mercredi 5 juin 2019

Artworks - Clyde Caldwell 2

Encore une couche...

















Artworks - Clyde Caldwell

Inspiré par le talent artistique de grands noms de la fantasy tels que Frank Frazetta, Roy G. Krenkel et Jeff Jones (pour n'en nommer que quelques-uns), il espérait se spécialiser dans le domaine de l'art fantastique.

Après avoir travaillé pendant plusieurs années comme illustrateur commercial pour des agences de publicité et effectué des travaux pour des fanzines pendant son temps libre, il a commencé à obtenir des contrats de couverture d'éditeurs professionnels de fantasy et de science-fiction.

Au cours de sa carrière, Clyde a produit des centaines de peintures et de couverture dans son domaine de prédilection. Il est surtout connu pour son interprétation de personnages féminins forts et sexy.

Il a crée des couvertures et des illustrations pour Heavy Metal, The Savage Sword Of Conan, Epic Illustrated, Dragon, Dungeon, et beaucoup pour TSR, Dragonlance, Forgotten Realms, D&D Gazetteer module series, Ravenloft... Il a aussi travaillé pour Wizards of the Coast, Precedence Entertainment, White Wolf Game Studio, Palladium Games, Bethesda Softworks (The Elder Scrolls...)...

On lui doit une certaine imagerie de la fantasy et de la SF encore très présente dans l'imaginaire de beaucoup de rôlistes.
















lundi 3 juin 2019

Lecture - Rockyrama Hors-Série Akira

Il y a quelques jours j'ai acheté ce Mook (book + magazine) consacré à Akira, je ne peux que vous le recommander car il est non seulement très détaillé, superbement mis en page et nous apprend énormément de choses sur Akira et Katsuhiro Otomo.




Pitch : Nous sommes en 1982 lorsqu’Otomo redéfinit les bases du seinen manga avec Akira. Six ans plus tard, avant même d’avoir conclu son grand œuvre, il réalise lui-même son adaptation sur grand écran. Il livre alors l’un des films majeurs de la SF et de l’ère cyberpunk, source d’inspiration intarissable et terreau US d’images iconiques. Pour beaucoup, Akira sera le premier contact avec une animation japonaise adulte. Ce livre plonge au cœur de la machine Akira qui révolutionna l’animation et fascina le monde entier.




Si le succès des dessins animés japonais dans l’Hexagone a été un succès populaire dans les années 80, l’image qu’ils ont longtemps véhiculée auprès des médias et du grand public a souvent été désastreuse. « Récrée A2 » puis « le Club Dorothée » ont été les premiers à diffuser des animés nippons, connus sous le sobriquet de « japonaiseries ». A l’époque où Ségolène Royal menait une croisade contre ces séries qui « abrutissaient » notre jeunesse, le geek n’était pas chic et les VHS de Dragon Ball s’échangeaient sous le manteau. La sortie ciné d’ Akira en France a été un tournant dans le changement des mentalités. L’animation tant décriée pouvait-elle être une forme d’art ? Cela ne fait aucun doute qu’ Akira fut un élément nécessaire à l’apaisement des consciences et à cette haine vouée à la japanim’. Des magazines (les bons) étaient dithyrambiques sur l’œuvre d’Otomo et se faisant, devenaient les portes étendards d’une nouvelle ère.

A une époque où internet n’existait pas, les spectateurs ayant eu la chance de vivre cette expérience en salle à sa sortie, voulaient en savoir plus sur le film, s’ouvrant ainsi les portes d’un nouveau monde.

Le succès critique d’Akira aussi bien au Japon qu’en occident vient d’abord de cette claque esthétique, mélangeant le classique de Shonen Jump et d’une touche très européenne. A plusieurs reprises, Otomo a affirmé l’influence majeure de Moebius dans son œuvre aussi bien que du cinéma occidental, de « Blade Runner » en passant par « Easy Rider » ou « Butch Cassidy et le Kid ». L’autre secret d’Akira, c’est d’aborder des thèmes graves, à travers l’histoire d’une amitié gâchée entre les deux héros, Tetsuo et Kaneda. Akira se définit clairement comme une œuvre post-apocalyptique où les bombes lâchées sur Nagasaki et Hiroshima, personnifiées ici par le personnage d’Akira, montrent que l’homme est voué à détruire tout ce qu’il touche. Mélangez ça avec du Philip K. Dick et du Arthur C. Clarke et vous obtiendrez une œuvre exceptionnelle.




Bien entendu, tout le mode sait maintenant que le long métrage est tiré du manga éponyme d’Otomo et que, même si le film est une réussite incontestable, il n’en reste pas moins tronqué. Vouloir faire rentrer une œuvre tellement dense en un métrage de seulement 2 heures était un pari impossible, si bien que le final dû être retravaillé pour répondre à des impératifs de productions. Pour poursuivre l’expérience cyberpunk d’Otomo, il était impératif de se tourner vers la version papier. Paru fin 82 dans « Young Magazine », quelques mois après la sortie de Blade Runner, Akira a d’abord été disponible en France sous le format kiosque. Le succès du film aidant, Glénat sortit rapidement une version cartonnée et colorisée en 14 volumes. Si aujourd’hui cette version peut paraitre bien pauvre au vu du manque de nuances proposées, il faut bien comprendre que ce travail sur la couleur était exceptionnel pour l’époque et a marquée une génération toute entière. S’en suivi la sortie de la version noire et blanc que nous connaissons tous, mais toujours avec un sens de lecture occidental.

La venue en France d’Otomo au 43ème festival d’Angoulême fut l’occasion de rendre hommage au maitre, mais aussi l’occasion rêvée pour proposer enfin une édition digne de ce nom à Akira. La nouvelle mouture propose une nouvelle traduction et un sens de lecture original qui lui faisait tant défaut. Mais plus important encore, Otomo, plutôt discret en confidences, a avoué lors d’une Master Class au Louvre, qu’il travaillait sur une série d’animation tirée de son manga. Un véritable pied de nez à Hollywood, toujours désireux d’adapter son œuvre en live.




L’œuvre d’Otomo est un récit d’anticipation n’ayant ni perdu de sa superbe, ni de son mordant. Chaque planche est magistrale, proposant une multitude de détails tout en offrant une dynamique que seul un storyboard pourrait retranscrire.

Akira fait partie de ces monuments de la culture pop qui se voient, se lisent et s’écoutent (la musique de l'œuvre mériterait à elle seule un dossier). Le film de 88 est indissociable du manga ; et on peut tout aussi bien commencer par l’un ou l’autre sans commettre d’impair. En revanche passer à côté relève indubitablement de la gageure. Ce Mook nous propose donc un voyage très instructif dans l'univers d'Akira et de son auteur Katsuhiro Otomo.

THE BEVIS FROND - THE MISKATONIC VARIATIONS (Original 1st Version - 1988)



Miskatonic Variations de The Bevis Frond. A des lieues de ce que j’écoute habituellement, ce morceau est assez déroutant au premier abord mais passé quelques dizaines de secondes il m’a complètement envoûté.

Le saviez vous ? La chaîne Gamburtsev, les véritables Montagnes Hallucinées...

Découverte durant l'été austral 1957-1958 par des scientifiques soviétiques, bien que ses montagnes dépassent 3 500 m de hauteur (par rapport au socle environnant), elle a la particularité d'être enfouie sous près de 600 m d'inlandsis. Une expédition réalisée en 2010, dans le but de la photographier, a permis de déceler tout un paysage montagneux avec des lacs d'eau non gelée.

La chaîne est nommée en l'honneur de Grigori Aleksandrovitch Gambourtsev (en russe : Григо́рий Алекса́ндрович Га́мбурцев, 1903-1955), sismologue et académicien soviétique.

Cette chaîne alpine est dissimulée sous une épaisse couche de glace dans l’Est de l’Antarctique, les montagnes subglaciaires de Gamburtsev s’étendent sur plusieurs centaines de kilomètres et leurs sommets s’élèvent jusqu’à 3.000 mètres au-dessus du socle rocheux. Cependant tout cela est caché par la calotte glaciaire –jusqu’à 3 km d’épaisseur- et l’origine de ces reliefs était demeurée une énigme pour les scientifiques.Une équipe internationale propose aujourd’hui dans la revue Nature une explication de la formation de la chaîne Gamburtsev. Elle est située au milieu d’un rift continental, comparable à la célèbre vallée du Rift est-africain.


Localisation des Gamburtsev (rectangle rouge). (National Science Foundation)


Pour percer les secrets de ces montagnes subglaciaires antarctiques, les chercheurs du projet AGAP (Antarctica's Gamburtsev Province Project) ont survolé une zone de 2.000 km sur 1.500 km à bord de deux avions équipés de radars pénétrant le sol, d’appareils mesurant les variations de la gravité et du champ magnétique. Ils ont pu ainsi reconstituer la structure des Gamburtsev. Et leur histoire. Elle commence il y a près d’un milliard d’années, selon Fausto Ferraccioli (British Antarctic Survey, Grande-Bretagne) et ses collègues.

Au précambrien, la collision des continents permet la naissance de supercontinents. Des chaînes de montagnes s’élèvent au cours de ces collisions. Sous les reliefs se forment des racines, qui s’enfoncent dans la croûte terrestre.


La chaîne Gamburtsev (montagnes grises au centre) au milieu du rift, avec la représentation de la racine crustale (flèche blanche).


Il y a environ 500 millions d’années s’est formé le Gondwana, le supercontinent de l’hémisphère sud qui donnera ensuite naissance à l’Amérique du Sud, à l’Inde, à l’Afrique, à l’Australie et à l’Antarctique. Les montagnes formées au précambrien ont été érodées mais la racine située dans la croûte terrestre est toujours là, expliquent les chercheurs. Lorsque le Gondwana commence à se morceler, cette racine se réchauffe. Il y a 250 millions d’années (Permien), puis de nouveau il y a 100 millions d’années (pendant le Crétacé, âge d’or des dinosaures), de nouveaux reliefs apparaissent ainsi à l’Est du futur continent Antarctique.

En effet, dans les zones où se forme une nouvelle croûte continentale, l’extension de la lithosphère provoque des cassures. Dans ces zones de failles et de volcanisme un fossé central d’effondrement est entouré de régions élevées. Les montagnes de Gamburtsev, qui courent sur environ 800 km, se trouvent dans un tel rift, long de 2.500 km, expliquent Ferraccioli et ses collègues. Les rivières et les glaciers ont ensuite creusé et dessiné les reliefs que la calotte glaciaire a recouvert il y a plus de 30 millions d’années, les protégeant de l’érosion.




Les chercheurs ne souhaitent pas s’arrêter là. «La prochaine étape est de rassembler une équipe pour aller forer à travers la glace jusques aux montagnes pour obtenir les premiers échantillons des montagnes Gamburtsev, explique sur le site du BAS l’un des auteurs, Robin Bell (Lamont-Doherty Earth Observatory, Columbia University, États-Unis). "Nous avons des échantillons de la Lune mais pas de Gamburtsev !". (Sources trouvées sur Sciences et Avenir)

Voilà, vous n'avez plus qu'à imaginer cette expédition avec un soupçon de H.P. Lovecraft en fond pour donner vie à une campagne qui peut se situer sur place, mais aussi ailleurs dans le monde autour des échantillons ramenés qui peuvent déceler d’innommables secrets.


Bande Dessinée / Manga - Les Montagnes Hallucinées Tomes 1 & 2

Je viens de me dévorer les deux tomes des "Montagnes hallucinées" version Manga, et que dire si ce n'est que c'est vraiment très bien. Moi qui ne suis pas un fan de Mangas en version lecture (j'aime bien l'animation nippone mais j'ai toujours eu du mal avec les Mangas papiers). Mais là, ce n'est pas que du Manga au sens où on l'imagine souvent, c'est probablement un futur classique de la BD tout court.




Assez régulièrement depuis quelques années, les éditions Ki-oon se font plaisir et nous font plaisir, en proposant de découvrir des mangas un petit peu plus atypiques mais dotés d'une forte identité. L'éditeur parvient encore à étonner en lançant une nouvelle collection : Les Chefs-d'œuvre de Lovecraft, une collection d'adaptations en manga des récits de H.P. Lovecraft.

Derrière cette collection, on trouve un auteur: le mangaka Gou Tanabe, déjà connu en France pour le drame surnaturel et horrifique Kasane (paru chez Kana), le recueil The Outsider (sorti chez Glénat), et le thriller Mr. Nobody (publié par Doki-Doki).

D’autres avant Gou Tanabe s’y sont cassés les dents. On pense notamment au projet d’adaptation cinématographique de Guillermo Del Toro qui devait voir le jour au début des années 2010 et qui fut finalement annulé (pour être finalement sans doute relancé prochainement si l’on en croit les dernières rumeurs à ce sujet). C’est que l’horreur peinte par Lovecraft dans ce récit relève beaucoup de la suggestion et insiste sur l’impossibilité à mettre en mots et en images son objet même ! Voilà un véritable défi pour toute adaptation graphique, à commencer par la bande dessinée.

Le travail effectué par Gou Tanabe au niveau du dessin se révèle stupéfiant de qualité. Les grands plans larges sur le désert de glace, les détails mécaniques des instruments et équipements scientifiques, les jeux d’ombre et de lumière autour des visages des personnages, le caractère diaphane des apparitions lors des vols en avion, le travail sur la neige qui vient tour à tour brouiller la visibilité ou produire une réverbération aveuglante et enfin, surtout, l’imaginaire déployé autour des créatures découvertes : tout cela fait l’objet d’un soin minutieux et d’une excellence qui installent d’emblée Les Montagnes hallucinées comme un futur classique.





S'étant peu à peu installé, grâce à son dessins très dense et sombre, comme un nouveau maître de l'horreur ou de l'angoisse depuis ses premiers pas au début des années 2000, il a décidé, depuis 2014, de se consacrer à des adaptation de Lovrecraft pour le compte du magazine Comic Beam des éditions Enterbrain. Mais il est bon de noter que Tanabe était déjà bien fan de Lovecraft auparavant, puisque dès les années 2000 il avait signé l'histoire courte "The Outsider", adaptation d'une nouvelle de l'écrivain, et que l'on retrouve dans le recueil éponyme.

Depuis 2014, Tanabe a déjà sorti plusieurs de ces adaptations au Japon: en 2014 le recueil Maken qui regroupe trois histoires ("The Temple", "The Hound" et "The Nameless City"), en 2015 le one-shot Isekai no Shikisai (adaptation de "The Colour Out of Space"), en 2016 un autre one-shot, Yami ni Hau Mono (qui adapte le récit ""The Haunter of The Dark" and "Dagon"")... et, enfin, en 2016-2017 ce qui est à ce jour son adaptation la plus ambitieuse: Kyouki no Sanmyaku Nite, s'étalant sur 4 tomes au Japon (le tout sera regroupé en 2 volumes en France), et offrant une vision du récit "At the Mountains of Madness", en français Les Montagnes Hallucinées. Ecrit en janvier-février 1931 par Lovecraft, ce court roman reste néanmoins l'un des plus longs récits de l'écrivain, et également l'un des plus connus. Narrant une expédition dans une Antarctique alors inexplorée qui tourne au cauchemar avec la présence de créatures qu'il ne fallait sans doute par réveiller, l'œuvre a influencé bien des artistes, à commencer par John Carpenter pour son fil culte The Thing. Et pour écrire son roman, Lovecraft a lui-même été influencé par un autre écrivain incontournable: Edgar Allan Poe.

Avant toute chose il faut resituer les choses dans leurs contextes, lorsque Lovecraft écrit cette nouvelle, l'Antarctique est une zone totalement méconnue du monde, à cette époque il n'y a pas de satellite, il n'y a eu que peu d'explorations et pas aussi poussées que celles qui suivront, un peu à la manière d'un Jules Verne qui devance la science, Lovecraft projette son propre univers sombre et malsain au sein de cet inconnu, terre propice à toutes les horreurs en milieu hostile sans possibilité d'être secouru !

Nous découvrons donc un titre nous offrant une ambiance pesante et malsaine, et si tout commence bien, dans la bonne humeur et l'optimisme, rapidement une horreur indicible va s'infiltrer...




Mais justement tout ne commence pas si bien puisque ce premier tome nous présente un camp ravagé, parsemé de corps écorchés, avant de nous renvoyer au départ de l'expédition (où là tout commence bien). Ainsi pas de surprise, nous savons que l'horreur va prendre le dessus sur le reste...reste à savoir quand et comment! Et c'est justement là que le talent de narrateur de Gou Tanabe intervient puisqu'il parvient à nous faire basculer imperceptiblement dans cette horreur que nous ne comprenons pas, pas à pas, avec une atmosphère et une ambiance devenant de plus en plus pesantes.





Donc après quelques pages en couleur présentant un peu l'oeuvre et ses influences, le prologue donne tout de suite le ton: une expédition scientifique menée par le Pr Lake avec 11 hommes et 34 chiens au fin fond de l'Antarctique a viré au cauchemar. Sans nouvelles, l'équipe de sauvetage emmenée par le Pr Dyer a fini par retrouver la trace du campement du groupe de Lake, mais sur place c'est la stupeur. Peu de temps avant, Lake avait annoncé par radio une découverte extraordinaire avant de sombrer dans le silence. Sur place, Dyer et ses hommes ne retrouvent que des corps humains et canins sans vie, affreusement mutilés, amputés voire débarrassés de leur chair avec une improbable précision. La scène est d'autant plus terrifiante et inquiétante que d'autres choses sont découvertes: des traces étranges d'une chose non-identifiée pouvant visiblement se déplacer, un entité en forme d'étoile enfouie sous la neige, et d'immenses montagnes noires se dressant aux confins de ce continent inexploré...





Ce prologue passé, le récit nous propose alors de découvrir comment tout ceci est arrivé en revenant en arrière, d'abord essentiellement aux côtés de Dyer et de Lake avant que ce dernier ne meure dans de mystérieuses et atroces circonstances, pour un résultat passionnant. Assez fidèle à la narration originelle de Lovecraft qui est assez posée, est riche en détails et est surtout portée par Dyer en narrateur, Gou Tanabe ne brusque rien et n'occulte aucun détail afin de nous immerger totalement dans le récit. L'atmosphère inquiétante se ressent bien, tout est fait pour apporter un aspect réaliste et crédible via les nombreuses petites explications scientifiques par exemple, et ainsi on cerne petit à petit que les découvertes faites sur place dépassent complètement l'entendement, avec un toile de fond les évocations de Necronomicon et du Mythe de Cthulhu si emblématiques de l'écrivain.




On se laisse donc très bien porter par un récit où un danger insondable, tapi quelque part dans les neiges ou dans les grottes des montagnes, se fait constamment sentir avant d'éclater... Mais pour accompagner tout ça, ce qui captive le plus reste tout le travail visuel de Gou Tanabe, impressionnant. S'il a toujours eu un trait incroyablement riche et dense, le mangaka, dans ses précédents travaux, ne convainquait pas toujours, la faute à une narration trop lisse ou pataude. Mais dans le cas d'une adaptation de romans de Lovecraft, dont l'écriture est généralement assez posée justement, tout colle impeccablement dans le rythme calme et pesant, e ton en vient vraiment à se dire que les mondes de Lovecraft et de Tanabe étaient vraiment faits l'un pour l'autre. Chaque planche, chaque case se veut dense, des plus petites aux plus grandes, et l'auteur bluffe très souvent. Dans sa gestion des décors hostiles, enneigés ou montagneux, où il parvient souvent très, très bien à jouer sur plusieurs plans pour apporter énormément de profondeur. Sur ce point, certaines doubles-pages sur les montagnes en particulier sont bluffantes, tant elles imposent quelque chose de colossal et de sinistre... d'autant plus que le mangaka y joue volontiers sur quelques formes inquiétantes (avec de l'imagination, on peut même y imaginer des visages... est-ce voulu ?), mais aussi sur les grandeurs (les avions apparaissent minuscules dans ces contrées inhospitalières, l'homme est peu de chose). Les créatures difformes que l'on voit son travaillées en profondeur, dans les détails, suscitant facilement le malaise, et venant contraster avec le profond réalisme des designs humains. En somme, c'est impressionnant. très impressionnant.

Et tout ça est servi dans une édition tout aussi impressionnante, comme on n'en avait jamais vue en manga. Désireux de proposer ces adaptations de Lovecraft dans des écrins luxueux et collant bien aux univers lovecraftiens, Ki-oon a eu l'idée d'une couverture à effet cuir, tout bonnement sublime dans ses finitions, et offrant un rendu ainsi qu'un toucher très agréables. Très souple, la reliure de haute qualité permet d'ouvrir très facilement le livre afin de profiter au mieux des planches denses de Tanabe dans un grand format qui lui rend honneur. Impeccables, le papier bien blanc et l'impression font parfaitement ressortir tout le travail du dessinateur avec ses nuances et ses profondeurs. Enfin, la traduction de Sylvain Chollet est très appliquée, claire et bien dans l'ambiance. Il s'agit vraiment d'une merveille d'édition, à la fois originale, belle et soignée sur tous les points.




Servis dans un écrin de toute beauté, ces premiers pas de la collection des Chefs-d'œuvre de Lovecraft promettent le meilleur pour la suite des adaptation par Gou Tanabe des œuvres du romancier. Le mangaka livre une adaptation riche et saisissante, ou son style visuel si dense et sa narration collent à merveille aux cauchemars imaginés par l'écrivain.

Le deuxième volume vient non seulement confirmer mais même amplifier cette impression.

C’est que Gou Tanabe relève avec brio la gageure de dépeindre ce qui normalement ne possède pas de représentation. Et qu’il aménage en outre parfaitement le récit compliqué de Lovecraft dans sa seconde moitié.




A la fin du premier tome, nous avons laissé nos héros, le professeur Dyer et son assistant Danforth, aux portes du mystère de ces prodigieuses montagnes. Pour ceux qui connaissent la formidable nouvelle de Lovecraft, c’est bien là que devait se situer la grande difficulté de cette adaptation, à savoir donner une version graphique convaincante à la prodigieuse cité qu’allaient découvrir les personnages. Sans parler des créatures nouvelles à mettre en image.




Deux obstacles levés haut la main : l’architecture des Anciens se trouve magnifiquement restituée et les épouvantables serviteurs de ces derniers, ultimes cauchemars de cette aventure, tirent également leur épingle du jeu. Restait un ultime problème à résoudre, du côté narratif cette fois.




Les Montagnes hallucinées narrent également l’histoire du peuple des anciens. Mais dans le texte de Lovecraft cela s’inscrit dans le déchiffrement par Dyer de fresques phénoménales ornant l’ensemble de la cité et retraçant l’évolution de son peuple sur des millions d’années. Un élément narratif évoquant lointainement la bande dessinée... et paradoxalement peu propice à prendre vie directement à travers des planches !

Si Gou Tanabe donne bien à voir ces décors monstrueux, il opte pour une solution narrative aussi simple que pertinente et efficace. Les planches issues de ce passage s’avèrent tout bonnement prodigieuses.





En bref, une lecture que je vous recommande fortement que vous soyez déjà familier de l'univers de Lovecraft ou non, voila une superbe manière, et originale, de l'aborder visuellement, toute en tension, immersive et d'une grande qualité.


samedi 1 juin 2019

Le Clamavore, un monstre pour vos parties Old-School



CLAMAVORE
SIZE: Large (8-10 ft. wide)
MOVE: 180 ft., swimming 180 ft.
ARMOR CLASS: 0
HIT DICE: 8
ATTACKS: 2
DAMAGE: 2-12 + 6
SPECIAL ATTACKS: Spit pearls
SPECIAL DEFENSES: Half damage from fire
MAGIC RESISTANCE: None
RARITY: Very rare
NO. ENCOUNTERED: 1-4
LAIR PROBABILITY: 80%
TREASURE: None
INTELLIGENCE: Animal
ALIGNMENT: Neutral
LEVEL/X.P.: 6 / 1,100 + 10/hp



Informations générales : Les clamavores sont une abomination du plan élémentaire de l'eau. Personne ne sait à quoi servent ces horreurs au premier plan matériel, mais une chose est sûre: sur le plan matériel primordial, ils cherchent à détruire toute vie banale. Un Clamavore attaque toujours quel que soit l'adversaire qui lui a infligé le plus de dégâts auparavant. Il attaque avec les 2 griffes. Si une griffe heurte un adversaire, des pointes tournées vers l’arrière s’enfoncent dans la cible. Lors des rounds suivants, le Clamavore travaillera les griffes dans les deux sens, à la manière d'une scie, endommageant automatiquement la victime prise au piège. Si une personne malheureuse est frappée par les deux griffes, le Clamavore tentera de mordre avec sa coquille et lui infligera 2-12 +6 dégâts supplémentaires.

De plus, le Clamavore peut cracher une perle par tour jusqu’à 120 ft. En cas de coup, les perles infligent 2 à 12 dégâts, détruisent tout métal avec lequel elles entrent en contact (les objets magiques permettent de se protéger de l’acide) et drainent un point de Sagesse de la victime (save to negate). Si l'adversaire est à la portée des deux griffes, le Clamavore peut renoncer à la morsure et cracher une perle à +4 pour le toucher. Un Clamavore aura 3 à 6 perles disponibles pour le crachat, qui seront remplacées à raison d'une par semaine.

Description physique: Au repos, les Clamavores semblent être d’énormes palourdes (8 à 10 pieds de diamètre). Ils ont des marques particulières sur toute la coquille consistant en un cercle avec deux lignes irradiant vers l'extérieur pour former une forme de V, se terminant par des cercles plus petits. Lorsque le Clamavore remarque une forme de vie banale, la véritable nature horrible de la créature devient évidente. La coquille s'ouvre, la charnière à la base se sépare et 6 branches poussent en avant, 4 pattes à griffes incrustées de chiton et deux bras également incrustés, chacun se terminant par de terribles griffes claquantes. (Source : Sorcery & Super Science)