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vendredi 28 novembre 2025

Autre exemple d'aventure entre l'Atlantide et Vénus : Vénus via Atlantide

Une autre idée plus Pulp / Comics dans l'esprit et un peu légère dans ses concepts et sa vision mais écrite par un jeune Guy Bouchard de dix-huit ans et publiée en 1961 à destination de la jeunesse d'alors : Vénus via Atlantide. Une petite analyse un peu critique mais réaliste ici. Ceci étant, ça reste malgré tout une bonne histoire pour une aventure simple, légère et très ludique ou une bonne base pour broder plein de choses plus sérieuses autour pour les MJ qui veulent aller creuser dans les détails et y amener un brin de crédibilité. Par contre on est pas vraiment dans ma vision de l'Atlantide Maudite, mais remanié avec mes paramètres il y a des choses à faire.




Résumé :

Kurt Lansen, Jean Langlois et Pierre Fresnoy, respectivement aviateur, navigateur et ingénieur, forment un trio d’amis impliqués dans un projet spatial international. Lors d’une plongée sportive en Méditerranée, ils sont enlevés par des Atlantes, qui vivent depuis dix mille ans dans une cité sous-marine. Parce que l’atmosphère de Vénus risque de ne pas leur convenir, ils ont besoin d’autres Terriens pour piloter leurs fusées, déjà prêtes, et aller chercher sur cette planète le minerai de duritanium, indispensable au renforcement de la coupole qui les protège et à la génération de leur énergie.

En route, les trois jeunes Canadiens sont capturés dans l’espace par des Baïriens, humanoïdes originaires des environs de Sirius, qui pour leur part ont l’intention de coloniser Vénus. Sans animosité, les Baïriens et les trois Terriens se posent ensemble sur la planète, rendue habitable par les machines que ces extra-terrestres avaient envoyées à l’avance.

Tandis que Nixa, la fille du président atlante, est folle d’inquiétude pour Pierre Fresnoy, Kurt Lansen pour sa part s’est instantanément amouraché de Zolta, une belle Baïrienne. Le couple est capturé par une autre race d’extra-terrestres, d’allure simiesque mais télépathe. Originaire de la planète Ronca, ce commando n’est que l’avant-garde d’un projet d’invasion de la Terre, laquelle agression ne sera qu’une étape mineure dans la conquête de l’univers.

Par chance, Nalt et son équipage, autres Baïriens qui passaient par là, ont capturé le vaisseau roncain, délivré Lansen et Zolta. Les Terriens seront aimablement ramenés en banlieue d’Ottawa, avec une cargaison de duritanium destinée à Atlantide et une ambassade qui proposera une alliance pour faire face à la menace de Ronca.

Quelques idées de ponts entre Vénus et l'Atlantide via les lectures de vieilles nouvelles SF de Brackett, Burroughs, Lovecraft et d'autres...

«La Légion Stellaire » • (1940) • nouvelle de Leigh Brackett

La Légion (comme la Légion étrangère française, mais interplanétaire : la racaille de nombreux mondes) lutte quotidiennement contre les natifs de Vénus lésés. Les Nahali reptiliens en particulier ne sont en aucun cas ravis de voir des Terriens, des Martiens et d’autres coloniser Vénus. Sur le point d’être submergé par une horde de Nahali, un fort isolé envoie une mission de reconnaissance désespérée. Mais l’un des hommes est un agent double travaillant pour Nahali....

Bien que le commandant Lehn semble assez solide, le reste de son équipe de reconnaissance est mieux décrit comme la « racaille de nombreux mondes » mentionnée ci-dessus : McIan est un officier déshonoré, dont les erreurs ont tué des milliers de ses soldats; Theckla est un simple meurtrier; Bhak étrangle quiconque se moque de ses offres d’amitié ou de romance. L’un des quatre est aussi un traître à la Légion, mais sa motivation est plus tragique que vénale. En effet, Brackett rend tous ses personnages blessés quelque peu sympathiques (même le tueur en série Bhak est aussi pathétique que malveillant). En même temps, elle montre clairement que ce ne sont pas de bonnes personnes servant une grande cause.

Bien que le Système solaire de Brackett soit assez cohérent, Brackett n’est pas fanatique à l’idée de ne pas contredire les histoires précédentes. Contrairement au Système décrit dans les histoires de Mercure, le Système solaire de ce volume comprend des corps au-delà de la ceinture d’astéroïdes, à la fois accessibles et habités.

L’intrigue dépend d’une des particularités du métabolisme Nahali. Ils décomposent l’eau en O2 et H2, puis métabolisent l’O2 tout en traitant l’H2 comme un déchet. Cela soulève des questions intéressantes sur l’écologie et la biochimie vénusiennes. Quelle réaction pourraient-ils utiliser qui libère plus d’énergie qu’elle n’en consomme ?

La Légion Stellaire parle de l’une des zones les plus peuplées de l’Ancienne Vénus, et des problèmes que la Légion rencontre avec l’une des populations indigènes d’hommes-lézards extraterrestres. Ces tribus respectent de nombreux standards des hommes-lézards de style sword & sorcery, à une ou deux exceptions près. Ces populations indigènes ont la capacité de lancer un décharge électrique de 1d6+2 dégâts par le toucher comme une anguille électrique, ou trois fois par jour lancer un éclair à 3 à 4,5 mètres. Ils ont aussi la capacité de respirer sous l’eau, plus proche d’une salamandre ou d’un amphibien. Comme la Vénus du Sud est entièrement marécageuse et humide, les Nahali sont parfaitement adaptés à leur environnement. Les Nahali, ces habitants des marais d'1m80 aux yeux écarlates, dont le toucher était une arme, priaient leurs dieux pour la pluie. Quand elle arrivait, l'averse chaude et torrentielle du sud de Vénus, les Nahali déferlaient sur le fort dans une marée écailleuse. Ils possèdent de nombreuses capacités communes aux hommes-lézards de style D&D, à l'exception du fait qu'ils brassent leurs propres boissons alcoolisées appelées "jus des marais" et certaines tribus tolèrent à peine les colons extraterrestres et humains. Mais il est clair qu'ils veulent exterminer les humains de leur planète.




L'histoire ne contredit aucune des autres nouvelles ou romans de Brackett dans son cycle littéraire du système solaire. Elle contredit cependant Clark Aston Smith et son histoire de Vénus, "L'incommensurable horreur" dont je parle ici. Dans ce récit, Vénus est une planète où règne une violence extrême, avec une loi fongique du "manger ou être mangé". Une créature divine géante, digne de Lovecraft, trône au sommet de la chaîne alimentaire. Un concept fascinant, mais sera-t-elle toujours présente ? Si vous avez étudié la vie fongique et végétale sur Terre, vous savez que nombre de ces formes de vie suivent un cycle d'activité, de croissance, de mort et de renaissance. Peut-être que ce super prédateur extraterrestre en fait autant ? Si la planète connaît différentes ères ou saisons, peut-être que notre créature divine disparaît pendant des milliers d'années, voire plus. Ces éléments contredisent-ils les histoires d'Edgar Rice Burroughs sur Vénus ? Je pense que "Les Pirates de Vénus" se situe aux confins de l'exploration de la planète.




Paru initialement sous forme de nouvelles en 1932, Pirates of Venus est le premier tome du Cycle de Vénus qui paraîtra en livre en 1934. La première publication en français se fait dans la revue Robinson en 1939. 

Carson Napier, étrange et jeune savant, a construit un vaisseau spatial pour se rendre sur Mars mais suite à une erreur de calcul de trajectoire, il est précipité sur Vénus (que les autochtones nomment Amtor), monde continuellement nuageux, avec des forêts gigantesques. Attaqué par un animal apocalyptique, il est sauvé et recueilli dans une cité sylvestre sur l’île de Vépaja. Les habitants qui s’y sont réfugiés sont en guerre contre les Thoristes qui ont pris le pouvoir dans leur pays d’origine. Carson parvient, par hasard, à sauver Duare, une jeune fille que des individus cherchaient à enlever. Parti en forêt pour récolter la toile d’une araignée géante, Carson est enlevé par des hommes-oiseaux et amené sur un vaisseau des Thoristes. Il finit par s’emparer du navire et devient flibustier sur les redoutables mers vénusiennes. En abordant un deuxième bateau il retrouve Duare, la jeune fille qu’il avait sauvée et qui s’avère la fille du roi de Vépaja ; mais les événements s’enchaînent et Duare est à nouveau capturée et Carson naufragé sur un rivage inconnu. Alors qu’au fil de leurs aventures, les deux héros éprouvent un amour naissant et réciproque, Carson parvient à sauver Duare des griffes des hommes-singes mais doit y sacrifier sa liberté...

Edgar Rice Burroughs, né à Chicago (1875-1950), est plus connu aujourd’hui comme le créateur des aventures de Tarzan. Pourtant les œuvres de science-fiction de ce grand précurseur dans le genre planet opera (Cycle de Mars, de Vénus, de la Lune, de Pellucidar) méritent amplement d’être redécouvertes. Le premier tome d’une série de cinq. Cycle de planet opera moins connu que ceux de Mars ou de Pellucidar, mais E. Rice Burroughs y déploie, plus qu’ailleurs encore, une verve, une fantaisie et une imagination vraiment "dévorante".

Revenons plutôt sur l'histoire de la Légion Stellaire, en tant que faction de style OSR. La Légion Stellaire est prête à accueillir quiconque s'engage, dans une organisation inspirée de la Légion étrangère française. Vos erreurs passées seront effacées si vous combattez pour elle, à l'instar de la Légion étrangère française. Mais qu'est-ce que cela signifie réellement ? Contre qui combattez-vous vraiment ? Si l'on examine de plus près, les personnages de la nouvelle, on constate qu'ils sont loin d'être sympathiques.




La Légion Stellaire est composée de psychopathes interplanétaires, de vermine, de la lie du Vieux Système Solaire. Cependant, leur force de combat est redoutable. Quel est donc le rapport avec l'Atlantide Maudite ? Beaucoup de choses, on y trouve des aventuriers, des magiciens, etc..., qui se sont répandus sur différentes planètes grâce à des portails dimensionnels qui s'ouvrent occasionnellement. L'inverse est aussi vrai et nombres de peuples extraterrestres ou autres ont transité ici. La Légion, elle, forme les troupes de première ligne appelées en renfort, et vous savez qu'il y aura des Amazones, des Atlantes et tous les membres classiques d'épée et de sorcellerie, mêlés à des Martiens, des Vénusiens et bien d'autres. En fait, lorsque nous nous replongeons dans les romans de Vénus d'Edgar Rice Burroughs, il est dit "leurs nations sont assez faiblement connectées, en partie parce que la géographie est parsemée de montagnes infranchissables, de forêts impénétrables et de mers innavigables (que Napier traverse, pénètre et navigue néanmoins), et en partie parce que les cartes amtoriennes sont inexactes. Malgré leur isolement relatif, une langue mondiale est courante parmi tous les peuples. Le niveau de culture s'étend de la sauvagerie à la technologie avancée, certaines nations possèdent un sérum de longévité, des canons à rayons atomiques et des vaisseaux à propulsion nucléaire. La radio est inconnue (les vaisseaux communiquent uniquement par drapeaux), et il n'y a pas d'aéronefs indigènes, Napier conçoit et construit le premier, basé sur la technologie terrestre". Cela offre de nombreuses possibilités aux PJ de laisser leur empreinte sur la Vieille Vénus, mais pourquoi leurs entreprises, leurs intérêts militaires, etc..., s'intéressent-ils à la Vieille Vénus ? Pour cela, il faut se référer à H.P. Lovecraft "Dans les Murs d'Eryx" dont je parlais ici. Non seulement nous découvrons une autre race extraterrestre d'hommes-lézards vénusiens, mais nous obtenons également des cristaux d'énergie capables d'alimenter tous les dispositifs de science-fiction rétrotech d'une campagne. On peut imaginer différentes choses, la Légion représente les grandes maisons encore prospère de l'Atlantide Maudite et est envoyée pour conquérir ou Vénus est une lointaine colonie de l'Atlantide via les portails et la Légion à affaire à des peuples autochtones qui défendent leurs territoires, dans ce paramètre on peut imaginer que les principale maisons vénusiennes sont issues de l'Atlantide ou ont fait allégeance aux seigneurs Atlantes, ce conflit pour maintenir l'ordre dure depuis des siècles jusqu'à ce que les Terriens débarquent et créent leurs propres alliances, n'oublions pas que j'envisage l'Atlantide Maudite comme un lieu hors du temps et peu connecté avec l'évolution de la Terre, elle est inconnue de la plupart des humains hormis certains "initiés" et mènent son histoire en parallèle de la notre, mais je reviendrai en détail sur ces idées là une autre fois. Les technologies vénusiennes peuvent ainsi avoir différentes origines selon le paramètre.

Dans "Les Périls de Venus (Planet of Peril, 1929)" d'Otis Albert Kline, récit publié chez nous comme "Le Prince de Vénus" ? Le passé antique de la Vieille Vénus en fait un véritable foyer d'intrigues interplanétaires, regorgeant d'anciens châteaux extraterrestres, de vestiges de sciences antiques et de puissants dieux lovecraftiens.

Lorsque Robert Grandon, grâce à la découverte du Dr. Morgan, échange son corps contre celui d'un Prince de Vénus, il ne recherche que l'aventure, mais la situation dans laquelle il se retrouve n'est guère celle d'un touriste. Il découvre qu'il est esclave, échappe à ses ravisseurs et prend la tête d'une armée de rebelles tout en courtisant une belle princesse... Le Dr. Morgan projette le corps astral d'un jeune Martien dans celui du Prince Zinlo de Venus, qui échappe de peu à un piège tendu par son ennemi juré, Taliboz. Zinlo et son rival pour le cœur de la princesse Loralie, Gadrimel, doivent ensuite défaire Taliboz qui a enlevé cette dernière...




Otis Adelbert Kline publia de la science-fiction dans Argosy, Weird Tales, Thrilling Wonder Stories et Planet Stories avant d’abandonner l’écriture pour représenter, entre autres, Robert E. Howard du printemps 1933 jusqu’à sa mort en juin 1936. Kline décéda le 24 octobre 1946. Ces deux classiques de planetary fantasy de l'âge d'or de la SF américaine furent écrits respectivement en 1929 et 1930.

On y trouve ici précisément le type de lieux qui constituent un terreau fertile pour d'anciens cultes lovecraftiens et démoniaques pour compléter le cadre de Vénus. Une fois de plus, on voit que le mélange de ces sources anciennes permet de créer un univers unique de jeu.

mercredi 26 novembre 2025

La Vénus de Leigh Brackett

Leigh Brackett, mondialement connue pour avoir scénarisé des films aussi célèbres que Le Grand sommeil (coécrit avec William Faulkner), Rio Bravo ou encore L'Empire contre-attaque, demeure avant tout une romancière de tout premier plan qui a donné ses lettres de noblesse à la science fantasy.












Dans la version du système solaire de Brackett, Vénus, le second monde hors du Soleil, n’est pas le monde infernal que les scientifiques connaissent aujourd’hui. La Vénus de Brackett, bien qu’hostile à la vie humaine, abrite une grande diversité de formes de vie. Peut-être trop diversifiés du point de vue des Terriens et Martiens désespérés espérant trouver de nouveaux foyers sur un monde marécageux éternellement enveloppé et fervent. En règle générale, si quelque chose n’essaie pas de vous manger sur Vénus, il essaie de vous transpercer avec une lance.




Sauf indication contraire, toutes les histoires de ce livre sont écrites uniquement par Leigh Brackett.


«La Légion Stellaire » • (1940) • nouvelle

La Légion (comme la Légion étrangère française, mais interplanétaire : la racaille de nombreux mondes) lutte quotidiennement contre les natifs de Vénus lésés. Les Nahali reptiliens en particulier ne sont en aucun cas ravis de voir des Terriens, des Martiens et d’autres coloniser Vénus. Sur le point d’être submergé par une horde de Nahali, un fort isolé envoie une mission de reconnaissance désespérée. Mais l’un des hommes est un agent double travaillant pour Nahali....

Bien que le commandant Lehn semble assez solide, le reste de son équipe de reconnaissance est mieux décrit comme la « racaille de nombreux mondes » mentionnée ci-dessus : McIan est un officier déshonoré, dont les erreurs ont tué des milliers de ses soldats; Theckla est un simple meurtrier; Bhak étrangle quiconque se moque de ses offres d’amitié ou de romance. L’un des quatre est aussi un traître à la Légion, mais sa motivation est plus tragique que vénale. En effet, Brackett rend tous ses personnages blessés quelque peu sympathiques (même le tueur en série Bhak est aussi pathétique que malveillant). En même temps, elle montre clairement que ce ne sont pas de bonnes personnes servant une grande cause.

Bien que le Système solaire de Brackett soit assez cohérent, Brackett n’est pas fanatique à l’idée de ne pas contredire les histoires précédentes. Contrairement au Système décrit dans les histoires de Mercure, le Système solaire de ce volume comprend des corps au-delà de la ceinture d’astéroïdes, à la fois accessibles et habités.

L’intrigue dépend d’une des particularités du métabolisme Nahali. Ils décomposent l’eau en O2 et H2, puis métabolisent l’O2 tout en traitant l’H2 comme un déchet. Cela soulève des questions intéressantes sur l’écologie et la biochimie vénusiennes. Quelle réaction pourraient-ils utiliser qui libère plus d’énergie qu’elle n’en consomme ?


«Interplanetary Reporter » • (1941) • nouvelle

Chris Barton, correspondant interplanétaire de guerre amer, trouve un nouveau sens dans sa vie lorsqu’il découvre qu’il y a bien plus derrière la guerre Vénus-Jupiter que la simple rivalité entre deux mondes irréconciliables. S’il pourra survivre assez longtemps pour partager ce qu’il a appris reste une question ouverte.

Alors que Barton est un idéaliste grincheux et désabusé, les différentes grandes puissances — Vénus, Jupiter, dont je ne parlerai pas — sont dépeintes comme agissant uniquement par orgueil et par intérêt personnel.


«La Reine-Dragon de Vénus » • (1941) • nouvelle

Deux hommes luttent désespérément pour sauver leur colonie des autochtones furieux.

Une fois de plus, l’auteure base son intrigue sur la même biochimie invraisemblable que l’on trouve dans le Nahali. Les autochtones utilisent une variété d’armes vivantes ; Parmi eux se trouve un organisme déshydratant qui fissure toute eau rencontrée en oxygène et hydrogène.

Bien que tous les protagonistes soient des hommes, dans cette histoire, la femme puissante est une seigneur de guerre féroce et rusée, la Reine-Dragon du titre.


Citadelle of Lost Ships • (1943) • novelette

Le criminel de carrière Roy Campbell découvre que les Kraylen, la tribu vénusienne qui lui a offert refuge, sont destinées à être envoyées dans des camps afin que leurs terres puissent être expropriées et exploitées par les autorités coloniales. Il connaît un groupe qui pourrait offrir un refuge aux Kraylen : la ville migratrice des parias et réfugiés connue sous le nom de Romany ! Mais dans un système solaire de plus en plus sous le contrôle de quelques grandes puissances jalouses, les Roms, longtemps dernier espoir des faibles et des petits, pourraient eux-mêmes être un vestige voué à l’échec du passé anarchique.


Terreur hors de l’espace • (1944) • novelette

Quel terrible secret se cache derrière la Présence qui le conduit ! hommes! fou!?

Un scénario de premier contact raté, plus ou moins. Pas beaucoup de malveillance manifeste ici, juste une série de circonstances malheureuses.


Les Vénusiens Disparus • (1945) • novelette

Une communauté de Terriens désespérés accueille Vénus comme nouveau foyer, pour découvrir qu’il n’existe aucun endroit sur Vénus qui n’ait pas déjà des propriétaires actuels qui n’accueillent pas vraiment les colons hétéroclites venus d’un autre monde. Un dernier refuge s’offre... si les habitants actuels pouvaient d’une manière ou d’une autre être expulsés.

L’une des caractéristiques essentielles du Système solaire de Brackett est que tout lieu pouvant être habité l’est déjà. Certains auteurs pourraient essayer un Far West sans ces maudits autochtones pour ruiner l’aspect fun, mais pas Brackett. Bien qu’il soit vrai que les colons veuillent s'implanter, la solution finale pour les êtres qui se dressent sur leur chemin n’est pas aussi ouvertement malveillante qu’un massacre de cavalerie ou une marche forcée vers la désolation, mais elle ne laisse pas les autochtones moins morts.

Le titre de cette histoire fait référence au film muet de 1925 La Race qui meurt (The Vanishing American). Le film examinait les relations entre les Amérindiens et les Blancs qui avaient conquis l’Ouest. Elle ne présentait pas une vision sympathique des Blancs.

« L’immigration pacifique » ne semble pas exister dans le système solaire de Brackett. Ou même une coexistence pacifique. Certes, ce n’était pas vraiment une chose dans les années 1940, non seulement les États-Unis avaient largement fermé leurs frontières à l’immigration une génération plus tôt, mais ils étaient en train d’arrêter des Américains jugés insuffisamment blancs et de les expulser sommairement. Ou simplement les mettre dans des camps. Sans parler du fait qu’il y avait un certain niveau de désagréable dans l’Ancien Monde à cette époque.


Lorelei de la Brume Rouge • (1946) • nouvelle de Leigh Brackett et Ray Bradbury

La fuite de Hugh Starke loin de la justice le mène à travers les mystérieuses montagnes de White Cloud et se termine par un accident de pilotage qui laisse son corps brisé et mourant. Cela aurait été la fin de Starke si une sorcière vénusienne n’avait pas trouvé une utilité à un esprit humain dans un corps brisé. Elle placera cet esprit dans un corps sain mais sans esprit, un corps qu’elle compte bien utiliser comme la patte de son chat dans un combat mortel à trois camps.

Mais feu Hugh Starke a son propre agenda....

Le type dont Hugh habite le corps est un barbare géant nommé Conan. Conan n’est pas un nom si rare, mais je soupçonne que le choix du nom était une référence délibérée à un certain célèbre Cimmérien, écrit par Robert E. Howard, ancien de Weird Tales.


La Lune qui a disparu • (1948) • novelette

Un contact avec le Feu de Lune, le pouvoir secret qui rôde dans les terres sauvages de Vénus, laisse David Heath brisé. Les connaissances interdites qu’il a acquises font de lui une cible pour les meurtriers Enfants de la Lune. La santé le contraint à contrecœur à jouer le rôle de guide pour deux Vénusiens déterminés à atteindre le Feu de Lune, même s’il sait qu’une seconde rencontre avec le Feu de Lune pourrait lui apporter la divinité. Ou la mort !

Bien que le système solaire de Brackett soit plus accueillant pour la vie terrestre que celui que nous connaissons aujourd’hui, il n’est pas si convivial. Une fois hors de la Terre, le choix se fait entre les minuscules oasis de Mercure, les jungles mortelles de Vénus, et les déserts arides de Mars. Aucune idée de ce qu’il y a au-delà de la ceinture d’astéroïdes, bien que Jupiter et Titan semblent tous deux habités. Dans l’ensemble, les Terriens sont probablement mieux lotis sur Terre — ou ils le seraient si la Terre elle-même ne semblait pas dirigée par des oligarques rivaux ne se souciant pas des petits gars.

Si je parle dans cet article de la Vénus de Leigh Brackett, c'est pour son aspect marécageux qui m'a donné des idées suite à mon dernier article et le côté Far-West du système solaire de Brackett, mais je développerai ça dans un prochain article...

mercredi 13 décembre 2023

Menace dans le ciel - Quelques idées pour exploiter un méga-donjon extraterrestre...

“Perhaps it's the alien equivalent of a discarded tomato can. Does a beetle know why it can enter the can only from one end as it lies across the trail to the beetle's burrow? Does the beetle understand why it is harder to climb to the left or right, inside the can, than it is to follow a straight line? Would the beetle be a fool to assume the human race put the can there to torment it — or an egomaniac to believe the can was manufactured only to mystify it? It would be best for the beetle to study the can in terms of the can's logic, to the limit of the beetle's ability. In that way, at least, the beetle can proceed intelligently. It may even grasp some hint of the can's maker. Any other approach is either folly or madness.” 

―Algis Budrys, Rogue Moon (1960)




Menace dans le ciel (titre original : Rogue Moon) est un roman de l'écrivain américain Algis Budrys publié en 1960. le roman fut nominé pour le Prix Hugo en 1961. Une version substantiellement raccourcie du roman a été publiée à l'origine dans F&SF, cette histoire de la longueur d'une nouvelle a été incluse dans The Science Fiction Hall of Fame, Volume Two, édité par Ben Bova. Il a été adapté sous dorme de drame radiophonique par Youri Rasovsky en 1979.

Rogue Moon concerne en grande partie la découverte et l'enquête sur un grand artefact extraterrestre trouvé à la surface de la Lune. L'objet finit par tuer ses explorateurs de diverses manières – plus précisément, les enquêteurs « meurent dans leurs efforts pour pénétrer dans un labyrinthe construit par des extraterrestres où un mauvais virage signifie la mort instantanée », mais leurs morts révèlent lentement le parcours semblable à celui d'un palais du rire que les humains doivent emprunter.

Résumé


Le Dr Edward Hawks dirige un projet top secret pour la marine américaine, utilisant les installations de Continental Electronics pour enquêter sur un grand artefact extraterrestre mortel trouvé sur la Lune. Des volontaires y pénètrent et l'explorent, mais sont inévitablement tués pour avoir enfreint les règles extraterrestres inconnues en vigueur au sein de la structure. Hawks "doit continuer à envoyer [des volontaires] dans l'artefact, cependant, car chacun se rapproche un peu plus pour trouver un chemin à travers le labyrinthe extraterrestre" et donc, ainsi, de comprendre de quoi il s'agit.

Vincent "Connie" Connington, chef du personnel de Continental, dit à Hawks qu'il a trouvé le candidat parfait pour la prochaine mission. Connington est amoral et manipulateur, testant ouvertement les faiblesses de Hawks et de tous ceux qu'il rencontre. Il emmène Hawks voir Al Barker, un aventurier et amateur de sensations fortes. Hawks rencontre également Claire Pack, une sociopathe d'un genre différent. Là où Connington convoite le pouvoir et Barker semble aimer la mort, Claire aime utiliser le sexe, ou la perspective du sexe, pour manipuler les hommes. Connington la veut, mais elle reste avec Barker car il n'a aucune faiblesse à ses yeux. Hawks doit faire appel au côté obscur de Barker pour le persuader de rejoindre le projet. Claire essaie de pousser à bout Hawks tout en affrontant Connington contre Barker.

Hawks a créé un émetteur de matière qui scanne une personne ou un objet pour en faire une copie aux récepteurs sur la Lune. La copie terrestre est placée dans un état de privation sensorielle qui lui permet de partager les expériences du doppelgänger. Cependant, aucun des participants n'a été capable de rester sain d'esprit après avoir subi la mort de seconde main.

Barker est le premier à conserver sa raison, mais même lui est profondément affecté la première fois, s'exclamant : "... ça s'en fichait ! Je n'étais rien pour ça !" Il revient encore et encore au défi, avançant un peu plus loin à chaque fois. Pendant ce temps, sa relation avec Claire se détériore, alors même que Connington poursuit ses tentatives désastreuses pour la gagner, recevant à un moment donné une raclée de Barker. Finalement, Connington annonce qu'il démissionne et Claire part avec lui.

Pendant ce temps, Hawks entame une relation avec une jeune artiste, Elizabeth Cummings, et lui exprime son tourment à propos du projet. Enfin, Barker annonce qu'il a presque fini de trouver un chemin à travers l'artefact. Hawks emmène Elizabeth dans un lieu romantique et lui déclare son amour, puis revient au projet. Il se transmet ainsi que Barker à la Lune, où son double rejoint celui de Barker lors de la dernière manche.

Ensemble, les deux se frayent un chemin à travers une série de paysages étranges contenant des pièges mortels. Émergeant de l'autre côté, Hawks dit à Barker qu'ils ne peuvent pas retourner sur Terre. L'équipement sur la Lune est trop grossier pour transmettre un homme en toute sécurité, et même si c'était possible, il y a déjà des gens qui vivent leur vie. Tous les hommes travaillant sur la Lune sont des doublons, principalement des hommes de la Marine, tous volontaires. Hawks choisit de rester à l'extérieur de la base jusqu'à ce que son air s'épuise. Barker revient quand même pour essayer d'être retransmis.

De retour sur Terre, Hawks enlève sa combinaison d'isolation et trouve une note dans sa main, qu'il savait être là. Il se lit simplement, "Rappelle-moi à elle.

Le spécialiste de la science-fiction Jeff King a écrit que les principaux thèmes du roman sont "le sens de la vie et le désir de l'humanité de transcender la mort. Algis Budrys utilise le voyage à travers le labyrinthe extraterrestre comme métaphore de la vie". Par conséquent, "la découverte de Barker quand il passe complètement à travers la structure extraterrestre est qu'une personne doit se créer elle-même". King ajoute qu'un thème secondaire est : "Les êtres humains possèdent plus que la capacité de raisonner et de fonctionner dans l'univers physique. Ils pensent aussi, et le développement de cette qualité est aussi important que le développement de toute autre".

D'autres ont émis des critiques allant à l'encontre de Jeff King, se référant notamment à Arthur C. Clarke : "Rogue Moon semble être au départ un grand puzzle d'exploration, à propos d'un grand artefact extraterrestre trouvé à la surface de la Lune. Toutes les tentatives pour l'explorer conduisent à la mort ou à la disparition des explorateurs intrépides, fous de diverses manières, mais leur mort révèle peu à peu que ce processus est le point important : qu'en mourant de diverses manières, en se déplaçant à travers ce processus, les humains apprennent quelque chose sur eux-mêmes, comme le feraient probablement les extraterrestres s'ils existaient encore. Le test "Clarkéen", une épreuve que les humains doivent passer pour évoluer et se développer au-delà de leur état actuel. Comme cela le montre, Rogue Moon est un roman plus profond et plus complexe que ce à quoi nous nous attendions au début".

La série de films Cube s'étend sur un territoire similaire mais pas tout à fait le même. Des étrangers se retrouvent piégés dans un donjon négatif et un par un, à la manière des "dix petits indiens", ils sont éliminés.

Le roman en été publié en France en deux parties dans les N° 112 et 113 de la revue Fiction chez OPTA, trouvable sur internet pour pas trop cher.





Qui construirait un tel artefact ? Une race extraterrestre très avancée pour tester les humains et d'autres espèces moins évoluées afin de définir leurs capacités, leurs émotions... les tester pour anticiper leur développement et étudier leur comportement, leur rapport à la vie, voir et anticiper la place que de telles espèces pourraient occuper dans l'univers quand ils en viendront à se développer suffisamment pour pouvoir prétendre à un rôle plus important auprès des autres espèces ? Est-ce simplement le jouet d'un dieu de l'espace, qui laisse de tels artefacts un peu partout où se trouve des peuples encore trop primitifs à ses yeux pour se délecter de les voir s'interroger et se laisser piéger dans un spectacle jouissif.

Quoiqu'il en soit, je trouve que c'est une idée intéressante que ce méga-donjon extraterrestre, on pourrait en trouver un peu partout dans la galaxie, témoignage incompréhensible d'une race oubliée, peut-être est ce des lieux multidimensionnels permettant à ceux qui arrivent à les percer de se retrouver dans d'autres réalités ? De gigantesques portails piégés qui mènent ceux qui arrivent à percer leurs secrets vers une sorte de compréhension, plutôt une élévation cosmique.

C'est également une bonne idée d'entonnoir pour lancer une campagne Dungeon Crawl Classics en projetant les potentiels futurs aventuriers dans l'espace ou une autre réalité via un mystérieux portail apparu dans les environs de leur village ou en utilisant l'un des nombreux produits dérivés comme Mutant Crawl Classics par exemple... C'est aussi une option pour un jeu comme Metamorphosis Alpha par exemple, autre option, ce méga-donjon s'intégrerait facilement dans un monde extraterrestre étrange et pourrait servir de rite de passage à une tribu primitive l'ayant découvert et le prenant pour une construction des "dieux", ils l'utiliseraient pour éliminer les membres trop faibles à l'approche de l'âge adulte et garder uniquement ceux avec un fort potentiel de survie... Bref on peut trouver toutes sortes de déclinaisons avec ce type de méga-donjon...


Cover d'un album du groupe Good Book inspiré par le roman d'Algis Budrys, je trouve l'illustration super cool alors je l'utilise même si elle n'est pas vraiment dans le thème du Post...

mardi 5 septembre 2023

Inspiration, un autre roman de gare SF pour vos aventuriers OSR du Multivers - Planète Atlante...

Depuis quelques semaines, je puise dans toute la fiction de seconde zone pour mes idées de contextes, l'Atlantide Maudite et les terres en friches toxiques se doivent de transpirer le Pulp, le nanar, le kitch, les dessins animés de mon enfance, l'OSR..., d'être gonzos et psychédéliques, mythos de séries B... Profitant de l'été je me suis enquillé quelques romans de gare trouvé dans des boîtes à livres et autres bouquineries pas chères. Planète Atlante, d'Henri Keller et Gregoire Brainin, un duo qui entre 1950 et 1955, et avant de disparaître à tout jamais de la carte éditoriale, a écrit pour à peu près tout les éditeurs populaires de seconde zone (La Flamme D'Or, Le Grand Damier, Metal 2000, le Trotteur...) des ouvrages de science-fiction para-cosmico-psychique, certes sans aucun style et ils ne savaient vraiment pas écrire (les phrases sont bancales, les paragraphes estropiés, des chapitres entiers sont repiqués à des publications de vulgarisation scientifiques pour étayer des idées "authentiques" mais totalement loufoques...). Chez eux, nucléaire, mot sur-utilisé dans cet ouvrage est constamment épelé nuculaire, pistolet nuculaire, fusée nuculaire, bombe nuculaire... Bref...




Pour en revenir au roman, on suit André Guimba et French Clark qui sont deux inséparables super-scientifiques. Leur mission : retrouver les vestiges de l'Atlantide... en Amérique du Sud... Car nos amis en sont arrivés, après de sérieuses recherches, à la conclusion qu’Aztèques et Atlantes ne formaient qu'un seul et unique peuple. Quelques péripéties dans la pampa sud-américaine plus tard (cannibales primitifs inclus), ils atteignent enfin leur but : un Volcan Base Secrète Ultra-Technologique dans lequel vivent les derniers Azteco-Atlantes et leur splendide reine Zureca dont André tombe immédiatement amoureux. Par cette dernière, ils apprennent aussi que certains Atlantes, lors du cataclysme qui coula leur île mythique, étaient parti en fusée spatiale s'installer sur Mars. Nos désormais trois héros décident alors de s'y rendre pour continuer leurs recherches. Malheureusement, une fois débarqués sur la planète Rouge, ils ne trouvent que ruine et désolation. La civilisation Atlanto-Martienne a disparue de la surface de ce globe depuis des milliers d'années. Nos héros ne cèdent pas à l'abattement, ils ont un plan. Grâce à la vitesse supra-luminique de leur fusée, ils comptent franchir la barrière du temps et retourner dans le passé de Mars. Ils passent alors dans une dimension supérieure où vivent Les Pharaons de L'Espace (oui je sais ça part de plus en plus loin). Ils discutent avec, évitent de se soumettre à leurs "test magnétique" et deviennent finalement super-potes et philosophent avec eux, puis repartent en sens inverse. Les voila de nouveau sur Mars, dans le passé très lointain. Et les Atlantes sont vivants mais là, c'est le drame, les Atlantes et Zureca sont en fait de sales vilains mégalomanes et ils jettent Clark et André dans des oubliettes. Heureusement, les vrais Martiens, qui vivent sous terre depuis que l'envahisseur Atlante est venu coloniser leur monde, délivrent nos deux pauvres héros. S'ensuit une guérilla nuculaire et toute vie sur Mars est atomisée. Sauf Clark et André qui repartent vers le présent et vers la terre raconter leurs extraordinaires aventures.

Alors c'est vraiment pas très recherché, mais c'est un festival d'idées délirantes pour une petite campagne de Jdr comme je les affectionne, on dirait un délire Pulp à la Jack Kirby d'avant guerre (et après aussi), avec ses dieux cosmiques, sa super-science, mâtiné d'un soupçon de vieux épisodes de Capitaine Flam (je me souviens d'un Arc où le Capitaine et ses amis retournaient dans un passé très lointain où deux peuples extraterrestres colonisaient l'ancienne Terre et se faisaient la guerre sur leurs planètes)... En plus il est question d'Atlantide, pour moi c'est un scénario parfait pour mener les héros à travers l'Atlantide Maudite ou jouer avec les règles d'Hypertelluriens...

lundi 4 septembre 2023

Inspiration romans de gare pour vos aventuriers OSR du Multivers - Blade, Voyageur de l'Infini...

Richard Blade est un voyageur de l'infini. Il est le jouet humain d'un ordinateur au cerveau sans âme, qui le projette dans des univers inconnus, des mondes passés ou à venir.

Blade le voyageur de l'infini est une série de romans dits de « gare » qui réserve quelques surprises. Pendant les vacances, je suis tombé sur une série de ces bouquins dans une boîte à livres et il y a une matière intéressante pour qui veut propulser ses aventuriers dans le Multivers sans trop de questionnements et d'explications débouchant sur des systèmes de jeu fatigants.


Richard Blade Voyageur de l'Infini, 206 romans en français de 1974 à 2012


La série est née à la fin des années 60 aux U.S.A, dans l'esprit de ce qu'il faut bien appeler un packager. Le book packaging est une activité assez peu développée en France. Pour faire simple, cela consiste à proposer aux maisons d'édition des projets conçus de A à Z : C'est le cœur du concept. Un ou le plus souvent des auteurs sont embauchés par le packager et produisent ainsi des histoires dont la continuité et la « bible » ont été préalablement définies. Le packager s'occupe parfois même du travail d'édition : relecture, mise en page etc.. , voire de l'impression. Le packager est en quelque sorte un producteur « littéraire ». Or, s'il apparaît sur les couvertures de cette série le nom d'un auteur : Jeffrey Lord par exemple, celui-ci n'est qu'un nom de plume, dans la tradition de ce qui se faisait déjà pour certains pulp magazines comme Doc Savage ou le Shadow par exemple.

Il semblerait que la série Blade ait d'abord été proposée à l'éditeur McFadden qui publia au moins 6 numéros de la série (avant de mettre la clé sous la porte), c'est ensuite Pinnacle Books qui assurera la publication des 37 numéros de la série, et qui réédita bien entendu les premier épisodes. Plusieurs auteurs se sont donc succédés sous le pseudonyme de Jeffrey Lord : Manning Lee Stokes qui écrit les huit premiers romans et qui aura par ailleurs les honneurs de la Série Noire en France, Ray Nelson auteur notamment du scénario d’après sa propre nouvelle, d'Invasion Los Angeles de John Carpenter, ou encore Roland J. Green auteur entre autres de romans mettant en scène Conan le Cimmérien, mais aussi, et c'est là l'une des particularités de Blade, voyageur de l'infini, nombre de romans ont aussi été écrits par des auteurs français : Thomas Bauduret, Richard D. Nolan, Pascal Candia, Nemo Sandman... Car après les 37 numéros parus aux Etats-Unis et traduits dans l'Hexagone, Blade a connu une suite en France, qui compte ainsi, à ce jour, plus de 200 numéros au compteur. Ceci dit Blade n'est pas la seule série venant d'outre-Atlantique à avoir été d'abord "traduite de l'américain" (romans originaux traduits), puis "traduite et adaptée de l'américain" (intrigues originales, mais on rallonge le texte, on le remanie sans beaucoup d'états d'âme), puis "adaptée de l'américain" (là il s'agit d'histoires 100% françaises), les éditions Gérard de Villiers se sont souvent distinguées sur ce créneau.

Richard Blade nous est présenté dans les premières pages comme un agent secret qui travaille pour un supérieur nommé J. Toutes ressemblances avec un certain James Bond n'est certainement pas fortuites. Cependant très rapidement, en quelques pages, il va passer du statut d'agent secret à celui de cobaye pour un programme généré par des "ordinateur alignés, comme des monstres domptés [...]". L'apport d'une science en avance sur son temps serait, d'après la légende, le fruit de la participation d'un auteur, qui si il n'a écrit aucun des romans de la série, aurait néanmoins participé aux réunions de travail pour créer Blade, cet auteur est bien connu aujourd'hui puisqu'il s'agit de Philip K. Dick.

Espion, cobaye, Richard Blade finira finalement par se retrouver dans le premier roman, "La Hache de bronze", à l'instar d'un John Carter sur Mars dans ce que nous apprendrons être une autre dimension, un monde médiéval où comme son homologue sudiste il rencontrera une princesse alors qu'il se trouve dans le plus simple appareil.






Donc, résumons : Richard Blade est l’agent de terrain du projet DX, une branche secrète du MI6, dont peu de personnes connaissent l’existence, et qui, grâce à des ordinateurs, permet les voyages inter dimensionnels. Alliant un physique sans faille à des capacités de survie et d’adaptation en territoire inconnu hors du commun, au gré de ses missions, Blade parcourt la dimension X.

Ici vous trouverez une liste des romans de la série et comme vous verrez, beaucoup de genres sont abordés, SF, Sword & Sorcery... Par exemple dans "L’Empire des Nécromanciens", Richard Blade est translaté dans un royaume où un sorcier a bravé les terres désolées de Leng pour atteindre la citadelle de Kadath et s’approprier les terribles secrets de la nécromancie. Des personnes disparaissent, la menace se précise…


Rien que le titre et l’entame nous ramènent vers les œuvres de H. P. Lovecraft, ainsi que celles de Clark Ashton Smith dans une moindre mesure. D’ailleurs à l’évocation de la citadelle de Kadath, Richard Blade songe aussi au reclus de Providence. Le clin d’œil est limpide et notre héros se demande même si, à travers ses songes, Lovecraft n’aurait pas voyagé à travers la dimension X et découvert ce monde, s’en inspirant alors pour ses écrits. En effet, bien des similitudes existent et Blade rencontre et reconnaît un shoggoth. L’histoire mêle allègrement science-fiction et dark fantasy.

Notre héros intrépide part sans savoir où il se rend, s’en accommode très bien et ses extraordinaires facultés lui permettent de se faire remarquer par le roi de Klarkash-Ton (là encore vous voyez la référence... Clark Ashton Smith). Puis en bon macho, après une journée de travail il passe par la taverne, avant de rentrer profiter de la cuisine et des faveurs d’une servante. Mais quand il s’agit de risquer sa vie, il n’est pas le dernier, s’échappant d’issues fatales par les hasards de la translation qui le ramène en Angleterre ou le trimbale à travers le royaume. Dans cet épisode, elle s’avère d’ailleurs bien imprévisible. Vous l’aurez compris, ça bouge ! Blade est l’archétype même du héros qui se tire de toutes les situations, plaît aux femmes… Ça ne vous rappelle rien ?

Blade est de la littérature de gare par excellence, sans qu’il n’y ait rien de péjoratif dans cette classification. "L’Empire des Nécromanciens" se lit très vite. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures, c’est du pur divertissement, sans prise de tête. Il suffit de suivre les pas de Blade, rien d’autre.

En fin de volume, les scientifiques du projet DX parlent de mécanique quantique, sans que ce soit barbant, et tout se finit autour d’une bière. Comment ne pas s’identifier par moment au personnage ? Comment ne pas identifier ses PJ OSR du Multivers à Richard Blade ? Les amateurs se satisferont des facilités prises par ci par là dans l’histoire, les autres, plus exigeants, ouvriront de grands yeux et se détourneront sûrement de cette collection. "L’Empire des Nécromanciens" ne laissera pas un souvenir impérissable, mais le cadre est sympathique, nous replongeant un peu dans les créations des grands anciens. La lecture est distrayante, amusante et ces quelques heures passent comme par magie.

Sur Wikipédia à propos de la série il est dit ce qui suit :

Richard Blade est un agent du MI-6 aux exceptionnelles facultés physiques et intellectuelles. Il a été recruté par son chef, J, pour participer à un invraisemblable projet, le Programme DX, mis au point par le savant britannique Archibald Leighton (devenu entre-temps Lord).

Lord Leighton est un grand savant en fauteuil roulant car atteint d'une grave maladie neurodégénérative.

Cette invention permet au cobaye d'être projeté vers d'autres dimensions du Multivers. Lorsque Blade s'y intègre, plusieurs candidats y ont déjà laissé la vie ou leur esprit. Mais, grâce à ses potentialités sur-réelles, Richard Blade va devenir le "voyageur de l'infini". Une sorte d'ambassadeur de l'Empire Britannique.

Le programme DX est situé dans les profondeurs de la Tour de Londres, et consiste à brancher le héros recouvert d'une pâte infâme, grâce à des électrodes, à un hyper-ordinateur d'avance de plusieurs générations

Lorsqu'il arrive (nu et sans arme) dans une Dimension X, Richard Blade acquiert automatiquement la langue (syntaxe et grammaire) de toute personne lui parlant : il lui suffit d'en entendre quelques syllabes.

Malheureusement à son retour dans la Dimension N, il perd cette capacité, comme toutes celles qu'il aurait pu acquérir (télépathie, magie).

Dans chaque dimension où il atterrit, il y a des problèmes qu'il est le seul à pouvoir résoudre avec ses facultés de combattant, d'agent secret, ou d'amant.

Le problème est que Lord Leighton n'arrive pas à cibler une dimension choisie à l'avance, ni à l'y renvoyer, et ne peut transférer des objets lors de l'aller, sauf un métal particulier très cher à produire, et deux objets personnels : une bague et un couteau de commando.

Lors de ces voyages, il a réussi à ramener un fauteuil électronique en métal particulier, une savante (devenu folle par le transfert), des bijoux et un ou deux animaux (un singe et un cheval).

Dans le premier épisode, il revient avec une hache en bronze, pleine de sang.

À ce jour, il n'existe qu'une seule autre personne voyageant dans le Multivers : l'agent suédo-britannique Elin Sandberg, qui a quitté le Projet Dimension X.

Moi je vois dans Richard Blade une sorte de Messager Galactique Vs John Carter, un héros Pulp / Comic / BD, qui se déplace d'aventures en aventures et s'adapte dans le Multivers avec la même facilité scénaristique que des héros Marvel ou DC... Une inspiration qui me va très bien pour mes propres campagnes.

samedi 18 février 2023

Alternative extraterrestre au Warden - Le Rama...

Une autre alternative pour mener une campagne dans un méga vaisseau spatial, autre que Metamorphosis Alpha car ici on part du concept d'une structure extraterrestre inconnue, c'est le roman Rendez-vous avec Rama.

Rendez-vous avec Rama (titre original : Rendezvous with Rama) est un roman de science-fiction d'Arthur C. Clarke paru en 1973 puis publié en français en 1975.

Le roman évoque l'arrivée d'un vaisseau spatial cylindrique d'origine inconnue dans le système solaire en l'an 2130. Une expédition scientifique est dépêchée en direction du vaisseau et le visite. Il apparaît que le vaisseau est vide de toute vie intelligente extraterrestre. Seuls des robots biologiques appelés « biotes » sont découverts. Après une rapide exploration par les astronautes, le vaisseau quitte le système solaire.

Ce roman, considéré comme un des piliers de l’œuvre de Clarke et comme un classique de science-fiction dite dure, a remporté plusieurs distinctions, dont les prestigieux prix Hugo et Nebula.

L'ouvrage est le premier de la série Rama. Les trois romans suivants, Rama II (1989), Les Jardins de Rama (1991) et Rama révélé (1993) ont été coécrits avec Gentry Lee ; ce dernier a aussi écrit deux autres romans dans l'univers de Rama, Bright Messengers en 1996 et Double Full Moon Night en 2000.




Résumé :

En 2130, les radars terrestres repèrent un gigantesque objet qui, venu de l'espace stellaire profond, pénètre dans le système solaire. D'abord recensé comme l'astéroïde 31/439, on lui attribue le nom Rama en hommage au prince hindou Rama, avatar du dieu Vishnou, (« les astronomes [ayant] depuis longtemps épuisé la mythologie grecque et romaine»). On réalise que son envergure de 50 km de long par 20 km de diamètre et sa perfection géométrique impliquent nécessairement une origine extraterrestre.

L'équipe du vaisseau Endeavour, en mission de routine avant la découverte, est chargée d'aller à la rencontre du vaisseau, qui a déjà atteint l'orbite de Vénus, dans l'optique d'une éventuelle exploration.

Pendant ce temps, la « Commission Rama » réunit un panel de spécialistes et de représentants des mondes habités du Système solaire (« les Planètes unies ») afin de faire face à cette situation pour le moins inattendue.

Les astronautes de l'Endeavour, menés par le commandant Bill Norton, pénètrent dans Rama après avoir maîtrisé plusieurs sas. Ils commencent à explorer l'intérieur de l'immense cylindre.

Le vaisseau spatial contient plusieurs « cités » immenses et géométriques. Une mer de dix kilomètres de large est située au centre du vaisseau et des canaux d'eau encerclent le pourtour du vaisseau. Avec surprise, les astronautes découvrent que l'air de Rama est respirable pour les humains.

Durant l'exploration du vaisseau, Jimmy Pak propose au commandant Norton une méthode peu conventionnelle pour se rendre à l'autre bout de Rama. Il a emporté en contrebande dans l'Endeavour une sorte de vélo ultra-léger servant à des courses sportives sur des astres à faible gravité, telle la Lune. Il propose de monter son vélo et de partir explorer une large zone du vaisseau inaccessible par la simple randonnée à pied. Après réflexion, le commandant donne son accord. Jimmy monte le vélo et part à l'aventure. Le voyage aller se déroule dans de bonnes conditions. Jimmy découvre une fleur, qu'il emporte (ce sera le seul exemple de vie végétale découverte lors de la mission). Cependant le retour est problématique. Des éclairs électro-magnétiques gênent le vol et déstabilisent le vélo. Jimmy ne parvient pas à accomplir en entier le chemin de retour, échouant sur un immeuble situé à 500 mètres du sol. Ses compagnons, venus en canot pneumatique à moteur depuis la mer cylindrique, cherchent à résoudre la difficulté. C'est un scientifique terrien qui propose une solution, qui sera mise en œuvre : Jimmy utilise une chemise en guise de parachute et profite de la faible gravité pour descendre en spirale jusqu'au sol.

Durant l'escapade de Jimmy, les astronautes ont fait une découverte. Rama contient d'étranges créatures chargées de « faire le ménage ». Elles vont de long en large, ne passant jamais par le même endroit. Elles semblent inoffensives ; elles n'attaquent pas les membres de l'expédition. De telles créatures sont vues aussi dans la mer cylindrique. Les créatures terrestres sont vite surnommées « crabes » et celles provenant de l'eau « requins ». L'une de ces créatures ayant connu un problème dans ses opérations de surveillance, Laura Ernst, médecin-chef de l'expédition, en pratique « l'autopsie ». La créature n'est pas un artefact métallique. Néanmoins elle n'a pas d'organe pour manger ou boire et ne dispose d'aucun organe reproducteur ou urinaire. Elle semble être un robot biologique, alimenté par d'étranges batteries internes non métalliques. Ces créatures, qui ont apparemment la mission de surveiller et de nettoyer le vaisseau, sont qualifiées de « biotes ».

Mais le commandant Norton est secrètement informé qu'un mini-vaisseau spatial, lancé récemment de Mercure en direction de Rama, pourrait contenir une charge nucléaire destinée à détruire le vaisseau extraterrestre. Il doit prendre ses dispositions pour éventuellement évacuer Rama dans les prochaines heures. Effectivement, lors d'une séance de discussions à la Fédération des Planètes Unies, l'ambassadeur de Mercure annonce que sa planète a lancé un missile nucléaire ultra-puissant en direction de Rama. Il est évident pour les dirigeants de Mercure que les créateurs de Rama disposent d'une technologie si avancée qu'en cas de confrontation, la Terre et les planètes sœurs n'auraient aucune chance de pouvoir se défendre. Il faut donc détruire Rama, qui constitue une immense menace potentielle pour le système solaire. L'ambassadeur mercurien enjoint au commandant Norton d'évacuer Rama dans l'heure.

Ce que tout le monde ignore, c'est que Norton a déjà envoyé l'un de ses ingénieurs, Boris Rodrigo, à bord d'une mini-fusée, en direction du missile. Arrivé à destination, Rodrigo a ouvert le système de commande, l'a neutralisé et a modifié le cap du missile. Ce dernier n'est donc plus une menace pour Rama.

Alors que Rama est en train de se rapprocher du soleil, le vaisseau signale un danger par diverses manifestations (départ précipité des biotes, alarmes stridentes, violents clignotements, modification du niveau de la mer cylindrique, etc.).

Les astronautes quittent alors Rama, regagnent Endeavour et s'apprêtent à retourner sur Terre. Ils constatent alors, à leur grande surprise, que Rama, au lieu de croiser à bonne distance du soleil afin de ne pas fondre, prend une trajectoire devant l'amener à frôler l'étoile. Au fur et à mesure de son approche, Rama se couvre d'un « cocon » qui la protège des rayonnements et de la chaleur du soleil. Après s'être rechargé de cette énergie, le vaisseau accélère et prend un cap en direction de l'espace profond, quittant le système solaire à une vitesse proche de celle de la lumière.

Dans le dernier paragraphe du roman, sur Terre, le scientifique Carlisle Perera se dit que « Les Raméens font tout par trois ».

Thèmes :

Le thème d'un vaisseau énigmatique entrant dans le système solaire a été utilisé par d'autres romanciers, Greg Bear, dans sa trilogie : Éon, Éternité et Héritage, John Varley, dans sa trilogie de Gaïa : Titan, Sorcière, Démon, Fritz Leiber dans Le Vagabond.




Dès les premières pages de Rendez-vous avec Rama, il ne fera aucun doute pour le lecteur que c’est bien de hard-SF dont il s’agit. Le roman en est même l’un des plus brillants représentants. Vous entrez ici dans un territoire où les idées constituent à la fois le socle et la flèche de l’œuvre. La hard science est un genre particulier de la science-fiction où toutes les avancées et progrès technologiques décrits se basent sur les connaissances actuelles. C’est de l’extrapolation plutôt que de l’invention avec un accent fort porté sur la cohérence interne des technologies. Ce genre a connu son âge d’or avec des auteurs comme Arthur C. Clarke mais aussi Kim Stanley Robinson (la trilogie de Mars), Stephen Baxter (Voyage) ou encore certaines œuvres d’Isaac Asimov. Et le moins que l’on puisse sire, c’est que Rendez-vous avec Rama regorge de petites astuces cohérentes avec nos connaissances de l’univers. Dans un roman ou un comics, Rama aurait simplement été un vaisseau spatial comme on a pu en voir dans toutes les séries ou les films (genre une voiture de l’espace). Ici tout est compliqué par la gravité artificielle de l’objet. En effet, celui-ci possède une vitesse de rotation sur son axe afin de donner un semblant de gravité sur les bords du cylindre. De fait, il n’existe ni haut, ni bas, ni droite, ni gauche. Ce fait scientifique est l’une des principales caractéristiques de Rendez-vous avec Rama. De fait, Arthur C. Clarke passe plus de temps à nous décrire le processus d’exploration que l’exploration en elle-même et forcément, cela rajoute au suspense et au mystère du vaisseau et de sa création. Rendez-vous avec Rama est donc un roman d’exploration scientifique. Publié au début des années 70, en 1973 plus précisément, il observe le plus strict respect des connaissances scientifiques de l’époque et, même encore aujourd’hui, ne montre de ce point de vue pas le moindre défaut.

Le monde dans Rendez-vous avec Rama :

Dans l'univers du roman, le système solaire est en partie colonisé. Seules les géantes gazeuses et Vénus ne sont pas habitées.

L'ambassadeur de Ganymède représente Jupiter, inhabitée, et une cinquantaine de satellites joviens ; l'ambassadeur de Titan représente Saturne, inhabitée, ses anneaux et sa trentaine de satellites ; l'ambassadeur de Triton, satellite de Neptune, représente cette planète inhabitée et ses trois autres satellites, Uranus et ses huit satellites (tous inoccupés), Pluton et sa lune, ainsi que « Perséphone », une planète hypothétique sans satellite.

Le projet Spaceguard, mis sur pied en 2077 après qu'une météorite a fait 600 000 morts et des dommages considérables en percutant l'Italie du Nord, recense et surveille les objets susceptibles de croiser la trajectoire de la Terre.




Le vaisseau :

Article détaillé : Rama (vaisseau spatial).

Rama est un cylindre parfait, de type cylindre O'Neill, d'environ 50 km de longueur et 20 km de diamètre extérieur, d'un « gris triste et terne », ressemblant « assez drôlement à n'importe quel chauffe-eau électrique. »

Personnages :

Le roman suit deux groupes de personnages, l'équipage du vaisseau de recherche de la Sûreté solaire Endeavour ainsi que la Commission Rama de l'Organisation scientifique des Planètes unies.

L’équipage de l’Endeavour comprend plus de 20 personnes, dont plusieurs participent activement à l'exploration :
  • commandant William Tsien Norton,
  • lieutenant de vaisseau Karl Mercer, ingénieur et officier de bio-intendance,
  • lieutenant Joe Clavert,
  • lieutenant Jimmy Pak,
  • ingénieur Willard Myron,
  • médecin-commandant Laura Ernst, officier de santé,
  • lieutenant Boris Rodrigo, officier radio et adepte de la Cinquième Église du Christ cosmonaute,
  • sergent Ravi MacAndrews, tuteur des quatre super-chimpanzés,
  • officier de pont Jerry Kirchoff,
  • sergent Ruby Barnes, sous-officier,
  • sergent Pieter Rousseau.

Il comprend aussi quatre « super-chimpanzés » intelligents :
  • Blackie,
  • Blondie,
  • Goldie,
  • Brownie.

La Commission Rama comprend :

- des ambassadeurs de ses sept membres
  • le Dr Bose, de Mars,
  • des représentants de Mercure, de la Terre, de Luna, de Ganymède, Titan et Triton ;

et des spécialistes
  • Pr Olaf Davidson (astrophysicien),
  • Dr Thelma Price (archéologue),
  • Dr Carlisle Perera (exobiologiste),
  • Dennis Salomon (historien des sciences),
  • Conrad Taylor (anthropologue),
  • Sir Lewis Sands (historien).

Rama pourrait être utilisé comme modèle pour des pouvoirs au-delà de la conception humaine dans un univers SF de type futur assez proche. Ici, les Raméens pourraient être des Dieux Anciens avec des pouvoirs que l'homme n'était pas censé connaître. Rama pourrait bien être la réserve d'une biosphère extraterrestre attendant que son cycle s'active. Montez le curseur Lovecraft et baissez le curseur Clarke. Des jeux post-apocalyptiques comme Mutant Future ou Mutant Epoch en tant que campagne pourraient se dérouler entièrement dans les limites d'un vaisseau Rama, comme une sorte de Metamorphosis Alpha mais non marqué par les restes de la science humaine mais par quelque chose d'encore plus incompréhensible. La chose pourrait tomber en panne et avoir besoin de l'aide de ses maîtres extraterrestres, quel contact serait établi avec la civilisation humaine et ses colonies ? Pour un jeu de Super-Héros, Rama est une menace crédible qui cache peut être bien plus encore. Toute la campagne peut être déplacée dans les limites de l'un de ces navires pour un véritable voyage cosmique. Les jeux et l'univers Marvel sont taillés sur mesure pour cela...

dimanche 17 juillet 2022

Idée du contexte d'amorce de ma future campagne - Jules Verne, H.G. Wells, Cha'alt...

Donc pour notre future campagne, je prévois dans les semaines qui viennent, quand je pourrais réunir notre groupe de joueur, une première aventure qui lancera la campagne. Ce sera une aventure one-shot, basée sur une exploration de méga-donjon mais que nous exécuterons en plusieurs parties histoire de tester différents systèmes et voir lequel retenir pour le reste de la campagne... Donc il y aura des PJ et un certain nombre d'acolytes pour prendre leur place en cas de mort, on ne fera pas de montée de niveau ou autre truc du genre puisque on établira une nouvelle fiche à chaque partie pour essayer un système.




Le pitch de départ sera "De la Terre à la Lune" de Jules Verne, suivi de "Autour de la Lune" du même Jules Verne et "Les Premiers Hommes dans la Lune" de H.G. Wells. Attention cela va juste servir de pitch d'introduction à l'aventure comme suit :

Après la fin de la guerre de Sécession, le Gun Club de Baltimore, club d'artilleurs, végète par manque d'activité. Son président, Impey Barbicane, propose très sérieusement d'envoyer un boulet de canon sur la Lune. Après plusieurs réunions, le Gun Clubs'organise et lance une collecte de fonds en direction de toute la planète. Après avoir récolté l’argent nécessaire, le projet se concrétise sous la forme d'un gigantesque canon d'une conception inspirée des Columbiad américains.

La volonté du club est de mener l’expérience sur le territoire des États-Unis. Après s'être renseigné auprès de l'observatoire de Cambridge (Massachusetts) pour connaître les contraintes physiques (vitesse, date, lieu) favorisant leur projet, les membres du club déterminent les caractéristiques du canon, du projectile et de l'explosif. Ils choisissent également un site près de Tampa en Floride pour y préparer le tir. Un télescope est enfin construit dans les Rocheuses, afin de pouvoir observer au mieux le projectile durant son vol.

Le Gun Club reçoit un télégramme du Français Michel Ardan, qui propose de fabriquer un projectile creux (au lieu du boulet plein prévu) dans lequel il pourrait prendre place afin d'aller sur la Lune. Après avoir vérifié l’existence de ce Français, Barbicane suspend la fabrication du projectile. Arrivé aux États-Unis, Ardan convainc l'opinion publique de la possibilité de son idée. Seul Nicholl, adversaire et rival de Barbicane, s’oppose à ce projet, de la même façon qu'il s'était opposé au projet initial de Barbicane. Ardan résout le conflit en persuadant les deux hommes d'entreprendre avec lui ce voyage vers la Lune.

Le tir est un succès. Sur Terre, après l’enthousiasme arrive l’inquiétude, car il est impossible de suivre le projectile à cause des nuages. Au bout de quelques jours, celui-ci est finalement découvert en orbite autour de la Lune.

À bord, Michel Ardan, Impey Barbicane et le capitaine Nicholl découvrent l’atmosphère ainsi que la face cachée, où ils pensent apercevoir des villes, fugitivement révélées par la lumière d’un astéroïde en feu qui croise leur route. Cette rencontre fortuite dévie leur trajectoire, leur permettant ainsi d’échapper à l’attraction lunaire et de revenir sains et saufs sur Terre où ils amerrissent.

J.-M. Belfast le directeur de l'observatoire de Cambridge, Massachusetts, ayant eu vent des observations des trois aventuriers concernant d'éventuelles villes aperçues sur la face cachée de la Lune décide d'entreprendre des recherches. Lui qui fut le confrère des astronomes George Phillips Bond et Alvan Graham Clark, découvreur de la naine blanche qui accompagne Sirius, espère aussi connaître son heure de gloire en rapportant une découverte majeure.

À la fin du xixe siècle, pour échapper à ses créanciers, un homme d'affaires, M. Bedford s'associe avec un savant un peu fou mais génial, Cavor, qui a inventé une matière, la cavorite, qui, une fois déposée sur un objet, permet à celui-ci de s'affranchir de la pesanteur. Ensemble, et avec Kate, la fiancée de Bedford, ils partent pour la Lune, et découvrent que celle-ci est habitée par les Sélénites, des humanoïdes insectiformes qui ont conçu une civilisation très évoluée, même si très différente de celle de la Terre. Les premiers contacts sont un peu rudes.




Bedford et Cavor ne sont pas d'accord sur la façon d'entrer en relation avec eux. Bedford penche nettement pour une façon musclée, tandis que Cavor, en bon savant qu'il est, cherche à entrer en contact avec eux, et y parvient. Mais ils apportent avec eux les tares de l'Humanité dans cette civilisation qui vivait en harmonie avant leur arrivée.

Bedford et Kate rentreront seuls sur Terre, Cavor choisissant de rester parmi les Sélénites.




De retour sur Terre, ces derniers parleront de leur découverte mais ne seront pas pris au sérieux, ils seront même un temps soupçonné de raconter ces affabulations pour dissimuler les circonstances suspectes de la disparition de Cavor.

De son côté, J.-M. Belfast continue ses observations, pendant plusieurs mois il observe la Lune espérant trouver des traces d'une présence, si une civilisation existe se dit-il, elle ne peut pas restée cantonnée uniquement à la face cachée. Un jour c'est la surprise totale, une pyramide noire est apparue sur la Lune a un endroit où il n'avait rien observé auparavant. Au courant de l'expédition de Bedford, il prend contact avec ce dernier et prend a sérieux ses déclarations. Ensemble ils décident de retaper l'aéronef mis au point par Cavor pour relancer une nouvelle expédition, Belfast prend contact avec le Gun Club de Baltimore pour lever des fonds et regrouper un groupe d'aventuriers assez téméraires pour entreprendre ce nouveau voyage.




C'est là que vont intervenir les PJ qui prendront place parmi cette expédition.

Pour la Pyramide Noire, je vais m'inspirer de Cha'alt et de Menace dans le ciel (titre original : Rogue Moon) d'Algis Budrys :

La Pyramide noire est façonnée en pierre extra-dimensionnelle et alimentée par des dieux morts liquéfiés, c'est un méga-donjon étrange, extraterrestre et bizarre. La pyramide elle-même est semi-translucide et noire, de minuscules veines vertes brillent dans sa structure extraterrestre... c'est une substance imperméable à la magie, mais propice aux voyages inter-dimensionnels. 

La Pyramide Noire est gonzo, c'est à parts égales l'Echelle de Jacob, Docteur Who des 70'S, Cube, Le Guide du Voyageur Galactique, tous les épisodes étranges de la série originelle Star Trek, H.P. Lovecraft, Kafka, Stephen King et toute les oeuvres de Sword & Sorcery / Post-Apocalyptiques qui auraient semé leurs graines dans D&D. C'est comme une aventure de donjon où vous traversez le rêve d'un Titan Cosmique sorti de l'imagination de Jack Kirby.

On dit que certaines pièces de la pyramide noire glissent dans et hors de la réalité lorsque les anciens dieux remuent.




La Pyramide Noire comprend un peu plus d'une centaine de salles réparties sur 5 niveaux, c'est de nombreux ponts inter-dimensionnels où il peut se produire toutes sortes de rencontres, j'ai commencé à réfléchir à des idées de salles pour ma Pyramide Noire :

1 - Cette salle est une jungle, des arbres Cyclopes se dressent à plus de trente mètres et s’élargissent vers les cimes pour étendre leurs branches comme des mains tendues vers le ciel. Inutile d’ajouter que leur Œil unique, à la base du tronc, les rend assez inquiétants. Les Minos sont de petits êtres vils qui se cachent dans la forêt. Le corps recouvert d’une épaisse fourrure, ils sont aussi agiles que des petits chimpanzés et ont une très bonne vue. Dès qu’une occasion se présente et qu’un aventurier se sépare du groupe, ils fondent sur lui par groupe de cinq dans l’intention de le mettre KO, si besoin, en le molestant avec des pierres. Une fois leur victime assommée, ils la traînent dans la cosse d’un arbre géant. Là, ils la laissent fondre dans les dangereux sucs digestifs des Arbres Cyclopes, ils en tirent une drogue qu'ils utilisent lors des rituels impies de leur tribu.


Pour cette entrée je me suis inspiré de Space Adventure Cobra...


2 - Une salle de grande taille complètement vide et d’un blanc immaculé, en son centre un grand cube noir de 20m de côté. Une porte permet d’y entrer. A l’intérieur une étrange machine fabrique toutes les 1d4 tours un étrange cube gélatineux de 2m de côté qui semble vivant et se dirige dès sa création vers la moindre trace de vie détectée dans la pièce.
3 - A l'intérieur de la salle très sombre se trouve un Dungchen (cor tibétain). Jouer de ce cor convoque un moine bouddhiste (apparaissant en 1d4 tours) qui entre dans la pièce et s'enflamme, fournissant suffisamment de lumière et de chaleur pendant plusieurs minutes avant qu'il ne s'éteigne et ce qui reste du moine est emporté comme du sable dans le vent. Durant les minutes où la salle est éclairée, on peut apercevoir de nombreux coffres dont certains sont ouverts et semblent remplis de trésors, on peut apercevoir également une porte de chaque côté de la pièce et une porte face à celle qui vous a servi à entrer. Au dessus de deux des portes figure un affreux visage sculpté grimaçant et au dessus de la troisième un visage souriant. Certains des coffres sont des mimics, les deux portes avec des visages grimaçant donnent sur un piège mortel (au choix du MJ), il est intéressant pour le MJ d’attirer l’attention des PJ sur les coffres et juste brièvement sur les portes pour semer le doute quand à la sortie. Les PJ peuvent faire de nouveau sonner la trompette et un nouveau moine apparaîtra et fera la même chose mais l’ordre des portes aura changé.




4 - Une salle assez grande avec une scène à l’extrémité opposée. Sur la scène un groupe de types bizarres vêtus de cuir bizarre et de pointes, ils ont des cheveux longs hirsutes et d’étranges instruments avec lesquels ils jouent une musique bruyante et démoniaque, si on peut appeler ça musique. Sur une croix au milieu de la scène est attachée une jeune femme et à côté l’un de ces démons musiciens de l’enfer agite un immense couteau, il s’apprête à la sacrifier. Devant la scène 2d20 créatures vêtus de la même manière secouent leurs têtes à toute vitesse en poussant des cris bestiaux et en faisant des signes impies avec leurs mains.
5 - Un grand couloir, à mi-chemin une statue de guerrier barbare de 3m de haut semble barrer le passage.
6 - Une salle comme une caverne éclairée de torches et de bougies, un petit démon y commande 1d10 guerriers squelettes.
7 - Une clairière dans laquelle 1d20 soldats de l’Empire Allemand bivouaquent. Un bois borde la clairière, il vous faudra passer discrètement par celui-ci pour éviter les soldats qui montent la garde. Si vous êtes repéré les soldats attaqueront à vue car ils ont pour consigne de ne laisser aucun témoin de leur présence.


Quand j'aurai une centaine d'entrée je ferai une table aléatoire sur laquelle nos tirerons des salles au hasard.

Pour la dernière entrée, je compte introduire dans ma campagne la Deutsches Heer (le nom officiel de l'armée de terre dans l'Empire allemand de 1871 jusqu'en 1919). En effet, nous sommes en pleine militarisation de l'Empire par le Kaiser Guillaume II et ce dernier a envoyé des agents un peu partout à travers le monde pour regarder ce qui se fait ailleurs en matière d'avancées technologiques militaires. Parallèlement, la Doctrine secrète d'Helena Blavatsky commence à faire parler d'elle et certains gradés de l'armée du Kaiser voit dans le concept des races-racines, non pas un argument de supériorité raciale comme le feront plus tard certains de leurs compatriotes aux idéologies malsaines, mais plutôt la possibilité d'anciennes civilisations (hyperboréens, lémuriens, atlantes...) aux avancées technologiques incroyables. Les espions du Kaiser et certains groupe de militaires de l'Empire traquent ces technologies anciennes et occultes et sont au courant des découvertes lunaires, ils ont donc monté leur propre programme d'expédition en volant un stock de cavorite et sont présent sur la Lune (possibilité d'espions dans le groupe des PJ).




Je pense aussi que quand l'expédition arrivera sur la Lune, avant d'aller explorer la Pyramide Noire, ils voudront se rendre dans la ville des Sélénites pour rencontrer Cavor et là ils tomberont sur des ruines et des cadavres ou alors sur une ville étrange où tous les habitants semblent être sous un contrôle mental, zombifiés... Qu'est il arrivé à Cavor, son rôle dans les évènements ? Peut-être est il à l'origine du problème, peut-être est il devenu le prêtre d'un sombre culte de la Pyramide Noire ??? De nombreuses pistes à explorer...




Donc voilà en gros le pitch pour l'aventure, cela va servir de prétexte pour envoyer les PJ dans la Pyramide Noire, poser le contexte historique, fantastique et littéraire de l'époque où la campagne va débuter (fin XIXème / début XXème) et servir pour déclencher les évènements dont je parle depuis quelques semaines (King Ghidorah, Exif/Elfes Noirs, goules, géants...). Il me reste à définir un lien entre la Pyramide Noire et King Ghidorah et les Exif... peut-être via Carcosa / Hastur ??? Je verrai bien...