allin, ce diable d'homme, de sa naissance à sa mort. Merle Leonce Bone y raconte cette vie indocile, à sa façon. Le lecteur, en état second, doit s'attendre, au rythme des dérives, à emprunter des portes, basculer et voyager à travers des visions, des anecdotes au factuel chirurgical, des géographies inquiétantes, où l'on y croise tant des figures tutélaires, Nick Cave, Kid Congo Powers, Rowland S. Howard, Blixa Bargeld, Theo Hakola ou Lydia Lunch, à la même enseigne, épique, que des maudits, artisans orfèvres de ce radical underground. Que l'on n'espère pas de ce Jesus Elvis Junkie Blues qu'il se fasse tour-opérateur, guide touristique sur les sentiers balisés d'une Histoire officielle morte, pourrie sous le botox. Ici c'est un hommage vibrant à la part la plus sombre, musique du Diable sous Haute Dépendance Stooges, Birthday Party, Scientists, Gun Club & Cramps, d'un certain Rock'n'roll possédé, tapi dans l'ombre, celui des caves, des cryptes, des garages, des marécages et des backrooms. Fruit de trente années d'une passion indéfectible, obsessionnelle, à dénicher des tubercules, creepy, sleaze & swamp, rares, Merle Leonce Bone y conte, néo-dada expressionniste, les scènes musicales de ceux qui, de la fin des années 70 aux années 80 et 90, à Melbourne, Berlin, Adelaide, Sydney, San Diego, Philadelphie, Prague ou Boston, ont dévoué leur vie et leur âme à l'hybridation dangereuse du blues, du rock urbain, de l'art brut, de la shooteuse et du voodoo. Ce qu'est aussi ce Livre d'essence Monstre : un cri de guerre esthétique conspuant l'hygiénisme bigot, consumériste, ambiant.


The Cramps - Surfin' Bird