Un Blog dans lequel je laisse libre cours à mes idées pour parler de Multivers, de Pop Culture, de Mondes Imaginaires, de Jeux de Rôle, de Musiques et de Cultures Alternatives ou non, de Romans, BD, Comics, Mangas..., de Films et Animés, de Jeux Vidéo, de Figurines, d’Illustrations et d’autres trouvailles et Geekeries qui me passent par la tête, m’intéressent, m’inspirent. Un Blog où j’aime à mélanger, mixer tout cela dans un flot d'articles où je vous invite à venir vous perdre...
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jeudi 17 janvier 2019
Jean Jacques Perrey - Mary France
L'une des musiques utilisées comme générique de fin de l'émission 101% sur RIP "Nolife".
jeudi 26 avril 2018
jeudi 19 avril 2018
Lecture - Nolife Story
Profitant des derniers jours de diffusion de la chaîne et pour garder un souvenir de celle-ci je viens de recevoir mon livre "Nolife Story" qui retrace les 5 premières années de celle-ci. Et pour ceux qui pense encore que c'était uniquement du jeux vidéo et du "Japon", il fallait voir la rediffusion de la soirée spéciale "Shadowrun" que la chaîne avait réalisé il y a quelques années (parmi tant d'autres sujets consacrés au Jdr). Une soirée avec des intervenants comme "Croc" par exemple montre que c'était aussi une chaîne de passionnés de Jdr et pas que... En tout cas la seule dans le paysage télévisuel français à traiter de ces sujets là d'une manière intelligente.
Le livre "Nolife story" de Florent Gorges est sorti chez Omaké books en juillet 2012. Sur un peu plus de 300 pages il nous fait revivre l'histoire extrêmement mouvementée et excitante de la première chaîne de télévision occidentale dédiée à la culture japonaise; j'ai nommée Nolife!
"Nolife, accessible depuis juin 2007 sur la plupart des box ADSL, n’est pas une télé comme les autres. Lancée par deux amis otakus plein de rêves insensés, la chaîne préférée des geeks et des amoureux du Japon a su braver les vents, surmonter les tempêtes et vaincre tous les typhons qui ont tenté de la faire sombrer. Revivez l’incroyable périple de Sébastien Ruchet et d’Alexandre Pilot et découvrez qu’il est encore possible aujourd’hui, avec travail, obstination, courage, entêtement, passion mais aussi chance, de concrétiser ses projets les plus fous !"
Le livre commence par onze pages couleurs avec des photos des principales émissions de la chaîne puis ensuite cinq pages de photos de l'équipe de la chaîne.
Ensuite, en neuf chapitres de 250 pages, on plonge dans la genèse d'une passion, dans la naissance douloureuse de la chaîne mais aussi dans le quotidien d'une équipe passionnée, soudée et qui a réussi à lancer la première chaîne de télé otaku/geek hors Japon!!!!!
Chapitre 1 - Sébastien Ruchet et Alexandre Pilot : passions parallèles...
Chapitre passionnant, surtout pour les plus de 30 ans, car on replonge dans les années 90 avec les premières conventions, les débuts d'Animeland, les premiers fanzines sur les mangas et dessins animés japonais ... C'était une époque où tout était à faire, où il fallait lutter contre les préjugés ("les japoniaiseries", "nippon ni mauvais"...), où la télé regorgeait de séries venues du Japon, où Internet n'existait pas et le Minitel permettait de communiquer avec des inconnus, une époque où il n'y avait pas de DVD mais d'ignobles VHS ... Ce qui est émouvant c'est de lire le parcours de Sébastien et Alex, leurs débuts dans le fanzinat, les premiers articles rédigés sur les mangas, l'arrivée à Paris... beaucoup se reconnaîtront dans ce parcours!
Chapitre 2 - De Game One à Pocket Shami...
Où on parle de MCM, de Matt Murdock, des premiers jobs rémunérés, de la découverte du monde de la télé par nos otakus, de la série sentai France Five. Et puis aussi de la création de la société Pocket Shami, des reportages réalisés sur le Japon mais aussi de la difficulté des vendre à une époque où ce pays n'a pas vraiment la côte. Tout cela est raconté avec un luxe de détails incroyable et avec de nombreuses interventions des acteurs de l'époque, qui sont très touchant par leur sincérité.
Chapitre 3 - La naissance de Nolife...
On est en 2006 et nos deux héros vont créer la chaîne Nolife sur le réseau de Free! On les suit pas à pas, étonnés de découvrir que lancer une chaîne en France sur l'ADSL est aussi simple. Et puis les premiers problèmes apparaissent, avec l'absence de publicité, l'absence de calcul de l'audimat, l'argent qui manque pour financer ce rêve... celui-ci va t-il virer au cauchemar?
Chapitre 4 - Compte à rebours pour Nolife...
Les derniers préparatifs, la course aux programmes qu'il faudra mettre à l'antenne, le recrutement d'animateurs, les allers/retours au Japon pour obtenir les droits de clips de Jpop... et un retard de six mois que personne n'a vu venir; le lancement prévu en janvier 2007 aura finalement lieu en juin 2007 mais dieu que cette attente fut pénible!
Chapitre 5 - Débuts houleux pour Nolife...
01/06/2007 - 21H, soirée de lancement de Nolife! On apprend dans le livre que pour Alex ce fut "la pire soirée de toute ma vie, vraiment!" tellement le stress et l'angoisse étaient grands que cette soirée ne soit pas réussie ou soit reportée une nouvelle fois. On aborde ensuite la première crise de juillet 2007, terrible crise financière car Nolife n'a déjà plus d'argent au bout d'un seul mois de diffusion! Pendant des années les problèmes financiers, de ressources, de moyens pourriront la vie de Nolife mais les forcera aussi à être solidaires, à se battre bec et ongles pour survivre et à la débrouille!
Chapitre 6 - Les secrets des programmes de Nolife...
Un chapitre consacré aux programmes de la chaîne, comment ils sont conçus, retenus parmi tous ceux qui sont proposés par les internautes, les demandeurs d'emploi... On apprend mille anecdotes sur Tôkyô Café, 101%, Chez Marcus, Nerdz, Superplay... bref, une mine d'or pour comprendre l'ADN de la chaine.
Chapitre 7 - Nolife, le tourbillon émotionnel...
Chapitre consacré à l'année 2008 où Nolife a frolé encore une fois de plus la mort! Pendant longtemps Nolife ne sera diffusée que sur l'ADSL et, manque de chance, Médiamétrie ne prends pas en compte ce canal pour ses mesures d'audience! Conséquence : Nolife ne sait pas si ses programmes sont regardés ou non!!!!! Impossible dans ce cas de démarcher les annonceurs pour espérer vivre de la publicité. Bon, l'arrêt de la chaine approche à grand pas quand, soudainement, tel un Deus Ex Machina, surgit Ankama, le preux chevalier blanc, qui va sauver Nolife d'une agonie interminable. Plus d'infos dans le livre, notamment sur le fameux canular de la mort de Nolife!
Chapitre 8 - Nouveau départ pour Nolife...
En 2008 Ankama a sauvé Nolife, tout simplement! Et puis l'été 2009 arrive, été pourri car Ankama doit se retirer de l'aventure Nolife pour diverses raisons... Les montagnes russes émotionnelles continuent pour Alex et Sébastien qui se demandent si l'aventure Nolife est viable ou si c'est seulement un doux rêve de passionnés. Il faut maintenant trouver du fric, vite, très vite, la chaîne est en train de mourir une nouvelle fois quand, idée de génie de l'équipe, Nolife Online est lancé avec un système d'abonnement permettant d'accéder aux anciennes émissions! Bravo les gars, excellente idée! Malheureusement, en attendant sa mise en place, il faudra se séparer de plusieurs membres de la chaîne pour faire des économies et ce fut un déchirement pour ceux qui durent quitter le navire. Mais bon, la vie continue et un jour arrive la divine surprise car Médiamétrie va enfin prendre en compte l'audience des chaînes diffusées sur l'ADSL!!!!!
Chapitre 9 - Table ronde Nolife
Discussions à baton rompus entre Sébastien, Alex, Thierry, Sylvain et Cyril de Nolife, l'histoire de la chaine, les hauts et les bas de cette incroyable histoire initiée par deux passionnés ayant consacré une grande partie de leur vie à la promotion de la culture populaire japonaise!
Bon, je pense que vous avez compris que cette biographie de Nolife se lit comme un merveilleux roman, avec ses espoirs, ses désillusions, ses histoires d'amitiés, ses petits et grands plaisirs et, incroyable, aucune trahison (pas de Milady, pas de Cardinal, pas de Judas...)!
Chapitre 1 - Sébastien Ruchet et Alexandre Pilot : passions parallèles...
Chapitre passionnant, surtout pour les plus de 30 ans, car on replonge dans les années 90 avec les premières conventions, les débuts d'Animeland, les premiers fanzines sur les mangas et dessins animés japonais ... C'était une époque où tout était à faire, où il fallait lutter contre les préjugés ("les japoniaiseries", "nippon ni mauvais"...), où la télé regorgeait de séries venues du Japon, où Internet n'existait pas et le Minitel permettait de communiquer avec des inconnus, une époque où il n'y avait pas de DVD mais d'ignobles VHS ... Ce qui est émouvant c'est de lire le parcours de Sébastien et Alex, leurs débuts dans le fanzinat, les premiers articles rédigés sur les mangas, l'arrivée à Paris... beaucoup se reconnaîtront dans ce parcours!
Chapitre 2 - De Game One à Pocket Shami...
Où on parle de MCM, de Matt Murdock, des premiers jobs rémunérés, de la découverte du monde de la télé par nos otakus, de la série sentai France Five. Et puis aussi de la création de la société Pocket Shami, des reportages réalisés sur le Japon mais aussi de la difficulté des vendre à une époque où ce pays n'a pas vraiment la côte. Tout cela est raconté avec un luxe de détails incroyable et avec de nombreuses interventions des acteurs de l'époque, qui sont très touchant par leur sincérité.
Chapitre 3 - La naissance de Nolife...
On est en 2006 et nos deux héros vont créer la chaîne Nolife sur le réseau de Free! On les suit pas à pas, étonnés de découvrir que lancer une chaîne en France sur l'ADSL est aussi simple. Et puis les premiers problèmes apparaissent, avec l'absence de publicité, l'absence de calcul de l'audimat, l'argent qui manque pour financer ce rêve... celui-ci va t-il virer au cauchemar?
Chapitre 4 - Compte à rebours pour Nolife...
Les derniers préparatifs, la course aux programmes qu'il faudra mettre à l'antenne, le recrutement d'animateurs, les allers/retours au Japon pour obtenir les droits de clips de Jpop... et un retard de six mois que personne n'a vu venir; le lancement prévu en janvier 2007 aura finalement lieu en juin 2007 mais dieu que cette attente fut pénible!
Chapitre 5 - Débuts houleux pour Nolife...
01/06/2007 - 21H, soirée de lancement de Nolife! On apprend dans le livre que pour Alex ce fut "la pire soirée de toute ma vie, vraiment!" tellement le stress et l'angoisse étaient grands que cette soirée ne soit pas réussie ou soit reportée une nouvelle fois. On aborde ensuite la première crise de juillet 2007, terrible crise financière car Nolife n'a déjà plus d'argent au bout d'un seul mois de diffusion! Pendant des années les problèmes financiers, de ressources, de moyens pourriront la vie de Nolife mais les forcera aussi à être solidaires, à se battre bec et ongles pour survivre et à la débrouille!
Chapitre 6 - Les secrets des programmes de Nolife...
Un chapitre consacré aux programmes de la chaîne, comment ils sont conçus, retenus parmi tous ceux qui sont proposés par les internautes, les demandeurs d'emploi... On apprend mille anecdotes sur Tôkyô Café, 101%, Chez Marcus, Nerdz, Superplay... bref, une mine d'or pour comprendre l'ADN de la chaine.
Chapitre 7 - Nolife, le tourbillon émotionnel...
Chapitre consacré à l'année 2008 où Nolife a frolé encore une fois de plus la mort! Pendant longtemps Nolife ne sera diffusée que sur l'ADSL et, manque de chance, Médiamétrie ne prends pas en compte ce canal pour ses mesures d'audience! Conséquence : Nolife ne sait pas si ses programmes sont regardés ou non!!!!! Impossible dans ce cas de démarcher les annonceurs pour espérer vivre de la publicité. Bon, l'arrêt de la chaine approche à grand pas quand, soudainement, tel un Deus Ex Machina, surgit Ankama, le preux chevalier blanc, qui va sauver Nolife d'une agonie interminable. Plus d'infos dans le livre, notamment sur le fameux canular de la mort de Nolife!
Chapitre 8 - Nouveau départ pour Nolife...
En 2008 Ankama a sauvé Nolife, tout simplement! Et puis l'été 2009 arrive, été pourri car Ankama doit se retirer de l'aventure Nolife pour diverses raisons... Les montagnes russes émotionnelles continuent pour Alex et Sébastien qui se demandent si l'aventure Nolife est viable ou si c'est seulement un doux rêve de passionnés. Il faut maintenant trouver du fric, vite, très vite, la chaîne est en train de mourir une nouvelle fois quand, idée de génie de l'équipe, Nolife Online est lancé avec un système d'abonnement permettant d'accéder aux anciennes émissions! Bravo les gars, excellente idée! Malheureusement, en attendant sa mise en place, il faudra se séparer de plusieurs membres de la chaîne pour faire des économies et ce fut un déchirement pour ceux qui durent quitter le navire. Mais bon, la vie continue et un jour arrive la divine surprise car Médiamétrie va enfin prendre en compte l'audience des chaînes diffusées sur l'ADSL!!!!!
Chapitre 9 - Table ronde Nolife
Discussions à baton rompus entre Sébastien, Alex, Thierry, Sylvain et Cyril de Nolife, l'histoire de la chaine, les hauts et les bas de cette incroyable histoire initiée par deux passionnés ayant consacré une grande partie de leur vie à la promotion de la culture populaire japonaise!
Bon, je pense que vous avez compris que cette biographie de Nolife se lit comme un merveilleux roman, avec ses espoirs, ses désillusions, ses histoires d'amitiés, ses petits et grands plaisirs et, incroyable, aucune trahison (pas de Milady, pas de Cardinal, pas de Judas...)!
dimanche 15 avril 2018
Otaku2Vice - Shnekketsu
Paroles :
Moguri :
Quand J'parle pose ton Gundam
Laisse Mazinger Z dans ta benz benz benz
Nous c'qu'on veut c'est l'or( moon) on est là pour la gagne
Tu croyais nous niquer mais tu t'es gourren Lagann
Fairy Tail est pris qui croyait prendre, Ghost in the cheh
J'note les 06 des Light Yagamiss dans mon carnet
Dans mon Patlaboratoire, deux doigts en crochet
Et dans toutes les Inu Yashattes c'est le Ranma rée
De Hellsing-ki à Bangkok comme Vinland Sagat
J'te casse comme un oeuf à la coque de combat
Après j'pars à la boulanj' j'm'achette une guette-ba
Cœurs avec les doigts comme les idols mais j'digresse man
Chaque semaine une nouvelle compo' pour ma family
On chille à l'académie des ninjas cuzzi
Dans la ferme célébrité avec Eve Angeli on
T'laisse galérer avec tes babe laides comme des faucons
Refrain :
Au nom des Captains Tsuba-shabs et des Yu-Gi hoes
On vient Card capturer toutes vos Hikaru no gows
On met des Galaxy coup d'press 999
On prend pas d'Gantz, Maison icocu avec ta meuf
Au non des Captains Tsuba-shabs et des Yu-Gi hoes
On vient Card capturer toutes vos Hikaru no gows
On met des Galaxy coup d'press 999
On prend pas d'Gantz, Maison icocu avec ta meuf
Medoc :
C'est le rap chip lourd, street tune, tu t'chies d'ssus,
J'fais un casse, t'as des thunes? j'suis loquace, t'avais pas prévu.
Sur mon 31, tel Ulysse, j'pose mon peu-ra
soit tu t'couche, soit tu payes mais pour voir mais tu touches pas
tu t'es pris pour kinniku, man, t'es qu'un kirikou,
Même pas besoin d'te clasher, sans rancune,
Pas de Haine, pas de Nen, pas de Ten, pas de Gyô, pas de zetsu
J'collectionne les meufs des harems d'akamatsu
En place, direction Vega
Ac'ta reuss, j'fais du goldorap devant ta mifa
Astéro H.I.P. H.O.P., pfulgure en transe frère
Demi-tour, demi-tour, 'esh
Contre braquage, sur ta meuf je drifte, comme initial D
Des mangas j'suis le maître: Crocodile se Dundee
Ouais t'as bien compris, ta collec', on s'en bat les couilles
Tu veux voir les sensei, y'a pas moyen tu douilles
Pour t'mettre à l'amende j'fais des analogies,
j'te laisse en galère comme le père à Shinji
Dans mon fauteil, doigts croisés, air pensif, déception,
Des lunettes qui reluisent comme par magie
Refrain :
Au nom des Captains Tsuba-shabs et des Yu-Gi hoes
On vient Card capturer toutes vos Hikaru no gows
On met des Galaxy coup d'press 999
On prend pas d'Gantz, Maison icocu avec ta meuf
Au nom des Captains Tsuba-shabs et des Yu-Gi hoes
On vient Card capturer toutes cos Hikaru no gows
On met des Galaxy coup d'press 999
On prend pas d'Gantz, Maison icocu avec ta meuf
Et vive NoLife...
samedi 14 avril 2018
Après-midi en mode Zombie et partie de Metal Slug
Comme plusieurs soirées cette semaine, j'ai passé mon samedi après-midi en mode Otaku à regarder les dernières heures de Nolife Zombie, entre un reportage sur la scène Démo et le Breakpoint 2008 (visible quelques part sur ce Blog si vous fouillez un peu, très intéressant), l'animation et les cours métrages (notamment sur Jérémie Périn le réalisateur de Lastman), le Hip-Hop et la Breakdance au Japon et plein d'autres surprises, j'ai aussi fais une petite partie de Metal Slug, ça s'accordait bien à l'ambiance avec Nolife Zombie en fond.

Metal Slug (1996)

Metal Slug (1996)
Ceux d’entre vous qui ont commencé dans les salles d’arcade, et attendu patiemment que les consoles et micros vendus au public puissent faire tourner des jeux s’approchant de ceux nourris en petite monnaie, se souviennent forcément de l’émotion ressentie lors de l’annonce de la sortie de la Neo Geo AES . Avec cette machine, SNK brisait d’un seul coup un tabou aussi vieux que les jeux vidéo eux-mêmes. Une console et une ligne de jeux d’arcade contenant le même hardware, voilà un évènement qui était à l’époque sans précédent. Mais si les jeux d’arcade à base de Neo Geo MVS ont connu un succès probant et incroyablement durable, la console Neo Geo n’a en revanche jamais vraiment pu s’imposer, en raison de son prix et de celui de ses jeux. Même si celui-ci a baissé durant la dernière partie de la carrière de la console, les première cartouches sorties, vendues 4 ou 5 fois plus cher que celles des consoles concurrentes, ne sont jamais vraiment sorties des mémoires. Tous ces problèmes bassement matériels ont longtemps détourné l’attention du public des jeux eux-mêmes, dont la qualité était le plus souvent excellente. Metal Slug se situe au sommet, parmi les meilleurs titres jamais sortis sur la machine.
Il s’agit d’un jeu d’arcade dans le grande tradition de ce qui se faisait à la fin des années 80. Un Contra-like, comme on aurait pu les appeler à l’époque en référence au jeu Contra de Konami, figurant un héros à pied capable de tirer dans toutes les directions et affrontant des tonnes d’ennemis dans un décor à scrolling multidirectionnel. Metal Slug est l’apogée de ce style de jeu, non par les innovations qu’il apporte, mais par la qualité très élevée de sa réalisation, son humour et sa jouabilité hors du commun.
Le héros du jeu rappelle un peu Duke Nukem par son look, mais semble se prendre un peu moins au sérieux puisqu’il a le sourire vissé aux lèvres en permanence. Ce n’est pourtant pas faute d’évoluer dans un environnement hostile : des centaines de soldats dont l’origine n’est pas précise (ils semblent un peu mats de peau et moustachus : des Cubains peut-être ?) veulent l’empêcher de libérer de pauvres otages ligotés et paraissant promis à une mort atroce. Notre héros peut utiliser différentes armes allant du simple pistolet au fusil lance-flammes en passant par le fusil-mitrailleur et le lance-roquettes, et se montre capable de tirer en l’air ou vers le bas lors d’un saut, le tout à une cadence effrénée. Il peut même lancer des grenades qui causent d’énormes dégâts chez l’ennemi. Lorsqu’il est acculé, il sort son couteau et tranche les gorges avec dextérité dans le plus pur style Shinobi, ce qui rend assez efficace la tactique couramment désignée chez les soldats à pied par l’expression "au paquet !". Lors de certains passages difficiles, un petit tank lui est alloué, qui donne son nom au jeu. Là, les choses deviennent plus sérieuses (enfin, façon de parler), le tank en question ayant la même maniabilité que son pilote : il peut se baisser, et même sauter ! … heu... hem… excusez-moi… je reprends : le tank a la particularité de ne tirer que dans la direction où il avance, c’est à dire que lorsque l’on fait demi-tour, la tourelle pivote en passant par une position verticale. Voilà qui n’est pas sans ajouter au jeu un aspect stratégique hautement porteur lors des situations délicates.
Bon, ne nous étendons pas sur les différentes phases de jeu, que vous découvrirez si vous avez l'occasion d'essayer le jeu. De toute façon, les gens de Nazca n’ont pas cherché l’inédit à tout prix, mais plutôt la surenchère. Il serait erroné de mettre Metal Slug dans le lot des jeux de plate-forme qui ont fait les beaux jours des consoles 16-bits. Il n’y a pas ici de passages secrets dissimulés à tous les recoins d’écrans, pas de 1ups à collectionner en début de partie, pas d’ambiance bucolique à la Mr Nutz, et surtout pas de personnages mignons à l’apparence inoffensive. On est dans l’action pure et dure, la baston de tous les instants, le ratatinage primaire du bouton de tir. En revanche, là où ce jeu fait la différence avec quasiment tous ses prédécesseurs, c’est par la façon dont il bouge. On pourrait presque parler de chorégraphie tant les sensations visuelles procurées sont instantanément identifiables et renvoient aux meilleurs jeux d’arcades. À l’écran, c’est un bouillonnement permanent, une véritable fourmilière, et le fait que le joueur ne soit jamais perdu, parvenant sans problème à gérer son héros aux mouvements pourtant assez variés, montre à quel point tout cela est maîtrisé. Pendant longtemps, seuls les jeux d’arcade ont offert un tel spectacle et lorsque deux ou trois personnes se tassaient derrière le joueur pour admirer, ce n’était pas sans lui procurer une sensation de triomphe qui valait bien l’argent dilapidé.
On l’a dit, le principal atout de Metal Slug réside dans ses graphismes et son animation. L’ensemble s’inscrit dans un style visuel BD d’une totale cohérence. Les personnages ont tous un look caricatural plutôt rigolo et les véhicules sont tous dans le même style. Tout a visiblement été crée à la main par des illustrateurs, puis digitalisé. Pas le moindre polygone en vue, donc. Les décors sont absolument somptueux, les plus beaux jamais vus dans un jeu de ce style. Il n’y a pas autant de plans de scrolling que dans certains jeux, mais l’impression de profondeur est très bien rendue par le travail graphique. L’animation atteint le même degré de perfection, avec une profusion de sprites différents pour chaque personnage, chaque explosion, chaque projectile. Même la fumée s’échappant des explosions est animée avec un grand souci du détail. Les ennemis changent d’attitude en fonction des circonstances. Ils se mettent à paniquer lorsque le héros prend le dessus au moyen d’une grosse arme mais, si celui-ci est touché et meurt, se tordent de rire. Leur mort est représentée d’une façon différente pour chaque arme, mais toujours à la frontière entre le gore et l’humour. Pour vous donner un point de repère, l’animation des sprites atteint le niveau de celle de Diablo, sans problème. Les ennemis sont grosso-modo les mêmes tout au long du jeu, mais en revanche les véhicules qu’ils emploient changent et les boss occupent au minimum la moitié de l’écran.
La bande sonore est sans surprise. La musique n’est pas géniale, lourdement inspirée du thème de Back to the future et très répétitive d’un niveau à l’autre. De toute façon, elle est couverte par les explosions. Une voix ponctue l’action en annonçant l’acquisition des armes, le début et la fin des 6 niveaux ou la libération des prisonniers, ce qui est encore une constante des bons vieux jeux d’arcade. Bien sûr la voix bégaie lorsqu’on libère plusieurs prisonniers d’un coup, ce qui ajoute encore au plaisir de la chose.
Quant à la jouabilité et la difficulté du jeu, il faut encore une fois cadrer le débat. Il s’agit d’un jeu destiné aux salles d’arcades, c’est à dire que le but est de provoquer l’insertion de pièces dans le monnayeur tout en évitant le découragement du joueur. En plus, comme pour tous les jeux d’arcade, un menu technique en principe non accessible au joueur permet de régler la difficulté et le nombre de vies (et d’autres paramètres, comme la fonction gore). Dans l’ensemble, avec les paramètres mis au plus bas, un joueur expérimenté peut finir le jeu avec un seul crédit sans trop de difficulté. Pour ce qui est de la version console, 4 crédits, pas un de plus, sont alloués au joueur, et les réglages précédents sont inaccessibles.
Metal Slug 2 (1998)
Metal Slug 2 (1998)
Devant le tonnerre d’applaudissements provoqué par l’apparition de Metal Slug, une suite a été aussitôt mise à l’étude, et la Neo Geo, après des années de spécialisation dans le jeu de baston en 2d, s’est vue nantie d’une franchise à succès d’un autre style, ce qui est tout à son honneur. Metal Slug était déjà, avec 26Mo de données, le plus gros jeu développé sur Neo Geo et, on pouvait le supposer, le jeu le plus spectaculaire pouvant tourner sur cette console. Pour faire mieux, Metal Slug 2 pèse 44 Mo et parvient, d’une courte tête, à surpasser son aîné, non pas en améliorant une réalisation déjà mirifique mais en apportant son lot de nouveautés. Cette fois, quatre héros sont disponibles, au choix, celui du premier épisode, plus un compère et deux jeunes filles, et le jeu introduit la possibilité de voir le héros dirigé se transformer, ce qui deviendra une constante dans les épisodes suivants. Ici, les transformations se limitent à la momie (dans le niveau 2 seulement, au contact des ennemis) et l'obésité (dans tout le jeu, en cas d'ingestion massive des portions de nourriture disséminées dans les niveaux). Dans les deux cas le gameplay change radicalement, pour plus de difficulté bien sûr, avec à la clé une mobilité réduite, l'impossibilité de combattre au couteau et des armes à la cadence altérée. Des antidotes aux transformations existent, mais en général on meurt bien avant de les atteindre...
Dans l’ensemble le jeu se caractérise par sa variété : rien n’est pareil du début à la fin et un semblant de scénario se profile en fin de parcours. Chacun des 6 niveaux se passe dans un pays différent, et l’ambiance change souvent. On passe d’une cité orientale à une ambiance vietnamienne, des pyramides égyptiennes infestées de momies purulentes à une station de métro typiquement américaine. Par ailleurs, aux habituels soldats ennemis, dont le nombre de types différents est plus élevé, viennent s’ajouter des créatures extra-terrestres absolument effrayantes, dont les hypothétiques origines humanoïdes trouvent une explication lors du combat contre le boss final. On note également dans cet épisode l'accentuation d'une tendance qu'on associera dès lors à la série : la résistance monstrueuse des boss. Chaque combat de fin de niveau est un marathon et représente de ce fait un pic de difficulté.
Les graphismes sont de la même veine que ceux du premier épisode, mais la bande sonore est beaucoup plus réussie. Cette fois les musiques, excellentes, changent à chaque niveau et soulignent l’ambiance graphique, avec une mention spéciale pour celle de la station de métro qui régale par son ambiance rock très seventies.
Metal Slug 3 (2000)
Metal Slug 3 (2000)
Ce troisième épisode est sorti sur la fin de la carrière de la Neo Geo, et c’est un jeu plutôt rare que je n’ai pas pu essayer. Selon les articles trouvés, le jeu est pratiquement deux fois plus gros que le deuxième épisode, et les photos d’écrans nous montrent que le style graphique est toujours le même (pourquoi changerait-il ?).
Le staff des persos est le même, mais les décors changent du tout au tout : on commence sur une plage envahie de crabes et d'insectes, pour arriver dans les entrailles d'un vaisseau Alien géant (en étant passé par une zone envahie de zombies, une base ennemie, et même un passage dans l'espace !). La diversité est au rendez-vous. Il est à noter que si les 5 premiers niveaux se parcourent assez facilement (les boss sont toujours aussi beaux), le 6eme est totalement monstrueux. J'ai estimé qu'il devait être aussi long que les 5 autres mis bout-à-bout ! La grande nouveauté de ce 3eme opus est la possibilité de choisir son chemin à travers les niveaux. En effet, chaque niveau propose des embranchements qui mènent tous au boss, mais diffèrent totalement. Exemple : on débute dans un désert, puis 3 choix s'offrent à nous : on peut passer par dessus une sorte de pyramide (on affrontera des plantes carnivores), passer à l'intérieur (plantes carnivores puis soldats du Moyen Orient) ou alors en dessous (où l'on aura à exploser des montagnes de vers de terre !).
Voilà qui donne un petit avant-goût de la diversité graphique de MS3. Évidemment, de nouvelles armes et de nouveaux véhicules sont présents (parmi lesquels le Slug Mariner et même l'Eléphant Slug !) et aussi de nouveaux ennemis plus retors. En conclusion c'est, pour moi, le meilleur de la série avec Metal Slug X. Dernier petit détail amusant : MS3 est truffé de références aux épisodes précédents, ce qui est assez sympa pour tous ceux ayant joué aux autres.
Signalons aussi Metal Slug X, qui se présente comme une sorte de remix de Metal Slug 2 avec des petits changements graphiques dans les décors (l'action se passe au coucher du soleil, et non de jour), une animation plus fluide et un niveau supplémentaire.
Metal Slug dans mon Multivers, ce serait quoi, un mélange de films d'action 80, de groupes militaires bien Pulp, de zombies, d'extraterrestres, de savants fous dans leurs laboratoires et certains décors entre Alien ou Indiana Jones... Rien à rajouter, tout est dit pour m'imaginer mener une aventure en mode Metal Slug.
vendredi 13 avril 2018
Pour mieux comprendre, lisons le Président
Je reviens encore un peu dessus parce que cette semaine j'ai du mal à penser à autre chose (à part le boulot).
Pour mieux comprendre, le mieux c'est de lire Sébastien Ruchet le Président de Nolife dans ce Post sur le Forum de la Chaîne (tant qu'il existe encore).
Je vais donc faire un résumé de ce qui s'est passé avec les chiffres en main.
Les causes de l'arrêt de Nolife sont, dans cet ordre d'importance : la TNT, la crise, et la lente mais inéluctable mutation du secteur télévisuel.
Nolife est ce qu'on appelle une chaîne thématique, c'est à dire spécialisée. C'est aussi ainsi que l'on appelle toutes les chaînes qui n'émettent que sur le câble / sat / adsl.
Au niveau des audiences, vous savez que Mediametrie n'a mesuré la diffusion sur ADSL qu'à partir de 2010. Sans cet outil statistique, pas de vente de publicité possible à grande échelle.
Bien sûr on a essayé de vendre de la pub avant cela, y arrivant quelques fois mais trop peu.
Oui, cela a été long et difficile d'attendre que l'audience de l'ADSL soit mesurée.
Mediametrie est une société qui est détenue par les acteurs du marché, autant les diffuseurs que les chaînes. Les décisions prises sont donc le fruit d'un consensus et de débats parfois longs. Pour la mesure de l'ADSL, qui aurait pu intervenir plus vite, de ce que j'ai entendu c'étaient les diffuseurs qui poussaient pour son intégration et les chaînes hertziennes historiques qui rechignaient, de peur de voir leur audience diminuer. Bref, il y a donc des raisons pour lesquelles cela prend du temps.
Une vérité sur la mesure statistique de l'audience est que le résultat dépend en très grande partie du numéro de canal. Plus il est bas, plus les gens peuvent zapper sur la chaîne.
Nolife a eu la chance de commencer sur Free sur le canal 32, ce qui est un chiffre très bas (donc très bon). Et les premières mesures d'audience ont été assez fantastiques. Il y a eu des réajustements par la suite, et des baisses... Suivant l'augmentation du numéro de canal, en fait. Mais globalement, il est faux de dire que Nolife a eu un problème d'audience ou que la musique japonaise était un souci pour l'antenne.
Aujourd'hui encore, je croise des gens du monde de la télé thématique qui m'avouent avoir été très envieux de nos résultats.
Pourquoi est-ce que je ne donne pas de chiffre ? Parce que c'est un vrai métier de les interpréter, et que de fausses idées s'installent très vite.
Je peux vous dire que des centaines de milliers de personnes ont suivi de manière fidèle nos émissions. Que les espaces publicitaires de Nolife ont été vendus en "premium" aux annonceurs.
L'audience de Nolife a, globalement, toujours été très mixte, quasiment moitié moitié. Et elle avait aussi l'avantage d'avoir été fortement concentrée sur une génération, les 15-34 ans, qui a suivi la chaîne, devenant plutôt 25-49 sur la fin...
C'était un gros plus pour les annonceurs, et cela a permis d'obtenir de belles campagnes de pub. Pour info, le plus gros annonceur de Nolife a été l'Oréal, en 2013. Mais bien sûr c'étaient loin d'être les seuls.
Sur les problèmes, maintenant.
La TNT a chamboulé beaucoup de choses dans le milieu de la télé. Elle a pris beaucoup d'audience aux chaînes hertziennes, mais aussi aux thématiques. Au final, les thématiques représentaient une part d'environ 10% du marché de la pub télé (toutes les chaîne thématiques confondues, hein), diminuant de 0,1 à 0,2% tous les 6 mois. Dur.
Bien sûr la TNT date d'avant Nolife. Mais l'apparition de nouvelles chaînes sur la TNT fin 2012, c'était encore un choc à encaisser pour le cab/sat/adsl.
On a vu à ce moment pas mal de marques lâcher complètement les chaînes thématiques pour annoncer uniquement sur la TNT.
Ensuite, il y a la crise. En 2014. Diminution drastique des budgets publicitaires : forcément, le budget marketing est toujours le premier à être diminué.
On l'a vécu alors même qu'on était enfin installés sur le marché de la pub télé, et comme vous avez pu le voir, ça a fait mal.
Enfin, il y a la lente mais inéluctable mutation du secteur. C'est un peu comme la presse, mais beaucoup moins visible, en fait.
Avec la presse, tout le monde voit que les petits journaux s'arrêtent, mais en télé, il y a beaucoup de rachats, de concentration, et peu d'indépendants qui arrêtent.
Mais évidemment toutes les chaînes souffrent des problèmes suscités. Même les chaînes de la TNT, qui fonctionnent avec des gros budgets, auraient beaucoup de mal à s'y retrouver.
Cette mutation, c'est la concurrence du numérique sur le marché publicitaire, surtout Facebook et Youtube.
Et aussi les nouveaux usages, comme le rattrapage des émissions en replay (noco en faisant bien sûr partie), ou encore Molotov. De ce qu'on a su, on a réalisé d'excellents scores chez Molotov.
Mais ni le replay (hors celui des boxs dans un certain délai, ce qui n'est pas notre cas) ni Molotov ne sont comptés dans les résultats d'audience. Cela n'aide donc pas, et Nolife n'avait pas la trésorerie pour tenir le temps que des évolutions technologiques de Médiamétrie permettent de prendre cela en compte.
Quand je résume le fond de ma pensée pour parler de l'arrêt de Nolife, je dis que la télévision gratuite est devenue trop difficile.
Il est devenu impossible pour une chaîne thématique indépendante de vivre de la pub télé, même en serrant les budgets au maximum, et malgré la présence en renfort de l'option d'abonnement en ligne (NO / noco).
J'espère que vous comprenez mieux le contexte."
Pour mieux comprendre, le mieux c'est de lire Sébastien Ruchet le Président de Nolife dans ce Post sur le Forum de la Chaîne (tant qu'il existe encore).

"Ah, ça y est, le moment des critiques commence. Bien sûr, Nolife a dû s'arrêter, au bout de 11 ans... Mais je sens que les spéculations sans fondement vont m'agacer.
Je vais donc faire un résumé de ce qui s'est passé avec les chiffres en main.
Les causes de l'arrêt de Nolife sont, dans cet ordre d'importance : la TNT, la crise, et la lente mais inéluctable mutation du secteur télévisuel.
Nolife est ce qu'on appelle une chaîne thématique, c'est à dire spécialisée. C'est aussi ainsi que l'on appelle toutes les chaînes qui n'émettent que sur le câble / sat / adsl.
Au niveau des audiences, vous savez que Mediametrie n'a mesuré la diffusion sur ADSL qu'à partir de 2010. Sans cet outil statistique, pas de vente de publicité possible à grande échelle.
Bien sûr on a essayé de vendre de la pub avant cela, y arrivant quelques fois mais trop peu.
Oui, cela a été long et difficile d'attendre que l'audience de l'ADSL soit mesurée.
Mediametrie est une société qui est détenue par les acteurs du marché, autant les diffuseurs que les chaînes. Les décisions prises sont donc le fruit d'un consensus et de débats parfois longs. Pour la mesure de l'ADSL, qui aurait pu intervenir plus vite, de ce que j'ai entendu c'étaient les diffuseurs qui poussaient pour son intégration et les chaînes hertziennes historiques qui rechignaient, de peur de voir leur audience diminuer. Bref, il y a donc des raisons pour lesquelles cela prend du temps.
Une vérité sur la mesure statistique de l'audience est que le résultat dépend en très grande partie du numéro de canal. Plus il est bas, plus les gens peuvent zapper sur la chaîne.
Nolife a eu la chance de commencer sur Free sur le canal 32, ce qui est un chiffre très bas (donc très bon). Et les premières mesures d'audience ont été assez fantastiques. Il y a eu des réajustements par la suite, et des baisses... Suivant l'augmentation du numéro de canal, en fait. Mais globalement, il est faux de dire que Nolife a eu un problème d'audience ou que la musique japonaise était un souci pour l'antenne.
Aujourd'hui encore, je croise des gens du monde de la télé thématique qui m'avouent avoir été très envieux de nos résultats.
Pourquoi est-ce que je ne donne pas de chiffre ? Parce que c'est un vrai métier de les interpréter, et que de fausses idées s'installent très vite.
Je peux vous dire que des centaines de milliers de personnes ont suivi de manière fidèle nos émissions. Que les espaces publicitaires de Nolife ont été vendus en "premium" aux annonceurs.
L'audience de Nolife a, globalement, toujours été très mixte, quasiment moitié moitié. Et elle avait aussi l'avantage d'avoir été fortement concentrée sur une génération, les 15-34 ans, qui a suivi la chaîne, devenant plutôt 25-49 sur la fin...
C'était un gros plus pour les annonceurs, et cela a permis d'obtenir de belles campagnes de pub. Pour info, le plus gros annonceur de Nolife a été l'Oréal, en 2013. Mais bien sûr c'étaient loin d'être les seuls.
Sur les problèmes, maintenant.
La TNT a chamboulé beaucoup de choses dans le milieu de la télé. Elle a pris beaucoup d'audience aux chaînes hertziennes, mais aussi aux thématiques. Au final, les thématiques représentaient une part d'environ 10% du marché de la pub télé (toutes les chaîne thématiques confondues, hein), diminuant de 0,1 à 0,2% tous les 6 mois. Dur.
Bien sûr la TNT date d'avant Nolife. Mais l'apparition de nouvelles chaînes sur la TNT fin 2012, c'était encore un choc à encaisser pour le cab/sat/adsl.
On a vu à ce moment pas mal de marques lâcher complètement les chaînes thématiques pour annoncer uniquement sur la TNT.
Ensuite, il y a la crise. En 2014. Diminution drastique des budgets publicitaires : forcément, le budget marketing est toujours le premier à être diminué.
On l'a vécu alors même qu'on était enfin installés sur le marché de la pub télé, et comme vous avez pu le voir, ça a fait mal.
Enfin, il y a la lente mais inéluctable mutation du secteur. C'est un peu comme la presse, mais beaucoup moins visible, en fait.
Avec la presse, tout le monde voit que les petits journaux s'arrêtent, mais en télé, il y a beaucoup de rachats, de concentration, et peu d'indépendants qui arrêtent.
Mais évidemment toutes les chaînes souffrent des problèmes suscités. Même les chaînes de la TNT, qui fonctionnent avec des gros budgets, auraient beaucoup de mal à s'y retrouver.
Cette mutation, c'est la concurrence du numérique sur le marché publicitaire, surtout Facebook et Youtube.
Et aussi les nouveaux usages, comme le rattrapage des émissions en replay (noco en faisant bien sûr partie), ou encore Molotov. De ce qu'on a su, on a réalisé d'excellents scores chez Molotov.
Mais ni le replay (hors celui des boxs dans un certain délai, ce qui n'est pas notre cas) ni Molotov ne sont comptés dans les résultats d'audience. Cela n'aide donc pas, et Nolife n'avait pas la trésorerie pour tenir le temps que des évolutions technologiques de Médiamétrie permettent de prendre cela en compte.
Quand je résume le fond de ma pensée pour parler de l'arrêt de Nolife, je dis que la télévision gratuite est devenue trop difficile.
Il est devenu impossible pour une chaîne thématique indépendante de vivre de la pub télé, même en serrant les budgets au maximum, et malgré la présence en renfort de l'option d'abonnement en ligne (NO / noco).
J'espère que vous comprenez mieux le contexte."
jeudi 12 avril 2018
Pour mieux comprendre lisons et écoutons ceux qui y étaient...
Pour mieux comprendre lisons et écoutons ceux qui y étaient...
"Nolife était trop en avance sur son temps"
C'était la dernière partie. "Nolife", la chaîne de toutes les cultures g33k, s'est éteinte. Récit passionné d'une "non-vie" en compagnie de celui qui fut l'une de ses plus iconiques figures : l'inénarrable nerd Davy Mourier.

"Nolife était trop en avance sur son temps"
C'était la dernière partie. "Nolife", la chaîne de toutes les cultures g33k, s'est éteinte. Récit passionné d'une "non-vie" en compagnie de celui qui fut l'une de ses plus iconiques figures : l'inénarrable nerd Davy Mourier.
Fini de jouer, Nolife s'est envolée. L'annonce a été faite un premier avril , comme une de ces blagues potaches qui faisaient l'identité de cette chaîne de télé bien secouée où s'entrecroisaient images pop, cultures japonaises, gaming et comic books. Une procédure de liquidation judiciaire met fin à onze années passées à défendre les modes d'expression populaires et alternatifs, en un tout foutraque compilant émissions culturelles, sketchs, fictions, analyses et (auto)dérision. Comme une sorte de gros zapping pour nerds, annonçant tout un pan de la création YouTube frenchie. Un MTV indé, oscillant entre bouts de ficelle, érudition et clips de J-pop malaimés.
"Nolife, c'est la télé pour les geeks, les fans de jeux vidéo, d'animation, d'informatique, de j-music", peut-on lire sur le site web de la chaîne. Oui, mais c'était un peu plus que ça. Présentateur emblématique de cette agora geek, acolyte devant l'éternel du tout aussi familier Monsieur Poulpe, l'auteur/scénariste/comédien Davy Mourier (bien connu des fans du collectif Golden Moustache) nous dit tout sur cette "non-vie".
Tu as animé plusieurs émissions sur Nolife : le magazine 101 %, le talk-show J'irais loler sur vos tombes (avec Monsieur Poulpe), l'émission de bandes dessinées Roadstrip, le "courrier des lecteurs" Le Coin des abonnés...Comment et quand as tu débarqué sur ce projet un peu fou de chaîne télévisée ?
Depuis 1999-2000 je traînais pas mal dans le milieu des salons de bandes dessinées et des festivals de culture geek et otaku, type Japan expo. C'est là que j'ai découvert les films amateurs d'Alex Pilot, futur cofondateur et directeur des programmes de Nolife : il s'est forgé une petite réputation en shootant des films chez lui, où il se déguisait en super héros, en icône japonaise, avec tout ce mix de sous culture qui ensuite fera Nolife. J’étais tombé sur ses créations en zappant sur la chaîne de télévision Game One. Je me suis dit qu’il fallait à tout prix que je fasse ca : des sketchs dans l’esprit des Nuls et des Inconnus, mais influencés par des comics, dessins animés et jeux vidéo comme Batman et Robin et Resident Evil, des trucs de geeks qu'on pourrait diffuser dans les festivals de films amateurs.
Avec Didier Richard et Rémy Argaud, j'ai donc créé en 2000 l'association 'Une case en moins', pour diffuser des courts-métrages sur Internet. On s’est fait connaître en conventions, on a remporté quelques prix, on s’est fait repérer par Game One...Puis un jour on se fait contacter par Alex Pilot. Lors d'une soirée, il nous dit qu’il s’est rendu compte d'un truc formidable : avec mille euros par mois, on peut diffuser nos propres programmes sur une box ADSL, et sur notre propre chaîne !...Sébastien Ruchet et Alex Pilot ont donc eu l’idée de Nolife en 2006-2007 et la chaîne s’est finalement lancée le premier juin 2007. On leur a filé nos 110 courts métrages amateurs pour qu'ils les diffusent. Faire vingt quatre heures d'émissions par jour c’était impossible, ils se sont donc lancé un but : proposer au moins une heure de nouveaux programmes par jour.
A l’époque je regardais énormément Friends. J’avais envie de faire une série geek de cinq, six minutes maximum : on a donc créé avec Didier Richard et Monsieur Poulpe la première saison de Nerdz, shootée sur le canapé de mon salon, pour un budget d'à peu près zéro euro. Une série nerdy d'avant The Big Bang Theory !
Que représentait alors Nolife a tes yeux ?
C’était comme un rêve auquel on n'avait pas rêvé. (il rit). De nos canapés, on aurait pas pu imaginer le quart de ça : des potes qui lancent une chaîne de télé, et tu te retrouves dessus...Dès le début, j’ai été voir Alex et lui ai dit que j’avais toujours rêvé d'être animateur télé. Il m’a dit qu’il y aurait sur Nolife une sorte de journal de 20h baptisé 101 %. Je me suis donc mis à l'animer un jour sur deux. Tu imagines ? C’est surréaliste ! Je suis petit, chauve, loin d’être le plus beau mec du monde. Je suis un geek. Bref, je n'imaginais pas animer une émission de télé un jour dans ma vie.
Nolife arrive à l’heure de la box ADSL et des forums geek, de Dailymotion, deux ans seulement après la création de YouTube, alors que la culture comic books est mieux comprise en France...Ne débarque-t-elle pas au bon endroit au bon moment ?
Nolife était un média précurseur, la première chaîne à diffuser de la musique japonaise à la télévision française, à mettre en avant le "hardcore gaming" avec l'émission Superplay... Bien avant la mode mondiale de l’e-sport, les vidéos de let’s play qui envahiront les plateformes de vidéos, et bien avant la création des services de streaming populaires comme Twitch ! Nolife était à la fois dans l’air du temps et trop en avance. C’est une chaîne qui a influencé tout un pan de la création du YouTube français mais sans parvenir à concurrencer YouTube. Ironiquement, Nolife n’a pas survécu à YouTube, qui proposait le meme type de contenus gratuitement et massivement. Youtube a fait beaucoup d’ombre à Nolife.
La particularité de Nolife c’était ce croisement entre la "télé de potes" underground (tendance Wayne’s World), la joie des libres antennes des années 90, et cet aspect "vivier à clips" à la MTV…Ce cocktail n’a-t-il pas dérouté ?
Nolife était un sentier télévisuel assez abscons pour beaucoup, une forme d’expression vraiment punk à sa manière. ! La première fois que les gens sont tombés dessus ils se sont dit “mais qu’est ce que c’est que ça ?!” (il rit). Marcus (figure iconique de la chaîne Game One et animateur sur Nolife de Chez Marcus) m’avait assuré : “‘c’est la seule chaîne de télé où les animateurs portent des t shirts et ont les dents jaunes !”. L’idée d’Alex Pilot n'était pas de faire dans le glamour, mais d’offrir l’antenne à des gens qui savent de quoi ils parlent.
Avec Nolife, on jouait avec le fait qu’on n’avait jamais de pognon. On ne cachait rien aux gens. On leur a montré que la télévision, ce n’était pas que des paillettes, alors que même sur YouTube aujourd’hui, tu retrouves cette nécessité très télévisuelle du “paraître”. Mais c’était tout l’inverse qui se passait sur Nolife, on ne trompait personne. Pour J’irais loler sur vos tombes, on avait pas d’argent pour le décor...Tant pis ! On l’a fait avec des bouts de carton et des marqueurs.
Nolife arrive quasiment dix ans après le lancement de Game One, l'une des premières chaînes de télévision française consacrées aux jeux vidéo. Peut-on l'envisager comme son enfant spirituel, un sale gosse un peu turbulent ?
Beaucoup de ceux qui ont fait Nolife ont commencé sur Game One. Mais Nolife n’était pas une resucée, la chaîne est née d’une toute autre volonté : le Japon ! Amener les gens à connaître la culture japonaise. Puis en revenir à tout ce que n’a pas une chaîne déjà bien installée, à savoir ce côté do it yourself sans pognon, on l’on s’amuse à la télévision, où l’on fait n’importe quoi à l’antenne, en restant toujours juste et méticuleux dans ce que l’on raconte.
Nolife proposait un choix varié d'animés en version originale sous-titrée (City Hunter, Berserk...) et a diffusé des chef d'oeuvres du genre commeParanoïa Agent ou Samurai Champloo. N'y avait il pas ce besoin libératoire d’explorer la culture japonaise tout en s’éloignant le plus possible du Club Dorothée ?
Ne parle surtout pas à Sébastien Ruchet et Alexandre Pilot du Club Dorothée ! Pour eux c’est le gangbang de l’animation japonaise ! (rires) Avec toutes ces chansons changées en VF, ces adaptations horripilantes et horrifiantes de séries animées. Nolife représente justement l’arrivée à la télévision de gens conscients et décus de tout ce qui a précédé, et qui l’affirment : “avec nous, ce ne sera pas comme ça”. On s’est dit qu’il ne fallait pas prendre les gens pour des cons.
Aujourd'hui encore, les chaînes de télé diffusent des choses sans savoir ce qu’elles diffusent. Si un dessin animé marche, elles vont le diffuser n’importe comment et pour de mauvaises raisons, sans savoir ce qu’elles diffusent. A Nolife, quand un animé ou un extrait de jeu vidéo était diffusé, on connaissait le nom de son compositeur, on le rencontrait parfois. Chaque série était choyée, aimée au préalable. Nolife n’avait pas d’argent, mais du temps, ce qui est une denrée rare à la télévision. Après, le manque de moyens avait ses avantages puisqu’il te force à imaginer, et façonne la débrouille. Moins tu as de moyens, plus tu es obligé d’inventer.
La situation économique de Nolife semblait des plus fragiles (redressement judiciaire en 2016, baisse des revenus publicitaires au fil des années, fuite progressive des investisseurs, etc). As-tu toujours eu l'impression que la chaîne était sur la corde raide, prête à fermer les portes le mois qui suivait ?
A Nolife, on n’avait pas de pognon du tout. La majorité des membres de l’équipe avait un boulot à côté. Entre 2007 et 2009 j’étais directeur artistique pour l’éditeur de dessins animés japonais Kaze. Quand ma journée de taf se terminait à 18h, je prenais le métro, j’allais à Nolife, et de dix huit heures à minuit, je bossais pour la chaîne. Les week end aussi. Mais en fait, on ne travaillait même pas, on faisait ce que l’on avait envie de faire, ce que l’on devait faire. Ça a duré deux ans, puis j’ai quitté Kaze quand la boîte Ankama a pu mettre de l’argent dans Nolife.
Durant deux ans j’ai donc fait animateur, créateur d’émissions, réalisateur, je m’occupais des mangas, de la pub. J’ai conçu le premier logo et la première pub de Nolife. On se démerdait entre nous, avec le peu que l’on avait, chacun faisait quatorze trucs différents. Nolife a commencé à grossir, grossir, grossir, mais toujours avec ces mêmes soucis d’annonceurs et de revenus publicitaires.
Nolife a eu une vie tumultueuse, d'abord sauvée de la déroute par l'arrivée de la société Ankama comme nouveau partenaire financier, puis par le financement participatif des fidèles abonnés...Crois-tu que cette finalité qui est la sienne aujourd'hui aurait pu être évitée ?
Nolife a toujours été sur la corde raide. Dans ces cas de fragilité économique, tu ne peux pas acheter de programmes donc c’est compliqué de concurrencer. Quand les let’s play sont arrivés sur YouTube, la chaîne a été dépassée. On aurait du faire plus tôt des émissions en direct, mais on n’avait pas encore assez d’argent. Certaines choses sont arrivées trop tard et d’autres trop tôt…Avec le recul, je pense qu’on aurait du proposer une chaîne payante.
Nolife proposait une multitude d'univers : culture comics, apprentissage du japonais, débats sur les jeux vidéo, cosplay, jeux de société, etc. Mais malgré sa patine pop, la chaîne ne s'est-elle pas cantonnée à un public de niche, ce qui lui a causé tort ?
Ce n’est que mon avis, mais je crois que Nolife aurait du davantage explorer l’univers du jeu vidéo, qui est plus ouvert et fédérateur, plutôt que d’insister sur les clips de J-pop (la musique pop japonaise). On s’en rend compte aujourd’hui. Plein de gens nous disaient à l’époque : “ah non, je ne regarde pas Nolife, chaque fois que je zappe, je tombe sur des clips de J-music !”. C’était quasiment devenu un running gag. La J-pop a toujours été et reste, en France, une culture de niche.
L’autre aspect de Nolife qui aurait pu être développé avec plus d’argent, c’est sa richesse en terme de web séries (Noob, Nerdz, Le visiteur du futur)...Si on avait un peu de pognon on aurait pu être les Studio 4 d’avant Studio 4 (la plateforme de webséries de France Télévisions) : diffuser plus de fictions avec de l’humour et de l’imaginaire. Cela aurait permit d’élargir le public. Mais cela coûtait trop cher.
Aujourd’hui, par leur rythme dynamique, leur format incisif, leur humour référentiel, certaines émissions qu’a pu proposer Nolife nous apparaissent comme intensément web. N’est ce pas curieux de penser la chaîne sous la seule optique de la télévision ?
Monsieur Poulpe et moi, en arrivant à Nolife, on rêvait de la télé car on avait grandi avec Nulle part ailleurs. Mais à la base, J’irai loler sur vos tombes devait être une émission radio ! Sauf que personne n’en voulait. Alors la vidéo est devenu notre moyen d’expression. Aujourd'hui, beaucoup de créateurs du web persiflent contre la télévision. Mais pour moi, télévision, web, peu importe. Tant qu’il y a la liberté, le sentiment que je travaille avec des gens qui font ce qu’ils font parce qu’ils aiment ce qu’ils font, pour de bonnes raisons... Sur YouTube tu trouves des gens qui engrangent énormément de pognon et dont les vidéos croulent sous la pub, et je trouve cela aussi inconfortable que des contraintes télé.
Un épisode de J’irais loler sur vos tombes met en vedette un Mouloud Achour incisif, avouant avoir fui la conformité de MTV, pour “ne pas devenir Cauet”. Nolife, c’était l’idéal d’une télé débarrassée de toutes ses conventions, d’une télévision sans filtre ?
En fait, Nolife a toujours su jouer avec ce que la télévision ne ferait jamais. Un jour, on a organisé sur Nolife ma soirée Nécrospective : une émission pour commémorer ma mort... Pour un Poisson d’Avril on a même fait un échange d'antenne avec l’équipe d’“Enorme TV. Tu imagines TF1 échanger sa place avec France 2 ? Improbable ! Puis bon, la mort de cette chaîne (la vraie) a également été annoncée un premier avril...il n’y a que sur Nolife que ce genre de choses arrivent.
Notre envie, c’était que nos spectateurs connaissent autant l’émission que ceux qui la font. C'est pour ces raisons que l'on proposait une émission comme Debug Mode, qui dévoilait les coulisses de Nolife. Cette chaîne, c'était comme de la télé-réalité, mais sans tout l’aspect voyeuriste. Cette proximité-là qu'on s'efforçait d'instaurer, elle se perd aujourd’hui à la télévision, alors les spectateurs vont la chercher sur YouTube...où s’instaure une proximité un peu “fake” dans la mesure où certaines YouTubeurs tournent dans des chambres qui en réalité sont des studios...
Au niveau du traitement des jeux vidéo ou de la culture japonaise à la télévision, ressens-tu une forme de frustration à te dire que rien n’a vraiment changé en onze ans ? C’est comme si Nolife avait balancé la balle et que personne ne l’avait renvoyé.
La télévision n’a pas suivi le mouvement qu’a lancé Nolife, et a été rapidement dépassée par l’impact de YouTube. Il y a dix ans les décideurs nous disaient qu’une émission de jeux vidéo à la télévision ne marcherait pas, car l’enfant éteindrait illico sa télé pour aller jouer aux jeux vidéo. C’est l’idée la plus débile qui soit ! Quand tu penses à la multiplication des consoles portables, cet argument est totalement déconnecté de la réalité. Ces gens là sont bloqués dans une époque lointaine et ne se rendent pas compte que si tu foutais Squeezie à un bon horaire sur une chaîne de télé pour qu’il te présente un jeu vidéo, il ferait exploser les audiences.
Nolife ne considérait pas le spectateur comme un consommateur passif mais l'incitait à conserver un regard critique sur les cultures populaires. Mais en onze ans, le traitement du geek a-t-il beaucoup évolué au sein des médias et de la société ?
Quand Nolife s’est lancé la médiatisation du geek était différente. On a tous été pris pour des cons ! Je me suis même retrouvé dans un épisode d’Envoyé Spécial consacré aux "adulescents" (rires) Au collège, quand tu étais geek, tu te retrouvais insulté, moqué, on te disait que tu n’aurais jamais de travail en t'intéressant à des choses qui n’intéressent personne...Mais aujourd’hui, le geek c’est chic. Parce que cette culture est devenue rentable, et donc respectable, ce qui est une logique dégueulasse (rires)
Nous, on est partis du principe que les gens qui nous regardent “savent” déjà. Que la pop culture était quelque chose d’acquis. On parlait de sujets geek avec sérieux. C’est hyper important de parler de la sf, de ce mec qui fait de sculptures en Lego…Tout le principe était là : traiter avec rigueur des sujets qui auraient généralement pour réaction : “mais on s’en fout !”. (rires)
Après l'annonce du premier avril, un twitto a décoché : “si tu n’as pas de vie, tu ne peux pas mourir”. Comment as-tu vécu la fin de la chaîne ?
La mort de Nolife a été annoncée la semaine dernière, et la chaîne devait s'arrêter le 9 avril. Puis finalement, les huissiers ont annoncé qu’elle aurait droit à une semaine de “survie” de plus avant la liquidation totale. Ce n’est pas nous qui décidons actuellement quand la chaîne sera en cessation de diffusion. Le projet #NolifeZombie propose des rediffusions des programmes de la chaîne “mort vivante”. En ce moment, on a l’impression que Nolife attend d'être débranchée...comme lorsqu’on débranche quelqu’un qui est sous respirateur (rires)
En lisant les articles les plus récents, je me suis dit que la mort de Nolife avait été bien mieux traitée par les médias que son lancement ! Mais ça fait mal de se dire qu’il faut parfois mourir...pour exister (rires). Présenter la dernière émission était une drôle d’expérience. Tu sais qu’après, il n’y aura plus rien. La situation est curieuse : on t’oblige à fermer la chaîne. Pour ne pas être trop chagriné, le meilleur moyen est de te projeter le plus vite possible vers la suite. Mais cette fin brutale de Nolife, c’est comme si tu devais préparer ton propre enterrement.
Lorsque l’on explore toute une partie du YouTube national, entre chaînes de vulgarisation culturelle "geek", chaînes référentielles et contenu vidéoludique (speed run, let's play, critiques), on se dit que Nolife nous laisse beaucoup d’héritiers. Mais quel regard portes-tu sur l’évolution de la chaîne sur une décennie ?
De 2007 à 2011 il y a eu un vivier de créations sur Nolife qui a influencé le reste. Puis il y a quelques cafouillages, des soucis d’argent, d’autres directions empruntées. Au fil des années, Nolife est devenue encore plus érudite mais a perdu en humour, alors que c’était une partie de son identité, cet équilibre constant entre sketchs et culture.
Nolife a lancé ma carrière. Quand tu regardes l'émission de Poulpe, Mange mon Geek, c’est une vraie mise en bouche des Recettes Pompettes. Sur YouTube, des créateurs comme Mcfly & Carlito ou FloBer (de Golden Moustache) ont été plus ou moins directement touchés par cette chaîne. Je crois que Nolife a influencé beaucoup plus de gens qu’elle n’a eu de spectateurs (il rit)
Lors de la soirée d'adieu, The End of [N]olife, tu t'es adressé aux "no life" de toujours : "Tu peux être fier. La culture ce n'est pas seulement des prix Goncourt et des opéras. La culture peut avoir des images, être 8-bit et porter un pyjama Pikachu.". Ce vers quoi tendait Nolife, est-ce cette idée d'acceptation de soi, d'ouverture à l'autre ?
Dans les conventions que j’ai pu faire avec l’équipe de Nolife, j’ai rencontré des geeks qui n’étaient pas bien dans leur peau, ou qui ne l’avaient pas été. Des derniers de la classe. Toute leur vie on leur a dit qu’ils étaient moins bons, moins forts, moins populaires, moins tout. Alors qu’ils ont un “plus” : une culture que les autres n’ont pas.
On en revient au message de Nolife : “il n’y a pas que la vraie vie dans la vie”. Ceux qui ont fait Nolife souhaitaient-ils nous dire que derrière la “vraie vie”, il y avait une infinité de vies possibles ? Comme pour un personnage surpuissant de jeux vidéo ?
Oui, c'est le propre de la culture de l’imaginaire. Aujourd’hui, ce sont les geeks qui ont le pouvoir, à Hollywood et ailleurs. On a fait de cette expression méprisante qu’était “nolife” une force. On a pris le terme à contrepied. A l’époque, ma psy m’avait dit : “mais enfin, comment voulez vous qu’une chaîne qui s’appelle Nolife fonctionne ? Si vous-même, vous avouez que vous n’avez pas de vie ?!” (rires). Ouais, pour une chaîne qui n’a pas de vie, tenir onze ans, c’est pas mal.
Ce qu'il faut retenir, c'est qu'on ne faisait pas tout ça pour gagner notre vie. On faisait tout ca parce que c’était notre vie. Quand tous ces gens nous regardaient, ils ressentaient et comprenaient notre passion. L'idée en fin de compte est qu'il n’y a pas de passion déshonorante. Que tu t’éclates à peindre des petits bonhommes de plomb, à pimper ta bagnole, à jouer aux Lego...si cela te rend heureux, fais-le ! Il faut arrêter de donner des leçons sous couvert du “bien vivre”. Comme si “bien vivre”, c’était forcément avoir une femme, un crédit, un chien, une maison.
Le message de Nolife au final est celui d’Orelsan dans Notes pour trop tard : “En gros, tous les trucs où les gens disent : "Tu perds ton temps" Faut qu'tu t'mettes à fond d'dans et qu'tu t'accroches longtemps”...
Source
Et aussi :
Tu as animé plusieurs émissions sur Nolife : le magazine 101 %, le talk-show J'irais loler sur vos tombes (avec Monsieur Poulpe), l'émission de bandes dessinées Roadstrip, le "courrier des lecteurs" Le Coin des abonnés...Comment et quand as tu débarqué sur ce projet un peu fou de chaîne télévisée ?
Depuis 1999-2000 je traînais pas mal dans le milieu des salons de bandes dessinées et des festivals de culture geek et otaku, type Japan expo. C'est là que j'ai découvert les films amateurs d'Alex Pilot, futur cofondateur et directeur des programmes de Nolife : il s'est forgé une petite réputation en shootant des films chez lui, où il se déguisait en super héros, en icône japonaise, avec tout ce mix de sous culture qui ensuite fera Nolife. J’étais tombé sur ses créations en zappant sur la chaîne de télévision Game One. Je me suis dit qu’il fallait à tout prix que je fasse ca : des sketchs dans l’esprit des Nuls et des Inconnus, mais influencés par des comics, dessins animés et jeux vidéo comme Batman et Robin et Resident Evil, des trucs de geeks qu'on pourrait diffuser dans les festivals de films amateurs.
Avec Didier Richard et Rémy Argaud, j'ai donc créé en 2000 l'association 'Une case en moins', pour diffuser des courts-métrages sur Internet. On s’est fait connaître en conventions, on a remporté quelques prix, on s’est fait repérer par Game One...Puis un jour on se fait contacter par Alex Pilot. Lors d'une soirée, il nous dit qu’il s’est rendu compte d'un truc formidable : avec mille euros par mois, on peut diffuser nos propres programmes sur une box ADSL, et sur notre propre chaîne !...Sébastien Ruchet et Alex Pilot ont donc eu l’idée de Nolife en 2006-2007 et la chaîne s’est finalement lancée le premier juin 2007. On leur a filé nos 110 courts métrages amateurs pour qu'ils les diffusent. Faire vingt quatre heures d'émissions par jour c’était impossible, ils se sont donc lancé un but : proposer au moins une heure de nouveaux programmes par jour.
A l’époque je regardais énormément Friends. J’avais envie de faire une série geek de cinq, six minutes maximum : on a donc créé avec Didier Richard et Monsieur Poulpe la première saison de Nerdz, shootée sur le canapé de mon salon, pour un budget d'à peu près zéro euro. Une série nerdy d'avant The Big Bang Theory !
Que représentait alors Nolife a tes yeux ?
C’était comme un rêve auquel on n'avait pas rêvé. (il rit). De nos canapés, on aurait pas pu imaginer le quart de ça : des potes qui lancent une chaîne de télé, et tu te retrouves dessus...Dès le début, j’ai été voir Alex et lui ai dit que j’avais toujours rêvé d'être animateur télé. Il m’a dit qu’il y aurait sur Nolife une sorte de journal de 20h baptisé 101 %. Je me suis donc mis à l'animer un jour sur deux. Tu imagines ? C’est surréaliste ! Je suis petit, chauve, loin d’être le plus beau mec du monde. Je suis un geek. Bref, je n'imaginais pas animer une émission de télé un jour dans ma vie.
Nolife arrive à l’heure de la box ADSL et des forums geek, de Dailymotion, deux ans seulement après la création de YouTube, alors que la culture comic books est mieux comprise en France...Ne débarque-t-elle pas au bon endroit au bon moment ?
Nolife était un média précurseur, la première chaîne à diffuser de la musique japonaise à la télévision française, à mettre en avant le "hardcore gaming" avec l'émission Superplay... Bien avant la mode mondiale de l’e-sport, les vidéos de let’s play qui envahiront les plateformes de vidéos, et bien avant la création des services de streaming populaires comme Twitch ! Nolife était à la fois dans l’air du temps et trop en avance. C’est une chaîne qui a influencé tout un pan de la création du YouTube français mais sans parvenir à concurrencer YouTube. Ironiquement, Nolife n’a pas survécu à YouTube, qui proposait le meme type de contenus gratuitement et massivement. Youtube a fait beaucoup d’ombre à Nolife.
La particularité de Nolife c’était ce croisement entre la "télé de potes" underground (tendance Wayne’s World), la joie des libres antennes des années 90, et cet aspect "vivier à clips" à la MTV…Ce cocktail n’a-t-il pas dérouté ?
Nolife était un sentier télévisuel assez abscons pour beaucoup, une forme d’expression vraiment punk à sa manière. ! La première fois que les gens sont tombés dessus ils se sont dit “mais qu’est ce que c’est que ça ?!” (il rit). Marcus (figure iconique de la chaîne Game One et animateur sur Nolife de Chez Marcus) m’avait assuré : “‘c’est la seule chaîne de télé où les animateurs portent des t shirts et ont les dents jaunes !”. L’idée d’Alex Pilot n'était pas de faire dans le glamour, mais d’offrir l’antenne à des gens qui savent de quoi ils parlent.
Avec Nolife, on jouait avec le fait qu’on n’avait jamais de pognon. On ne cachait rien aux gens. On leur a montré que la télévision, ce n’était pas que des paillettes, alors que même sur YouTube aujourd’hui, tu retrouves cette nécessité très télévisuelle du “paraître”. Mais c’était tout l’inverse qui se passait sur Nolife, on ne trompait personne. Pour J’irais loler sur vos tombes, on avait pas d’argent pour le décor...Tant pis ! On l’a fait avec des bouts de carton et des marqueurs.
Nolife arrive quasiment dix ans après le lancement de Game One, l'une des premières chaînes de télévision française consacrées aux jeux vidéo. Peut-on l'envisager comme son enfant spirituel, un sale gosse un peu turbulent ?
Beaucoup de ceux qui ont fait Nolife ont commencé sur Game One. Mais Nolife n’était pas une resucée, la chaîne est née d’une toute autre volonté : le Japon ! Amener les gens à connaître la culture japonaise. Puis en revenir à tout ce que n’a pas une chaîne déjà bien installée, à savoir ce côté do it yourself sans pognon, on l’on s’amuse à la télévision, où l’on fait n’importe quoi à l’antenne, en restant toujours juste et méticuleux dans ce que l’on raconte.
Nolife proposait un choix varié d'animés en version originale sous-titrée (City Hunter, Berserk...) et a diffusé des chef d'oeuvres du genre commeParanoïa Agent ou Samurai Champloo. N'y avait il pas ce besoin libératoire d’explorer la culture japonaise tout en s’éloignant le plus possible du Club Dorothée ?
Ne parle surtout pas à Sébastien Ruchet et Alexandre Pilot du Club Dorothée ! Pour eux c’est le gangbang de l’animation japonaise ! (rires) Avec toutes ces chansons changées en VF, ces adaptations horripilantes et horrifiantes de séries animées. Nolife représente justement l’arrivée à la télévision de gens conscients et décus de tout ce qui a précédé, et qui l’affirment : “avec nous, ce ne sera pas comme ça”. On s’est dit qu’il ne fallait pas prendre les gens pour des cons.
Aujourd'hui encore, les chaînes de télé diffusent des choses sans savoir ce qu’elles diffusent. Si un dessin animé marche, elles vont le diffuser n’importe comment et pour de mauvaises raisons, sans savoir ce qu’elles diffusent. A Nolife, quand un animé ou un extrait de jeu vidéo était diffusé, on connaissait le nom de son compositeur, on le rencontrait parfois. Chaque série était choyée, aimée au préalable. Nolife n’avait pas d’argent, mais du temps, ce qui est une denrée rare à la télévision. Après, le manque de moyens avait ses avantages puisqu’il te force à imaginer, et façonne la débrouille. Moins tu as de moyens, plus tu es obligé d’inventer.
La situation économique de Nolife semblait des plus fragiles (redressement judiciaire en 2016, baisse des revenus publicitaires au fil des années, fuite progressive des investisseurs, etc). As-tu toujours eu l'impression que la chaîne était sur la corde raide, prête à fermer les portes le mois qui suivait ?
A Nolife, on n’avait pas de pognon du tout. La majorité des membres de l’équipe avait un boulot à côté. Entre 2007 et 2009 j’étais directeur artistique pour l’éditeur de dessins animés japonais Kaze. Quand ma journée de taf se terminait à 18h, je prenais le métro, j’allais à Nolife, et de dix huit heures à minuit, je bossais pour la chaîne. Les week end aussi. Mais en fait, on ne travaillait même pas, on faisait ce que l’on avait envie de faire, ce que l’on devait faire. Ça a duré deux ans, puis j’ai quitté Kaze quand la boîte Ankama a pu mettre de l’argent dans Nolife.
Durant deux ans j’ai donc fait animateur, créateur d’émissions, réalisateur, je m’occupais des mangas, de la pub. J’ai conçu le premier logo et la première pub de Nolife. On se démerdait entre nous, avec le peu que l’on avait, chacun faisait quatorze trucs différents. Nolife a commencé à grossir, grossir, grossir, mais toujours avec ces mêmes soucis d’annonceurs et de revenus publicitaires.
Nolife a eu une vie tumultueuse, d'abord sauvée de la déroute par l'arrivée de la société Ankama comme nouveau partenaire financier, puis par le financement participatif des fidèles abonnés...Crois-tu que cette finalité qui est la sienne aujourd'hui aurait pu être évitée ?
Nolife a toujours été sur la corde raide. Dans ces cas de fragilité économique, tu ne peux pas acheter de programmes donc c’est compliqué de concurrencer. Quand les let’s play sont arrivés sur YouTube, la chaîne a été dépassée. On aurait du faire plus tôt des émissions en direct, mais on n’avait pas encore assez d’argent. Certaines choses sont arrivées trop tard et d’autres trop tôt…Avec le recul, je pense qu’on aurait du proposer une chaîne payante.
Nolife proposait une multitude d'univers : culture comics, apprentissage du japonais, débats sur les jeux vidéo, cosplay, jeux de société, etc. Mais malgré sa patine pop, la chaîne ne s'est-elle pas cantonnée à un public de niche, ce qui lui a causé tort ?
Ce n’est que mon avis, mais je crois que Nolife aurait du davantage explorer l’univers du jeu vidéo, qui est plus ouvert et fédérateur, plutôt que d’insister sur les clips de J-pop (la musique pop japonaise). On s’en rend compte aujourd’hui. Plein de gens nous disaient à l’époque : “ah non, je ne regarde pas Nolife, chaque fois que je zappe, je tombe sur des clips de J-music !”. C’était quasiment devenu un running gag. La J-pop a toujours été et reste, en France, une culture de niche.
L’autre aspect de Nolife qui aurait pu être développé avec plus d’argent, c’est sa richesse en terme de web séries (Noob, Nerdz, Le visiteur du futur)...Si on avait un peu de pognon on aurait pu être les Studio 4 d’avant Studio 4 (la plateforme de webséries de France Télévisions) : diffuser plus de fictions avec de l’humour et de l’imaginaire. Cela aurait permit d’élargir le public. Mais cela coûtait trop cher.
Aujourd’hui, par leur rythme dynamique, leur format incisif, leur humour référentiel, certaines émissions qu’a pu proposer Nolife nous apparaissent comme intensément web. N’est ce pas curieux de penser la chaîne sous la seule optique de la télévision ?
Monsieur Poulpe et moi, en arrivant à Nolife, on rêvait de la télé car on avait grandi avec Nulle part ailleurs. Mais à la base, J’irai loler sur vos tombes devait être une émission radio ! Sauf que personne n’en voulait. Alors la vidéo est devenu notre moyen d’expression. Aujourd'hui, beaucoup de créateurs du web persiflent contre la télévision. Mais pour moi, télévision, web, peu importe. Tant qu’il y a la liberté, le sentiment que je travaille avec des gens qui font ce qu’ils font parce qu’ils aiment ce qu’ils font, pour de bonnes raisons... Sur YouTube tu trouves des gens qui engrangent énormément de pognon et dont les vidéos croulent sous la pub, et je trouve cela aussi inconfortable que des contraintes télé.
Un épisode de J’irais loler sur vos tombes met en vedette un Mouloud Achour incisif, avouant avoir fui la conformité de MTV, pour “ne pas devenir Cauet”. Nolife, c’était l’idéal d’une télé débarrassée de toutes ses conventions, d’une télévision sans filtre ?
En fait, Nolife a toujours su jouer avec ce que la télévision ne ferait jamais. Un jour, on a organisé sur Nolife ma soirée Nécrospective : une émission pour commémorer ma mort... Pour un Poisson d’Avril on a même fait un échange d'antenne avec l’équipe d’“Enorme TV. Tu imagines TF1 échanger sa place avec France 2 ? Improbable ! Puis bon, la mort de cette chaîne (la vraie) a également été annoncée un premier avril...il n’y a que sur Nolife que ce genre de choses arrivent.
Notre envie, c’était que nos spectateurs connaissent autant l’émission que ceux qui la font. C'est pour ces raisons que l'on proposait une émission comme Debug Mode, qui dévoilait les coulisses de Nolife. Cette chaîne, c'était comme de la télé-réalité, mais sans tout l’aspect voyeuriste. Cette proximité-là qu'on s'efforçait d'instaurer, elle se perd aujourd’hui à la télévision, alors les spectateurs vont la chercher sur YouTube...où s’instaure une proximité un peu “fake” dans la mesure où certaines YouTubeurs tournent dans des chambres qui en réalité sont des studios...
Au niveau du traitement des jeux vidéo ou de la culture japonaise à la télévision, ressens-tu une forme de frustration à te dire que rien n’a vraiment changé en onze ans ? C’est comme si Nolife avait balancé la balle et que personne ne l’avait renvoyé.
La télévision n’a pas suivi le mouvement qu’a lancé Nolife, et a été rapidement dépassée par l’impact de YouTube. Il y a dix ans les décideurs nous disaient qu’une émission de jeux vidéo à la télévision ne marcherait pas, car l’enfant éteindrait illico sa télé pour aller jouer aux jeux vidéo. C’est l’idée la plus débile qui soit ! Quand tu penses à la multiplication des consoles portables, cet argument est totalement déconnecté de la réalité. Ces gens là sont bloqués dans une époque lointaine et ne se rendent pas compte que si tu foutais Squeezie à un bon horaire sur une chaîne de télé pour qu’il te présente un jeu vidéo, il ferait exploser les audiences.
Nolife ne considérait pas le spectateur comme un consommateur passif mais l'incitait à conserver un regard critique sur les cultures populaires. Mais en onze ans, le traitement du geek a-t-il beaucoup évolué au sein des médias et de la société ?
Quand Nolife s’est lancé la médiatisation du geek était différente. On a tous été pris pour des cons ! Je me suis même retrouvé dans un épisode d’Envoyé Spécial consacré aux "adulescents" (rires) Au collège, quand tu étais geek, tu te retrouvais insulté, moqué, on te disait que tu n’aurais jamais de travail en t'intéressant à des choses qui n’intéressent personne...Mais aujourd’hui, le geek c’est chic. Parce que cette culture est devenue rentable, et donc respectable, ce qui est une logique dégueulasse (rires)
Nous, on est partis du principe que les gens qui nous regardent “savent” déjà. Que la pop culture était quelque chose d’acquis. On parlait de sujets geek avec sérieux. C’est hyper important de parler de la sf, de ce mec qui fait de sculptures en Lego…Tout le principe était là : traiter avec rigueur des sujets qui auraient généralement pour réaction : “mais on s’en fout !”. (rires)
Après l'annonce du premier avril, un twitto a décoché : “si tu n’as pas de vie, tu ne peux pas mourir”. Comment as-tu vécu la fin de la chaîne ?
La mort de Nolife a été annoncée la semaine dernière, et la chaîne devait s'arrêter le 9 avril. Puis finalement, les huissiers ont annoncé qu’elle aurait droit à une semaine de “survie” de plus avant la liquidation totale. Ce n’est pas nous qui décidons actuellement quand la chaîne sera en cessation de diffusion. Le projet #NolifeZombie propose des rediffusions des programmes de la chaîne “mort vivante”. En ce moment, on a l’impression que Nolife attend d'être débranchée...comme lorsqu’on débranche quelqu’un qui est sous respirateur (rires)
En lisant les articles les plus récents, je me suis dit que la mort de Nolife avait été bien mieux traitée par les médias que son lancement ! Mais ça fait mal de se dire qu’il faut parfois mourir...pour exister (rires). Présenter la dernière émission était une drôle d’expérience. Tu sais qu’après, il n’y aura plus rien. La situation est curieuse : on t’oblige à fermer la chaîne. Pour ne pas être trop chagriné, le meilleur moyen est de te projeter le plus vite possible vers la suite. Mais cette fin brutale de Nolife, c’est comme si tu devais préparer ton propre enterrement.
Lorsque l’on explore toute une partie du YouTube national, entre chaînes de vulgarisation culturelle "geek", chaînes référentielles et contenu vidéoludique (speed run, let's play, critiques), on se dit que Nolife nous laisse beaucoup d’héritiers. Mais quel regard portes-tu sur l’évolution de la chaîne sur une décennie ?
De 2007 à 2011 il y a eu un vivier de créations sur Nolife qui a influencé le reste. Puis il y a quelques cafouillages, des soucis d’argent, d’autres directions empruntées. Au fil des années, Nolife est devenue encore plus érudite mais a perdu en humour, alors que c’était une partie de son identité, cet équilibre constant entre sketchs et culture.
Nolife a lancé ma carrière. Quand tu regardes l'émission de Poulpe, Mange mon Geek, c’est une vraie mise en bouche des Recettes Pompettes. Sur YouTube, des créateurs comme Mcfly & Carlito ou FloBer (de Golden Moustache) ont été plus ou moins directement touchés par cette chaîne. Je crois que Nolife a influencé beaucoup plus de gens qu’elle n’a eu de spectateurs (il rit)
Lors de la soirée d'adieu, The End of [N]olife, tu t'es adressé aux "no life" de toujours : "Tu peux être fier. La culture ce n'est pas seulement des prix Goncourt et des opéras. La culture peut avoir des images, être 8-bit et porter un pyjama Pikachu.". Ce vers quoi tendait Nolife, est-ce cette idée d'acceptation de soi, d'ouverture à l'autre ?
Dans les conventions que j’ai pu faire avec l’équipe de Nolife, j’ai rencontré des geeks qui n’étaient pas bien dans leur peau, ou qui ne l’avaient pas été. Des derniers de la classe. Toute leur vie on leur a dit qu’ils étaient moins bons, moins forts, moins populaires, moins tout. Alors qu’ils ont un “plus” : une culture que les autres n’ont pas.
On en revient au message de Nolife : “il n’y a pas que la vraie vie dans la vie”. Ceux qui ont fait Nolife souhaitaient-ils nous dire que derrière la “vraie vie”, il y avait une infinité de vies possibles ? Comme pour un personnage surpuissant de jeux vidéo ?
Oui, c'est le propre de la culture de l’imaginaire. Aujourd’hui, ce sont les geeks qui ont le pouvoir, à Hollywood et ailleurs. On a fait de cette expression méprisante qu’était “nolife” une force. On a pris le terme à contrepied. A l’époque, ma psy m’avait dit : “mais enfin, comment voulez vous qu’une chaîne qui s’appelle Nolife fonctionne ? Si vous-même, vous avouez que vous n’avez pas de vie ?!” (rires). Ouais, pour une chaîne qui n’a pas de vie, tenir onze ans, c’est pas mal.
Ce qu'il faut retenir, c'est qu'on ne faisait pas tout ça pour gagner notre vie. On faisait tout ca parce que c’était notre vie. Quand tous ces gens nous regardaient, ils ressentaient et comprenaient notre passion. L'idée en fin de compte est qu'il n’y a pas de passion déshonorante. Que tu t’éclates à peindre des petits bonhommes de plomb, à pimper ta bagnole, à jouer aux Lego...si cela te rend heureux, fais-le ! Il faut arrêter de donner des leçons sous couvert du “bien vivre”. Comme si “bien vivre”, c’était forcément avoir une femme, un crédit, un chien, une maison.
Le message de Nolife au final est celui d’Orelsan dans Notes pour trop tard : “En gros, tous les trucs où les gens disent : "Tu perds ton temps" Faut qu'tu t'mettes à fond d'dans et qu'tu t'accroches longtemps”...
Source
Et aussi :
mercredi 11 avril 2018
mardi 10 avril 2018
Nolife, fin d’une belle aventure télévisuelle
Depuis Dimanche, la fin officielle de Nolife et même si des rediffusions d'émissions continuent de tourner jusqu'à la coupure définitive du signal, comme beaucoup de Geek" j'ai le blues. Aussi voilà quelques lignes que j'ai glané sur le site de l'Asso de Jdr "De Cape et de Dés", et un peu arrangées pour être plus personnelles (j'ai trop les boules pour rédiger quelque chose et trop de choses à dire), qui rend bien hommage à cette chaîne unique, des hommages il y en a d'autres mais celui-là donné par un groupe de Rôlistes me semblait plus adapté à ce Blog.


"C’est un monument de ma culture geek qui s’effondre : la chaîne Nolife cessera d’émettre ce dimanche 8 avril 2018 après une dernière émission spéciale. Fondée en 2007 par Sébastien Ruchet et Alex Pilot, Nolife avait pour objectif d’offrir aux passionnés de culture japonaise et de jeux vidéo une chaîne qui leur ressemble. Ils sont restés fidèles au poste onze années durant, contre vents et marées et en toute intégrité, pour célébrer avec les téléspectateurs leurs passions communes.
Nolife est disponible uniquement sur l’ADSL et (depuis 2014) sur le câble, ce qui la condamnait dès le démarrage à n’être qu’une niche dans le paysage audiovisuel. Sa santé financière n’a donc jamais été florissante et malgré la fidélité de ses spectateurs, ni les abonnements au service de VOD associé (Nolife Online, remplacé par Noco) ni les partenariats ponctuels (Ankama) n’ont réussi à compenser le manque chronique de revenus publicitaires.
Même si Nolife n’a jamais eu le rayonnement qu’elle méritait, elle a tout de même vu défiler dans ses rangs des personnalités ou des projets dont la notoriété a largement dépassé le cadre de la chaîne. Outre l’indéboulonnable Marcus, incontournable dès qu’on parle culture geek, la chaîne a lancé un certain Monsieur Poulpe (désormais présentateur sur Canal+) ou bien la web-série Noob (avec ses financements participatifs records).
Nolife a apporté sur un plateau 101 %, La Minute du Geek, le Hard Corner, Karaté Boy, Hidden Palace, Tokyo Café, Retro & Magic, Nerdz, Oscillations, 1d6 ou Roleplay (avec Julien Pirou qui anime aussi le Site Fondation Draco dédié entre autre à Shadowrun ou Earthdawn), Hall of Shame, J’irai loler sur vos tombes (avec M. Poulpe et Davy Mourier), Chaud Time…
La nouvelle de sa disparition dimanche 1er Avril (oui ils l'ont fait) m’a mis un sacré coup au moral. Il n’y aura plus désormais de fier représentant de la culture geek sur le petit écran (qu’on ne me parle pas de Game One, je risque de me fâcher tout rouge) et je doute de retrouver un jour un digne successeur, aussi passionné, indépendant et sincère…"
Je pense que la disparition de Nolife aura une influence sur la suite que je vais donner à ce Blog dorénavant, pour essayer de conserver une petite part de ce qu'elle a apporté à beaucoup et moi le premier.
lundi 9 avril 2018
samedi 7 avril 2018
Quelques Geekery en passant : Ready Player One - Nolife - Oban Star Racers
On vient d'aller se voir "Ready Player One" au cinéma et on a adoré. Je ne vais pas faire d'article spécifique sur ce film qui est en salle et que tout le monde peut encore aller voir. Certains n'aimeront pas, d'autres adoreront mais c'est juste un très bon film d'action bien geek avec des tonnes de références à cette "Pop culture" qui nous est chère (Animé, Manga, Jeux de rôles, Jeux vidéos, Fantasy, SF, Comics, Pulp, Cinéma... et j'en passe, tout le monde devrait trouver une petite référence à quelque chose qu'il connaît et qu'il aime). Et ce Multivers Virtuel qu'est l'OASIS, tout à fait dans l'esprit de notre univers de jeu, virtuel ou non. Par contre je vous invite à lire cet article que j'avais rédigé il y a quelques mois sur le livre "Player One" d'Ernest Cline.
Synopsis :
En 2082, la Terre connaît la paix depuis plusieurs années après une guerre meurtrière contre le peuple extra-terrestre Crog. Une jeune mécanicienne de génie, Eva, 15 ans, s'échappe du pensionnat dans lequel son père, Don Wei, le meilleur manager international de courses de Star-Racer, l'a laissée depuis des années sans donner aucune nouvelle. Eva décide de le retrouver mais celui-ci ne la reconnaît pas... faute de savoir comment réagir, elle décide alors d'entrer dans son équipe sous le pseudonyme de Molly. Mais Don Wei est réquisitionné par le Président de la Coalition Terrienne pour participer à la grande course d'Ōban qui a lieu tous les 10 000 ans. En effet, il apprend que la Terre n'a jamais gagné la guerre contre les Crogs ! Lors de la bataille finale, un être nommé l'Avatar est apparu et a invité tous les peuples de la galaxie à participer à cette course mystérieuse pour remporter le « Prix Ultime », déclenchant ainsi une trève intergalactique qui a sauvé la Terre. Don Wei part en emmenant sa meilleure équipe et sans le savoir, sa propre fille...
Sinon en parlant de culture Geek, c'est la triste nouvelle de l'arrêt de la chaîne Nolife qui assombrit un peu notre weekend. Cette chaîne de télévision thématique française axée sur les cultures geek et japonaise offrait bien plus que ça, nulle part ailleurs à la télé on pouvait voir une soirée entière consacrée à Cthulhu et au Jeu de Rôle "l'Appel de Cthulhu" avec un interview de Sandy Petersen le créateur du jeu, des parties de "Earthdawn" en vrai tous les dimanches soirs, des émissions consacrées aux jeux de figurines, aux Animés les plus obscurs ou cultes, au Studio Ghibli, aux Comics underground, au Retrogaming, aux plats Japonais de régions reculées, à la musique Chiptune, aux légendes du Pays du Soleil Levant, aux vieilles collections de jouets des années 80 et j'en passe et des meilleures. Malheureusement c'est cette culture de niche qui aura toujours été un frein au développement de cette chaîne, mais aussi sa singularité pendant les 11 ans de l'aventure. Bref, ça va faire un vide dans une grille TV fade et pour laquelle je n'ai plus que très peu d'intérêt à part quelques obscures chaînes documentaires ou Arte et un film par ci par là.
Allez trouver une chaîne comme Nolife avec des émissions consacrées à Loup Garou l'Apocalypse, Space 1889, Barbarians of Lemuria, Degenesis, Shadowrun, Venzia, Pathfinder, Donjons & Dragons, In Nomine Satanis, Castle Falkenstein, Vampire la Mascarade, Pendragon, Shaan Renaissance, Numenera, Chroniques Oubliées, Judge Dredd, Planescape, Warhammer RPG, Le Livre des Cinq Anneaux, La Brigade Chimérique, Runequest... et la liste est longue. C'était tout ça Nolife...
Pour revenir à Nolife, une des dernières émissions invitait Savin Yeatman-Eiffel qui non seulement est un descendant de Gustave Eiffel et l'un des représentants de l'ADGE (Association des Descendants de Gustave Eiffel qui réunit les descendants de Gustave Eiffel) mais surtout le créateur d' Oban Star Racers, une série animée co-produite avec des studios Japonais et qui puise son inspiration dans tous les animés de notre enfances (70's/80's).
Savin Yeatman-Eiffel en 2004
Synopsis :
En 2082, la Terre connaît la paix depuis plusieurs années après une guerre meurtrière contre le peuple extra-terrestre Crog. Une jeune mécanicienne de génie, Eva, 15 ans, s'échappe du pensionnat dans lequel son père, Don Wei, le meilleur manager international de courses de Star-Racer, l'a laissée depuis des années sans donner aucune nouvelle. Eva décide de le retrouver mais celui-ci ne la reconnaît pas... faute de savoir comment réagir, elle décide alors d'entrer dans son équipe sous le pseudonyme de Molly. Mais Don Wei est réquisitionné par le Président de la Coalition Terrienne pour participer à la grande course d'Ōban qui a lieu tous les 10 000 ans. En effet, il apprend que la Terre n'a jamais gagné la guerre contre les Crogs ! Lors de la bataille finale, un être nommé l'Avatar est apparu et a invité tous les peuples de la galaxie à participer à cette course mystérieuse pour remporter le « Prix Ultime », déclenchant ainsi une trève intergalactique qui a sauvé la Terre. Don Wei part en emmenant sa meilleure équipe et sans le savoir, sa propre fille...
Oban Star Racers est une analyse sur les choix : D'un côté l'humanité espérant le prix ultime pour ne pas se faire exterminer. D'autre part les rêves qui sont induits par ce mystérieux prix (revoir un être mort, ou rendre la splendeur d'un peuple, en sont les plus marquants). Enfin les histoires d'alliance et de pouvoirs qui sont le parallèle dans chaque épisode à la course du jour (la course entre le prince et Spirit l'illustre le mieux). En somme, Ōban, Star Racers n'est ni plus ni moins qu'une projection du monde qui nous entoure et des défis qu'il en ressort sur un fond de compétitions.
Je parle de cette série car elle passe en ce moment à la télé et on la découvre avec mon fils bien que datant de 2006. Et elle est géniale, une animation superbe, des mondes étranges et mystérieux, des ruines antiques sur des planètes étranges, des aliens bizarres, des courses de vaisseaux qui n'ont rien à envier à Star-Wars... Et pleins d'idées pour alimenter notre univers de jeu ou réaliser des décors pour notre table. Voilà pour ce Post ce sera tout.
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jeudi 14 avril 2016
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