Il reprend des grands classiques du cinéma d’horreur, et pas que, et les réinterprète à la sauce des vieux comics d’épouvante des années 50 / 60 type EC Comics...
Un Blog dans lequel je laisse libre cours à mes idées pour parler de Multivers, de Pop Culture, de Mondes Imaginaires, de Jeux de Rôle, de Musiques et de Cultures Alternatives ou non, de Romans, BD, Comics, Mangas..., de Films et Animés, de Jeux Vidéo, de Figurines, d’Illustrations et d’autres trouvailles et Geekeries qui me passent par la tête, m’intéressent, m’inspirent. Un Blog où j’aime à mélanger, mixer tout cela dans un flot d'articles où je vous invite à venir vous perdre...
Affichage des articles dont le libellé est Epouvante. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Epouvante. Afficher tous les articles
mardi 20 octobre 2020
Tales from...
Le tenancier de ce site qui est apparemment tatoueur à la base, publie et commercialise une série de posters assez sympathiques et bien en phase avec la période.
samedi 14 mars 2020
Bande Dessinée / Manga - La Couleur Tombée du Ciel
J'avais déjà publié un Post sur la première parution de cette série de manga dédiée à l'œuvre de H.P. Lovecraft. Je n'ai pas eu l'occasion de parler de la seconde parution "Dans l’Abîme du temps", qui même si très bien, m'a moins captivé que la première parution en deux volumes "Les Montagnes Hallucinées". Pour cette troisième œuvre, nous avons affaire à "La couleur tombée du ciel". Plus courtes que les deux autres parutions, celle-ci n'en est pas moins captivante et je l'ai lu d'une traite.

Pitch :
Un projet de barrage promet d’engloutir toute une vallée reculée de la campagne américaine. Bizarrement, son dernier habitant se réjouit de voir le lieu disparaître sous les flots, en particulier la parcelle de terrain voisine… Les Gardner y ont vécu paisiblement pendant des années, jusqu’à ce que la chute d’une météorite juste devant leur maison fasse basculer leur quotidien. Des scientifiques ont tenté d’étudier ce roc venu de l’espace, sans succès. La matière ne ressemblait à rien de connu et se distinguait par sa couleur inexistante sur Terre… Après cet événement, la faune et la flore ont commencé à s’altérer, les phénomènes étranges se sont multipliés, entraînant la famille Gardner dans une spirale de malheurs…
Gou Tanabe est un mangaka discret spécialisé dans les adaptations de classiques de la littérature fantastique, et il a trouvé un filon inépuisable en s’attaquant à celle du Maître du Providence alias Howards Phillips Lovecraft. Ses personnage peu expressif sont écrasés par une ambiance lourde et pesante savamment distillé, et leurs visages étranges ne peuvent que manifester la peur et l’angoisse. Et le mangaka réussit encore une fois brillamment l’exercice de style avec La Couleur tombée du ciel, primée au Festival d’Angoulême en 2020.
H.P. Lovecraft adore la narration indirecte… Dans cette nouvelle écrite en 1927 nous suivons l’enquête de terrain d’un ingénieur de Boston dans les environs d’Arkham au sujet de l’installation d’un nouveau barrage réservoir. Il est intrigué par les légendes locales au sujet d’un endroit controversé appelé « la lande foudroyée »… Et c’est ainsi qui apprend de la bouche du dénommé Ammi Pierce la triste et terrible histoire de la famille Gardner.
Un jour un météorite s’écrase sur la propriété de Nahum Gardner, et une armée de scientifiques vient échantillonner la Chose pour en découvrir les secrets (H.P. Lovecraft s’éclate à piocher dans Modern Science and Materialism de Hugh Elliott). Alors que les hommes de sciences aboutissent tous à l’Inconnu, Nahum voit la nature se colorer, croître et prospérer avant de changer, évoluer, voire carrément se transfigurer. Puis faune et flore perdent leurs couleurs pour devenir grisaille avant de dépérir et de mourir… Le pauvre Nahum spectateur impuissant des événements voir ainsi disparaître ses champs et ses troupeaux, alors que les membres de sa famille deviennent fous avant de mourir ou de disparaître sans laisser aucune trace. Quand après un silence de deux semaines Ammi Pierce vient aux nouvelles, il découvre un Nahum agonisant et délirant qui lui confie qu’il a compris trop tard être victime d’un vampire stellaire mais aussi où se trouve la tanière de ce dernier… Lui et les autorités passent la ferme au peigne fin, avant d’assister médusés au décollage du vampire stellaire pour l’espace intersidéral d’où il est venu (enfin une partie du vampire stellaire, car quelque chose est restée, et c’est pour cela qu’Ammi Pierce et le narrateur flippent à mort que le cauchemar ne recommence un jour).
Ici H.P. Lovecraft s’inspire de The Book of the Damned de Charles Fort pour aborder le classique du choc des civilisation entre terriens et aliens qui remonte à La Guerre des mondes de d’H.G Wells. On pense tout de suite aux ravages de la radioactivité, H.P. Lovecraft s’est il inspiré du scandale des filles du radium pour décrire le calvaire de la famille Nahum (alors que la famille Curie mettait en garde contre les dangers du radium, les américains faisaient bosser des ouvrières avec jusqu’à ce qu’elles en crève).
Mais c’est saisissant de voir que la mort de la ferme Nahum illustre à la perfection la destruction de Dust Bowl survenue toutefois quelques années après l'écriture de la nouvelle.
Une chose terrible est tombée avec ce météore, et Dieu seul sait de ce que c’était. Cette couleur tombée des abîmes extra-cosmiques était sans doute un terrifiant messager venu nous informer de l’existence de forces auxquelles nous sommes totalement impuissants.
L’ingénieur de Boston n’est qu’un passeur de témoin, et finalement tout est vu à travers les yeux d’Ami Pierce et de Nahum Gardner qui assistent à toutes les étapes successives de l’influence néfaste et pernicieuse du vampire stellaire. Mis en scène sous nos yeux par Gou Tanabe, cela a beaucoup plus d’impact que les sempiternels "indicible" et "innommable" : on voit bien chaque élément de la flore et de la faune croître et se multiplier, puis muter bizarrement puis horriblement, avant de dépérir et de pourrir… Dans la nouvelles originelle, la phase humaine était traitée au pas de course alors que Gou Tanabe prend plus de temps pour développer l’affaiblissement physique et psychique des membres de la famille Gardner qui finissent par sombrer un à un dans la folie parce que leur instinct de survie se rebelle contre leur mort programmée (le vampire stellaire vident petit à petit leur santé physique et psychique avant de sonner l’hallali quand il a fini de se gaver).

Pitch :
Un projet de barrage promet d’engloutir toute une vallée reculée de la campagne américaine. Bizarrement, son dernier habitant se réjouit de voir le lieu disparaître sous les flots, en particulier la parcelle de terrain voisine… Les Gardner y ont vécu paisiblement pendant des années, jusqu’à ce que la chute d’une météorite juste devant leur maison fasse basculer leur quotidien. Des scientifiques ont tenté d’étudier ce roc venu de l’espace, sans succès. La matière ne ressemblait à rien de connu et se distinguait par sa couleur inexistante sur Terre… Après cet événement, la faune et la flore ont commencé à s’altérer, les phénomènes étranges se sont multipliés, entraînant la famille Gardner dans une spirale de malheurs…
Gou Tanabe est un mangaka discret spécialisé dans les adaptations de classiques de la littérature fantastique, et il a trouvé un filon inépuisable en s’attaquant à celle du Maître du Providence alias Howards Phillips Lovecraft. Ses personnage peu expressif sont écrasés par une ambiance lourde et pesante savamment distillé, et leurs visages étranges ne peuvent que manifester la peur et l’angoisse. Et le mangaka réussit encore une fois brillamment l’exercice de style avec La Couleur tombée du ciel, primée au Festival d’Angoulême en 2020.
H.P. Lovecraft adore la narration indirecte… Dans cette nouvelle écrite en 1927 nous suivons l’enquête de terrain d’un ingénieur de Boston dans les environs d’Arkham au sujet de l’installation d’un nouveau barrage réservoir. Il est intrigué par les légendes locales au sujet d’un endroit controversé appelé « la lande foudroyée »… Et c’est ainsi qui apprend de la bouche du dénommé Ammi Pierce la triste et terrible histoire de la famille Gardner.
Un jour un météorite s’écrase sur la propriété de Nahum Gardner, et une armée de scientifiques vient échantillonner la Chose pour en découvrir les secrets (H.P. Lovecraft s’éclate à piocher dans Modern Science and Materialism de Hugh Elliott). Alors que les hommes de sciences aboutissent tous à l’Inconnu, Nahum voit la nature se colorer, croître et prospérer avant de changer, évoluer, voire carrément se transfigurer. Puis faune et flore perdent leurs couleurs pour devenir grisaille avant de dépérir et de mourir… Le pauvre Nahum spectateur impuissant des événements voir ainsi disparaître ses champs et ses troupeaux, alors que les membres de sa famille deviennent fous avant de mourir ou de disparaître sans laisser aucune trace. Quand après un silence de deux semaines Ammi Pierce vient aux nouvelles, il découvre un Nahum agonisant et délirant qui lui confie qu’il a compris trop tard être victime d’un vampire stellaire mais aussi où se trouve la tanière de ce dernier… Lui et les autorités passent la ferme au peigne fin, avant d’assister médusés au décollage du vampire stellaire pour l’espace intersidéral d’où il est venu (enfin une partie du vampire stellaire, car quelque chose est restée, et c’est pour cela qu’Ammi Pierce et le narrateur flippent à mort que le cauchemar ne recommence un jour).
Ici H.P. Lovecraft s’inspire de The Book of the Damned de Charles Fort pour aborder le classique du choc des civilisation entre terriens et aliens qui remonte à La Guerre des mondes de d’H.G Wells. On pense tout de suite aux ravages de la radioactivité, H.P. Lovecraft s’est il inspiré du scandale des filles du radium pour décrire le calvaire de la famille Nahum (alors que la famille Curie mettait en garde contre les dangers du radium, les américains faisaient bosser des ouvrières avec jusqu’à ce qu’elles en crève).
Mais c’est saisissant de voir que la mort de la ferme Nahum illustre à la perfection la destruction de Dust Bowl survenue toutefois quelques années après l'écriture de la nouvelle.
Une chose terrible est tombée avec ce météore, et Dieu seul sait de ce que c’était. Cette couleur tombée des abîmes extra-cosmiques était sans doute un terrifiant messager venu nous informer de l’existence de forces auxquelles nous sommes totalement impuissants.
L’ingénieur de Boston n’est qu’un passeur de témoin, et finalement tout est vu à travers les yeux d’Ami Pierce et de Nahum Gardner qui assistent à toutes les étapes successives de l’influence néfaste et pernicieuse du vampire stellaire. Mis en scène sous nos yeux par Gou Tanabe, cela a beaucoup plus d’impact que les sempiternels "indicible" et "innommable" : on voit bien chaque élément de la flore et de la faune croître et se multiplier, puis muter bizarrement puis horriblement, avant de dépérir et de pourrir… Dans la nouvelles originelle, la phase humaine était traitée au pas de course alors que Gou Tanabe prend plus de temps pour développer l’affaiblissement physique et psychique des membres de la famille Gardner qui finissent par sombrer un à un dans la folie parce que leur instinct de survie se rebelle contre leur mort programmée (le vampire stellaire vident petit à petit leur santé physique et psychique avant de sonner l’hallali quand il a fini de se gaver).
On s’attarde donc sur la déchéance, avec la folie, l’affaiblissement puis le pourrissement (des phobies de l’auteur américain dont le père est mort de la syphilis et qui est mort du cancer), c’est assez pour ne pas dire très glauque avant le cataclysme qui clôt le récit. Encore une fois force est de constater que l’homme persuadé d’avoir été créé par Dieu et placé au centre de l’univers par lui pour le gouverner n’est finalement pas grand-chose par rapport à ce qui hante les profondeurs insondables de l’espace et du temps… Le mangaka n’oublie pas de souligner que les classes aisées citadines se moquent des classes modestes avant de se rendre compte que leurs préjugés les a fait non seulement passer à côté de la plus grande découverte de l’humanité mais a aussi provoqué la mort horrible de toute une famille.
lundi 3 juin 2019
Bande Dessinée / Manga - Les Montagnes Hallucinées Tomes 1 & 2
Je viens de me dévorer les deux tomes des "Montagnes hallucinées" version Manga, et que dire si ce n'est que c'est vraiment très bien. Moi qui ne suis pas un fan de Mangas en version lecture (j'aime bien l'animation nippone mais j'ai toujours eu du mal avec les Mangas papiers). Mais là, ce n'est pas que du Manga au sens où on l'imagine souvent, c'est probablement un futur classique de la BD tout court.
Assez régulièrement depuis quelques années, les éditions Ki-oon se font plaisir et nous font plaisir, en proposant de découvrir des mangas un petit peu plus atypiques mais dotés d'une forte identité. L'éditeur parvient encore à étonner en lançant une nouvelle collection : Les Chefs-d'œuvre de Lovecraft, une collection d'adaptations en manga des récits de H.P. Lovecraft.
Derrière cette collection, on trouve un auteur: le mangaka Gou Tanabe, déjà connu en France pour le drame surnaturel et horrifique Kasane (paru chez Kana), le recueil The Outsider (sorti chez Glénat), et le thriller Mr. Nobody (publié par Doki-Doki).
D’autres avant Gou Tanabe s’y sont cassés les dents. On pense notamment au projet d’adaptation cinématographique de Guillermo Del Toro qui devait voir le jour au début des années 2010 et qui fut finalement annulé (pour être finalement sans doute relancé prochainement si l’on en croit les dernières rumeurs à ce sujet). C’est que l’horreur peinte par Lovecraft dans ce récit relève beaucoup de la suggestion et insiste sur l’impossibilité à mettre en mots et en images son objet même ! Voilà un véritable défi pour toute adaptation graphique, à commencer par la bande dessinée.
Le travail effectué par Gou Tanabe au niveau du dessin se révèle stupéfiant de qualité. Les grands plans larges sur le désert de glace, les détails mécaniques des instruments et équipements scientifiques, les jeux d’ombre et de lumière autour des visages des personnages, le caractère diaphane des apparitions lors des vols en avion, le travail sur la neige qui vient tour à tour brouiller la visibilité ou produire une réverbération aveuglante et enfin, surtout, l’imaginaire déployé autour des créatures découvertes : tout cela fait l’objet d’un soin minutieux et d’une excellence qui installent d’emblée Les Montagnes hallucinées comme un futur classique.
S'étant peu à peu installé, grâce à son dessins très dense et sombre, comme un nouveau maître de l'horreur ou de l'angoisse depuis ses premiers pas au début des années 2000, il a décidé, depuis 2014, de se consacrer à des adaptation de Lovrecraft pour le compte du magazine Comic Beam des éditions Enterbrain. Mais il est bon de noter que Tanabe était déjà bien fan de Lovecraft auparavant, puisque dès les années 2000 il avait signé l'histoire courte "The Outsider", adaptation d'une nouvelle de l'écrivain, et que l'on retrouve dans le recueil éponyme.
Depuis 2014, Tanabe a déjà sorti plusieurs de ces adaptations au Japon: en 2014 le recueil Maken qui regroupe trois histoires ("The Temple", "The Hound" et "The Nameless City"), en 2015 le one-shot Isekai no Shikisai (adaptation de "The Colour Out of Space"), en 2016 un autre one-shot, Yami ni Hau Mono (qui adapte le récit ""The Haunter of The Dark" and "Dagon"")... et, enfin, en 2016-2017 ce qui est à ce jour son adaptation la plus ambitieuse: Kyouki no Sanmyaku Nite, s'étalant sur 4 tomes au Japon (le tout sera regroupé en 2 volumes en France), et offrant une vision du récit "At the Mountains of Madness", en français Les Montagnes Hallucinées. Ecrit en janvier-février 1931 par Lovecraft, ce court roman reste néanmoins l'un des plus longs récits de l'écrivain, et également l'un des plus connus. Narrant une expédition dans une Antarctique alors inexplorée qui tourne au cauchemar avec la présence de créatures qu'il ne fallait sans doute par réveiller, l'œuvre a influencé bien des artistes, à commencer par John Carpenter pour son fil culte The Thing. Et pour écrire son roman, Lovecraft a lui-même été influencé par un autre écrivain incontournable: Edgar Allan Poe.
Avant toute chose il faut resituer les choses dans leurs contextes, lorsque Lovecraft écrit cette nouvelle, l'Antarctique est une zone totalement méconnue du monde, à cette époque il n'y a pas de satellite, il n'y a eu que peu d'explorations et pas aussi poussées que celles qui suivront, un peu à la manière d'un Jules Verne qui devance la science, Lovecraft projette son propre univers sombre et malsain au sein de cet inconnu, terre propice à toutes les horreurs en milieu hostile sans possibilité d'être secouru !
Nous découvrons donc un titre nous offrant une ambiance pesante et malsaine, et si tout commence bien, dans la bonne humeur et l'optimisme, rapidement une horreur indicible va s'infiltrer...
Mais justement tout ne commence pas si bien puisque ce premier tome nous présente un camp ravagé, parsemé de corps écorchés, avant de nous renvoyer au départ de l'expédition (où là tout commence bien). Ainsi pas de surprise, nous savons que l'horreur va prendre le dessus sur le reste...reste à savoir quand et comment! Et c'est justement là que le talent de narrateur de Gou Tanabe intervient puisqu'il parvient à nous faire basculer imperceptiblement dans cette horreur que nous ne comprenons pas, pas à pas, avec une atmosphère et une ambiance devenant de plus en plus pesantes.
Donc après quelques pages en couleur présentant un peu l'oeuvre et ses influences, le prologue donne tout de suite le ton: une expédition scientifique menée par le Pr Lake avec 11 hommes et 34 chiens au fin fond de l'Antarctique a viré au cauchemar. Sans nouvelles, l'équipe de sauvetage emmenée par le Pr Dyer a fini par retrouver la trace du campement du groupe de Lake, mais sur place c'est la stupeur. Peu de temps avant, Lake avait annoncé par radio une découverte extraordinaire avant de sombrer dans le silence. Sur place, Dyer et ses hommes ne retrouvent que des corps humains et canins sans vie, affreusement mutilés, amputés voire débarrassés de leur chair avec une improbable précision. La scène est d'autant plus terrifiante et inquiétante que d'autres choses sont découvertes: des traces étranges d'une chose non-identifiée pouvant visiblement se déplacer, un entité en forme d'étoile enfouie sous la neige, et d'immenses montagnes noires se dressant aux confins de ce continent inexploré...
Ce prologue passé, le récit nous propose alors de découvrir comment tout ceci est arrivé en revenant en arrière, d'abord essentiellement aux côtés de Dyer et de Lake avant que ce dernier ne meure dans de mystérieuses et atroces circonstances, pour un résultat passionnant. Assez fidèle à la narration originelle de Lovecraft qui est assez posée, est riche en détails et est surtout portée par Dyer en narrateur, Gou Tanabe ne brusque rien et n'occulte aucun détail afin de nous immerger totalement dans le récit. L'atmosphère inquiétante se ressent bien, tout est fait pour apporter un aspect réaliste et crédible via les nombreuses petites explications scientifiques par exemple, et ainsi on cerne petit à petit que les découvertes faites sur place dépassent complètement l'entendement, avec un toile de fond les évocations de Necronomicon et du Mythe de Cthulhu si emblématiques de l'écrivain.
On se laisse donc très bien porter par un récit où un danger insondable, tapi quelque part dans les neiges ou dans les grottes des montagnes, se fait constamment sentir avant d'éclater... Mais pour accompagner tout ça, ce qui captive le plus reste tout le travail visuel de Gou Tanabe, impressionnant. S'il a toujours eu un trait incroyablement riche et dense, le mangaka, dans ses précédents travaux, ne convainquait pas toujours, la faute à une narration trop lisse ou pataude. Mais dans le cas d'une adaptation de romans de Lovecraft, dont l'écriture est généralement assez posée justement, tout colle impeccablement dans le rythme calme et pesant, e ton en vient vraiment à se dire que les mondes de Lovecraft et de Tanabe étaient vraiment faits l'un pour l'autre. Chaque planche, chaque case se veut dense, des plus petites aux plus grandes, et l'auteur bluffe très souvent. Dans sa gestion des décors hostiles, enneigés ou montagneux, où il parvient souvent très, très bien à jouer sur plusieurs plans pour apporter énormément de profondeur. Sur ce point, certaines doubles-pages sur les montagnes en particulier sont bluffantes, tant elles imposent quelque chose de colossal et de sinistre... d'autant plus que le mangaka y joue volontiers sur quelques formes inquiétantes (avec de l'imagination, on peut même y imaginer des visages... est-ce voulu ?), mais aussi sur les grandeurs (les avions apparaissent minuscules dans ces contrées inhospitalières, l'homme est peu de chose). Les créatures difformes que l'on voit son travaillées en profondeur, dans les détails, suscitant facilement le malaise, et venant contraster avec le profond réalisme des designs humains. En somme, c'est impressionnant. très impressionnant.
Et tout ça est servi dans une édition tout aussi impressionnante, comme on n'en avait jamais vue en manga. Désireux de proposer ces adaptations de Lovecraft dans des écrins luxueux et collant bien aux univers lovecraftiens, Ki-oon a eu l'idée d'une couverture à effet cuir, tout bonnement sublime dans ses finitions, et offrant un rendu ainsi qu'un toucher très agréables. Très souple, la reliure de haute qualité permet d'ouvrir très facilement le livre afin de profiter au mieux des planches denses de Tanabe dans un grand format qui lui rend honneur. Impeccables, le papier bien blanc et l'impression font parfaitement ressortir tout le travail du dessinateur avec ses nuances et ses profondeurs. Enfin, la traduction de Sylvain Chollet est très appliquée, claire et bien dans l'ambiance. Il s'agit vraiment d'une merveille d'édition, à la fois originale, belle et soignée sur tous les points.
Servis dans un écrin de toute beauté, ces premiers pas de la collection des Chefs-d'œuvre de Lovecraft promettent le meilleur pour la suite des adaptation par Gou Tanabe des œuvres du romancier. Le mangaka livre une adaptation riche et saisissante, ou son style visuel si dense et sa narration collent à merveille aux cauchemars imaginés par l'écrivain.
Le deuxième volume vient non seulement confirmer mais même amplifier cette impression.
C’est que Gou Tanabe relève avec brio la gageure de dépeindre ce qui normalement ne possède pas de représentation. Et qu’il aménage en outre parfaitement le récit compliqué de Lovecraft dans sa seconde moitié.
A la fin du premier tome, nous avons laissé nos héros, le professeur Dyer et son assistant Danforth, aux portes du mystère de ces prodigieuses montagnes. Pour ceux qui connaissent la formidable nouvelle de Lovecraft, c’est bien là que devait se situer la grande difficulté de cette adaptation, à savoir donner une version graphique convaincante à la prodigieuse cité qu’allaient découvrir les personnages. Sans parler des créatures nouvelles à mettre en image.
Deux obstacles levés haut la main : l’architecture des Anciens se trouve magnifiquement restituée et les épouvantables serviteurs de ces derniers, ultimes cauchemars de cette aventure, tirent également leur épingle du jeu. Restait un ultime problème à résoudre, du côté narratif cette fois.
Les Montagnes hallucinées narrent également l’histoire du peuple des anciens. Mais dans le texte de Lovecraft cela s’inscrit dans le déchiffrement par Dyer de fresques phénoménales ornant l’ensemble de la cité et retraçant l’évolution de son peuple sur des millions d’années. Un élément narratif évoquant lointainement la bande dessinée... et paradoxalement peu propice à prendre vie directement à travers des planches !
Si Gou Tanabe donne bien à voir ces décors monstrueux, il opte pour une solution narrative aussi simple que pertinente et efficace. Les planches issues de ce passage s’avèrent tout bonnement prodigieuses.
En bref, une lecture que je vous recommande fortement que vous soyez déjà familier de l'univers de Lovecraft ou non, voila une superbe manière, et originale, de l'aborder visuellement, toute en tension, immersive et d'une grande qualité.
mercredi 16 mai 2018
The "Moss People" Sculptures by Kim Simonsson
Une petite découverte, l'artiste Kim Simonsson. Né en 1974 en Finlande, Kim Simonsson est diplômé de l'université des arts et du design d'Helsinki. Après trois passées à Toronto au Canada il est primé en 2004 du prestigieux « Young artist of the year award » du Tampere Art Museum et en 2009 du Pro Arte Award. Premier artiste résident invité par le Manufacture Arabia à Helsinki, il a également achevé en 2013 une résidence au sein des ateliers de la Manufacture de Sèvres. Son oeuvre est marquée par l’imagerie manga dont la dimension empathique lui confère une portée universelle comme en témoigne le succès de ses expositions personnelles à New York, Paris, Berlin, en Finlande, au Danemark ou en Corée. De nombreuses expositions internationales lui ont été consacrées et ses œuvres sont dans les collections de beaucoup de musées internationaux. Il réalise des sculptures en céramique mais aussi en mousse comme cette série de photos, étranges, inquiétantes, mystérieuses personnellement j'adore. On imagine bien un peuple d'êtres féeriques mais avec un côté glauque, horrifique, bref une bonne base pour une aventure.
Son site : http://www.kimsimonsson.com/index.html
Son site : http://www.kimsimonsson.com/index.html
Inscription à :
Articles (Atom)































