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samedi 22 août 2020

Lecture - Dictionnaire des Yokai, Intégrale

J'avais déjà parlé du superbe "A l'intérieur des Yokai" de Shigeru Mizuki il y a quelques années. Ces dernières semaines, je me suis plongé dans "Le Dictionnaire des Yokai, version intégrale".




Ce dictionnaire propose pas moins de 500 yôkai (créatures surnaturelles au Japon, fantômes, monstres, créatures célestes, ogres...) sur plus de 500 pages. Le fruit d’années de notes et de recherches de la part de Shigeru Mizuki, véritable passionné de ces êtres imaginaires, profondément ancrés dans la culture populaire du Japon et de ses régions. Un amour qui se ressent particulièrement à travers les splendides illustrations qui accompagnent les textes, renseignés et amusants, qui présentent ces monstres. Chaque page se compose d’un dessin du yôkai et d’un texte explicatif sur l’origine de la légende ou sur l’histoire qui entoure le yôkai. Vous découvrirez Akanamé, qui lèche la crasse dans les salles de bains désertes, Dorotabô, qui surgit de la boue des rizières, Iso Onna, créature marine qui recouvre les pêcheurs endormis de ses longs cheveux ou encore Kuroté, yôkai taquin qui caresse les fesses de ceux qui vont aux toilettes... On retrouve bien sur des créatures plus connues de par chez nous comme le kirin, le tengu ou les kitsune.

«L’histoire des yôkai est tout à fait réelle, expliquait, en 2007, un Mizuki farceur à son éditeur français, Jean-Louis Gauthey (Cornélius), sous l’œil des caméras d’Envoyé spécial. Les légendes en parlent depuis longtemps au Japon. Les plus matérialistes ne peuvent pas le savoir, mais les yôkai existent. On peut sentir leur présence dans les zones d’ombre des maisons. De nos jours, l’électricité a tout gâché. Pour les sentir, il faut aller dans la montagne ou les forêts, ils fuient les ampoules et ne supportent que l’éclairage traditionnel des lanternes.»




Ce dictionnaire est indispensable pour déchiffrer les nombreuses références aux yôkai que ce soit dans les manga, dans la littérature, ou au cinéma. Un livre très intéressant pour peupler des campagnes qui ont pour cadre le Pays du Soleil Levant ou tout autre lieu y ressemblant (Rokugan ???)... Moi je suis un gros fan de culture Japonaise, même si je n'ai encore mené aucune aventure dans ces contrées là, le Japon imbibe mes influences imaginaires au même titre que les Comics US par exemple...

Et pour aller plus loin dans les monstres et légendes d'Asie et couvrir un spectre encore plus large (c'est le cas de le dire), je vous conseille aussi le catalogue d'exposition "Enfers et Fantômes d'Asie". Un superbe ouvrage de 276 pages publié à l'occasion de l'exposition "Enfers et fantômes d'Asie" au Musée du quai Branly - Jacques Chirac du 10 avril 2018 au 15 juillet 2018. Fantômes vengeurs et affamés, spectres de la jungle et vampires sauteurs... Le monde asiatique de l'horreur est peuplé de créatures fantastiques. Les supplices et les revenants des enfers ont traditionnellement inspiré la peinture bouddhique, cependant, c'est à travers des récits populaires, adaptés au théâtre puis au cinéma, que les spectres d'Asie sont apparus. Souvent, ces esprits se manifestent pour réparer une injustice, accomplir un destin interrompu ou, tout simplement, raconter leur histoire. Enfers et fantômes d'Asie propose une anthologie de récits richement illustrée d'œuvres phares, des premiers siècles à la «pop culture», et montre qu'au-delà de l'horreur, les arts ont permis aux vivants de construire une relation avec les défunts.


jeudi 3 mai 2018

A l'intérieur des Yokai - Anatomie des monstres folkloriques japonais

Pour faire suite à mon précédent Post sur le livre "A l'intérieur des Yokai", voici quelques exemples que l'on peut trouver à l'intérieur (justement)... (Source, quelque part sur cet excellent Blog)


Le Makura-gaeshi ("mouveur d'oreillers") est un farceur voleur d'âmes connu pour déplacer des oreillers pendant que les gens dorment. La créature est invisible pour les adultes et ne peut être vue que par les enfants. Les caractéristiques anatomiques comprennent un organe pour stocker les âmes volées aux enfants, un autre pour convertir les âmes en énergie et la fournir au reste du corps, et une poche contenant du sable magique qui endort les gens quand il entre dans les yeux. De plus, le monstre a deux cerveaux - un pour concevoir des farces et un pour créer une lumière de couleur arc-en-ciel qu'il émet à travers ses yeux.

Le Kuro-kamikiri ("coupe-cheveux noir") est une grande créature aux cheveux noirs qui se faufile sur les femmes dans la rue la nuit et leur coupe subrepticement les cheveux. Les caractéristiques anatomiques comprennent un cerveau câblé pour la furtivité et la ruse, des griffes acérées comme des rasoirs, une longue langue enroulée recouverte de minuscules épines attrapant les cheveux et un sac pour stocker la poudre de sommeil utilisée pour assommer les victimes. Le système digestif comprend un organe qui produit un liquide dissolvant les cheveux, ainsi qu'un organe avec des projections en forme de doigts qui frappent les côtés des intestins pour faciliter la digestion.

Le Doro-ta-bÅ ("homme des rizières boueuses"), un monstre trouvé dans les rizières boueuses, serait l'esprit agité d'un fermier travailleur dont le fils paresseux a vendu sa terre après sa mort. On entend souvent le monstre crier : "Rends-moi ma rizière !" Les caractéristiques anatomiques comprennent un bas du corps gélatineux qui se fond dans la terre, un `` sac de boue '' qui se nourrit du sol, des poumons qui permettent à la créature de respirer lorsqu'elle est enterrée et un organe qui convertit le ressentiment du Doro-ta-bÅ en l'énergie qui réchauffe sa salive boueuse. Un globe oculaire reste caché sous la peau jusqu'à ce que le monstre rencontre le propriétaire de la rizière, moment auquel l'œil émerge et émet une lumière étrange et désorientante.

Le HyÅ sube, un monstre fluvial de la taille d'un enfant (un parent du kappa) de Kyushu qui vit dans des grottes sous-marines, s'aventure sur terre la nuit pour manger des plants de riz. Le monstre a un cerveau relativement petit, un système nerveux spécialisé dans la détection de la présence humaine, une peau épaisse et caoutchouteuse, des griffes acérées, deux petits estomacs (un pour les grains de riz et un pour le poisson), un grand sac pour stocker les surplus de nourriture et deux grands sacs à oxygène pour une utilisation d'urgence. Une paire de bobines osseuses rotatives produit une bactérie pathogène que le monstre saupoudre sur des humains sans méfiance.

Yanagi-baba ("saule sorcière") est l'esprit d'un saule vieux de 1000 ans. Les caractéristiques anatomiques comprennent de longs cheveux verts ressemblant à des branches de saule feuillu, une peau ridée semblable à de l'écorce, un estomac qui nourrit directement les racines des arbres, un sac pour stocker la sève des arbres et une canne coupée dans le bois du vieil arbre. Bien que Yanagi-baba soit relativement inoffensive, elle est connue pour harceler les passants en lui arrachant des parapluies dans les cheveux, en soufflant du brouillard par le nez et en crachant la sève des arbres.

Le Fukuro-sage - un type de tanuki (chien viverrin) que l'on trouve dans la préfecture de Nagano et à Shikoku - a la capacité de se transformer en une bouteille de saké, que l'on voit généralement rouler dans les rues en pente. La bouteille peut présenter un danger pour les personnes qui essaient de la suivre en descente, car elle peut les faire tomber d'une falaise ou dans un fossé. Le Fukuro-sage porte généralement une grande feuille de pomme de terre ou une feuille de fougère sur la tête et porte un sac en peau humaine. Le sac contient une bouteille de saké empoisonné. Les caractéristiques anatomiques comprennent un estomac qui transforme les aliments en saké, un sac pour stocker le poison qu'il mélange aux boissons et une poche qui contient la lie de saké. L'urine du Fukuro-sage a une odeur puissante qui peut désorienter les humains et rendre inconscients les insectes et les petits animaux.

Le Kijimunaa est un lutin ludique de la forêt qui habite la cime des banians d'Okinawa. Les caractéristiques anatomiques comprennent des orbites équipées de roulements à billes qui permettent aux globes oculaires de tourner librement, des dents solides pour dévorer les crabes et arracher les globes oculaires des poissons (un en-cas préféré), un manteau de fourrure fait de fibres d'arbres et un système nerveux adapté pour faire des farces. Le cerveau du Kijimunaa contient des souvenirs vivaces d'avoir été capturé par une pieuvre - la seule chose qu'il craint et déteste.

Kasha, un messager de l'enfer, est un monstre fougueux connu pour provoquer des typhons lors des funérailles. Les caractéristiques anatomiques comprennent des poumons puissants pour générer des vents de force typhon qui peuvent soulever des cercueils et emporter le défunt, ainsi qu'un nez pour flairer les funérailles, une langue qui peut détecter la direction du vent et une poche contenant de la glace de l'enfer. Pour créer la pluie, le Kasha crache des morceaux de cette glace à travers son rideau de feu perpétuel.

Le Bisha-ga-tsuku est une créature voleuse d'âme rencontrée lors des nuits sombres et enneigées du nord du Japon. Le monstre - qui maintient une température corporelle de -150 degrés Celsius - est constamment caché derrière un brouillard de condensation, mais sa présence peut être détectée par le son humide et boueux caractéristique (" bisha-bisha ") qu'il émet. Les caractéristiques anatomiques comprennent des palpeurs qui inhalent les âmes humaines et l'air froid, un sac pour stocker les sons des cœurs humains battants et un cerveau qui émet une aura effrayante. Le Bisha-ga-tsuku se reproduit en combinant les âmes humaines volées avec l'air froid qu'il inhale.

Le Mannen-dake ("bambou de 10 000 ans") est un monstre ressemblant à du bambou qui se nourrit des âmes des voyageurs perdus campant dans les bois. Les caractéristiques anatomiques comprennent une série de tubes qui produisent de l'air qui fait perdre leur chemin aux voyageurs, des doigts en forme de seringue que le monstre insère dans les victimes pour aspirer leur âme et un sac qui contient les âmes volées.

Lecture - A l'intérieur des Yokai

Un livre très sympathique que j'ai ramené de vacances, "A l'intérieur des Yokai" aux éditions Cornélius. Moi qui adore ces vieilles illustrations et tout cet univers du folklore Japonais, je suis ravi.




Vous pensez tout connaître des yôkai ? Leurs apparences, leur habitat, leurs habitudes et même comment les faire fuir s’ils vous menacent ? Mais vous êtes-vous déjà demandé ce qui les constituait ?

En effet, le fonctionnement interne de chaque yôkai est très particulier et nécessite des organes spécifiques adaptés à son environnement et ses capacités. C’est dans l’optique d’apporter le complément scientifique nécessaire à la compréhension de ces êtres magiques que Shigeru Mizuki a dessiné dans les années 1960 près de 85 coupes anatomiques de yôkai.

Le lecteur découvrira comment Fukurosagé, un tanuki originaire de la préfecture de Nagano, possède un estomac capable de changer la nourriture en sake ou encore comment Mannendaké, un bambou vieux de 10 000 ans, utilise ses doigts (semblables à des seringues) pour aspirer les âmes des voyageurs perdus.

Drôles et insolites, les textes accompagnant chaque dessin ont été écrits par Mizuki lui-même (et adaptés par Jean-Louis Capron pour la présente édition). Ces informations viennent étayer l’imaginaire fascinant du folklore japonais.





Image de l'édition Japonaise

Image de l'édition Japonaise


Shigeru Mizuki est né le 8 mars 1922 à Sakai-minato, petite ville côtière du sud-ouest du Japon. Il connaît là une enfance libre et heureuse, période faste dont il s’inspirera à de nombreuses reprises dans ses mangas. Très tôt, il montre des aptitudes étonnantes pour le dessin. Il a à peine vingt ans lorsque la guerre vient interrompre ses espoirs de carrière. Il est enrôlé dans l’armée impériale japonaise et est envoyé dans la jungle de Nouvelle-Guinée, où il va vivre un véritable cauchemar : il contracte rapidement la malaria, assiste à la mort de la plupart de ses camarades et perd le bras gauche dans un bombardement… Détenu sur place à la fin de la guerre, il se lie d’amitié avec les membres d’une tribu locale, amitié qui le sauvera de la famine, de la maladie et de la folie. Ce n’est finalement qu’en 1957, après une vie déjà riche de souvenirs et de blessures, que Mizuki entame la carrière qui a fait de lui l’un des plus grands raconteurs d’histoires de son pays. Fin connaisseur des yokai et du surnaturel, il n’a eu de cesse d’explorer depuis les univers qui se cachent derrière notre monde pour mieux dire sa profonde compréhension de l’âme humaine. Shigeru Mizuki nous a quitté le 30 novembre 2015 pour rejoindre le monde des yôkai qu’il aimait tant.