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lundi 24 novembre 2025

Reprise du Blog avec quelques ébauches d'idées autour de Kane et j'espère d'autres articles à suivre rapidement...

De retour après quasiment 1 an d'absence, que dire, pas de temps à consacrer au Blog, au jeu, manque de motivation, autres pôles d'intérêts... Un peu tout ça à la fois peut-être mais me revoila pour ce coup-ci, j'espère, un vrai redémarrage de ce Blog. Avec mes joueurs on est motivé pour reprendre un peu les parties et moi ça suffit à me motiver pour reprendre moultes théories pour alimenter notre univers ludiques. Commençons aujourd'hui avec Kane, le Multivers, Bakshi...

Kane est un personnage fictif créé par l’auteur américain Karl Edward Wagner dans une série de trois romans et environ 20 nouvelles publiées entre 1970 et 1985. La plupart des récits de Kane sont de l’épée et de la sorcellerie avec de forts éléments d’horreur gothique, situés dans un monde prémédiéval sombre, néanmoins ancien et riche en histoire. Dans certaines des histoires ultérieures de Wagner, Kane apparaît à l’époque actuelle — par exemple, comme un trafiquant de drogue dans « Lacunae » et comme un magnat de l’édition quelque peu suspect dans « At First Just Ghostly ».




Kane fait partie des personnages mythiques de la fantasy moderne. Le cycle de ses aventures est considéré comme l'œuvre maîtresse de Karl Edward Wagner. « On raconte que Kane est immortel. Guerrier quasi invincible, sorcier, philosophe, érudit aux sinistres ambitions. Un personnage infréquentable évoquant à la fois Conan et Sauron ».

Bien que se déroulant dans un autre monde que le nôtre, le cycle de Kane emprunte beaucoup à la mythologie biblique, notamment en ce qui concerne son personnage principal: pour s'être rebellé contre son dieu, et après avoir tué le jouet favori de ce dernier, son frère Abel, il fut condamné à l'immortalité par son créateur et porta dans ses yeux bleus la « marque de Kane », il a également, comme le personnage de Conan, eu une carrière très variée, étant tour à tour sorcier, assassin, voleur, philosophe, mercenaire, brigand, pirate, etc...

Les dieux de la Loi et du Chaos du mythe du champion éternel de Michael Moorcock portent des masques différents selon la réalité des Millions de Sphères du Multivers. Mais que se passerait-il s’il y avait une autre mythologie faite par l’un des autres géants de la fantasy noire moderne, qui s’est reliée à la fois aux histoires de Robert E. Howard et à celles de Michael Moorcock ? Kane est celui qui a créé l’apocalypse de son monde et il partage nombre des caractéristiques les plus sombres d’Elric. Kane est à bien des égards bien pire qu’Elric. Kane déchire son monde en semant le chaos, l’horreur et la folie sur son passage, tout en essayant de le rendre meilleur.

Comme beaucoup de gens qui n’avaient pas vraiment lu les livres de Kane, je pensais qu’il n’était qu’une autre copie de Conan. Les couvertures de Frank Frazetta des livres de poche de Wagner ont beaucoup contribué à renforcer cette image, montrant les habituelles représentations d’épée et de sorcellerie d’un grand type en armure combattant des démons ou simplement debout là, l’air dangereux. On raconte que Wagner n’était pas entièrement satisfait de la vision de Kane par Frazetta, mais une couverture de Frazetta était certainement bénéfique aux ventes au milieu des années 1970. Mais en commençant à lire les histoires de Kane, j’ai vite compris que Kane n’était pas un clone de Conan, mais qu’il n’était même pas un barbare. Il était plutôt un homme incroyablement cultivé et intelligent, qui avait parcouru son monde pendant des siècles et était capable de discuter de musique, de poésie, de politique et de nombreux sujets. Il était aussi un tueur né et complètement amoral. Il était en fait le Caïn biblique, un immortel qui doit parcourir le monde jusqu’à ce qu’il soit tué par la violence. Et Kane est sacrément difficile à abattre.

Dans son essai, The Once and Future Kane, Karl Edward Wagner évoque les origines de son personnage. Bien que Wagner admette admirer et avoir été quelque peu influencé par les œuvres du créateur de Conan, Robert E. Howard, il attribue son influence principale aux romans gothiques du XVIIIe siècle.

Dans plusieurs de ses histoires, Kane a poursuivi et tué des immortels, des dieux et d’autres dans son jeu éternel avec sa version folle du Tout-Puissant. Ce qui soulève la question : « Si Kane est toujours dans le multivers et joue son propre jeu contre les puissances du Chaos et de la Loi, quelles pourraient en être les conséquences ? » Imaginez un instant que les Cultes du Chaos ou de la Loi opèrent sur une Terre moderne, Kane ne résistera à aucune compétition dans aucun domaine. Et cela rend l’immortel incroyablement dangereux. Imaginez que votre équipe de PJ défenseurs de l’humanité se heurte aux manigances de Kane. Que ferait un équipe de mortels et même d’immortels contre Kane dont les agendas semblent souvent amener à la destruction de pays ou d'empires entiers ? Vampires, immortels, dieux,... Kane les a tous tués et bien plus encore. Kane l’immortel représente un antagoniste très dangereux et peut-être un anti-champion à la fois de la Loi et du Chaos. Kane pourrait même être le champion sombre de l’Équilibre.




Kane rôde sans cesse aux frontières des rêves et des cauchemars. Si Kane est l’anti-champion de l’Équilibre, alors peut-être a-t-il regardé la Terre et les choses ont dégénéré à partir de là. Les dieux et les monstres surnaturels ont-ils vraiment quitté la Terre ? Ou sont-ils encore là ? Existe-t-il un étrange royaume planaire sauvage qui déborde parfois dans notre monde, emportant des humains comme nourriture, esclaves ou pire encore ? Des taches d’étrangeté planaire auxquelles Kane fait allusion et dans lesquelles Elric glisse parfois et dans lesquelles les PJ pourraient se retrouver deviennent une possibilité.




J'imagine ces royaumes et leurs habitants comme ceux réalisés par Bakshi pour les vieilles séries Spider-Man et Rocket Robin Hood. Les PJ traversant ces demi-plans peuvent prendre des mutations ou pire encore pendant leur séjour. Et les seigneurs de guerre sorciers utilisent souvent la magie du Chaos provenant de ces demi-plans pour créer des armées de mutants comme troupes de choc ou gardes. Que se passe-t-il quand un groupe de PJ moyens, par exemple d’un monde moderne des années 2000, se retrouvent face à un groupe de guerriers mutants des Sorciers de Bakshi et qu'ils se retrouvent ensuite sauvés par un combattant à la Rocket Robin Hood dont le groupe évolue dans ces royaumes depuis des lustres ?

Voici tout à fait comment j'imagine nos prochaines campagnes, car les frontières invisibles qui séparent notre réalité de ces royaumes sont nombreuses sur Terre et encore plus si je choisis de mener une campagne dans les terres en friches toxiques ou dans les déserts maudits de l'ancienne Atlantide, dans le premier cas, j'imagine que ces royaumes ont carrément fusionner avec notre Terre lors de l'apocalypse, dans le second, nombreux sont les portails qui parsèment les ruines de l'Atlantide.

Bon après, tout cela reste de la théorie car même si nous avons décidé de reprendre un peu des séances, ce sera occasionnel et les parties seront probablement courtes, donc on ne s'embêtera pas avec un système de règles, ce sera à l'ancienne, règles d'escarmouche légères ou de wargame pas trop lourdes à la HOTT pour les sessions axées combat et règles improvisées à la volée pour le reste, à la Arneson, en gros plutôt utiliser un système pour la partie tactique et improviser si besoin est pour la partie narrative et RP.

vendredi 23 avril 2021

Une petite idée de représentation pour Millevaux...

Dans les aventures d'Elric, il y a une cité qui m'a particulièrement intéressée : Nadsokor, cité des Mendiants, était infâme parmi tous les Jeunes Royaumes. Nadsokor se trouvait à proximité du cours du Varkalk, le fleuve féroce, non loin du Royaume d'Org et de l'effrayante Forêt de Troos.




Nadsokor est une cité ruinée qui fut un temps prospère dans Vilmir. A l'époque d'Elric, elle est envahie par les mendiants. Il n'existe ni commerce, ni religion, ni code social dans Nadsokor.Il n'y a qu'un Roi des Mendiants aux ordres duquel il faut obéir, ce roi n'est rien de plus qu'une marionnette entre les mains des Seigneurs du Chaos et quand ils n'y prêtent aucun intérêt, le Roi ne sert que sa propre cupidité. Nadsokor est un endroit tout à fait approprié pour un individu en quête d'aventures. Une quantité incroyable de trésors de toutes sortes s'y est accumulée au fil des ans mais, si l'on veut s'approprier quelques menues babioles, il faudra, soit se déguiser en mendiant pour pénétrer dans la cité, soit venir avec une expédition bien année et être prêt à trancher tout ce qui se dresse sur le chemin. Urish, Roi des Mendiants, est un sorcier de second rang, capable de contrôler des élémentaires et d'invoquer des démons.




Nadsokor, la ville des mendiants se trouvent à proximité de la forêt maudite de Troos et du royaume maudit d'Org aux habitants physiquement et mentalement tordus et avec un tumulus où vivent les ancêtres morts-vivants des Orgiens.




Bref, une cité bien glauque, une forêt étrange, des lieux maudits, de la sorcellerie, une population dégénérée, des monarques vicieux... En fait c'est un peu comme ce petit bout des jeunes royaumes que j'imagine certaines zones de Millevaux.

Dans mon imaginaire, Nadsokor représente bien une ville typique (dans son concept) de Millevaux, alors quand on l'imagine à proximité d'une forêt maudite... Le parallèle est vite fait... Surtout que je vois vraiment Millevaux comme un lieu, en grande partie, où le mode de vie est devenu similaire à une certaine forme de Fantasy, sur ma Terre Post-Apo, Millevaux sera la partie Ages Sombres et sorcellerie. Reste à trouver, en Europe, voire en France, une ville, ou plutôt une bourgade qui forme un triangle, peut-être une ville fortifiée ???


jeudi 15 octobre 2020

Sorcellerie, sciences étranges, exploration de donjons et une petite orgie pour bien finir...

Je lisais des articles sur des Blogs OSR concernant Carcosa de Geoffrey McKinney et un truc m'est ressorti, Carcosa c'est un peu comme si H.P. Lovecraft avait écrit John Carter. C'est simple, assez dingue et un cri d'amour à ces types de SF.

J'ai lu que certains blogueurs faisaient la comparaison avec la première édition du jeu Stormbringer des années 80, 1981 pour la première édition si je ne m'abuse et 87 pour la première traduction Française, il me semble.




Peut-être du fait que dans Stormbringer, le sorcier ne possède pas de liste de sorts mais des capacités d'invocation et dans Carcosa le sorcier doit pratiquer des rituels pour également invoquer des entités, donc dans les deux cas on passe par un certains process et on ne lance pas une boule de feu en piochant dans une liste comme pour faire ses courses. C'est ce type de choses qui permettent de se plonger aussi bien pour Stormbringer basé sur le Cycle d'Elric que pour Carcosa dans des univers imaginaires loin des poncifs du genre fantasy de type Tolkien et Howard. De plus, l'utilisation de rituels où d'objets qui ne sont pas vraiment magiques mais plutôt "possédés" entraîne un coût sur la santé physique ou mentale du sorcier. Imaginez un truc du genre, tuez l'un de vos amis pour lancer ce sort.




Il y a aussi les univers singuliers, celui de Moorcock avec ses puissances abstraites et universelles.

  • Le Chaos est la force du progrès, mais aussi de la corruption.
  • La Loi est le principe de préservation, mais symbolise aussi la stagnation.
  • La Balance représente l'équilibre entre les deux tendances.

Ces trois puissances qui sont à l'œuvre dans le Multivers, ensemble de mondes parallèles, de plans, entre lesquels existent des portes. Moorcock a quand même bien redéfini les concepts des forces en présence dans les univers de Fantasy plus traditionnel en y apportant cette part de gris.

De l'autre côté Carcosa qui inclut une grande part de Mythos avec un mélange de magie impie et de technologie étrange, ce qui est une source d'inspiration non négligeable pour moi. C'est pour cela que la vision du Multivers de Moorcock comme Carcosa s’intègrent bien dans le cadre de jeu que j'imagine.

Mais j'ai besoin d'y rajouter une part de Space Opera, de comics, de Science Fantasy Gonzo et de Post-Apo Gamma World / Mutant quelque chose... Pour ajouter une dose de Fun à cette singularité plutôt sombre.

Quoiqu’il en soit, après leurs aventures sur Carcosa ou dans les Jeunes Royaumes, nos aventuriers, nos invocateurs et nos autres explorateurs de donjons auront surement des trésors à dépenser et besoin de repos ou de détente, et quoi de mieux dans ces contrées dépravées qu'une bonne orgie.




Dans le Dragon Magazine n ° 10, d'octobre 1977, Jon Pickens écrit un article sur le problème d'une trop grande richesse dans le jeu.





À cette fin, il propose que le trésor ne devrait être traduit en XP qu'une fois dépensé. Puisque vous ne pouvez avoir qu'un nombre limité d'armures, d'armes et une semaines de rations de fer par exemple, les joueurs ont besoin de quelque chose d'autre pour dépenser leur or. Pickens propose les moyens de dépenses suivants :

1. Sacrifices : or donné directement aux dieux ou aux démons, n'importe quel personnage peut le faire.
2. Philanthropie : les loyaux peuvent donner de l'or à des œuvres de bienfaisance, mais pas à des mercenaires ou à d'autres PJ, bien sûr.
3. Recherche : Ceci est pour les utilisateurs de magie et les alchimistes.
4. Trésor de clan : les nains et autres membres de clans peuvent donner leur argent à leur clan.
5. Orgies : les combattants (pas les paladins ou les rangers), les bardes, les voleurs et tous les chaotiques (sauf les moines) peuvent dépenser leur argent en vin, en femmes et en chant.





Il y a, bien sûr, des lignes directrices supplémentaires à ces dépenses (c'est-à-dire combien peut être dépensé en une nuit ou une semaine, etc...). Mieux encore, il a deux annexes à l'article, une sur le jeu et une sur les effets des orgies sur les psioniques.




Son but en publiant cet ancien article sur Dragon était double : mettre en évidence la délicieuse fantaisie des Donjons et Dragons à l'ancienne et démontrer l'inclusivité et la tolérance attribuées aux différentes approche du gameplay pendant les premières années du loisir.

Il est vrai qu'en rentrant de l'exploration d'un donjon où vous avez affronté de nombreux périls, vous méritez de vous amuser, de vous détendre et de vous rappeler que vous êtes vivant et riche. Reste à voir si Carcosa offre ce type d'établissement, je ne m'inquiète pas pour le cas des Jeunes Royaumes ou des nombreuses planètes de la Confédération Galactique.

Sur Carcosa, comme je me représente de manière très personnelle le contexte dans mon esprit, j'imagine bien que ça soit un peu comme ci-dessous :


Courage !!! J'ai réussi à sortir vivant de ces ruines de malheur, plus qu'à échapper à ce gardien et je vais enfin profiter de mon butin avec une bonne orgie...

Bonjour, l'orgie, oui c'est bien ici... Mais entrez je vous prie, on va bien s'amuser...

lundi 6 juillet 2020

La peste des 9 alignements

Lorsque quelqu'un commence à parler du système d'alignement en neuf points que l'on trouve couramment dans les produits D&D (et les documents connexes), mon processus de réflexion peut être résumé en lisant les deux premières phrases en haut à droite de la première page de ce document.

There, you’re fucking done. Alignment is the stupidest bullshit ever, so don’t use it unless you’re a cunt. Characters are recorded like this :

Snotlicker, Lvl 1 Gnome Rogue (AC13, MV8, HD 1d8, hp 8, #ATT 1, chainmail, shield, 1d8 mace, 1d4 dagger) Bossy gnome rogue from a slave owning city who has gotten away with murder.

Là, tu as fini. L'alignement est la connerie la plus stupide de tous les temps, alors ne l'utilisez pas sauf si vous êtes un con. Les personnages sont enregistrés comme ceci :

Snotlicker, Lvl 1 Gnome Coquin (AC13, MV8, HD 1d8, hp 8, #ATT 1, cotte de mailles, bouclier, massue 1d8, dague 1d4) Gnome coquin autoritaire, de la ville, propriétaire d'esclaves qui s'est sauvée après un meurtre. (traduction approximative mais l'essentiel est là).




Je n'ai pas toujours eu une telle répulsion envers le système d'alignement car dans l'esprit, l'idée est d'avoir un moyen intelligent pour aider à construire la personnalité de vos personnages. Ce qui a changé pour moi, par rapport à mes jeunes années rôlistes, c'est que maintenant que j'ai repris le hobby, j'ai l'impression qu'il a commencé à être couramment utilisé comme un outil mécanique pour imposer le comportement des personnages, pour punir le comportement des personnages, mettre les classes / races / capacités derrière un verrou d'alignement, et le pire, c'est que les joueurs voient leur l'alignement comme une loi de fer inébranlable sur la façon de jouer leurs personnages (je ne peux faire que X dans la situation Y parce que l'alignement Z. Ce qui est particulièrement exaspérant, ce sont les gens qui essaient de revendiquer une véritable raison neutre à moins que votre cerveau ne soit mort, vous avez une opinion). J'ai également vu comment tout cela peut créer une réelle tension autour de la table. C'est le fléau des 9 alignements.




Le fait est que le bien et le mal sont relatifs et non pas en noir et blanc, ce sont des nuances de gris. Même les plus loyaux ou les plus dépravés des dieux et des déesses opèrent dans ces zones de nuances de gris. Cela nous amène au sujet de la morale qui est lié à la relativité du bien et du mal et à l'idée séculaire de faire ce qui est le mieux pour la majorité, même si cette action est peu recommandable. Un exemple qui me vient à l'esprit est dans l'histoire de World of Warcraft, le Paladin Arthas massacre tout un village pour arrêter la propagation de la corruption. Ensuite, il y a la question de sociologie classique de "Voudriez-vous tuer Hitler bébé ?" Je ne vais pas entrer dans l'explication approfondie de ces deux exemples, mais il est intéressant d'y penser. Pensons également à Elric par exemple, je prône personnellement à mes joueurs d'agir en fonction d'une situation, même si leur action peut sembler moralement discutable, c'est du jeu après tout et incarner un PJ avec des nuances est beaucoup plus intéressant. C'est pour cela que je n'utilise pas les alignements, ce n'est pas parce que les PJ vont effectuer une action horrible qu'ils ne sont pas bons, ce n'est pas parce qu'ils vont refuser d'accomplir un geste salvateur pour le futur du monde qu'ils sont foncièrement chaotique... Plutôt qu'utiliser un système, je préfère compter sur le bon sens de mes joueurs qui arrivent très bien à juger les situations et à s'équilibrer entre eux malgré leur jeune âge (je suis souvent bluffé).




Cela étant dit, je prescris à la servitude cosmique, qui se compose des théories de la loi, du chaos et de la neutralité (comme chez Moorcock avec au final, la loi, le chaos et la balance). Ces théories ou philosophies ne sont pas censées être utilisées comme un autre système d'alignement mais comme des idées sur la façon dont le personnage interagit avec l'univers et comment l'univers interagit avec le personnage. Croyez-le ou non, TSR avait en fait l'une des meilleures descriptions possible :

Les attitudes envers l'ordre et le chaos sont divisées en trois croyances opposées. Imaginez ces croyances comme les pointes d'un triangle qui s'éloignent les unes des autres. Les trois croyances sont la loi, le chaos et la neutralité. L'un d'eux représente la philosophie de chaque personnage - sa compréhension de la société et des relations.

Loi : les personnages qui croient en la loi soutiennent que l'ordre, l'organisation et la société sont des forces importantes, voire vitales, de l'univers. Les relations entre les gens et les gouvernements existent naturellement. Les philosophes légitimes soutiennent que cet ordre n'est pas créé par l'homme mais est une loi naturelle de l'univers. Bien que l'homme ne crée pas de structures ordonnées, il est de son devoir de fonctionner en leur sein, de peur que le tissu de tout ne s'effrite. Pour les personnes moins philosophiques, la légalité se manifeste dans la conviction que des lois doivent être faites et suivies, ne serait-ce que pour avoir des règles compréhensibles pour la société. Les gens ne devraient pas poursuivre des vendettas personnelles, par exemple, mais devraient présenter leurs réclamations aux autorités compétentes. La force vient de l'unité d'action, comme on peut le voir dans les guildes, les empires et les églises puissantes.

Neutralité : ceux qui épousent la neutralité ont tendance à avoir une vision plus équilibrée des choses. Ils soutiennent que pour chaque force dans l'univers, il y a une force opposée quelque part. Là où il y a légalité, il y a aussi le chaos; là où il y a neutralité, il y a aussi partisannerie. Il en va de même pour le bien et le mal, la vie et la mort. Ce qui est important, c'est que toutes ces forces restent en équilibre les unes avec les autres. Si un facteur devient ascendant sur son opposé, l'univers devient déséquilibré. Si suffisamment de ces polarités se déséquilibrent, le tissu de la réalité pourrait se séparer. Par exemple, si la mort devenait ascendante au cours de la vie, l'univers deviendrait une friche stérile.

Les philosophes de la neutralité présupposent non seulement l'existence d'opposés, mais ils théorisent également que l'univers disparaîtrait si un opposé détruisait complètement l'autre (puisque rien ne peut exister sans son opposé). Heureusement pour ces philosophes (et toute la vie sensible), l'univers semble être efficace pour se réguler. Ce n'est que lorsqu'une force puissante et déséquilibrée apparaît (ce qui n'arrive presque jamais) que les défenseurs de la neutralité doivent être sérieusement concernés.

Chaos : les croyants au chaos soutiennent qu'il n'y a pas d'ordre prédéterminé ou d'équilibre soigneux des forces dans l'univers. Au lieu de cela, ils voient l'univers comme un ensemble de choses et d'événements, certains liés les uns aux autres et d'autres complètement indépendants. Ils ont tendance à considérer que les actions individuelles expliquent les différences de choses et que les événements dans une zone ne modifient pas le tissu de l'univers à mi-chemin à travers la galaxie. Les philosophes chaotiques croient au pouvoir de l'individu sur son propre destin et aiment les nations anarchistes. Étant plus pragmatiques, les non-philosophes reconnaissent la fonction de la société dans la protection de leurs droits individuels. Le chaotique peut être difficile à gouverner en tant que groupe, car il place ses propres besoins et désirs au-dessus de ceux de la société.


dimanche 29 septembre 2019

Artworks - Rodney Matthews

Rodney Matthews est un illustrateur britannique. Spécialisé dans le domaine de la fantasy et de la science-fiction, il a illustré de nombreux romans et pochettes d'album.

Son site : https://www.rodneymatthewsstudios.com/

Son imaginaire est d'une richesse extraordinaire. Il a d'ailleurs sorti un recueil, "Voyages extrêmes" où il nous emmène pour un long voyage baigné de magie et de féerie, vers des univers où des êtres étranges côtoient des insectes mutants, où des navires fantastiques frôlent des architectures futuristes. Cet album réunit des posters, couvertures de livres et pochettes de disques qui ont rendu Rodney Matthews célèbre dans le monde entier.




Rodney Matthews est né à Somerset, en Angleterre, en 1945. Il suit les cours du College of Art de Bristol et, dès le début des années 70, il travaille pour Big O Posters. Il dessine ensuite des couvertures de livres, notamment pour Michael Moorcock, des calendriers, pochettes de disques et illustrations de livres, livres dont on est le héros... qui sont publiées par de nombreux éditeurs dans le monde. Il vit actuellement avec sa femme et son fils dans le nord du pays de Galles.

Je remercie Urizen des Blogs Waros (Warhammer Old-School) pour cette découverte, comme il me le disait, "Ce qui est marrant avec ces illustrations fantasy ou SF c'est qu'on les a souvent déjà rencontré sans pour autant connaitre leur auteur", pour Rodney Matthews c'est fait.
















lundi 19 août 2019

Lecture - La Revanche de la Rose




Je viens de me terminer la Revanche de la Rose, une aventure singulière d’Elric et j’ai vraiment bien aimé. À la base le cycle initial d’Elric comportait sept volumes qui formaient un tout cohérent. Quinze ans plus tard, en 1991, Moorcock va intercaler deux tomes intermédiaires dans le cycle. La Revanche de la Rose est l’un d’eux. Pour beaucoup il a l’inconvénient de briser la linéarité car en effet c’est un roman atypique dans le cycle.

La Revanche de la Rose, est une véritable prise de risque de Moorcock, fin des aventures formatées pour laisser place au baroque débridé. Un exercice casse gueule dont l'auteur se tire très bien, avec une conclusion apaisée et surtout un Elric à la personnalité plus affirmée. Un excellent moment, incontournable dans le cycle et un roman d’heroic fantasy efficace qui exploite bien le Multivers posé par Michael Moorcock.

L’affrontement Loi-Chaos est très bien rendu et contrairement à beaucoup de critiques que j’ai pu lire, le Multivers m’est apparu encore plus attractif, pittoresque et sa complexité beaucoup plus abordable, voire simplifiée. Ce roman m’a offert un beau voyage et je ne me suis nullement ennuyé à sa lecture, il ouvre au contraire l’univers d’Elric à de nouveaux horizons très variés tout en gardant certains aspects typiques de ce cycle.

Les diverses pérégrinations du dernier descendant de Melniboné le feront rencontrer bon nombre de personnages à la fois pittoresques et charismatiques, en particulier un ancien serviteur de la Balance Cosmique, désormais passé sous la coupe du Chaos, Gaynor le Damné, dans le rôle du « grand méchant »et accessoirement l’une des meilleurs réussites du livre (que l’on peut retrouver dans d’autres œuvres de Moorcock comme Corumou Le pacte de Von Beck), ainsi que Wheldrake, le poète, a la fois attachant et agaçant, la Rose qui aurait mérité d’être un peu plus travaillée. Autour de ces personnages principaux s’ajoutent une foule d’autres protagonistes aussi variés qu’un crapaud amoureux, un loup-garou maudit, la nation tzigane ou la famille Phatt qui ont pour particularité de voyager entre les mondes.

Un roman à part dans le cycle, où il faut s’accrocher mais au final un vrai voyage dans un Multivers qui déploie ici toute sa fantaisie.

mercredi 12 juin 2019

Trouvailles vide-grenier

Ce weekend j'ai fais quelques sympathiques trouvailles sur un vide-grenier et j'ai dépensé 7 Euros pour tout ça. Essentiellement des bouquins.

Un coffret "Tout Erekosë" qui comprend l'ensemble des romans écrit par Michael Moorcock sur Erekosë qui est l'incarnation par excellence du Champion Eternel (thème central de toute l'oeuvre de l'auteur), puisqu'il est le seul à se souvenir de toutes ses précédentes incarnations (dont Elric, Corum ou bien encore Hawkmoon ne sont que quelques visages), Erekosë (de son vrai nom, car premier, John Daker) se voit donc forcé par le destin à lutter pour l'éternité contre les forces de la Loi et du Chaos, tout cela au nom de la Balance Cosmique.







Quelques Livres dont on est le héros pour la collection et par nostalgie et parce qu'à un prix tellement modique que je ne pouvais pas ne pas les acheter.





Et un petit décors de Qilin / Kirin. Il agrémentera très bien une table orientalisante avec les quelques décors que j'ai déjà sur ce thème.


jeudi 18 avril 2019

Lectures du moment : Elric, intégrale, tome 2 / Elric, les adaptations en bandes dessinées

Profitant des vacances je me suis plongé dans "Elric, intégrale, tome 2 de Michael Moorcock" qui trainait depuis quelques mois dans ma pile de bouquins à lire, j'avais déjà parlé du tome 1 ici et c'est avec plaisir que je me suis plongé dans ce volume même si parfois un peu ennuyeux.




Résumé


Imrry, la cité des rêves, Yrkoon, l'usurpateur, Cymoril, la bien-aimée... Tous ont succombé à la furie du prince albinos et à son épée maléfique, Stormbringer. Mais Elric doit poursuivre cette quête aveugle et sauvage, trouver son Destin dans ce tourbillon de guerre, de sang, d'orgies et d'aventures sous influence...

Ce recueil est composé de :

-Elric le Nécromancien
-La Sorcière dormante
-La Revanche de la rose

Après une première intégrale sympa, je me suis plongée dans la deuxième qui comporte les trois récits cités ci-dessus.

Si vous ne connaissez pas encore Elric, il est un personnage phare de la fantasy. De constitution faible, cet albinos survit grâce aux drogues et à son épée maléfique Stormbringer, buveuse d'âmes. En quête de la Vérité, Elric est un personnage torturé s'interrogeant sans fin sur le pourquoi de l'Univers et sa place au sein de celui-ci. Maudit depuis la mort de sa bien-aimée et de la chute de son empire, il voyage à travers les mondes, se trouvant au centre de la bataille entre l'Ordre et le Chaos.

Le cycle d'Elric est fait d'histoires disparates aux qualités changeantes. Ce recueil n'y échappe pas et ma lecture a été par moment fastidieuse.

On commence avec Elric le Nécromancien composé de trois parties : Le Songe du Comte Aubec, La Cité qui rêve et La Citadelle qui chante. Le premier texte se centre sur le personnage du Comte d'Aubec, le lien avec l'histoire d'Elric se fait bien plus tard avec La Sorcière Dormante mais permet d'expliquer les enjeux de l'univers où évolue le prince albinos. Avec La Cité qui rêve, on rentre dans une histoire importante qui va conditionner le destin d'Elric, il décide de détruire Imrrir, sa cité, pour se venger de son cousin Yrkoon et de sauver sa fiancée Cymoril. C'est un récit-clé puisqu'Elric deviendra le chevalier errant et le héros tragique que l'on connaît. La suite se fait plus classique en se basant sur des quêtes, la rencontre de femmes séduisantes et de compagnons importants. On regrette un schéma répétitif même si les histoires restent plaisantes à lire. On sent l'influence d'Howard et de son personnage Conan même si Elric en paraît l'antithèse.

Avec La Sorcière Dormante, Elric commence à faire des infidélités au Chaos. Le personnage semble de plus en plus tourmenté par sa quête de la Vérité. Cette partie est un pur récit d'aventures qui se mue en une histoire plus complexe avec une plongée dans le multivers où Elric rencontre d'autres héros de Moorcock dont Corum. Les explications fusent sur le Champion éternel et le compagnon des champions ainsi que sur les multivers. Pas toujours facile d'appréhender le tout mais c'est intéressant.

Enfin avec La Revanche de la Rose, l'auteur nous perd un peu. Récit très long et confus, on suit Elric sur la route des Tsiganes, en compagnie de personnages mystérieux dont le voyageur intra-univers Wheldrake. L'intérêt de l'histoire est minime et on s'ennuie un peu malgré la présence d'une ennemi charismatique, Gaynor le damné. Ce récit est tardif et montre sans doute un essoufflement d'idées sur les épreuves que peut traverser Elric.

Ces textes regroupent en commun l'idée que les entités supérieures semblent jouer avec les vies des hommes et ce sans vraiment savoir pourquoi. La lutte entre Arioch et Mashabak en est un parfait exemple tant ils semblent être des enfants capricieux et colériques. La force de ces textes réside aussi dans l'ambiance et l'univers qu'a su créé Moorcock mais c'est surtout Elric qui cristallise l'intérêt.

Héros digne des tragédies grecques, ses doutes et ses questionnements incessants couplés à sa faiblesse physique dont il a atrocement conscience font de lui un héros à part. Un héros romantique perdu au milieu d'un univers fantastique sombre et au bord du gouffre. Il ne semble pouvoir compter que son épée, la terrible Stormbringer qui est dotée d'une conscience propre et dont l'ambivalence terrifie son propriétaire.

Cet ouvrage m'a paru hétérogène dans sa qualité même si la partie sur Elric le Nécromancien est indissociable de son histoire puisqu'elle en est la genèse. Cet ouvrage ravira plus les fans que le lecteur qui souhaite découvrir Elric en effet certains textes semblent dispensables pour ceux qui ne souhaitent garder que le meilleur.

Du coup en faisant des recherches sur Elric je suis tombé aussi sur cet article qui parle des adaptations BD et comics d'Elric. Et comme chez Estebor on a parfois un poil dans la main et aucune vergogne et besoin de mettre du contenu dans ce Blog, et bien vous pouvez aussi le lire ci-dessous.

La bonne étoile d’Elric


L’une des premières adaptations des romans de Michael Moorcock est l’œuvre d’un Français. En effet, lorsque les éditions Opta proposent la première traduction française du roman Elric le nécromancien, le dessinateur Philippe Druillet découvre un univers d’une telle richesse et un personnage d’une telle profondeur qu’il décide de l’adapter, sans même se poser de question de droits. Avec la collaboration du scénariste, romancier et traducteur Michel Demuth, il conçoit ainsi un montage audiovisuel qu’il présente, en 1968, au Musée des Arts Décoratifs de Paris, avant de publier une BD plus classique dans la revue Spirits en 1971. Cette incursion sur les terres moorcockiennes n’est pas sans conséquence et, à l’évidence, l’esprit d’Elric souffle encore sur la collaboration suivante du duo, Yragaël ou la fin des temps.




Après cet intermède européen, Elric débarque aux Etats-Unis en 1972. Il se contente tout d’abord de jouer les faire-valoir dans « A Sword Called Stormbringer » aux côtés de Conan le barbare lors d’une de ces rencontres improbables que seuls les comics permettent.

Il faut en fait attendre 1976 pour qu’Elric fasse ses véritables débuts dans le monde des comics. Il s’agit d’une histoire de vingt planches en noir et blanc intitulée « Prisoner of Pan Tang ». Publié dans les pages du magazine indépendant Star*Reach, ce récit donne aussitôt toute la dimension d’Elric, prince de Melniboné. S’inspirant d’une idée originale de Steven Grant et, bien évidemment, de l’œuvre de Michael Moorcock, le scénario d’Eric Kimbal met l’accent sur les relations complexes et conflictuelles qui unissent le prince albinos à Stormbringer, l’épée qui donne sa force à Elric en se nourrissant de l’âme de ses ennemis. De plus, le dessin fin et appliqué de Bob Gould rend à merveille la fragilité d’Elric, un homme affaibli par l’albinisme qui le frappe.

Poursuivant sur leur lancée, les Star* Reach Productions de Mike Friedrich livrent clé en main de nouvelles aventures d’Elric of Melniboné au magazine Heavy Metal en 1979. Cette fois, c’est Frank Brunner, dessinateur de Doctor Strange et créateur graphique d’Howard the Duck pour Marvel Comics, qui illustre les exploits du prince albinos d’après un extrait des romans de Michael Moorcock.




Les aventures suivantes d’Elric ont pour titre « Dreaming City » et « While the Gods Laugh ». Elles marquent un véritable tournant dans la carrière BD d’Elric. Jusque-là, plusieurs dessinateurs s’étaient succédés pour mettre en images les aventures du prince albinos. Elric avait ainsi eu plusieurs visages, plusieurs physiques, plusieurs vêtures. Il avait besoin d’un visage unique et reconnaissable afin de poursuivre ses aventures. Mises en images par P. Craig Russell, ces deux histoires donnent enfin une version graphique définitive du héros de Michael Moorcock. Elle correspond d’ailleurs assez bien aux descriptions du romancier, à l’exemple de celle-ci : « La lune sortit des nuages et dessina le visage blanc et lugubre d’Elric. Ses yeux semblaient deux brandons venus tout droit de l’enfer. ». Vu par Russell, Elric a la peau pâle presque bleutée, les cheveux blancs et les yeux rouges. Sa silhouette élancée et son visage expressif ne peuvent cacher la langueur qui l’envahit souvent ou la fureur proche de la folie qui le prend lorsqu’il empoigne sa noire épée runique. On retrouve dans son dessin l’impression de fin de race et de décadence qui entoure le personnage de Moorcock. Russell ne néglige nullement les proches d’Elric – ainsi, la beauté glacée de Cymoril s’oppose sans peine à la disgrâce physique de son frère Yyrkoon, cousin et premier rival d’Elric.




Grâce à P. Craig Russell, Elric a désormais un physique que l’on retrouvera peu ou prou dans toutes les adaptations de ses aventures.

Lors de cette première rencontre avec l’univers de Michael Moorcock, Russell se contente d’illustrer le texte d’un adaptateur professionnel. En effet, le scénario de ces deux histoires est l’œuvre de Roy Thomas, le scénariste régulier des aventures de Conan pour la Marvel et de beaucoup d’autres héros ou super-héros du monde des comics. D’une certaine façon, il ne s’agit là que d’un juste retour des choses puisque c’est lui qui s’était déjà amusé à faire se rencontrer les univers d’Howard et de Moorcock dans Conan the Barbarian.




Il faut enfin remarquer que « Dreaming City » et « While the Gods Laugh », même si elles paraissent sous le label Marvel, car publiées dans les pages du magazine Epic Illustrated, restent copyrightées Star*Reach Productions, l’agence de Mike Friedrich. Il convient d’ailleurs de souligner que l’aventure américaine d’Elric en BD doit beaucoup à Friedrich. Ancien scénariste reconverti agent d’artistes en vue et éditeur de la première revue offrant aux auteurs de conserver les droits de leurs œuvres, c’est lui qui a négocié l’acquisition des droits d’adaptation des œuvres de Michael Moorcock. C’est également lui qui a fait appel à Roy Thomas et P. Craig Russell pour mettre en cases les aventures d’Elric. Enfin, c’est toujours et encore Mike Friedrich qui a placé le produit fini chez Marvel Comics. Ceci étant, il n’est pas le seul à s’être intéressé aux nouvelles et romans de Michael Moorcock en ces années 70...

D’autres artistes s’essayent aussi à l’adaptation des récits du romancier anglais. C’est le cas d’Howard Chaykin qui, entre une version aisément oubliable de Star Wars pour Marvel et quelques travaux plus réussis pour Star*Reach, expérimente une bande dessinée différente. Il conçoit donc en couleurs directes un graphic novel, The Swords of Heaven, the Flowers of Hell, inspiré d’un texte de Michael Moorcock. Le héros de cette aventure d’heroic fantasy s’appelle Urlik Skarsol, autre variation du Champion éternel.




C’est également le cas du scénariste Doug Moench et du dessinateur Alex Niño qui livrent au magazine Unknown Worlds of Science-Fiction une remarquable adaptation du récit « Behold the Man ». On retrouve dans les dessins torturés de Niño toute la force du récit de Moorcock et, malgré une construction relativement complexe pour une bande dessinée, on suit sans difficulté le calvaire annoncé de Karl Glogauer, voyageur temporel et Messie de substitution.

Elric le premier


L’équipe Thomas/Russell semblant idéale pour continuer l’adaptation des aventures d’Elric, reste à Star*Reach Productions à lui trouver un éditeur afin d’y poursuivre une œuvre capable de rivaliser avec sa contrepartie romanesque. L’époque est propice à cette quête puisque de nombreux éditeurs indépendants se développent, à l’image de Capital Comics ou Eclipse Comics. Pour se démarquer des deux grands que sont DC Comics et Marvel, ils sont prêts à prendre certains risques.




Après avoir démarché la plupart de ces nouveaux éditeurs, Mike Friedrich signe un contrat avec Bill et Steve Schanes de Pacific Comics. Il place ainsi la première série limitée dédiée à l’œuvre de Moorcock : Elric.

Les six épisodes de cette adaptation sont bien évidemment signés Roy Thomas pour le texte, mais le dessin n’est pas le travail du seul de P. Craig Russell. En effet, ce dernier a d’autres obligations pour la Marvel et se contente de livrer des crayonnés succincts qu’un autre dessinateur finalise. Russell reprend cependant la main pour l’encrage, imposant son style à l’ensemble. C’est Michael T. Gilbert, un illustrateur habitué des publications Star* Reach, qui effectue ce travail de finition ingrat. La mise en couleurs de l’ensemble est due aux talents conjugués de Russell et Gilbert, tandis que Tom Orzechowski se charge du lettrage.

Après ce galop d’essai, Michael T. Gilbert est tout désigné pour prendre la suite de P. Craig Russell. C’est chose faite dès 1985 lorsqu’une deuxième série limitée est mise en chantier par Star*Reach Productions. Définitivement accaparé par d’autres travaux, Russell abandonne le personnage d’Elric entre les mains de Michael T. Gilbert, désormais assisté par George Freeman pour l’encrage et la mise en couleurs. Connaissant déjà l’œuvre de Michael Moorcock, Gilbert demande alors à Roy Thomas de ne lui livrer que des scripts succincts car il souhaite rester aussi proche que possible de l’œuvre d’origine, tant au plan graphique qu’au niveau du texte et des dialogues.
Elric: The Sailor of the Seas of Fate est finalement publiée avec un peu de retard sur le programme initial car, entre-temps, l’éditeur Pacific Comics a fait faillite. Fort heureusement, Mike Friedrich a trouvé une autre maison d’édition, First Comics, basée à Chicago. Il est heureux que cette série limitée puisse voir le jour car elle est d’une grande importance pour une bonne compréhension des univers complexes de Michael Moorcock. Corum, Erekosë et Hawkmoon, d’autres incarnations de son Champion éternel, font ainsi de brèves apparitions dans ce chapitre de la saga d’Elric.




C’est donc sous la nouvelle bannière de First Comics que paraissent les adaptations suivantes des aventures d’Elric. L’équipe Thomas/Gilbert/Freeman ayant fait ses preuves, elle est fort naturellement requise pour mettre en images Elric: Weird of the White Wolf. Respectant la chronologie normale de l’œuvre originale, cette nouvelle série limitée intègre également les deux premières aventures dessinées par P. Craig Russell pour la Marvel.

La série limitée suivante, Elric: The Vanishing Tower, permet encore une fois d’immerger le lecteur dans le Multivers moorcockien. Cette fois, Elric fait front commun avec deux autres Champions, Erekosë et Corum. Ce dernier est d’ailleurs promis à un bel avenir chez First, mais c’est une autre histoire.

Les adaptations d’Elric se succèdent à un rythme infernal, obligeant l’équipe éditoriale à faire appel à d’autres illustrateurs. Pour Elric: The Vanishing Tower, on retrouve donc Roy Thomas pour le texte, mais c’est Jan Duur-sema, dessinatrice de Warlord pour DC Comics, qui se charge de l’adaptation graphique. La mise en couleurs est signée Lovern Kindzierski, tandis que Carrie Spiegle et Kurt Hathaway en assurent le lettrage. Mike Friedrich, qui était jusqu’alors associé à l’aventure d’Elric en tant qu’editor de la série, cède définitivement la place à un membre de la rédaction de First Comics, Laurel Fitch.

Après Jan Duursema, c’est au tour de Mark Pacella de donner son interprétation graphique du prince albinos le temps des six épisodes d’Elric: The Bane of the Black Sword. Roy Thomas est encore là pour assurer une certaine continuité, alors que Nicholas Koenig vient compléter l’équipe en se chargeant de l’encrage. La mise en couleurs est toujours signée Lovern Kindzierski et le lettrage est cette fois assuré par Gary Fields. La conclusion de la saga d’Elric de Melniboné approche, les différentes pièces du puzzle composé par Michael Moorcock se mettent en place et l’on regrette que Jan Duursema n’ait pas continué la mise en images des aventures d’Elric et de son compagnon Tristelune.

Les cousins d’Elric


Les aventures d’Elric ayant reçu un accueil favorable, First Comics décide bientôt de lancer de nouvelles adaptations des romans de Michael Moorcock. Le choix de First se porte tout naturellement sur deux autres cycles de fantasy de l’auteur : Hawkmoon et Corum.

Contrairement aux aventures d’Elric de Melniboné, qui semblent se situer dans un lointain passé, celles d’Hawkmoon se déroulent dans un futur où la technologie a cédé le pas à la barbarie, à moins qu’il ne s’agisse d’une dimension parallèle qui n’a pas suivi la même évolution que notre Terre. On se retrouve donc dans un monde à feu et à sang dominé par les spadassins de l’Empire de Granbretanne. Une évidente ambiance de fin des temps qui se dégage à la lecture des romans de Moorcock que l’on a bien du mal à retrouver dans la version comics, malgré les efforts des adaptateurs de First Comics.

Roy Thomas étant déjà fort occupé par l’adaptation d’Elric, c’est son vieux complice Gerry Conway qui se charge de celle d’Hawkmoon et c’est le jeune dessinateur Rafael Kayanan (qui illustrera ensuite les exploits de Turok chez Acclaim Comics) qui crée sur ses textes la version graphique de Dorian Hawkmoon von Köln.

Cette fine équipe livre ainsi les deux premiers volets de la Saga des Runes, Jewel in the Skull et The Mad God’s Amulet, déclinant l’adaptation de chaque roman sous forme de mini-série en quatre comics.




Les deux derniers romans de ce qui est alors une tétralogie, The Sword of the Dawn et The Runestaff, sont toujours illustrés par Kayanan, mais le texte est désormais signé Roger Salick. Ce journaliste free-lance au Milwaukee Journal fait ici ses premiers pas dans le monde des comics et succède dignement à un Gerry Conway attiré par les sirènes d’Hollywood.

Le dernier héros de Michael Moorcock à être adapté sous forme de comics n’est peut-être pas le plus connu, même s’il a déjà fait quelques apparitions au côté d’Elric, mais il bénéficie d’adaptateurs hors pair. En effet, l’adaptation graphique des premières Chronicles of Corum est confiée à Mike Mignola, dessinateur notamment de The Incredible Hulk et Alpha Flight pour Marvel, et, pour le texte, à Mike Baron, le créateur de Nexus et Badger. Placé sous ce double patronage, Corum doit, en toute logique, rapidement conquérir un large public. Il faut cependant constater que le Prince Corum Jhaelen Irsei n’est pas le plus sympathique des personnages créés par Michael Moorcock. De plus, le dessin de Mignola n’a pas encore la force et la puissance qu’il aura lorsqu’il illustrera en solo les aventures d’Hellboy chez Dark Horse Comics. Même s’il est déjà présent dans certaines cases, ce style très particulier disparaît sous l’encrage uniforme de Rick Burchett. Quant au personnage de Corum, il ressemble beaucoup trop à Elric, visage anguleux, peau claire et cheveux blancs. Fort heureusement, il se distingue vite de son aîné lorsque ses ennemis lui crèvent l’œil droit et lui coupent la main gauche.

Mais le problème majeur de cette adaptation reste son évident manque d’homogénéité. Ainsi, alors que l’on commence à apprécier le dessin de Mignola, celui-ci cède la place à Jackson Guice, lui-même remplacé par Ken Hooper qui ne fait qu’un bref passage avant que Jill Thompson ne vienne conclure la série. Côté texte, Mike Baron n’assure que les deux premiers tiers de cette adaptation, laissant le dernier tiers à la charge de Mark Shainblum, scénariste canadien et créateur de Northguard.




Pourtant, les aventures de Corum sont celles qui permettent d’appréhender au mieux les notions de Champion éternel et de Multivers présentes dans l’œuvre de Michael Moorcock. En effet, on croise dans les douze épisodes de cette série quelques personnages bien connus des lecteurs de Moorcock. Corum est ainsi accompagné dans sa quête par Jhary-a-Conel, le compagnon des Champions. Parmi les adversaires qu’affronte Corum, on trouve quelques Seigneurs du Chaos bien connus d’Elric : Arioch, Xiombarg et Mabelrode. Enfin, c’est avec l’aide d’Elric et d’Erekosë qu’il parvient, au terme d’un long voyage, a affronter dans un duel mortel son adversaire de toujours, Glandyth-a-Krae. On peut noter au passage que cette rencontre a déjà été contée, du point de vue d’Elric, dans le sixième épisode d’Elric: The Vanishing Tower.

Au final, c’est donc un sentiment mitigé qui domine à la lecture des douze épisodes des Chronicles of Corum et même les fort jolies couvertures des onzième et douzième numéros, co-signées Mike Mignola et P. Craig Russell, ne parviennent pas à faire disparaître cette impression d’inachevé.

Un héros éternel ?


Après Elric, Hawkmoon et Chronicles of Corum, First Comics envisage sérieusement de poursuivre l’adaptation des œuvres romanesques de Michael Moorcock. Cependant, pour ne pas créer une pléthore de titres risquant de disperser le lectorat, la maison d’édition de Chicago décide de réunir toutes les aventures n’appartenant pas au cycle d’Elric au sein d’une seule série fort justement baptisée The Eternal Champion. Sous ce titre générique, Laurel Fitch, editor du projet, prévoit de publier la suite de l’adaptation d’Hawkmoon: Count Brass confiée à Roger Salick, Grant Miehm et Ricardo Villagran. Après cette nouvelle aventure d’Hawkmoon, c’est le Champion éternel en personne, Erekosë, qui prend rang, suivi de près par Corum: The Oak and the Ram. Hélas, la disparition prématurée de First Comics, en 1989, ne permet pas la concrétisation de ce projet.




La faillite de First Comics met également un terme à l’adaptation exhaustive des romans consacrés à Elric. Il faut donc attendre 1997 pour voir enfin paraître le dernier volet des aventures du prince albinos. Co-éditée par Topps Comics et Dark Horse Comics, cette série limitée est l’œuvre de P. Craig Russell. Il retrouve enfin ce personnage pour livrer l’ultime chapitre de sa saga. Elric: Stormbringer permet de découvrir un prince de Melniboné un peu différent de celui des années 80. Le style
de Russell a évolué au fil des ans. Son trait est désormais moins rude, il s’est assoupli, arrondi et sensiblement simplifié. Cette fois, le dessinateur se charge seul de l’adaptation et reste extrêmement proche du roman de Moorcock. Il conserve ainsi le découpage en livres du texte original. Russell prend littéralement appui sur le roman, en particulier sur les dialogues, pour livrer une adaptation fidèle et digne du plus grand intérêt. Classiques et efficaces, la mise en couleurs de Lovern Kindzierski et le lettrage de Galen Showman, par ailleurs dessinateur de Renfield pour Caliber Press, apportent la touche finale à une adaptation de qualité.




C’est également en 1997 que le concept du Champion éternel refait surface à travers les pages de Michael Moorcock’s Multiverse. Ce titre étrange est publié par DC Comics, via son label Helix Comics. Cette fois, il ne s’agit pas d’une adaptation des romans de Michael Moorcock puisque DC Comics se paie le luxe d’embaucher le romancier pour écrire de nouvelles aventures de ses personnages pour les comics. La participation de Moorcock à cette aventure éditoriale n’a rien d’étonnant ; en effet, dans les années 60, Michael Moorcock avait déjà eu l’occasion de se frotter au monde de la bande dessinée. Il était l’editor du magazine Tarzan Adventures qui publiait la reprise des comic strips de Tarzan illustrés par Burne Hogarth, Hal Foster et autres, mais surtout, il avait signé quelques scénarios pour Boy’s World et Lion, deux hebdomadaires pour la jeunesse. Il faut cependant remarquer que, cette fois, le format offert au romancier n’est pas le plus convivial qui soit.

En effet, Michael Moorcock’s Multiverse se présente sous la forme d’une série limitée de douze épisodes déclinée sur le mode de l’anthologie. Chaque numéro propose ainsi trois histoires à suivre en commençant par Moonbeams and Roses, les aventures de Jack Karaquazian et Rose von Bek dans le monde du Second Ether mises en images par un Walt Simonson, définitivement influencé par Jack Kirby. On trouve aussi les enquêtes de Sir Seaton Begg, The Metatemporal Detective, dont la lutte contre le maléfique Count Zodiac est illustrée par Mark Reeve. Enfin, on retrouve, sous le titre de Duke Elric, une variation médiévale du prince albinos dessinée par John Ridgway, un compatriote de Moorcock. Une telle conjugaison de talents est un gage de qualité, mais cela ne veut nullement dire que les lecteurs sont au rendez-vous, comme le constatera DC Comics au regard des chiffres des ventes de Michael Moorcock’s Multiverse.

Avant de conclure, on signalera combien Jerry Cornelius, l’autre grand héros du panthéon romanesque moorcockien, est absent de cette longue liste d’adaptations. Peut-être faut il en chercher la raison dans la complexité de ce personnage, une épaisseur difficile à circonscrire aux cadres parfois rigides d’une bande dessinée.

L’après-Multiverse


Les univers de Michael Moorcock peuvent-ils être adaptés en bandes dessinées ? Au vu de tout ce qui précède, la réponse semble être un oui franc et massif. Cependant, il paraît évident que toutes ces adaptations, aussi réussies soient-elles, ne rendent qu’imparfaitement la complexité des œuvres de Moorcock. Chacune de ces bandes dessinées ne reflète qu’un aspect du monde qu’elle explore et une seule facette du héros qu’elle présente. Là où un héros tel que Conan, inspiré des romans et nouvelles de Robert E. Howard, prend une nouvelle dimension grâce aux dessinateurs qui lui donnent visage et corps, les héros de Michael Moorcock, tout au contraire, en perdent. Alors que le barbare se dote d’un caractère de plus en plus complexe au fil de ses aventures, Elric, Hawkmoon, Corum et les autres semblent bien simplistes comparés à leur contrepartie romanesque. Comme s’il était nécessaire de simplifier l’œuvre de Moorcock pour la rendre abordable aux lecteurs de bandes dessinées. Avec de tels raisonnements, l’adaptation ultime de l’œuvre de Michael Moorcock en bande dessinée n’a pas encore vu le jour. Et après tout, c’est peut-être heureux...




Elric et compagnie


(principaux travaux BD)

1971
« Elric le nécromancien » (scénario de Michel Demuth et dessins de Philippe Druillet - in Spirits)
1972
Conan the Barbarian n°14 et 15 (scénario de Roy Thomas et dessins de Barry Smith - Marvel Comics)
1975
« Behold the Man » (scénario de Doug Moench et dessins d’Alex Niño - in Unknown Worlds of Science Fiction n°6/Marvel Comics) VF. « Voici l’homme », in L’Echo des Savanes Spécial USA n°14/Editions du Fromage - 1979)
1976
« Prisoner of Pan Tang » (scénario d’Eric Kimbal sur une idée originale de Steven Grant et dessins de Bob Gould - in Star*Reach n°6/Star*Reach Productions) VF. « Le Prisonnier de Pan Tang » in L’Echo des Savanes Spécial USA n°10/Les Editions du Fromage - 1979)
1979
« Elric of Melniboné » (scénario et dessins de Frank Brunner - in Heavy Metal/HM Communications)
The Swords of Heaven, the Flowers of Hell (scénario et dessins de Howard Chaykin - HM Communications) VF. Les Epées du ciel, les fleurs de l’enfer in Fantastik n°1 à 5/Campus Editions - 1981-82)
1980
« Dreaming City » (scénario de Roy Thomas et dessins de P. Craig Russell - in Epic Illustrated n°2 et 3/Marvel Comics) VF. « La Cité qui rêve » in Epic n°2/Editions Aredit - 1983)
« While the Gods Laugh » (scénario de Roy Thomas et dessins de P. Craig Russell - in Epic Illustrated n°14/Marvel Comics) VF. Elric: La cité qui rêve - Editions Aredit - 1983)
1983-84
Elric n°1 à 6 (scénario de Roy Thomas, dessins de Michael T. Gilbert, crayonnés, encrage et couvertures de P. Craig Russell - Pacific Comics)
1985-86
Elric: The Sailor of the Seas of Fate n°1 à 7 (scénario de Roy Thomas, dessins de Michael T. Gilbert et encrage de George Freeman - First Comics)
1986
Hawkmoon: Jewel in the Skull n°1 à 4 (scénario de Gerry Conway, dessins de Rafael Kayanan et encrage d’Alfredo Alcala & Rico Rival - First Comics)
1986-87
Elric: Weird of the White Wolf n°1 à 5 (scénario de Roy Thomas, dessins de Michael T Gilbert et encrage de George Freeman, plus « Dreaming City » et « While the Gods Laugh » par P. Craig Russell - First Comics)
1987
Hawkmoon: The Mad God’s Amulet n°1 à 4 (scénario de Gerry Conway, dessins de Rafael Kayanan et encrage de Rico Rival - First Comics)
The Chronicles of Corum n°1 à 4 - The Knight of Swords (scénario de Mike Baron, dessins de Mike Mignola et encrage de Rick Burchett & Kelley Jones - First Comics)
1987-88
Elric: The Vanishing Tower n°1 à 6 (scénario de Roy Thomas, dessins de Jan Duursema et encrage de Jan Duursema & Nicholas Koenig - First Comics)
Hawkmoon: The Sword of the Dawn n°1 à 4 (scénario de Roger Salick, dessins de Rafael Kayanan et couvertures de Dave Dorman - First Comics)
The Chronicles of Corum n°5 à 8 - The Queen of Swords (scénario de Mike Baron, dessins de Mike Mignola & Jackson Guice et encrage de Rick Burchett & Kelley Jones - First Comics)
1988
Hawkmoon: The Runestaff n°1 à 4 (scénario de Roger Salick et dessins de Rafael Kayanan - First Comics)
The Chronicles of Corum n°9 à 12 - The King of Swords (scénario de Mark Shainblum, dessins de Ken Hooper & Jill Thompson et encrage de Kelley Jones - First Comics)
1988-89
Elric: The Bane of the Black Sword n°1 à 6 (scénario de Roy Thomas, dessins de Mark Pacella et encrage de Nicholas Koenig - First Comics)
1989
Corum: The Bull and the Spear n°1 à 4 (scénario de Mark Shainblum, dessins de Jill Thompson et encrage de Kelley Jones - First Comics)
1997
Elric: Stormbringer n°1 à 7 (scénario et dessins de P. Craig Russell - Dark Horse Comics-Topps Comics)
1997-98
Michael Moorcock’s Multiverse n°1 à 12 (scénario de Michael Moorcock, dessins de Walter Simonson, Mark Reeve & John Ridgway et couvertures de Walter Simonson - Helix Comics-DC Comics)
2013
Elric : Le Trône de rubis (scénario de Julien Blondel, dessins de Didier Poli, Robin Recht et Jean Bastide – Glénat)